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Église paroissiale Saint-Martin

Dossier IA00042153 réalisé en 1984
Vocablessaint Martin
Dénominationséglise paroissiale
Aire d'étude et cantonPays Ouest-Charente - pays du Cognac - Segonzac
AdresseCommune : Juillac-le-Coq
Cadastre : 1812 E3 986 ; 2011 E 474

Juillac-le-Coq est le siège d´une vicairie perpétuelle unie au chapitre cathédral d´Angoulême depuis le début du 9e siècle.

L´église date en partie des 11e et 12e siècles. Du 11e siècle resteraient les assises en petit moellon de la nef. Dix chapiteaux sculptés de la partie occidentale de la nef datent de la seconde moitié du 12e siècle. À l´origine, l´édifice devait avoir une nef unique, comme en témoignent d´anciennes fenêtres placées au-dessus des grandes arcades et qui s´ouvrent aujourd'hui dans les combles des collatéraux, qui ont dû être rehaussés dès le 12e siècle, au cours d´une vaste campagne de remaniement qui semble s´être poursuivie jusqu´au début du 13e siècle.

Selon Nanglard, l´église est ruinée en 1568.

Elle a successivement été restaurée en 1595, 1597, 1655, 1679 et 1714.

Une sacristie est adossée à l´est en 1740 (elle a été détruite depuis).

De nouvelles restaurations sont réalisées en 1844, sous la direction de l´architecte Peronnaud, puis en 1862 et 1878.

Période(s)Principale : 11e siècle
Principale : 12e siècle
Principale : 4e quart 16e siècle
Principale : 3e quart 17e siècle
Principale : 4e quart 17e siècle
Principale : 1er quart 18e siècle
Principale : 2e quart 19e siècle
Principale : 3e quart 19e siècle
Principale : 4e quart 19e siècle
Dates1595, porte la date
1597, daté par source
1655, daté par source
1679, daté par source
1714, daté par source
1740, daté par source
1844, daté par source
1862, daté par source
1878, daté par source
Auteur(s)Auteur : Peronnaud architecte

L´église Saint-Martin, située dans le bourg de Juillac-le-Coq, comprend :

- une nef centrale couverte d´une charpente, encadrée de collatéraux voûtés de brique, et composée de six travées dont la partie en moellons pourrait dater du 11e siècle,

- une travée sous clocher couverte d´une coupole sur trompes et flanquée de chapelles,

- et un chœur à chevet plat composé d´une travée couverte d´une croisée d´ogive à liernes, beaucoup plus élevée que la nef.

La sacristie était adossée au chevet auquel elle communiquait par une porte située à l´est du chœur.

La façade occidentale, refaite au 19e siècle, comprend un portail à deux rouleaux surmonté par une fenêtre en plein cintre, le tout surmonté d´une corniche portée par des modillons sculptés qui délimite le pignon triangulaire. Deux contreforts épaulent le mur occidental.

La cage d´escalier hors-œuvre du clocher se trouve au sud-est de la travée sous clocher. Au-dessus de cette dernière, le clocher comporte trois niveaux. Le premier niveau, en partie masqué au sud par la chapelle adossée, comporte trois arcatures aveugles. Au second étage, les angles et le centre de chaque face sont renforcés par un contrefort-colonne. Sur chaque face sont percées deux baies (certaines sont murées) à doubles rouleaux ornés de motifs géométriques et archivoltes ornées de pointes de diamant qui se prolongent horizontalement à hauteur d´imposte. L´étage supérieur, plus récent et en léger retrait, est percé de deux fenêtres sur chaque face, aux angles amortis en boudin suivi d´un cavet qu´entoure une archivolte qui se prolonge horizontalement à hauteur d´imposte. Le toit à quatre pans à faible pente repose sur une cornique à modillons sculptés modernes.

La nef communique avec les collatéraux par six arcades en demi-cercle reposant sur des colonnes engagées. Au-dessus de ces arcades se trouvent d´anciennes fenêtres qui témoignent d´un système d´éclairage direct du vaisseau principal. Aujourd'hui, ces fenêtres s´ouvrent dans les combles des collatéraux, qui ont dû être rehaussés dès le 12e siècle, au cours d´une vaste campagne de remaniement qui semble s´être poursuivie jusqu´au début du 13e siècle.

Les voûtes des collatéraux, en berceau « aplati », sont modernes et en brique.

La structure des piliers et les chapiteaux des grandes arcades de la nef, appartiennent à la première moitié du 12e siècle, tout comme la travée sous clocher.

Dix chapiteaux de la seconde moitié du 12e siècle sont conservés au revers de la façade et sur les deux premières piles de la nef, au nord et au sud. Leurs décors sont les suivants :

- chapiteau 1, au revers de la façade, côté nord : palmettes (une grande à chaque angle supérieur de la corbeille et une plus petite au milieu et en haut de la grande face) aux tiges doubles s´entrelaçant ;

- chapiteau 2, face ouest de la première pile nord : rinceaux de feuillages au milieu desquels s´agite, au milieu de la grande face, un personnage portant une robe longue ; à l´angle supérieur droit, tête de lion crachant un feuillage ;

- chapiteau 3, face est de la première pile nord : sur fond de décor végétal, quatre lions se dressent, deux par deux, la tête unique à chaque couple d´animaux marquant l´un et l´autre angle supérieur de la corbeille ;

- chapiteau 4, face ouest de la deuxième pile nord : au milieu de rinceaux se dressent deux quadrupèdes dont les têtes humaines occupent les deux angles supérieurs de la corbeille ; à la partie supérieure des petites faces, une tête de lion crache un feuillage, tandis qu´au milieu de la grande face et en haut est figuré un bucrane ;

- chapiteau 5, face est de la deuxième pile nord : dix petites feuilles côtelées sont alignées sur le registre inférieur de la corbeille, tandis que sur le registre supérieur se développent asymétriquement de larges rinceaux ;

- chapiteau 6, au revers de la façade, côté sud : corbeille garnie de trois grandes palmettes, une grande, tombante, à chaque angle supérieur, et une autre, montante, plus petite, au milieu et en bas de la grande face ;

- chapiteau 7, face ouest de la première pile sud : corbeille garnie de rinceaux au milieu desquels on distingue un homme en robe longue au milieu de la grande face encadré de part et d´autre d´un lion dont la tête marque l´angle supérieur de la corbeille et, sur la petite face gauche, seule visible, un oiseau. À gauche de cette petite face, entre les chapiteaux 7 et 8, est sculptée une longue palme ;

- chapiteau 8, face est de la première pile sud : au milieu de la grande face et sur l´angle droit de la corbeille sont disposées sur l´astragale deux grandes palmettes, tandis que les angles supérieurs sont sculptés d´une petite tête humaine, celle de gauche crachant des feuillages qui garnissent toute la petite face gauche ;

- chapiteau 9, face ouest de la deuxième pile sud : au milieu des rinceaux de feuillages s´avancent deux quadrupèdes qui se suivent - l´un sur la petite face droite et l´autre sur la grande face - et dont la tête occupe l´un ou l´autre angle supérieur ; au milieu et en haut de la grande face et à gauche et en haut de la petite face gauche, une tête de lion crache des feuillages ;

- chapiteau 10, face ouest de la deuxième pile sud : deux registres superposés de onze feuilles allongées.

Les deux chapelles couvertes de voûtes d´ogive en brique, qui encadrent la travée sous clocher, se trouvent dans le prolongement des collatéraux. Celle située au sud communique avec la nef et déborde vers l´extérieur de l´édifice. L´ancien mur du collatéral et sa voûte restent visibles sur le mur ouest de cette chapelle.

Les deux chapelles sont des adjonctions de la fin du Moyen Âge, remaniées après les guerres de Religion, tout comme le dernier niveau du clocher. La date de 1595, sur la corniche de la chapelle méridionale, confirme ces interventions, auxquelles on doit également la porte de style Renaissance qui s´ouvre au sud de la nef.

La travée sous clocher est couverte d´une coupole oblongue sur trompes. Les grands arcs doubleaux est et ouest sont en plein cintre alors que les formerets sont brisés.

Le chevet est éclairé au nord et au sud par une fenêtre à colonnettes et à l´est par une grande baie qui a été murée en partie basse pour l´adossement de la sacristie aujourd'hui détruite à l´est, à l´extérieur. Il est couvert d´une croisée d´ogive à liernes dont les nervures sont reprises par de fines colonnettes à chapiteaux du 14e siècle.

Murscalcaire pierre de taille
brique enduit
calcaire moellon enduit
Toittuile creuse
Plansplan allongé
Étages3 vaisseaux
Couvrementsvoûte en berceau
voûte d'ogives
coupole à trompes
Couverturestoit en pavillon
toit à longs pans
appentis
pignon découvert
Escaliersescalier hors-oeuvre : escalier en vis sans jour
État de conservationrestauré
Techniquesvitrail
sculpture
Représentationsornement figuré, homme ornement végétal, feuillage, feuille ornement géométrique, palmette, dent de scie, pointe de diamant ornement animal, lion, oiseau, bucrane
Statut de la propriétépropriété de la commune
Protectionsinscrit MH, 1991/12/05
Précisions sur la protection

Eglise et croix de cimetière (calvaire) (cad. E 474 ; NON CADASTRE ; DOMAINE PUBLIC) : inscription par arrêté du 5 décembre 1991.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives nationales : F 19 4805, 5261.

  • 1595-1597 : réparations à l'église de Juillacq-le-Coq. 1595, 22 décembre : réparations à l'église de Juillacq-le-Coq (p. 38). 1597, 9 avril. Ibid. (p. 144). Le chapitre s'engage à payer le tiers des réparations de l'église de Juillac-le-Coq.

    Archives départementales de la Charente, Angoulême : G 331 4 (959). Registre
  • 1616, 1er février : règlement de comptes pour Juillac, Paiement de la Charpente de Juilac-le-Coq (p. 13).

    Archives départementales de la Charente, Angoulême : G 333 (062) Registre
  • 1644, 18 novembre : remplacement des vitraux de Juillacq-le-Coq, brisés par la grêle. (p. 196).

    Archives départementales de la Charente, Angoulême : G 337 5 (970) Registre
  • 1655, 10 avril. Réparations à l'église de Juillacq-le-Coq. (p.10).

    Archives départementales de la Charente, Angoulême : G 337 10 Registre
  • 1669, 21 février : la cloche de Juillac-le-Coq sera refondue et augmentée de 150 livres. Aumônes.

    Archives départementales de la Charente, Angoulême : G 337 13 Registre
  • 1679, 23 juin : devis de réparations à faire au clocher de Juillac-le-Coq. (p.230).

    Archives départementales de la Charente, Angoulême : G 337 14 (979) Registre
  • 1801 : réponse du maire à la circulaire du 15 prairial an IX [4 juin 1801] concernant l'état des édifices cultuels.

    Archives départementales de la Charente, Angoulême : 5 V 1
  • 1844, 16 juillet : Travaux à l'église (et au presbytère) entrepreneur Joseph Bouc, Ainé Peronnaud, architecte à Cognac [620,84 F pour l'ensemble des travaux].

    Archives départementales de la Charente, Angoulême : série O. Juillac-le-Coq
  • 1860 : Accord du sous-préfet de Cognac pour des réparations à l'église [4000 F], à Bouquet entrepreneur à Cognac.

    Archives départementales de la Charente, Angoulême : série O. Juillac-le-Coq
  • 1862 : travaux au clocher [199,70 F] par Joseph Lalie, charpentier à Segonzac.

    Archives départementales de la Charente, Angoulême : série O. Juillac-le-Coq
  • 1875 : construction d'une tribune en bois pour l'église par Jean Servant, charpentier à Saint-Fort-sur-le-Né, d'une valeur de 740,50F.

    Archives départementales de la Charente, Angoulême : érie O. Juillac-le-Coq
  • 1878, 23 janvier : facture concernant la refonte d'une cloche cassée de 335 kg contre une cloche neuve de 1010 kg, plus la monture et une paire de coussinets articulés, d'une valeur de 3150F, par Hildebrand et Crouzet, fondeurs de cloches à Paris.

    Archives départementales de la Charente, Angoulême : série O. Juillac-le-Coq
  • 1878 : travaux au clocher [1175 F] par Servant, entrepreneur à Saint-Fort-sur-le-Né.

    Archives départementales de la Charente, Angoulême : série O. Juillac-le-Coq
  • 1883 : construction d'un autel en pierre, orné de sculptures (coût 1000F) par Charles Lamérat, entrepreneur à Segonzac.

    Archives départementales de la Charente, Angoulême : série O. Juillac-le-Coq
  • 1883, 24 avril : demande d'un secours à la préfecture. Le devis de travaux de construction d'un autel en pierre pour l'église s'élève à 1000F Le sieur Charles Lamérat s'est engagé à le construire.

    Archives diocésaines de la Charente, Angoulême : Ju/c 9
Documents figurés
  • " Plan de l'église de Juillacq-le-Coq. Plan par terre. Trois élévations [Bourg ? ] ". 1856. Encre, lavis. 695 x 540 mm. Ech. 1 cm = 1 m.

    Archives diocésaines de la Charente, Angoulême : JUC 5
Bibliographie
  • Cadet, Alberte. Les cloches de nos provinces. Société d'Etudes folkloriques du Centre-Ouest, 1972, numéro spécial.

    p. 147, 149
  • Cadet, Alberte. Les saints patrons des églises romanes de Charente. Bulletin de la société d'études folkloriques du Centre-Ouest, t. 12, 1978.

    p. 198, 199
  • Connoué, Charles. Les églises de Saintonge 1952-1961. T. 3, Saintes : Delavaud, 1959.

    p. 85
  • Crozet, René. L'art roman en Saintonge. Paris : Picard, 1971.

    p. 61, 75-76, 95, 96, 102, 109, 131
  • Cousin, Abbé. Histoire de Cognac, Jarnac, Segonzac et d'un grand nombre de localités entre Saintes et Châteauneuf, Archiac et Rouillac, Pons et Saint-Jean-d'Angély dans leurs rapports avec l'histoire générale de la France depuis les temps celtiques jusqu'à l'an 1882. Bordeaux : Impr. Gounouilhou, 1882.

    p. 387
  • Dubois, N. Marques de tâcherons dans le Sud-Ouest de la France. Bulletin de la société des antiquaires de l'Ouest, troisième série, tome 10, 1934/1935.

    p. 334
  • George, Jean. Aperçu général sur les églises de la Charente. Bulletins et mémoires de la société archéologique et historique de la Charente, 8ème série, tome 22, 1932.

    p. 24
  • George, Jean. Les églises de France : Charente. Paris : Letouzé et Ané, 1933.

    p. 131-132
  • Michon, abbé Jean-Hippolyte. Statistique monumentale de la Charente / ill. Zadig Rivaud, Jules Geynet, Monsieur de Lafargue Tauzia, Paul Abadie, Éditions Fabvre. Paris ; Angoulême : Derache, libraire, rue du Bouloy, 7, 1844.

    p. 270-271
  • Nanglard, abbé J. Ed. Cartulaire de l'église d'Angoulême. Bulletins et mémoires de la société archéologique et historique de la Charente, 6e série, tome 9, 1899.

    p. 59-60, 151
  • Nanglard, abbé J. dir. Livre des fiefs de Guillaume de Blaye. Bulletins et mémoires de la société archéologique et historique de la Charente, 7e série, tome 5, 1904-1905.

    p. 204
  • Nanglard, abbé J. Pouillé historique du diocèse d'Angoulême. - Imprimerie G. Chasseignac (26, rempart Desaix) ; Angoulême, 1894-1903. - 4 vol. (683 p., 588 p., 582 p., 684 p.) ; 24 cm. - Extr. de : "Bulletin de la Société archéologique et historique de la Charente". - Les 3 premiers tomes concernent l'ancien diocèse d'Angoulême et le 4e le diocèse actuel depuis la fin du XVIIIe siècle. Une table des paroisses dactylographiée de 17 p., faite en 1953, complète ces 4 tomes. Tome 3.

    p. 353-356
  • Nanglard, abbé J. Pouillé historique du diocèse d'Angoulême. - Imprimerie G. Chasseignac (26, rempart Desaix) ; Angoulême, 1894-1903. - 4 vol. (683 p., 588 p., 582 p., 684 p.) ; 24 cm. - Extr. de : "Bulletin de la Société archéologique et historique de la Charente". - Les 3 premiers tomes concernent l'ancien diocèse d'Angoulême et le 4e le diocèse actuel depuis la fin du XVIIIe siècle. Une table des paroisses dactylographiée de 17 p., faite en 1953, complète ces 4 tomes. Tome 4.

    p. 472-473
  • Origène, Auguste-Denis. Les magasins à vins des anciens châteaux et monastères existant encore au pays de Cognac. Bulletins et mémoires de la société archéologique et historique de la Charente, 1939.

    p. LXX

Liens web

(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Riou Yves-Jean - Dujardin Véronique
Dujardin Véronique

Chercheur, service Patrimoine et Inventaire


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