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Église paroissiale Saint-Just

Dossier IA86007759 réalisé en 2013
Vocablessaint Just
Dénominationséglise paroissiale
Aire d'étude et cantonRégion Poitou-Charentes - Availles-Limouzine
AdresseCommune : Pressac
Cadastre : 1826 C2 266 ; 2012 C 149

L´église Saint-Just de Pressac date du milieu du 12e siècle. La première mention de la paroisse apparaît dans un texte de 1178. En 2005, un sarcophage mérovingien a été mis au jour qui témoigne d´une implantation funéraire sinon religieuse plus ancienne sur le site.

Le comble au-dessus de la nef a été surélevé probablement après la guerre de Cent Ans, au début du 15e siècle, avec la mise en place de bretèches au-dessus de la cinquième travée. D´importants travaux de confortement sont réalisés : les quatre angles de l´édifice sont renforcés par de puissants contreforts d´angle, les deux premières travées de la nef sont également reprises et renforcées par deux contreforts massifs, le chœur reçoit un nouveau voûtement et le nouveau mur plat du chevet est percé d´une baie à remplage flamboyant.

Si l´on se fie à la date inscrite sur le contrefort sud-est (« L'an mil cinq cent soixante trois »), des travaux sont réalisés en 1563, vraisemblablement pour des réparations suite au dommages causés par les protestants l´année précédente.

En 1643, le jour du jeudi saint (2 avril), un incendie accidentel dans la chapelle Notre-Dame, où se trouvaient les objets liturgiques, a fait fondre le calice (présenté dans une niche aménagée au sud de la sixième travée de la nef), mais l´hostie qu´il renfermait aurait été préservée. La chapelle incendiée est alors réparée.

Le tabernacle en bois doré est daté de 1753.

Une grande campagne de travaux est lancée au milieu du 19e siècle. En 1859, la commune et Boyer, architecte diocésain, proposent la construction d´un nouveau clocher. La campagne s´achève par la réalisation, en 1863, du vitrail de la baie d´axe, sur le thème du miracle de l'hostie, exécuté par les frères Guérithault et mis en place en 1864.

En 1878, de graves désordres sont signalés dans les voûtes et les murs de la nef.

La façade est inscrite à l´inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1925 et l´ensemble de l´édifice est classé en 1987.

Après une étude préalable en 1992, une restauration globale a été menée de 1998 à 2005 : reprise de la charpente et de la toiture, réfection des parties hautes, restitution du clocher dans un état postérieur à 1850, reprise des joints de toutes les élévations, remplacement des bases des colonnettes intérieures du portail, ainsi que du soubassement de l´arcade aveugle sud, restitution des parties manquantes de la corniche, contreforts sud en béton démontés et remplacés par des contreforts en pierre, drainage périphérique, reprise des parements intérieurs.

Période(s)Principale : 12e siècle
Principale : 15e siècle
Secondaire : 19e siècle
Secondaire : 20e siècle
Auteur(s)Auteur : Boyer architecte diocésain

Située dans le bourg de Pressac, l´église Saint-Just n´est pas orientée. Son chœur est d´orientation sud-sud-est. Par convention, dans la suite de la description, nous utiliserons néanmoins l´ouest pour la façade et l´est pour le chœur. L´église se compose d´une nef à vaisseau unique de six travées couverte en berceau légèrement surbaissé, d´un chœur d´une travée voûtée d´ogives et à chevet plat. Le clocher carré, aux parois recouvertes d´un bardage, est situé sur la première travée de la nef.

Le comble au-dessus de la nef a été surélevé probablement au moment de la guerre de Cent Ans, avec des ouvertures protégées par des bretèches au niveau de la cinquième travée, au nord comme au sud, protégeant des portes d´accès à l´église aujourd'hui murées. La nef est sombre, éclairée seulement par des fenêtres situées dans la quatrième et la sixième travées, au nord comme au sud.

La couverture du chœur est légèrement plus basse que celle de la nef.

Les quatre angles de l´édifice ont été renforcés par de puissants contreforts d´angle à retraite et glacis au 15e siècle. Les deux premières travées de la nef ont également été reprises, probablement à la même époque, avec deux contreforts massifs à la place des contreforts plats et la suppression des grandes arcades plaquées qui n´assuraient pas une stabilité suffisante à l´édifice dont les murs se sont déversés. La première travée de la nef est un peu plus longue que les suivantes.

La façade occidentale est divisée en trois parties par deux contreforts plats. Elle se compose de deux niveaux séparés par une corniche à modillons, un cordon également porté par des modillons prolonge les tailloirs des chapiteaux de la fenêtre du premier étage. Le pignon découvert est à faible pente.

Le portail central était encadré de deux arcades aveugles dont seule subsiste celle de droite, en partie masquée par le contrefort d´angle ajouté au 15e siècle. Les chapiteaux du piédroit gauche portent des scènes avec des personnages. Sur le chapiteau externe, deux lions affrontés à tête unique et queue terminée en flèche avalent un personnage qu´ils tiennent d´un patte terminée en forme de main. Sur le chapiteau interne, abîmé dans sa partie centrale, un personnage tient un lion et semble porter le long de son flanc droit un bâton. Le chapiteau interne du piédroit droit est sculpté de deux lions affrontés à tête unique, avec une tête de lion en plus dans l'angle supérieur gauche. Le chapiteau externe quant à lui porte deux oiseaux affrontés à tête unique. La voussure du portail est constituée de trois rouleaux constitués de claveaux ornés de motifs géométriques (palmettes et rosaces creusées) pour la plupart refaits. L´archivolte est ornée d´une suite de quadrupèdes (lions ?).

Le chapiteau gauche de l´arcade aveugle sud est très érodé. On y reconnaît sur la droite un lion avec un élément qui lui sort de la gueule, la partie gauche est illisible.

Les modillons de la corniche portent des têtes humaines et des animaux, parmi lesquels on peut reconnaître un cerf, une sirène-oiseau, une sirène poisson, un animal précédé d´un arbre stylisé, un ange représenté en buste. Les chapiteaux de la fenêtre à l´étage, légèrement décalée vers la droite par rapport à l´axe du portail, sont érodés, mais on peut y reconnaître à gauche deux quadrupèdes affrontés (griffons ?) à tête unique au-dessus d'un visage et à droite deux oiseaux.

Une partie des modillons de la corniche de la nef ont été refaits. Il en reste néanmoins quelques-uns d´origine, parmi lesquels on peut signaler, au sud, des têtes humaines, une tête animale (bélier ?) et un oiseau à queue de serpent, et au nord, des décors géométriques, un disque avec une croix (hostie ?), des visages dont certains très stylisé, une tête monstrueuse avec des oreilles pointues représentée allongée, un âne jouant du frestel (flûte de pan).

Les murs de la nef sont doublés, comme à l´extérieur, d´une arcature aveugle sur toute leur longueur à l´exception de la première travée et, au sud, de la sixième travée. Une banquette de pierre, sur les murs nord et sud, sert de support aux bases des colonnes engagées. La voûte de la nef est portée par des doubleaux qui retombent sur les chapiteaux de ces colonnes et soulignée par une corniche. Sur le premier chapiteau au sud, deux lions encadrent un quadrupède. Le deuxième chapiteau sud porte un décor cordé sur son astragale. Il est orné de deux lions affrontés à tête unique dans l'angle droite, suivis par un autre lion sur la petite face gauche. Le deuxième chapiteau du côté nord porte une scène de chasse dans une forêt (symbolisée par quatre arbres) avec un animal (chien ?) qui poursuit un cerf transpercé d'une flèche. L´animal poursuivant le cerf, représenté par sa seule moitié avant, a parfois été interprété comme un sanglier (Camus, 2009, fig. 316 p. 287), mais en l´absence des incisives caractéristiques et en raison de sa position à la poursuite du cerf blessé, une interprétation comme chien semble probable. Les autres chapiteaux de la nef portent un décor sculpté végétal et géométrique, pour partie en gravure profonde, complété par deux petites têtes humaines dans les angles du cinquième chapiteau nord.

Le chœur est éclairé au nord comme au sud par une baie en plein cintre à simple ébrasement et à l´est par une baie à remplage gothique. La voûte en pierre sur croisée d´ogives du chœur repose sur des culots sculptés (têtes humaines au sud, un buste et un animal au nord).

Murscalcaire
pierre de taille
moellon
Toittuile creuse, ardoise
Plansplan allongé
Étages1 vaisseau
Couvrementsvoûte en berceau en anse-de-panier
voûte d'ogives
Couverturestoit à longs pans
flèche carrée
Techniquessculpture
Représentationsornement figuré, homme, humain fabuleux, sirène ornement animal, lion, oiseau, cerf, chien animal fantastique, dragon ornement végétal, feuille, arbre ornement géométrique, rouelle ornement en forme d'objet, hostie
Statut de la propriétépropriété de la commune
Protectionsclassé MH, 1987/12/11
Précisions sur la protection

Eglise Saint-Just (cad. C 149) : classement par arrêté du 11 décembre 1987.

Références documentaires

Documents d'archives
  • 1643, 22 juillet : rapport et portraict du miracle arrivé à Pressac en la sainte hostie le jeudy sainct 2 avril 1643... La Semaine religieuse du diocèse de Poitiers, 1865, p. 394-396, et 1908, p. 404-406

  • 1864, 30 juin : pose d'un vitrail des frères Guérithault et qui représente le miracle du 2 avril 1643. La Semaine liturgique du diocèse de Poitiers, 1864.

    p. 330, 381
  • Casier archéologique [documents établis par le service des Monuments historiques au lendemain de la Seconde Guerre mondiale sur des édifices protégés ou destinés à l'être].

    4 p. : 1 fig Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, Charenton-le-Pont
Bibliographie
  • Auber, abbé. Histoire de la cathédrale de Poitiers, 4ème partie. Mémoire de la société des Antiquaires de l'Ouest, 1ère s., t. 16, 1849.

    p. 343-345
  • Barbier de Montault, Mgr Xavier. Communication à la séance du 17 mai 1883. Bulletin de la société des Antiquaires de l'Ouest, 2ème s., t. 3, 1883-1885.

    p. 61-62
  • Camus, Marie-Thérèse. Les oiseaux dans la sculpture du Poitou roman. Mémoires de la Société des Antiquaires de l'Ouest, 4e série, t. 11, 1967-1970.

    p. 28
  • Camus, Marie-Thérèse, Carpentier, Elizabeth, Amelot, Jean-François. Sculpture romane du Poitou. Le temps des chefs d'oeuvre. Paris : Éditions A. et J. Picard, 2009.

    p. 102, 238, 263, 284, 286, 293 ; fig. 316
  • Crozet, René. Dictionnaire des églises de France. Paris : Robert Laffont, 1967, tome IIIc, Poitou-Saintonge-Angoumois.

    p. 148 : 1 ill
  • Crozet, René. L´art roman en Poitou. Paris : Laurens, 1948.

    p. 148, 178, 232, 233, 238 Médiathèque, Thouars : 944.6
  • Eygun, François. Art des pays d'Ouest. Paris : Arthaud, 1965.

    1 pl. n° 114
  • Eygun, François. L'abbaye Notre-Dame de la Réau, O. S. A. Étude historique et archéologique. Mémoires de la société des Antiquaires de l'Ouest, 3ème série, tome 15, 1938.

    p. 104
  • Héliot, Pierre. Les églises abbatiales de Saint-Maixent, de Celles-sur-Belle et l'architecture poitevine. Mémoires de la Société des Antiquaires de l'Ouest, 4e s., t. 2, 1955.

    p. 33 note 55
  • Longuemar, Alphonse Le Touzé de. Les anciennes fresques des églises du Poitou. Poitiers : Oudin, 1881.

    p. 43-44
  • Richard, Alfred. Communication à la séance du 16 juillet 1885. Bulletin de la société des Antiquaires de l'Ouest, 2ème s., t. 3, 1883-1885.

    p. 583-584
  • Roussel, Jean-Pierre. Les tabernacles classiques de la Vienne. Essai de typologie et d'iconographie. Bulletins de la société des antiquaires de l'Ouest, 4e série, tome 17, 1983-1984.

    p. 562-563, 569 : ill
  • Salvini, Joseph. Objets divers classés dans le département de la Vienne. Bulletins de la société des antiquaires de l'Ouest, 4e série, tome 8, 1965/1966.

    p. 215
(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Dujardin Véronique
Dujardin Véronique

Chercheur, service Patrimoine et Inventaire


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- Sarrazin Christine