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Église paroissiale Saint-Laurent

Dossier IA86007775 réalisé en 2010

Fiche

Vocablessaint Laurent
Dénominationséglise paroissiale
Aire d'étude et cantonPays Civraisien - Couhé
AdresseCommune : Romagne
Cadastre : 1837 G7 1221 ; 2010 K 857

L'église Saint-Laurent de Romagne figure dans un document daté de 942 (cité par A. Lièvre). L'édifice actuel a été construit au 12e siècle, mais les seules parties romanes qui subsistent sont la travée droite du chœur et l'abside. Certains auteurs ont avancé une datation au 11e siècle ; le décor envahissant le tailloir du chapiteau de la fenêtre d´axe et le style des modillons sont plus en accord avec une datation dans le 12e siècle.

L'agrandissement de l´édifice par un collatéral nord terminé à l´est par une chapelle date plus vraisemblablement du 15e siècle voire du 16e siècle que du 14e siècle, comme cela est parfois mentionné, notamment si l´on se fie au décor des piles.

Dans la seconde moitié du 17e siècle, divers travaux sont réalisés sous la direction du curé Le Roy : réfection des portes et du cintre de la grande porte (1762), du clocher, des cloches, d´un pilier du chœur et de la voûte du chœur (suite à la chute du clocher, foudroyé en 1763).

Jusqu'à la Révolution, la cure était à la nomination du chapitre de Saint-Hilaire-le-Grand de Poitiers.

Au 19e siècle, l'église est restaurée à plusieurs reprises. En 1811, des tuiles sont remplacées puis en 1821, des ardoises et des tuiles. En 1853, des travaux sont exécutés par M. Degusseau pour réparer la voûte et la couverture de l'édifice. En 1865, Brouillet signale que la baie romane dans l´axe de l´abside est murée, ce qui a peut-être été réalisé au cours des travaux de 1853 pour soulager la voûte de l´abside. L´une des verrière au nord est signée P.G. POITIERS 1880. En 1886-1887, une nouvelle campagne de travaux est entreprise sous la direction de l'architecte Louis Chambert. La couverture de l'église est refaite ; le mur gouttereau sud est repris et doublé de quatre arcades à l'intérieur de la nef, afin de supporter la fausse voûte en berceau en brique de la nef que l'architecte envisage de réaliser. La couverture en tuile du collatéral nord est remplacée par des ardoises.

Suite à d´importants désordres architecturaux, le chœur a été renforcé par un cerclage de fer dans les années 1930. C´est au cours de cette campagne de consolidation qu´est mis en place le contrefort qui obstrue partiellement la fenêtre d´axe (elle avait été auparavant murée, sa désobstruction n´est pas mentionnée). Les halles en bois adossées au sud de l´église sont alors détruites. D´importantes fissures subsistent. Dans les années 1950, la voûte de la nef s´effondre : elle est reconstruite en brique et le soutènement du clocher est renforcé.

Période(s)Principale : 12e siècle
Principale : 15e siècle , (?)
Secondaire : 19e siècle
Auteur(s)Auteur : auteur inconnu

L'actuelle église Saint-Laurent est située sur la place, au centre du village. De plan allongé, l'édifice se compose d'une nef avec un collatéral nord, d'un chœur à deux travées (une travée sous clocher et une travée droite) et abside semi-circulaire terminant le vaisseau principal. Le collatéral nord de quatre travées est terminé par une chapelle ouvrant sur la travée sous clocher. Les dimensions (non vérifiées lors de l´étude, données par Brouillet, 1865) sont les suivantes : 38m de long (y compris l´abside) pour la nef, 6 m de large, 5m de hauteur. La cure était, avant la Révolution, à la nomination du chapitre de Saint-Hilaire à Poitiers.

De l'édifice roman subsistent, en élévation, l´abside semi-circulaire, plus étroite que la travée droite du chœur, et vraisemblablement le mur gouttereau sud de la nef partiellement reconstruit lors des travaux de 1887.

Ce chœur, plus élevé que la nef, présente un appareil assisé en moellons équarris. Le mur sud de la travée sous clocher et de la travée droite est appuyé de trois contreforts de hauteurs différentes. Une large fenêtre couverte en arc segmentaire éclaire la travée sous clocher. La travée droite était éclairée par une étroite fenêtre en plein cintre aujourd'hui murée (fig. 18).

L'abside est épaulée d'un contrefort qui occulte partiellement la baie axiale, construit dans les années 1930. L'archivolte qui la surmonte est prolongée, sur le pourtour, d'un cordon orné de billettes. Une porte couverte en plein cintre a été aménagée dans le flanc nord de l'abside : elle donne accès à la sacristie qui a pris place dans l´ancien chœur de l´église. La maçonnerie présentant des désordres, le chevet a été cerclé, également dans les années 1930.

La fenêtre et les modillons du chevet sont ornés de sculptures (cf. annexe 1).

Le collatéral nord, construit vers le 15e siècle, ouvre à l'est sur une chapelle légèrement saillante accotée à la travée droite du chœur.

La transformation du bâtiment originel est soulignée, extérieurement, par les toitures distinctes : toit à deux pans pour la nef ; toit à un versant pour le collatéral. Ce dernier est éclairé par trois baies en plein cintre, de hauteurs différentes, percées dans le mur nord épaulé par ailleurs de trois contreforts à ressaut. Le mur gouttereau sud de la nef est en revanche aveugle ; il est dépourvu de contrefort mais renforcé à l'extérieur, vers l'est au niveau des troisième et quatrième travées, sur les deux tiers de sa hauteur, d'un second mur. Côté interne, ce mur supporte de grandes arcades plus profondes que celles des première et deuxième travées. Des traces d'arcades en plein cintre, reposant sur des supports en pierre de taille, sont visibles à l'extérieur dans les deux premières travées occidentales du mur gouttereau. Elles correspondent aux arcades plaquées à l'intérieur de la nef.

La façade occidentale de l'église reflète, par son asymétrie, l'agrandissement de l'édifice. Le mur pignon du vaisseau primitif, cantonné de deux contreforts, est percé d'un portail à une voussure brisée, composée de deux rouleaux et sommée d'une archivolte. À la base de l´archivolte se trouvent deux éléments ornés d´un visage sculpté, probablement des remplois. Le portail est surmonté d'un oculus quadrilobé. Trois autres éléments sculptés, en remploi, se trouvent sur la façade : l´un, orné d´un visage, au-dessus de la clef du portail, les deux autres (dont un visage) de part et d´autre du mur pignon, à peu près au niveau de la base de l´oculus.

Le mur pignon est appuyé, au nord, du mur fermant le collatéral. Il est percé d'une petite porte couverte en plein cintre surmontée d'un arc en accolade. Une fenêtre en plein cintre se trouve en haut à gauche de cette porte latérale.

La première travée est plus courte que les trois travées suivantes (5 m au lieu de 6).

Les quatre travées de la nef sont couvertes d'une fausse voûte en berceau surbaissé en brique. Le couvrement repose, au sud, sur le mur gouttereau épaulé de quatre profondes arcades en plein cintre (construites en 1887) et, au nord, sur les quatre piles quadrangulaires reliées par de grandes arcades brisées qui séparent la nef du collatéral. Ce dernier compte quatre travées couvertes chacune d'une voûte sur croisée d'ogives. Les ogives retombent sur les supports dépourvus de chapiteaux ; toutefois, les piles sont ornées, aux angles sud-est et sud-ouest, de masques ou de grotesques. Le collatéral s'ouvre, à l'est, sur une chapelle également voûtée d'une croisée d'ogives. Elle est éclairée par une fenêtre couverte en plein cintre, au nord, et, à l'est, par une large baie à deux lancettes et trilobe. Des traces de décor peint sont encore visibles sur le mur nord de la chapelle.

La chapelle, peu profonde, communique par une arcade brisée avec la travée sous clocher, aujourd'hui chœur de l'église.

La disposition du chœur roman a été modifiée par l'édification d'une cloison. La travée sous clocher, qui abrite l'autel, est devenue le chœur de l'église actuelle ; l´ancienne travée droite du chœur et l'abside romane servent aujourd'hui de sacristie. Elles sont couvertes d'une voûte en berceau plein cintre supportée par trois arcs doubleaux reposant sur des pilastres plats. L'abside, couverte d'une voûte en cul-de-four, est éclairée par une baie axiale couverte en plein cintre. Elle est flanquée de deux colonnettes dont les chapiteaux sont ornés de motifs végétaux.

Une cave voûtée, dont l'ouverture se trouve sur la place publique, est signalée en 1894 sous l'église.

Murscalcaire
moellon
Toitardoise
Plansplan allongé
Étages2 vaisseaux
Couvrementscul-de-four
voûte en berceau plein-cintre
voûte d'ogives
fausse voûte en berceau segmentaire
Couverturestoit à longs pans
toit à un pan
croupe ronde
État de conservationrestauré, menacé
Techniquespeinture
sculpture
Représentationspersonnages ornement figuré, tête d'homme ornement animal, chien, cochon, lion, animal ornement géométrique, billette
Statut de la propriétépropriété de la commune
Protectionsinscrit MH partiellement, 1993/06/07
Précisions sur la protection

Choeur, ainsi que le bas-côté et la chapelle Nord (cad. K 857) : inscription par arrêté du 7 juin 1993.

Annexes

  • Annexe concernant le décor sculpté roman de l'église Notre-Dame de Romagne

    Le chevet et la travée droite du chœur conservent un décor sculpté roman qui se concentre autour de la baie d'axe (archivolte et chapiteau de la colonnette) et de la corniche.

    La fenêtre romane subsiste partiellement, la partie droite ayant disparu lors de la pose d'un contrefort. L'intrados de la voussure est orné d'un tore qui repose, à gauche, sur une colonnette au chapiteau sculpté. Sur la corbeille se développe une scène figurée. À gauche, un homme, représenté en buste, tient de sa main gauche le tronc d'un petit arbre stylisé qui le sépare du second protagoniste. Ce dernier, vêtu d'une tunique à larges manches et la tête recouverte d'un chapeau (bonnet ?), est allongé, posé sur son bras droit, les pieds légèrement relevés. De son bras gauche tendu derrière le corps il tient le tronc du petit arbre sculpté à l'extrémité de la face nord de la corbeille. Le mouvement du corps, bien que peu vraisemblable, est souple.

    La composition de la scène s'organise à partir des angles de la corbeille où ont été placées les têtes de personnages. Les corps se détachent nettement du fond, cette sculpture fouillée permettant un jeu d'ombres et de lumière qui anime la scène.

    Le décor du chapiteau ne se concentre pas uniquement sur la corbeille. Comme il est fréquent au 12e siècle, la sculpture envahit le tailloir orné de rinceaux de feuilles grasses jaillissant d'une petite tête de monstre représenté dans l'angle.

    L'archivolte de la baie, ornée d'un double rang de billettes, est prolongée, sur tout le pourtour de l'abside, par un cordon (larmier ?) reprenant le même motif.

    À l'intérieur, l'ébrasement de la baie est flanqué de deux colonnettes avec chapiteau sculpté. Le décor du chapiteau de la colonnette nord est organisé, avec symétrie, à partir des larges feuilles d'angle concaves d'où se détache une palmette. Le chapiteau sud présente aussi un décor organisé avec symétrie. Une large feuille grasse s'épanouit à chaque angle ; débordant sur la face plate de la corbeille, elle est entourée par une tige qui se dédouble ; les deux rameaux montant de la tige se terminent par une petite volute occupant la partie supérieure de l'angle de la corbeille. Cette composition, qui souligne le volume du chapiteau, est une déclinaison du chapiteau à feuillage gras apparu dans les monuments romans poitevins au 11e siècle comme à Saint-Hilaire-Le-Grand de Poitiers, Saint-Savin...

    Les modillons de la corniche de l'abside et des travées droites mettent majoritairement en scène des animaux : âne, chien, cochon, félins (lions et peut-être chat)..., en alternance avec des têtes humaines (homme barbu, homme moustachu et barbu...) et de rares modillons géométriques ou ornés de volutes.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Vienne. Microfilms (archives privées Beauchet-Filleau). [1634, 29 octobre : visite pastorale de messires Jean Filleau et Denys Guilloteau, commissaires députés par arrest des Grands Jours de Poitiers, p. 150].

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers
  • Casier archéologique [documents établis par le service des Monuments historiques au lendemain de la Seconde Guerre mondiale sur des édifices protégés ou destinés à l'être].

    3 p., 5 fig., 1 plan Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, Charenton-le-Pont
  • Direction régionale des affaires culturelles de Poitou-Charentes (Conservation régionale des Monuments historiques). Église Saint-Laurent. Romagne. Vienne : dossier documentaire de protection. 1993.

    Direction régionale des affaires culturelles de Poitou-Charentes, Conservation régionale des monuments historiques, Poitiers
  • Archives diocésaines de l'évêché de Poitiers. Dossier de la paroisse de Romagne. 1894, 25 février : le maire demande au diocèse l'autorisation de louer une cave voûtée située sous l'église mais dont l'ouverture se trouve sur la place publique.

    Archives diocésaines de la Vienne, Poitiers
Documents figurés
  • " [Ensemble de gravures] ". 1865. Brouillet. [Brouillet, Pierre Amédée. Indicateur archéologique de l'arrondissement de Civray, 1865]. Canton de Couhé-Vérac : " Plan " : planche 7 bis n° 4 ; " Façade, armoiries " : planche 12.

  • " [Plan, photographie] ". 1951. S.n. Plan, photographie [Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (Saint-Cyr), 1996/025/0949].

    Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, Charenton-le-Pont
Bibliographie
  • Beauchet-Filleau, Henri. Pouillé du diocèse de Poitiers. Niort (22, rue des Halles) : L. Clouzot ; Poitiers (4, rue de l'Éperon) : H. Oudin, 1868.

    p. 370-371 Bibliothèque nationale de France, Paris : 254 BEA
  • Bobe. L'église de Romagne. Bulletin de la société des Amis du Pays civraisien, n° 4, décembre 1933.

    p. 18-20
  • Brouillet, Pierre Amédée. Indicateur archéologique de l'arrondissement de Civray. 1865.

    p. 279-280, canton de Couhé-Vérac pl. 7 bis n° 4 et pl.12 Médiathèque François-Mitterrand, Poitiers
  • Crozet, René. Dictionnaire des églises de France. Paris : Robert Laffont, 1967, tome IIIc, Poitou-Saintonge-Angoumois.

    p. 153
  • Landry-Delcroix Claudine, Amelot Jean-François (photographe). La peinture murale gothique en Poitou, XIIIe-XVe siècle. Rennes : Presses Universitaires de Rennes, 2012.

    p. 15, 32, 34, 39, 140, 143, 201, 282
  • Lièvre, Auguste François. Notes sur Couhé et ses environs. Paris : Grassart, libraire ; Poitiers : Girardin, libraire, 1869 [rééd. 1989 et 2006].

    p. 248
  • Longuemar, Alphonse Le Touzé de. Épigraphie du Haut-Poitou. Mémoires de la société des antiquaires de l'Ouest, 1ère série, tome 28, 1863.

    p. 357-358, 365, 367
  • Longuemar, Alphonse Le Touzé de. Les anciennes fresques des églises du Poitou. Poitiers : Oudin, 1881.

    p. 288-290
  • RÉDET, Louis. Dictionnaire topographique du département de la Vienne [...], Paris : Imprimerie nationale, 1881. (Réédition Paris : J.-M. Williamson, 1989), 526 p.

    p. 364-365 Médiathèque François-Mitterrand, Poitiers : 914.463 RED
  • Richard, Alfred. Communication à la séance du 24 avril 1884. Bulletins de la société des antiquaires de l'Ouest, 2e série, tome 3, 1883-1885.

    p. 272
  • Salvini, Joseph. Le diocèse de Poitiers à la fin du Moyen Âge (1346-1560). Poitiers : Les presses universitaires, 1946.

    p. 30, 42 Région Nouvelle-Aquitaine, service de l'inventaire du patrimoine culturel, Poitiers
  • Salvini, Joseph. Tombes et épitaphes classées parmi les monuments historiques dans le département de la Vienne de 1946 à 1962. Bulletins de la société des antiquaires de l'Ouest, 4e série, tome 8, 1965-1966.

    p. 63
(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Dujardin Véronique
Dujardin Véronique

Chercheur, service Patrimoine et Inventaire


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