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  • (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Saint-Sever
  • Commune Montaut
  • Lieu-dit Brocas
  • Cadastre 2016 F 100-101
  • Dénominations
    église paroissiale
  • Vocables
    Saint-Pierre-aux-Liens

L'église Saint-Pierre de Brocas, bien plus ancienne que l'église du bourg de Montaut, a laissé très peu de traces documentaires. Elle a pourtant été l'église paroissiale de Montaut jusqu'en 1685. Selon Jean Constans, l'église de Brocas "est tout ce qui reste d'une abbaye de Bernardins de Cîteaux fondée au XIe siècle et dont les vestiges avaient déjà disparu en 1789". Cependant, aucun autre texte n'en fait mention. L'étude architecturale et les travaux de Jean Cabanot (1965 et 1987) révèlent que l'abside et la nef principale d'époque romane, en pierre de Saint-Aubin, sont les éléments les plus anciens. Le clocher massif, flanqué d'une tour d'escalier polygonale, a été édifié pendant la guerre de Cent Ans pour fortifier l'église. Autour de 1500, des travaux d'agrandissement permettent à l'édifice de s'adapter à l'accroissement de la population. C'est alors qu'un collatéral à deux travées, fermé par un chœur polygonal, est ajouté au sud. Le chœur est couvert d'une voûte d'ogive à six quartiers et la nef d'une voûte à liernes et tiercerons. L'église est saccagée sans doute en 1569 (date de la prise de Saint-Sever par les huguenots), comme l'indique l'enquête sur les ravages causés par les protestants dans les églises du diocèse d'Aire (dit "verbal de Charles IX", 1571). Dans la première moitié du XVIIe siècle, l'église est considérablement embellie, en particulier à l'entrée de la tour, avec la construction, sous le double porche, d'un portail monumental disposé comme un arc de triomphe. D'après l'abbé Sébie, curé de Montaut en 1864, la sacristie daterait également du XVIIe siècle. A l'intérieur, les décors du XVIe siècle sont complétés de motifs antiquisants et de personnages en stuc sur les piles : la date 1619 apparaît dans un cartouche à l'entrée du collatéral (celle-ci n'était pas visible lors de la campagne photographique de 1969). Malgré ces travaux, le siège de l'église paroissiale est transféré de Brocas à Montaut en 1685. Depuis lors, la structure de l'édifice n'a pas subi de modification importante. Elle a été entièrement restaurée en 1854, la flèche du clocher a été rasée en 1936 et le clocher abaissé de trois mètres : la couverture du clocher a été refaite en 1950 et le collatéral était en cours de restauration en 1975.

  • Période(s)
    • Principale : 12e siècle
    • Principale : milieu 14e siècle
    • Principale : 1er quart 16e siècle
    • Secondaire : 1er quart 17e siècle
  • Dates
    • 1619, porte la date

L'église est située sur une colline du hameau de Brocas. Elle est entourée d'un enclos qui clôture également le cimetière au Nord-Est.

Plan général :

Normalement orientée, elle se compose de deux vaisseaux à toiture unique précédés d'un porche en appentis. Le chœur nord est formé d'une abside semi-circulaire précédée d'une partie droite tout comme le "chœur" sud formé d'une abside à trois pans. Au Nord-Ouest, s'élève le clocher-porche de plan carré flanqué d'une tourelle d'escalier semi-octogonale au Sud.

Élévation intérieure :

Chaque vaisseau offre un voûtement différent. Celui du Nord est couvert d'ogives, le chœur d'un berceau sur sa partie droite et d'un cul-de-four sur l'abside. La première travée du vaisseau sud est voûtée d'ogives, la deuxième comporte une croisée d'ogives à liernes et tiercerons, la troisième ne comporte que des tiercerons et le "chœur" est couvert par une voûte d'ogives à six branches.

Le vaisseau nord ne comporte qu'une fenêtre en plein cintre (première travée du mur nord). Dans le mur ouest, une grande arcade brisée permet la communication avec le porche. Celle-ci est surmontée de baies jumelées en plein cintre. Un arc triomphal en plein cintre ouvre sur le chœur principal, dont le mur est rythmé par onze arcades en plein cintre. Quatre fenêtres en plein cintre l'éclairent ; une cinquième communique avec le "chœur" du collatéral. Deux grands arcs brisés portés par trois piles cylindriques permettent la communication entre le vaisseau principal et le collatéral.

Chaque travée du vaisseau sud comporte une fenêtre. La première, en plein cintre, est plus haute et plus étroite que les trois autres en arc brisé. la première travée, située contre le clocher, s'ouvre sur la suivante par une arcade brisée étroite et assez basse. Elle communique avec le porche par une porte surmontée d'un linteau en anse de panier. L'entrée du "chœur" est marquée par un arc triomphal brisé et surbaissé. Dans l'abside, les nervures des ogives retombent sur quatre colonnettes engagées. Le chœur est éclairé par une unique fenêtre au sud.

Le clocher-porche est une tour de plan carré flanquée d'une tourelle d'escalier semi-octogonale. Il comprend un rez-de-chaussée, porche de la nef principale, et deux étages desservis par l'escalier à vis de la tourelle.

On accède au porche nord depuis le cimetière en descendant deux marches. Le sol est carrelé et la charpente apparente. Le mur ouest comporte une banquette de maçonnerie. La porte en plein cintre du mur est donne accès au rez-de-chaussée du clocher. Elle est surmontée d'un entablement classique (architrave, frise et corniche) porté par des pilastres cannelés et est encadrée d'un arc de triomphe monumental très orné. Une grande arcade brisée assure la communication entre le porche nord et le porche sud. On accède à ce dernier de l'extérieur par une porte en arc brisé au sud. A l'est, la porte en plein cintre donnant accès au collatéral est surmontée d'un entablement classique également supporté par des pilastres.

Élévations extérieures :

À l'Ouest, le mur du porche nord est plus haut et en saillie par rapport au mur du porche sud. On accède aux porches par les faces nord et sud, chacune percée d'une grande porte en arc-brisé. Un massif taluté de maçonnerie partant de la façade occidentale du clocher s'appuie sur le toit du porche nord. La façade du clocher comporte trois ouvertures étroites comme des meurtrières et deux larges ouvertures rectangulaires sans linteau au sommet ; de même sur les façades nord et est.

Le mur sud de la nef est scandé de cinq contreforts, le premier et le cinquième étant obliques. Chaque travée comporte une fenêtre.

La façade nord de la nef est scandée par trois contreforts, deux à la limite du clocher et un au niveau de l'arc triomphal. Ce mur a été repris plusieurs fois : on distingue la partie gauche d'un arc en plein cintre et, à sa gauche, une grande arcade brisée surbaissée bouchée.

À l'est, le chevet comporte deux absides juxtaposées, l'une arrondie dans le prolongement du vaisseau roman, l'autre à trois pans terminant le vaisseau gothique. Un soubassement saillant d'environ 1,50 m de haut, interrompu par un contrefort, court le long de l'abside nord. Deux autres contreforts encadrent cette abside éclairée par deux fenêtres. L'abside à trois pans ne comporte pas de baie. Elle est contrebutée par deux contreforts très saillants et peu élevés. Une sacristie de plan rectangulaire est accolée aux absides, masquant deux pans de celle du sud. Deux fenêtres étroites en plein cintre ont été percées dans le mur est de la sacristie qui possède un accès extérieur grâce à une porte basse rectangulaire située dans l'angle nord-est et précédée de cinq marches.

Couvertures :

Les vaisseaux sont couverts d'un seul toit à deux versants se terminant à l'Est par une croupe arrondie qui couvre les absides. Les porches et la sacristie sont couverts en appentis. Le clocher est couvert d'un toit en pavillon et la tourelle d'une toiture basse à six pans. L'ensemble de la toiture porte des tuiles canal, sauf la tourelle à tuiles plates.

  • Murs
    • calcaire moellon
    • calcaire moyen appareil
    • calcaire grand appareil
  • Toits
    tuile creuse, tuile plate
  • Plans
    plan allongé
  • Étages
    2 vaisseaux
  • Couvrements
    • voûte d'ogives
    • voûte en berceau plein-cintre
    • cul-de-four
  • Couvertures
    • toit à deux pans croupe polygonale
    • toit en pavillon
    • appentis
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier en vis
  • Techniques
    • vitrail
    • sculpture
    • peinture
  • Représentations
    • ornement architectural, pilastre, fleur, tête d'ange, clé, coeur, perle, ove, couronne, acanthe, denticule, tiare
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Protections
    classé MH, 1934/02/21