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Église paroissiale Saint-Martin

Dossier IA00059218 réalisé en 1988
Vocablessaint Martin
Dénominationséglise paroissiale
Aire d'étude et cantonPays Ouest-Charente - pays du Cognac - Cognac-Sud
AdresseCommune : Louzac-Saint-André
Lieu-dit : Louzac
Cadastre : 1822 B 239 ; 1991 B 843 ; 2011 AW 31

L´église pourrait dater du 3e quart du 12e siècle. Elle a été incendiée pendant la guerre de Cent Ans. Elle est reprise aux 14e et 15e siècles avec la surélévation de la nef et la mise en place de deux archères dans les combles. Le clocher, adossé au sud, est probablement en partie reconstruit à cette époque sur des bases romanes.

L´église est à nouveau incendiée pendant les guerres de religion. La chapelle appliquée sur le côté nord de la deuxième travée de la nef peut dater des 15e-16e siècles, son agrandissement vers l´ouest, au nord de la première travée est plus tardif (cf. contreforts dans l´angle nord-est de la chapelle de la deuxième travée).

La cloche est bénite en 1607.

Le remontage du parement extérieur de l´abside n´est pas daté, ni la chute de la voûte d´origine, dont témoigne encore l´important dévers des piliers (poussée vers l´extérieur de l´édifice).

L´ancienne paroisse, maintenue en 1803, est supprimée et annexée à Saint-Laurent-de-Cognac le 27 mars 1805 puis rétablie le 30 septembre 1807, avec Saint-Laurent et Saint-André pour annexe.

En 1814, les murs et la charpente font l'objet de quelques réparations ; la couverture est entièrement reprise.

L´église est restaurée à plusieurs reprises dans la 2e moitié du 19e siècle : importants travaux au clocher prévus par l´architecte Védrenne en 1858, reconstruction de la charpente du clocher en 1866 par Jean Gourgues, charpentier à Louzac, voûtement d´une chapelle en 1878 (par Cocuaud, entrepreneur à Saint-Laurent-de-Cognac) et de la nef, en brique, en 1892. À cette date, le pavage de l'église est réparé et le cimetière attenant est déplacé.

La restauration intérieure de l'église a été réalisée en 1995 : piquage des enduits avec fixation des peintures murales découvertes, reprises de parement et de dallage, restauration des vitraux.

Période(s)Principale : 3e quart 12e siècle
Principale : 14e siècle
Principale : 16e siècle , (?)
Principale : 2e moitié 19e siècle
Auteur(s)Auteur : Védrenne architecte

Louzac était le siège d´une vicairie perpétuelle, unie autrefois au chapitre de la cathédrale de Saintes, dans l´archiprêtré de Jarnac. L´église Saint-Martin, dans le bourg, est constituée d´une nef unique de trois travées couverte d´une voûte en brique en arc segmentaire (construite en 1892), d´une abside semi-circulaire couverte d´un cul-de-four en brique, d´un clocher couvert d´une coupole sur pendentifs et adossé au sud de la deuxième travée, d´une chapelle couverte d´une voûte d´ogives adossée au nord de la deuxième travée de la nef, et d´une autre chapelle (ancienne sacristie) adossée au nord de la première travée de la nef.

La façade occidentale est flanquée de deux contreforts plats d´inégale hauteur. Celui situé vers le sud a été repris et rehaussé dans une campagne de travaux qui a également inclus une reconstruction de la partie haute de la façade, sur sa partie sud. Le portail est encadré par des colonnes à l´intérieur et trois colonnettes à droite, seulement deux à gauche, la colonnette extérieure ayant été remplacée par une sorte de piédestal qui a perdu sa statue. Les bases sont formées de deux tores et ornées de griffes et les chapiteaux et leurs tailloirs sculptés de palmettes, de feuilles et de rinceaux. Des feuilles s´enroulent dans les angles des chapiteaux. Seul le chapiteau interne du piédroit droit se distingue par son décor constitué de trois oiseaux (deux sont affrontés vers l´intérieur du portail, le troisième, à l´extérieur, se tient dressé). La voussure se compose de quatre rouleaux lisses, un cordon de palmes séparant le premier du second rouleau, avec une archivolte ornée de pointes de diamant. Le rouleau extérieur est très altéré.

Au-dessus se trouve une fenêtre en plein cintre surmontée d´un pignon triangulaire, entièrement reconstruit en léger retrait par rapport au reste de la façade.

Sur le mur sud comme sur le mur nord, une archère en croix a été percée au niveau de la première travée dans le comble surélevé.

La chapelle sud, surmontée du clocher, s´ouvre sur la deuxième travée de la nef. Elle est épaulée sur son mur sud par deux contreforts d´angle. L´escalier d´accès au clocher est aménagé hors-œuvre dans l´angle formé par la première travée de la nef et le mur ouest du clocher, avec un mur à pan coupé. Une porte à arc en accolade s´ouvre sur le mur ouest de cette chapelle, et une étroite fenêtre polylobée sur son mur est. En partie haute, la chambre des cloches est percée d´une haute baie en plein cintre sur chaque face.

À signaler la présence de nombreux graffiti sur les murs extérieurs de l´église, notamment au sud et sur le mur est du clocher. Le motif gravé est toujours le même : une croix pointée à ses trois extrémités et dressée sur un socle triangulaire. Ce motif est probablement lié à une dévotion, on ne le retrouve par ailleurs que sur l´église voisine de Saint-Laurent-de-Cognac.

Le contrefort situé à l´est de la troisième travée au sud de la nef a été repris et présente un problème de liaison avec le mur.

L´abside semi-circulaire, telle qu´on la voit aujourd'hui, est un peu moins large que la nef ; son soubassement extérieur, de cinq assises, est un peu plus large que le reste du mur. Son parement a été entièrement repris, elle n´est épaulée par aucun contrefort. Elle présente trois fenêtres, une dans l´axe, une au sud-est et une au nord-est.

Le mur nord de la nef présente d´importants remaniements. Des barreaux métalliques et une lisse permettent l´accès au comble par une ouverture pratiquée au niveau de la deuxième travée. La chapelle nord est épaulée dans ses angles nord-est et nord-ouest par un contrefort oblique. Celui situé au nord-ouest est en partie masqué par l´ancienne sacristie adossée à la première travée, dont la construction est donc postérieure à la chapelle.

La nef et les chapelles nord sont couvertes de tuile creuse, le chevet et le clocher, d´ardoise.

Les trois travées de la nef sont séparées par des colonnes sur dosseret qui portent des arcs doubleaux entièrement refaits lors de la mise en place de la nouvelle voûte en arc segmentaire. Ces colonnes présentent un très important dévers vers l´extérieur, la poussée de la voûte ayant entraîné la chute de celle-ci. Le départ des anciens arcs doubleaux et les vestiges du départ de la voûte en pierre sont encore visibles dans les combles. Seul le chapiteau de la colonne séparant la deuxième et la troisième travées de la nef porte un décor de feuilles grasses qui s´enroulent dans les angles. Les autres sont sans décor (l´un au nord, entre la deuxième et la troisième travées, est une copie en plâtre et brique). Les bases sont ornées de griffes et formées d´une scotie entre deux boudins inégaux. Certaines, refaites, ont un profil qui ne doit pas correspondre au profil d´origine.

La nouvelle voûte, à profil aplati, masque les parties hautes des fenêtres à l´ouest comme sur les murs gouttereaux. La fenêtre nord de la deuxième travée a été tronquée à sa base par le percement des chapelles.

Une tribune en bois surplombe la première travée de la nef.

L'ancienne sacristie s´ouvre au nord de la première travée de la nef par un arc surbaissé. Elle est couverte d´une charpente apparente et communique avec la chapelle adossée à la deuxième travée par un arc brisé. La chapelle adossée au nord de la deuxième travée de la nef s´ouvre sur celle-ci par un grand arc brisé. Elle a conservé quelques traces de peinture murale, dont l´une représente un personnage sur son mur oriental, et est voûtée d'ogives retombant sur des culots.

La chapelle adossée au sud de la deuxième travée porte le clocher. Elle s´ouvre sur la nef par un arc très brisé et est éclairée par une baie au sud et à l´est. Les deux portes de son mur ouest permettent une sortie sur l´extérieur et l´accès à l´escalier hors-œuvre du clocher. Elle est couverte d´une coupole sur pendentifs dont les pointes sont tronquées et remplacées par un corbeau en quart-de-rond. La base du pendentif sud-est est ornée d'un blason royal (trois fleurs de lys) surmonté d'une couronne schématisée. La coupole, peut-être romane, est percée d´un oculus central.

L´abside semi-circulaire, plus étroite, ouvre par un arc à deux rouleaux, partant d´un décrochement et de deux colonnes à son entrée. Les chapiteaux sont juste épannelés et les bases sont formées d´une scotie entre deux boudins inégaux, avec griffes. Elle est voûtée d'un cul-de-four en brique. L´appui de la fenêtre d´axe a été rabaissée lors de la restauration de 1995 et la verrière du 19e siècle, représentant saint Martin, complétée par une verrière contemporaine.

Murscalcaire pierre de taille
Toittuile creuse, ardoise
Plansplan allongé
Étages1 vaisseau
Couvrementscul-de-four, en brique
voûte en berceau segmentaire, en brique
coupole en pendentifs
voûte d'ogives
Couverturestoit en pavillon
toit à longs pans pignon couvert
croupe ronde
Escaliersescalier hors-oeuvre : escalier en vis sans jour en maçonnerie
Techniquessculpture
vitrail
Représentationsornement figuré, tête humaine ornement géométrique, pointe de diamant, palmette ornement végétal, feuillage, lys, palme ornement animal, oiseau
Précision représentations

Sujet : feuillages, support : chapiteaux du portail ; sujet : ornement géométrique, support : archivolte du portail et verrière ouest ; sujet : tête humaine, support : modillon en façade ; sujet : lys, support : verrières.

Statut de la propriétépropriété de la commune
Protectionsinscrit MH partiellement, 1991/12/05
Précisions sur la protection

Façade occidentale (cad. B 843) : inscription par arrêté du 5 décembre 1991.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives nationales : F 19. 5002, 5259.

    Archives nationales, Paris : F 19. 5002, 5259
  • 1811. État des demandes des communes pour réparations des églises et succursales d'après les circulaires des 30.IX. et 7.XI.1810 : réparations estimées à 300F.

    Archives départementales de la Charente, Angoulême : 5 V 2 bis et 2 ter
  • 1810, 10 mars. Devis estimatif des travaux à l'église [pas de nom d'architecte]. 1814, 5 septembre. Adjudication des travaux à effectuer à l'église. Devis de Brunet, entrepreneur de travaux à Cognac.

    Archives départementales de la Charente, Angoulême : O Louzac
  • Travaux de L. ou S. Vedrenne, architecte à Cognac, 1854-1886. 1858, 23 juin. Devis estimatif, par l'architecte Vedrenne, de travaux à effectuer à l'église, crépissage et construction d'une voûte d'une travée de la chapelle. Coût 3000 F. 1866, 15 septembre. Démolition de la flèche de l'église, devis de l'architecte Tremblé ; charpentier : Jean Gourmes de Louzac.

    Archives départementales de la Charente, Angoulême : O, Louzac
  • 1878, 28 janvier. Construction d'une voûte dans l'église par Cocuaud, entrepreneur à Saint-Laurent de Cognac. Coût : 300F.

    Archives départementales de la Charente, Angoulême : O. Louzac
  • 1848, 30 mai. Comptes de la fabrique de Jonzac dont 10F concernant une "boite pour les saintes huiles" et 2 F pour un "vase pour l'eau bénite".

    Archives diocésaines de la Charente, Angoulême : Louzac Lzc 6
Documents figurés
  • " Élévations, plans et coupes des parties de l'église de Louzac à construire ou à réparer ". 23 juin 1858. Vedrenne. Ech. 1 cm = 1 m pour le clocher et l'arcade, 5 mm = 1 m pour le plan de l'église. 465 x 610 mm. Encre, lavis, crayon. Plan coté.

    Archives départementales de la Charente, Angoulême : O Louzac
Bibliographie
  • Cadet, Alberte. Les saints patrons des églises romanes de Charente. Bulletin de la société d'études folkloriques du Centre-Ouest, t. 10, 1976.

    p. 198
  • Chappuis, René. Géométrie et structure des coupoles sur pendentifs dans les églises romanes entre Loire et Pyrénées. Bulletin monumental, tome 120, 1962.

    p. 14 note infrapag
  • Chappuis, René. Un petit groupe de coupoles romanes montées sur encorbellements. Mémoires de la société archéologique et historique de la Charente, 1971.

    p. 425
  • Connoué, Charles. Les églises de Saintonge 1952-1961. T. 3, Saintes : Delavaud, 1959.

    p. 93
  • Crozet, René. L'art roman en Saintonge. Paris : Picard, 1971.

    p. 57
  • Daras, Charles. Dictionnaire des églises de France, tome IIIc. Paris : Laffont, 1967.

    p. 90
  • George, Jean. Les églises de France : Charente. Paris : Letouzé et Ané, 1933.

    p. 145-146
  • Nanglard, abbé J. Pouillé historique du diocèse d'Angoulême. - Imprimerie G. Chasseignac (26, rempart Desaix) ; Angoulême, 1894-1903. - 4 vol. (683 p., 588 p., 582 p., 684 p.) ; 24 cm. - Extr. de : "Bulletin de la Société archéologique et historique de la Charente". - Les 3 premiers tomes concernent l'ancien diocèse d'Angoulême et le 4e le diocèse actuel depuis la fin du XVIIIe siècle. Une table des paroisses dactylographiée de 17 p., faite en 1953, complète ces 4 tomes. Tome 3.

    p. 378, 382-383
  • Nanglard, abbé J. Pouillé historique du diocèse d'Angoulême. - Imprimerie G. Chasseignac (26, rempart Desaix) ; Angoulême, 1894-1903. - 4 vol. (683 p., 588 p., 582 p., 684 p.) ; 24 cm. - Extr. de : "Bulletin de la Société archéologique et historique de la Charente". - Les 3 premiers tomes concernent l'ancien diocèse d'Angoulême et le 4e le diocèse actuel depuis la fin du XVIIIe siècle. Une table des paroisses dactylographiée de 17 p., faite en 1953, complète ces 4 tomes. Tome 4.

    p. 434-435

Liens web

(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Riou Yves-Jean - Dujardin Véronique
Dujardin Véronique

Chercheur, service Patrimoine et Inventaire


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