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Église paroissiale Saint-Michel

Dossier IA17044066 inclus dans Bourg de Saint-Dizant-du-Gua réalisé en 2010

Fiche

Œuvres contenues

Dénominationséglise paroissiale
Aire d'étude et cantonEstuaire de la Gironde - Communauté de communes de Haute-Saintonge
AdresseCommune : Saint-Dizant-du-Gua
Lieu-dit : le Bourg
Adresse : rue Saint-Vincent

La paroisse de Saint-Dizant-du-Gua tient son nom de saint Dizant, évêque de Saintes d'origine irlandaise, vivant au milieu du 7e siècle. Au début du 12e siècle, l'église est donnée à l'ordre de Cluny par Pierre de Soubise, évêque de Saintes, donation confirmée en 1127 par son successeur, Pierre de Confolens. Les parties les plus anciennes de l'édifice dateraient de cette époque, en particulier la chapelle située au sud-est, avec son étroite baie en plein cintre, placée en hauteur, et ses départs de voûte en berceau. Les parties romanes ont toutefois été considérablement masquées par la forte reprise de l'édifice à l'époque gothique : l'abside à chevet plat a alors été construite, de même que la porte latérale sud, avec son décor sculpté du début du 14e siècle, et les différentes baies en arc brisé voire à réseau qui percent les murs. Ces travaux ont peut-être été réalisés du temps de Gombaud de Ligondo, prêtre-recteur de l'église de Saint-Dizant, mentionné dans une donation du 1er mai 1369.

En 1613, une nouvelle cloche est bénite et placée dans le clocher qui se trouve alors au-dessus de la chapelle. Celle-ci a perdu sa voûte en pierre et est désormais couverte d'une charpente. Curé de Saint-Dizant de 1714 à 1761, l'abbé Nicolas Chevallier fait faire de nombreux travaux à l'église entre 1715 et 1732. Si l'on en croit les inscriptions lisibles sur deux des clés de voûte de la nef, cette dernière est en grande partie reconstruite en 1767 alors que l'abbé Jean Berni est curé de Saint-Dizant, et grâce à un don de 9000 livres fait par son prédécesseur, l'abbé Chevallier (inhumé dans le choeur de l'église le 23 novembre 1765). La réalisation des travaux aurait été confiée à Christophe Macaire, alors jeune architecte originaire de Bourgogne et installé à Lorignac. Outre la reconstruction de la nef, les travaux se traduisent par l'adjonction de contreforts tout autour de l'église. A l'intérieur, la réalisation du décor et du mobilier du choeur entraîne la fermeture des deux baies gothiques.

Au début du 19e siècle, l'église, qui est encore entouré par le cimetière, apparaît en mauvais état. En 1807, 1821 et 1860, des réparations sont réalisées, en particulier sur la charpente et la couverture. En 1851, les abords de l'église sont libérés grâce au transfert du cimetière à l'extérieur du bourg et, entre 1861 et 1866, l'ancien cimetière est déblayé. Son ancien emplacement est marqué par des bornes en pierre reliées par des barres métalliques. En 1872, la cloche de 1613 est remplacée par une nouvelle bien que l'ancien clocher, au-dessus de la chapelle, soit "petit et peu solide". Le conseil municipal décide alors de vendre tous les terrains communaux pour financer la construction d'un nouveau clocher. Les plans en sont établis par E. Rullier, architecte à Saintes. Le projet prévoit l'élévation d'un clocher-porche accolé à la façade occidentale de l'église, masquant un ancien portail en arc brisé. Le 21 juin 1877, les travaux sont adjugés à Henri Périneau, entrepreneur à Jonzac. Leur achèvement est constaté le 18 octobre 1878. Depuis cette époque, l'église a connu peu de modifications. L'électricité y a été installlée en 1925, avec financement par moitié de la veuve de Marcel Lièvre. L'ancienne chapelle a été restaurée en 1986, et une nouvelle sacristie lui a été accolée à l'est.

Période(s)Principale : 12e siècle
Principale : 14e siècle
Principale : 3e quart 18e siècle
Principale : 4e quart 19e siècle
Dates1767, porte la date
1878, daté par source
Auteur(s)Auteur : Rullier E. architecte attribution par source

L'église est située à l'entrée nord du bourg, à l'angle formé par la rue Saint-Vincent, rue principale du bourg, et la rue du Presbytère. Au sud et à l'est, elle est contournée par une ruelle. Au nord, elle est séparée de la rue du Presbytère par une petite place arborée. L'église comprend une nef, couverte d'un toit à longs pans en tuile creuse, avec deux collatéraux, un chevet plat, une ancienne chapelle au sud, à laquelle est accolée la sacristie, et un clocher-porche à l'ouest.

Les murs de la nef et du chevet sont soutenus par des contreforts massifs et sont percés de plusieurs baies, murées pour certaines : la plupart sont en arc brisé, avec parfois un réseau ; quelques-unes, essentiellement sur le mur sud de la nef, sont en plein cintre. Le mur sud de la nef présente par ailleurs un petit portail en plein cintre. Ses trois rouleaux retombent sur des colonnettes à chapiteaux.

Le clocher s'élève au-desus d'un porche à une seule travée, voûtée d'arêtes. Ce porche ouvre par trois arcades en plein cintre qui, comme la voûte et comme l'arc de la porte qui donne dans la nef, retombent sur des colonnes engagées à chapiteaux. Au-dessus, le clocher comprend d'abord un premier niveau de plan carré, percé par de hautes baies jumelles en plein cintre. Puis vient un niveau intermédiaire où se trouvent l'horloge et la porte d'accès aux cloches, avec garde-corps en pierre. Les angles de ce niveau sont occupés par des pinacles ornés de colonnettes, de frontons et de pyramidions. Ensuite, un niveau octogonal, qui abrite les cloches, est flanqué de fines colonnes à chapiteaux, qui soutiennent une corniche à modillons. Ce niveau est percé de baies en plein cintre au décor identique à celui des aux arcades du porche. Enfin, une flêche octogonale en pierre coiffe le tout. Percée de lucarnes à fronton triangulaire, elle est surmontée par une croix en ferronnerie.

A l'intérieur, la nef se décompose en trois travées. Une quatrième travée, identique aux trois autres, est occupée par le choeur et les deux chapelles latérales. Le vaisseau central de la nef présente une voûte d'arêtes en pierre qui retombe sur six gros piliers à pilastres et à corniche. Ces piliers soutiennent aussi les voûtes en berceau des deux collatéraux. Accolés au chevet, deux autres piliers soutiennent la voûte du choeur et celles des chapelles latérales. La chapelle sud se trouve dans l'axe de la travée du choeur. Couverte d'une charpente, elle possédait à l'origine une voûte en pierre et en berceau dont il reste l'amorce. Ses murs présentent des arcades en plein cintre et sont percés de rares baies également en plein cintre.

Murscalcaire
moellon
pierre de taille
Toittuile creuse
Couverturestoit à longs pans
Techniquessculpture
Représentationschien pointe de diamant ornement végétal armoiries croix
Précision représentations

Au-dessus du contrefort central du chevet de l'église, a été replacée une ancienne gargouille de forme animalière, sans doute un chien, et dont la tête a été perdue. Juste à côté, sur la gauche, une pierre sculptée en dents de scie a été remployée dans le mur du chevet.

Les chapiteaux des colonnes du portail sud sont ornés d'enroulements végétaux en forme de coquilles, sous un tailloir en pointes de diamant.

Les chapiteaux du porche et du clocher sont richement sculptés de feuillages et d'enroulements végétaux. La clé de voûte du porche porte les armoiries et la devise de Mgr Léon-Benoît-CharlesThomas, évêque de La Rochelle au moment de la construction du clocher-porche en 1878.

A l'intérieur de l'église, sur les murs des collatéraux, on remarque des croix de consécration en pierre. Un morceau de sculpture non identifué a été remployé dans le mur sud de la chapelle.

Sur la clé de voûte de la première travée de la nef en partant du fond : "DIEBUS / JOANNIS BERNI / RECTORIS / MDCCLXXVII". Sur celle de la seconde travée : "EX DONO / Nas CHEVALLIER / PARROCHI / 1766".

Statut de la propriétépropriété publique

Annexes

  • Extrait du registre des baptêmes, mariages et sépultures de la paroisse de Saint-Dizant-du-Gua, 1722-1738, pages 78-80 ; Recueil de documents sur l'histoire de Saint-Dizant-du-Gua, par Jacques Dufour (Archives municipales de Saint-Dizant-du-Gua) :

    "Etat des reparations quy ont esté faitte a l'eglize de St Dizant du Gua depuis les années 1715 jusque à 1732 par les souains de Nicollas Chevallier, curé de laditte parroisse, et ceux des seigneurs y habitans sous nommés. Savoir, ledit sieur curé a fait remplir tous les murs en le dedan d'un bout à l'autre de l'eglize, du haut au bas quy estoit persée à jour dans plusieurs endroitz. Il a fait paver l'eglize en entier, reffait tout le santuaire avecq les trois marche de la table de la comunion. Il a fait refaire les jambages de la petite porte, les ferrure et les trois degrez quy sy trouve. Il a fait mettre les trois [travet] quy se trouvent du despuis celluy ou est attaché la lanpe jusque à la cherre. Il a fourny tout le tillut de toutes les tranvées. Il a fait faire le lembris quy se trouve au deux costez du grand autel avec les credance, le marche pied et un rastellemant de lautel de Notre Dame. Il a fait faire les trois pignons quy se trouvent en le dehors au dessus l'eglize, tout de pierre de taille, tous les charroistz necessaire pour la chaux, le sable et deux milliers de thuille, sans y conprandre toutes les nourritures necessaires et boisson pour le susdit ouvrage. Plus a donné l'aube de lain à dentaille avecq quatre amy [amicts] et trois lavabo, un surpely de toille blanche, le rideau quy couvre le grand autel, avecq les cordages et ferrures, à la reserve de quinze livres qu a donné le sieur Moullineau, notaire. Le tableau du grand autel couste deux cents livres, savoir cent cinquante livres qu'a donné deffunte Marie de Fontenaille, veuve de sieur Jean Gorry, et cinquante livres données par Monsieur de Bigot, conseiller au parlemant et seigneur de Baulon. Le tabernacle couste cinq cens livres, dont quatre cens soixante ont esté données par Maître Nicollas Habrard. Il y a eu une queste faitte sur la parroisse de la somme de cent livres. La croy procesionelle a esté achettée a Paris, couste soixante et dix livres avec le port. La baniere et le devant dautel noir goffé, achetté en 1724 couste cent dix huit livres seize sols. Le devant dautel de damas rouge avec un galon dargent a esté donné par Madame de Bigot. Le devant dautel d'un gros detours en simple a esté donné par damoizelle Marie Mossion, femme de sieur Francois Mariaud [de Terrefume]. L´escharpe pour la benediction du Saint Sacremant et le pavillon quy couvre le Saint siboire, la chazuble de damas blan à gallon d'or avecq la bourse, le voille du calisse et corporal, une aube de toille blanche à dentaille, le bois pour parfaire la table de la Sainte comunion ont esté donné par ladite veuve Gorry ; et la façon du menuizier et ferrure donné par le sieur curé. La ditte chazuble de damas blanq a cousté cent quatre vingtz seize livres neuf deniers. Le sieur curé a donné vingt livres neuf deniers du sien. Les un et les autres prient ceux quy sont après de prier pour eux. Fait le deuxiesme de mars 1732".

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. D. Charente-Maritime. 2 O 1795. 1807, 6 août : devis descriptif et estimatif des réparations à faire au presbytère, à l´église et aux murs du cimetière, par Christophe Macaire, architecte à Lorignac ; 1821, 31 décembre : lettre du curé de Saint-Dizant à l´évêque déplorant le très mauvais état de la charpente et des murs de l´église qui menace de s´écrouler ; 1860, 1er juillet : marché passé avec Michel Péroche, couvreur à Saint-Dizant, pour l´entretien de la couverture de l´église, de l´école et du presbytère ; 1872, 16 mai : délibération du conseil municipal qui décide de vendre tous les biens communaux pour financer la reconstruction du clocher, la nouvelle cloche récemment acquise ayant été provisoirement placée dans l´ancien, peu solide et moins élevé que l´église ; 1876, 15 juin : devis estimatif des travaux de construction du clocher par E. Rullier, architecte à Saintes ; 1877, 14 mai : délibération du conseil municipal adoptant le cahier des charges présenté par l´architecte ; 1877, 21 juin : procès-verbal d´adjudication des travaux au profit d´Henri Périneau, entrepreneur à Jonzac ; 1878, 2 mars : élévation du projet de réparations à la façade de l´église par E. Rullier, architecte à Saintes, avec construction d´un beffroi dans le clocher et restauration de la façade ; 1878, 18 octobre : certificat de l´architecte concernant l´achèvement des travaux, avec décompte des travaux effectués.

  • A. D. Charente-Maritime. 208 V 6. 1858 : visite des églises de l'archiprêtré de Jonzac.

  • A. M. Saint-Dizant-du-Gua. Recueil de documents sur l'histoire de Saint-Dizant-du-Gua, notamment des extraits des registres paroissiaux, par Jacques Dufour.

Documents figurés
  • Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle. 78 Fi : cartes postales du fonds Claude Aubineau.

Bibliographie
  • Musset, Georges. "Chartes de la Maison de Pons", Archives historiques de Saintonge et d´Aunis, t. 21.

    p. 175
  • Rainguet, P.-D. Etudes historiques, littéraires et scientifiques sur l'arrondissement de Jonzac. Jonzac, Saint-Fort-sur-Gironde, 1864.

    p. 89
  • Dufour, Jacques. Recueil de documents sur l'histoire de Saint-Dizant-du-Gua.

    Archives municipales, Saint-Dizant-du-Gua
(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur du patrimoine, directeur du Centre vendéen de recherches historiques.


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