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Église paroissiale Saint-Martin

Dossier IA00046422 réalisé en 1977

Fiche

L'église Saint-Martin est l'église paroissiale de la commune d'Angles-sur-l'Anglin. Construite à la fin du 11e siècle, elle est l'un des édifices les plus ancien du village. Située au cœur de la ville haute, elle a subi plusieurs transformations depuis sa construction mais conserve un clocher de style roman inscrit au titre des monuments historiques.

VocablesSaint-Martin
Dénominationséglise
Aire d'étude et cantonVals de Gartempe et Creuse - Saint-Savin
AdresseCommune : Angles-sur-l'Anglin
Lieu-dit : le Bourg
Cadastre : 1826 F1 212 ; 2014 AB 240

L'église paroissiale date de la fin du 11e siècle. Elle porte le vocable de Saint-Martin, très répandu dans cette région proche de la Touraine. Elle était le siège de la paroisse de Saint-Martin d'Angles qui englobait la ville-haute et quelques hameaux. Au Moyen Âge, un prieuré dépendait de la la cure de Saint-Martin. Le curé-prieur, chargé de l'office et destinataire des impôts levés sur la cure, dépendait de l'abbaye de Sainte-Croix d'Angles mais était nommé par l'évêque de Poitiers, seigneur d'Angles.

Le bâtiment a subi plusieurs transformations depuis sa construction. Au 16e siècle, il échappe de peu à la destruction causée par les guerres de Religion. Au 19e siècle, il est plusieurs fois mentionné en état de délabrement avancé. En 1820, 1822 et 1823, la commune lève un impôt extraordinaire pour mener à bien la restauration de l'église. Les travaux ne pourront être entrepris qu'en 1827, 1840 et enfin 1891. À cette date, l'église, dont le mur sud menace de s'effondrer, est dans un état déplorable. Le conseil de la Fabrique décide alors d'envoyer une demande d'aide financière aux ministre des Cultes pour entreprendre la restauration. Une subvention de 800 francs est débloquée. L'architecte d'arrondissement Ducoudray et le maçon anglois Julien Bourbon sont chargés de réaliser les travaux. Les différents lots comprennent la maçonnerie, la couverture, le blanchissage (chaulage), la restauration des voûtes et la pose de vitraux. Le mur et la porte sud sont reconstruits et quatre fenêtres en arc plein cintre sont percées sur ce même mur. Les moellons récupérés lors de la destruction du mur furent réemployés dans la nouvelle maçonnerie. Les pierres de taille proviennent de la carrière de Laniboire dans la commune de Saint-Pierre-de-Maillé. Le lambris des voûtes, entièrement vermoulu avant les travaux, est aussi remplacé. Les vitraux sont financés par Léon Tricoche, Antoine Périvier et Samuel Périvier, premier président de la cour d'appel de Paris. Ils furent réalisés entre 1892 et 1896 par l'atelier tourangeau Fournier.

Période(s)Principale : 11e siècle, 12e siècle , daté par source
Secondaire : 19e siècle , daté par source
Dates1090, daté par source
1891, daté par source
Auteur(s)Auteur : Ducoudray architecte attribution par source
Auteur : Bourbon Julien entrepreneur attribution par source

L'église est une construction à nef unique bâtie selon un plan en croix latine. Elle présente un chevet plat et deux absidioles, une sur chaque bras du transept. Les maçonneries sont en moellons de pierre calcaire partiellement enduits avec un mélange de chaux et de sable. La couverture est en tuile plate pour la nef, le transept et le chœur, et en ardoise pour le clocher. L'élévation occidentale présente une porte au linteau plat et deux baies jumelées romanes couvertes d'arcs en plein cintre. Cette façade conserve encore deux contreforts, dont celui placé entre les deux fenêtres romanes, et dont la hauteur a été réduite. La partie haute du mur pignon est aussi légèrement débordante.

Le mur de la nef de l'élévation nord est entièrement aveugle. Une ancienne fenêtre au linteau plat et aux encadrements chanfreinés est encore visible sur cette partie de l'édifice. Elle est murée aujourd'hui et sert de niche pour une statue de saint Christophe ou saint Joseph. Sur le cadastre napoléonien de 1826, le bras nord du transept n'est pas visible. Il formait alors une masse circulaire qui englobait l'absidiole et rejoignait le chevet plat de l'église. Cette forme circulaire est due au fait que l'escalier en vis qui permet d’accéder au clocher est accolé au bras du transept, en face de l'absidiole. À l'extérieur, l'escalier prend la forme d'une excroissance semi-circulaire, percée de deux petites ouvertures. Le transept porte aussi une ouverture couverte d'un arc brisé.

Le chevet plat était déjà visible sur le plan cadastral de 1826. Il présente un chaînage au milieu de de son mur oriental.

L'élévation sud a été grandement altérée depuis la construction de l'église. Tout d'abord, la destruction et la reconstruction du mur de la nef en 1891 ont permis de percer quatre ouvertures couvertes d'un arc en plein cintre. La porte principale est située sur cette élévation. Elle fut détruite et reconstruite en même temps que le reste du mur. Elle est d'une grande sobriété stylistique, reposant sur des piédroits en forme de pilastres, et couverte d'un arc en plein cintre à deux rangées de voussures. Une grande ouverture murée, couverte d'un arc en plein cintre, est aussi visible sur le bras sud du transept. Elle était déjà dans le même état en 1914. Il s'agit probablement d'une ancienne porte donnant accès au chœur par le transept. Un petit bâtiment est aussi accolé à l'église sur sa partie sud. Il est placé dans l'espace entre le chevet et le transept et forme un léger décrochement par rapport à celui-ci. La pièce est éclairée par une fenêtre à linteau plat et à l'appui saillant.

Le clocher est la partie la plus intéressante de l'édifice. De forme carrée, il s'élève sur deux niveaux mais a été abaissé depuis sa construction. Il porte encore un décor roman identifiable par ses modillons et ses colonnes adossées de par et d'autre d'arcades jumelées. Ces arcades sont aujourd'hui toutes murées à l'exception d'une seule. Les chapiteaux des colonnes portent un décor géométrique assez fruste. Les modillons sont parfois décorés d'animaux très stylisés, de masques ou des formes géométriques. Les colonnes adossées situées entre les deux arcades supportent sur les quatre faces une corniche ornée d'un motif en dent de scie. Le deuxième niveau est aussi percé d'arcades reposant sur des colonnes adossées. Là encore, les chapiteaux et les modillons, lorsqu'ils sont visibles, portent un décor sculpté. Les colonnes supportant les arcs ont parfois des chapiteaux décorés de volutes, un motif qui se retrouve sur le clocher de l'église Saint-Léger de Villiers-sur-Marne. Le tout est couvert par un toit en pavillon en ardoise et couronné par une girouette.

À l'intérieur, la nef unique est voûtée par un lambris en bois. Les fermes de la charpente sont visibles à intervalles réguliers.

Le chœur est séparé de la nef par un arc doubleau en plein cintre. Sur la partie sud de l'édifice, il est accolé à un pan de mur en angle droit. La croisée du transept supporte une coupole surbaissée décorée de peintures murales formant une fausse croisée d'ogive et une fausse clef de voûte avec un motif d'étoile en son centre. Au-dessus de l'arc doubleau conduisant au chœur, l'édifice conserve une frise décorée de denticules.

Des chapelles sont situées dans chacun des bras du transept, au niveau des absidioles. Il s'agit de niches voûtées en cul-de-four où se trouve un autel. L'autel de pierre de la chapelle nord présente une silhouette galbée et pourrait dater du 18e siècle. Les deux chapelles ont le même décor : au-dessus de l'autel, une niche accueille une statue. Elle est encadrée de chaque côté par deux paires de pilastres cannelés d'ordre ionique, supportant une frise au motif végétaux. La partie haute est décorée par une corniche à denticule et un motif de roses sur trois rangs et d'étoiles sur deux rangs situées sur la voûte en cul-de-four. Chacun des bras du transept est voûté en berceau.

Le chœur est éclairé par une fenêtre en plein cintre sur le mur nord de l'église. Sur le mur sud, une porte et une fenêtre, couvertes d'arcs en plein cintre, donnent accès à la sacristie. La voûte du chœur est elle aussi en berceau, séparée en deux parties par un arc doubleau au centre.

Murscalcaire moellon enduit
Toittuile plate, ardoise
Plansplan en croix latine
Couvrementslambris de couvrement
voûte en berceau
coupole sans trompe
Couverturestoit à longs pans
flèche carrée
pignon découvert
Escaliers
Techniquessculpture
vitrail
peinture
Statut de la propriétépropriété de la commune
Protectionsinscrit MH, 1926/05/10
Précisions sur la protection

Inscription par arrêté du 10 mai 1926 (clocher)

Annexes

  • Lettre de Louis Fouché, curé de Saint-Martin d'Angles-sur-l'Anglin, au Ministre des Cultes en 1889 (AD 86 – 2O5-6)

    « Monsieur le Ministre, J'ai l'honneur de supplier Votre Excellence de vouloir bien accorder à la paroisse d'Angles-sur-l'Anglin (Vienne) un secours nécessaire à la restauration de l'église qui se trouve actuellement dans l'état le plus lamentable. L'état de gêne excessive qui afflige notre contrée ne nous permet d'offrir qu'une somme très faible en comparaison de ce qui serait indispensable pour faire les réparations les plus urgentes. Nous espérons néanmoins que Votre Excellence daignera nous venir en aide le plus largement possible et accepter favorablement la prière que nous lui adressons. Veillez agréer, Monsieur le Ministre, de l'assurance du profond respect avec lequel j'ai l'honneur d'être de Votre Excellence le très humble et très obéissant serviteur. Louis Fouché curé d'Angles ».

  • Extrait des conditions générales des travaux pour la restauration de l'église paroissiale Saint-Martin en 1891 ( AD 86 – 2O5-6) 

    « Ces travaux consistent en la démolition et la reconstruction d'une partie du mur sud qui menace ruine ; de la réfection des toitures en fort mauvais état, et du badigeonnage à la colle des voûtes. Les prix portés pour la démolition et reconstruction comportent tous étayages, échafaudages, etc. afin de prévenir tout accident qui serait à la charge de l’entrepreneur.

    Tous les matériaux provenant de la démolition du mur, ainsi que des toitures appartiendront à l'entrepreneur et ne seront réemployés qu'après une acceptation de l'architecte ou des membres de la commission de surveillance.

    Le mur sud sera démoli sur une longueur de 14m (partie comprise entre la partie latérale et le transept de droite, et de la toiture au sol à 0,30m au dessous du niveau du dallage de l'église).

    Les moellons nécessaires à la reconstruction du mur sud sur 0,70m d'épaisseur proviendront des démolitions ou à leur défaut des carrières du pays. Les vides des fenêtres et le cube des pierres de tailles ne seront pas déduits du cube des maçonneries.

    Le sable sera pris dans la rivière de l'Anglin et exempt de toutes impuretés. Les sables pour la composition des mortiers destinés à la pose des pierres de taille et des crépissages intérieurs seront de même provenance et criblés fin.

    La chaux hydraulique proviendra des fours de la côte de Gouex, même commune.

    La pierre de taille pour la construction des fenêtres proviendra des carrières de Laniboire ou du pays au gré de la commission.

    Les lattes en chêne pour la réfection des toitures seront de bonne qualité.

    Les tuiles plates seront également de bonne qualité et exemptes de tous défauts. Les badigeons pour la voûte et les murs seront composés de lait de chaux blanche et de colle.

    La maçonnerie ordinaire sera faite avec mortier de chaux de la côte de Gouex et de sable de rivière, comme il est indiqué ci-dessus à la désignation de provenance de matériaux, dans la proportion de 1/3 de chaux pour 2/3 de sable.

    Les moellons seront placés suivant les règles de l'art, en liaison réciproque de la moitié au tiers de leur longueur.

    Le prix de la maçonnerie comprendra les crépissages sur les deux faces, giclage sur la face extérieure et au mortier de sable fin parfaitement dressé et lissé sur la face intérieure.

    […] Les vitraux seront en verre teinté à losanges posés sur châssis et traverses de petits fers à T».

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Vienne: (2O5-1): Angles-sur-l'Anglin: Comptes administratifs et de gestion

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 2O5-1
  • Archives départementales de la Vienne: (2O5-6): Angles-sur-l'Anglin: Biens communaux bâti

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 2O5-6
  • 1906-1913. Inventaire des biens des paroisses de Saint-Savin, Saint-Germain, Angles-sur-l’Anglin, Antigny, Béthines, La Bussière, Saint-Pierre-de-Maillé, Nalliers, Villemort, La Trimouille, Brigueil-le-Chantre, Coulonges, Haims, Journet, Liglet, Saint-Léomer, Thollet, Civray, Blanzay, Champagné-le-Sec, Champniers, Saint-Gaudent, Linazay, Lizant, Saint-Macoux, Saint-Pierre-d’Exideuil, Savigné, Voulême, Availles-Limouzine, Saint-Martin-l’Ars, Mauprévoir, Pressac.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 2 Q 130
Bibliographie
  • D'Arboval Henri, Angles-sur-l'Anglin et Chauvigny-sur-Vienne, Tome 1 : Angles-sur-l'Anglin, Péricat, Tours, 1914.

  • Ducluzeau, Robert. Petite histoire d'Angles-sur-l'Anglin. La Crèche : Geste éditions, 2005.

  • Rougé Jacques, Angles et l'Anglin, étude traditionniste et pittoresque, Imprimerie Nouvelle, Loches, 1903

Liens web

(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Communauté de communes des Vals de Gartempe et Creuse - Joergensen Bent - Ourry Yann - Allard Thierry
Allard Thierry

Chercheur, service Patrimoine et Inventaire


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- Dujardin Véronique
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