Dossier d’œuvre architecture IA40001641 | Réalisé par
  • inventaire topographique, patrimoine mobilier des Landes
Église paroissiale Saint-Jacques-le-Majeur
Copyright
  • (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Tartas ouest
  • Commune Saint-Yaguen
  • Cadastre 2017 E 468

L'église de Saint-Yaguen est mentionnée dans le Liber rubeus de la cathédrale de Dax (seconde moitié du XIIe siècle) sous le vocable obscur de Sanctus Aginus, devenu Aganus dans les Rôles gascons de 1289 (tome II, n° 1589), puis Saint-Agané vulgairement Saint-Jacques au XVIIIe siècle (procès-verbal de visite de Mgr de Suarez d'Aulan en 1740). Les tentatives des érudits du XIXe siècle, dont le chanoine Daugé, de rattacher "Yaguen" à l'espagnol "Iago" (Jacques), au prétexte que le bourg était une étape sur le chemin de Compostelle, semblent dépourvues de fondement. A une époque indéterminée du Moyen Âge, l'église devient une dépendance du prieuré Saint-Caprais de Pontonx (sur l'Adour), fondé en 980 par le vicomte Retord de Tartas. Après le rattachement de ce prieuré au chapitre de la cathédrale de Dax au XVIIe siècle, elle est donnée, sous le nom de Saint-Agan, à l'ancien prieur Louis d'Albret avec les autres annexes de la cure de Tartas.

L'édifice actuel, en dépit de l'uniformité apparente imposée par la restauration intérieure des années 1960, est une construction complexe, constituée d'éléments d'époques diverses. Le plus ancien est l'abside en hémicycle, seul vestige du plan roman d'origine à vaisseau unique, qui correspond certainement au Sanctus Aginus cité dans le Liber rubeus. Ce petit bâtiment subit d'importantes transformations au début du XIIIe siècle : d'une part, l'allongement de la nef d'une travée occidentale (plus large d'un mètre que la travée orientale), calée à l'ouest par un clocher-mur ; d'autre part, l'ajout, au nord du vaisseau, d'une chapelle de deux travées terminée en absidiole semi-circulaire, dont le cul-de-four reçoit au même moment un cycle de peintures dédié à la Vierge, titulaire de la chapelle. Au XIVe siècle, les troubles liés à la guerre de Cent Ans contraignent sans doute la communauté de Saint-Yaguen, dépourvue de fortifications, à renforcer les capacités défensives de l'église : le chevet est augmenté d'une surélévation fortifiée et le clocher-mur se voit adjoindre deux tours latérales, qui lui donneront sa silhouette "trinitaire" originale.

L'époque moderne n'apporte que des modifications mineures à l'édifice, hormis la destruction probable de la voûte en pierre de la nef (qui aurait remplacé à une date indéterminée le lambris originel) lors du passage des troupes protestantes en 1569, et la reprise complète du décor peint de la chapelle de la Vierge vers le début du XVIIe siècle.

Aux XIXe et XXe siècles, en revanche, de lourdes interventions affectent l'aspect de l'église. Quelques travaux de réparation sont effectués sous la monarchie de Juillet suite à des menaces d'interdiction épiscopale (1844) : réfection des corniches et lambris en 1845, installation d'un nouvel escalier à la tribune et remplacement du plafond de la nef en 1846, etc. L'arrivée à la tête de la paroisse, en 1870, de l'abbé Louis Desbordes (1841-1925) accélère la mise en œuvre d'un vieux projet d'agrandissement de l'édifice, devenu insuffisant pour les besoins de la population en expansion. En 1870-1871, l'architecte départemental Alexandre Ozanne allonge la chapelle nord vers l'ouest pour la transformer en un véritable collatéral de même longueur que la nef, ajoute un bas-côté en pendant au sud (en perçant pour ce faire le gouttereau du XIIIe siècle) et remplace la vieille sacristie sud (ancienne chapelle Sainte-Madeleine, propriété d'un particulier tombée en déshérence) par une vaste sacristie empâtant l'hémicycle du chevet à l'est et au sud (inaugurée le 1er janvier 1871). Les trois vaisseaux et l'abside romane reçoivent des voûtes en briques et plâtre. On abat en outre divers corps de bâtiment (dont sans doute un presbytère et un grenier) accolés à une époque indéterminée à l'angle sud-ouest du vaisseau (ils sont visibles sur les plans cadastraux du début du XIXe siècle et de 1825). Le manque de ressources empêche toutefois l'exécution de la totalité du projet de 1869, qui n'est parachevé qu'une trentaine d'années plus tard. En 1889, les décorateurs bordelais Augier et Millet couvrent murs et voûte du chœur de peintures ornementales. En 1904-1905, enfin, l'architecte Henri Depruneaux construit un porche contre le mur occidental du clocher-mur et remanie profondément celui-ci (obturation des niches des cloches, création de nouvelles galeries de circulation sur la face orientale, réfection des toitures).

Après cette ultime campagne d'agrandissement, seuls des travaux d'entretien sont effectués dans la première moitié du XXe siècle, dont une reprise des fondations par l'architecte Albert Pomade en 1927. Dans les années 1950-1960, à l'initiative du curé Jean Mauvoisin, une série de travaux vise à moderniser et à "épurer" l'aspect intérieur de l'église : nouvelle porte d'entrée par l'entrepreneur Raymond Bergalonne en octobre 1958, pose de verrières modernes en dalle de verre par l'Albigeois Raymond Clercq-Roques en 1963, suppression en 1960-1963 de la quasi-totalité du mobilier ancien (XVIIe-XVIIIe siècles) et badigeonnage des peintures décoratives des murs et voûtes (J.J. Ponse, 1871, et Augier et Millet, 1889) par les entrepreneurs Louis Labadie et Mouchel. Les peintures (XIIIe et XVIIe siècle) du cul-de-four de la chapelle nord, en revanche, sont restaurées et mises en valeur. L'intérêt de ce décor vaut à l'édifice son inscription à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques en 2004.

  • Période(s)
    • Principale : milieu 12e siècle
    • Principale : 1er quart 13e siècle , (incertitude)
    • Secondaire : 14e siècle
    • Secondaire : 1er quart 17e siècle
    • Secondaire : 2e quart 19e siècle
    • Principale : 3e quart 19e siècle
    • Secondaire : 1er quart 20e siècle
  • Dates
    • 1846, daté par source
    • 1870, daté par source
    • 1904, daté par source
  • Auteur(s)
    • Auteur :
      Ozanne Alexandre
      Ozanne Alexandre

      Né à Bonneboscq (Calvados) le 21 novembre 1828, mort à Dax le 18 novembre 1888 et inhumé au cimetière Saint-Pierre de cette ville. Ingénieur civil, architecte départemental des Landes de 1859 à 1879. Fils de Célestin Ozanne (1797-1870) et de Florentine Prévost (1805-1881) ; marié en premières noces, le 28 avril 1857 à Bordeaux, avec Jeanne Mathilde Brousse († Bordeaux, 17 juillet 1858) ; marié en secondes noces, le 25 février 1862 à Dax, avec Anne Clary Mène (Dax, 12 avril 1831 - Dax, 11 mars 1924), fille de Pierre Paul Mène (1792-1866), notaire, et de Marie Amélie Bonnecaze (1797-1877) . Il eut du premier lit une fille, Jeanne (1858), du second lit deux autres filles, Marie Amélie Célestine (1863), épouse en 1890 d'Eugène Louis Joseph Deschamps, sous-commissaire de la Marine, et Joséphine Anne Marguerite (1864).

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      architecte départemental attribution par source
    • Auteur :
      Abadie Louis
      Abadie Louis

      Entrepreneur à Luz-Saint-Sauveur (Hautes-Pyrénées) dans la seconde moitié du XXe siècle.

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    • Auteur :
      Depruneaux Henri Edmé Xavier
      Depruneaux Henri Edmé Xavier

      Né à Yport (Seine-Inférieure) le 18 avril 1867, mort le 20 septembre 1953. Élève de l'école des Beaux-Arts (promotion 1886) ; architecte de la succursale de la Banque de France à Mont-de-Marsan (août 1893), architecte de la ville de Mont-de-Marsan (octobre 1893), puis architecte de l'administration des hospices ; inspecteur des travaux diocésains d'Aire (23 décembre 1893, après Jules François Dupouy) ; architecte diocésain d'Aire (30 novembre 1896, après Louis Henri Lafillée) ; officier d'académie (3 janvier 1904). D'après : Répertoire des architectes diocésains du XIXe siècle (Jean-Michel Leniaud, dir.), École des chartes.

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    • Auteur :
      Pomade Albert
      Pomade Albert

      Architecte à Dax, né le 31 Janvier 1880 à Mont-de-Marsan et mort à Dax le 31 décembre 1957. Fils d'un gendarme à cheval ; marié le 17 décembre 1919 à une riche héritière argentine, Ana Celia Vasquez. Diplômé de l'École des Beaux-Arts de Paris, il s'installe à Dax en 1903 et succède en 1908 à Edmond Ricard comme architecte municipal. Ses principales réalisations dans la ville sont les arènes (1913), les bains Saint-Pierre (1924), l'hôtel des Postes (1927), l'hôtel Splendid (1929, en collaboration avec André Granet), la maison de repos du Lanot et de nombreuses maisons et villas. En dehors de Dax, on lui doit d'autres villas à Hossegor, Soustons, Saint-Vincent-de-Tyrosse ou Hendaye, ainsi que les arènes de Saint-Sever (1932).

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L'église, autrefois entourée par un cimetière (déplacé en 1847), est un édifice orienté à trois vaisseaux d'égale longueur, bâti en moyen appareil de grès (chevet) et en moellon calcaire (vaisseaux, clocher) entièrement enduit. La couverture est en tuiles creuses, à l'exception de celles du clocher, dont la toiture à trois pavillons est couverte de tuiles plates en écailles, et de la tourelle d'escalier, couverte en pierre.

Le chevet roman en hémicycle comporte une corniche portée par une série de modillons non sculptés (biseautés ou galbés) et par deux contreforts-colonnes sans chapiteau. La fenêtre d'axe à double ébrasement (bouchée) est le seul vestige des percements romans. Au-dessus de la corniche, une surélévation aveugle témoigne d'une campagne tardive de fortification. Le chevet est presque totalement empâté jusqu'à mi-hauteur, sur ses faces est et sud, par une large sacristie moderne.

Les trois vaisseaux, d'époques différentes, sont composés de deux longues travées oblongues et couverts de voûtes modernes en plein cintre, en brique enduite. Le vaisseau central, dont la travée occidentale est plus large d'un mètre que celle de l'est, est prolongé par une travée droite de chœur, elle-même terminée par l'abside romane semi-circulaire voûtée en cul-de-four. L'arc triomphal du chœur, en plein cintre, repose sur de simples pilastres nus. Le vaisseau central communique avec les collatéraux par des grandes arcades en plein cintre, dont seule celle du nord-est est ancienne (bien que remaniée). Des fenêtres en plein cintre à ébrasement appareillé éclairent les deux collatéraux.

Le clocher adossé à l'élévation occidentale, à l'origine un simple mur percé de deux arcades campanaires, est constitué d'une partie centrale (l'ancien mur remanié) flanquée de deux tours carrées, celle du sud abritant un escalier. La face orientale de la partie centrale et de la tour nord est obturée par une structure de bois recouverte d'un bardage au niveau inférieur et formant galerie ouverte à cinq poteaux au niveau supérieur ("chambre" des cloches). Une tourelle ronde d'escalier est accolée à l'angle nord-ouest. Un large porche moderne de plan rectangulaire, avec portail sur la face sud et mur-pignon percé d'une fenêtre en triplet du coté ouest, s'adosse au mur du clocher dans le prolongement du vaisseau central. Ce porche, ainsi que le mur gouttereau du bas-côté sud, sont raidis par des contreforts talutés.

  • Murs
    • grès pierre de taille
    • calcaire pierre de taille
    • calcaire moellon enduit
  • Toits
    tuile creuse, tuile plate
  • Plans
    plan allongé
  • Étages
    3 vaisseaux
  • Couvrements
    • voûte en berceau plein-cintre
    • cul-de-four
  • Couvertures
    • toit à longs pans croupe ronde
    • toit en pavillon
    • toit à deux pans
  • Escaliers
    • escalier hors-oeuvre
  • Techniques
    • vitrail
    • sculpture
    • peinture
  • Représentations
    • dent de scie, feuille, croix pattée
  • Précision représentations

    Dents de scie sur l'archivolte de la fenêtre axiale (murée) du chevet roman. Colonnettes à chapiteau feuillagé de part et d'autre de la porte sud néoromane du porche.

  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Protections
    inscrit MH, 2004/09/02
  • Précisions sur la protection

    Arrêté de protection : l'église en totalité (cad. E 468).

  • Référence MH

Documents d'archives

  • Visite pastorale de Louis-Marie de Suarez d'Aulan, évêque de Dax, 27 avril 1740.

    Archives départementales des Landes : 11 J 88
    p. 178-182
  • Église (1816-1937).

    Archives départementales des Landes : 2 O 1887
  • Réponse à la circulaire de mai 1905 concernant les bâtiments ; renseignements sur l'église et le presbytère.

    Archives départementales des Landes : 70 V 345/5
  • Église, presbytère : acquisition d'objets mobiliers, secours de l'État (1877).

    Archives départementales des Landes : 70 V 345/6
  • Inventaire des biens dépendant de la fabrique (3 mars 1906).

    Archives départementales des Landes : 70 V 345/7-8
  • Projet de peintures murales pour le sanctuaire de l'église de Saint-Yaguen, par Léon Millet, 1899.

    Archives Bordeaux Métropole : Bordeaux Fi Saint-Yaguen 1 recueil 62
  • Dossier restauration des peintures murales de l'église par Jean-Marc Stouffs (1987).

    Archives municipales, Saint-Yaguen
  • Dossier restauration des verrières de l'église par Brigitte Nogaro (2004).

    Archives municipales, Saint-Yaguen
  • Dossier restauration de l'église (2005-2012).

    Archives municipales, Saint-Yaguen
  • Registre paroissial de Saint-Yaguen.

    Archives diocésaines, Dax
  • Dossier sondages en recherches de décors peints, par Rosalie Godin (juillet 2014).

    Archives municipales, Saint-Yaguen

Bibliographie

  • DESQUEYROUX Claire. Saint-Yaguen, église Saint-Jacques. Étude préalable à la restauration de l''édifice. Février 2005.

    Archives municipales, Saint-Yaguen
  • Cartulaire de la cathédrale de Dax. "Liber Rubeus" (XIe-XIIe siècles). Texte édité, traduit et annoté par Georges Pon et Jean Cabanot. Dax : Comité d'études sur l'histoire et l'art de la Gascogne, 2004.

    p. 433
  • Le Second Empire, essor des Landes, 1852-1870. Catalogue d'exposition, Mont-de-Marsan, 1980-1981.

    p. 49
  • CHABAS David. Villes et villages des Landes. Capbreton : D. Chabas. Tome I, 1968 ; tome II, 1970 ; tome III, 1972 ; tome IV, 1974.

    tome II, p. 400
  • LERAT Serge (dir.). Landes & Chalosses. Pau : Cairn, 1984.

    tome II, p. 1123
  • ZAPATA Francis, ROUSSET Jean-Pierre. Les chemins de Saint-Jacques dans les Landes. Bordeaux : Ed. Sud-Ouest, 2002.

    p. 220-221
  • SUAU Jean-Pierre, GABORIT Michelle. Peintures murales des églises de la Grande-Lande. Bordeaux : Confluences, 1998.

    P.110-113
  • GABORIT Michelle. Des Hystoires et des couleurs. Peintures murales médiévales en Aquitaine. Bordeaux : éditions Confluences, 2002.

    P. 288-289

Documents figurés

  • Premier et second projets pour la construction d'un porche à l'église, par Alexandre Ozanne, 1870.

    Archives diocésaines, Dax

Annexes

  • Extrait du procès-verbal de la visite pastorale de Louis-Marie de Suarez d'Aulan, évêque de Dax, à Saint-Yaguen, 27 avril 1740 (AD Landes, 11 J 88, p. 178-182)
  • Extraits du registre de la paroisse de Saint-Yaguen (1841-1967, Archives diocésaines de Dax) concernant l'église de 1754 à 1870 (communiqué par Michèle Tastet-Brèthes)
  • Extraits du registre de la paroisse de Saint-Yaguen (1841-1967, Archives diocésaines de Dax) concernant les travaux de l'église en 1870-1872 (transcription par Michèle Tastet-Brèthes, août 2010)
  • Extraits du registre de la paroisse de Saint-Yaguen (1841-1967, Archives diocésaines de Dax) concernant l'église de 1874 à 1967 (communiqué par Michèle Tastet-Brèthes)
  • Inventaire des biens dépendant de la fabrique de Saint-Yaguen, 3 mars 1906 (AD Landes, 70 V 345/7-8), transcription partielle
Date d'enquête 2018 ; Date(s) de rédaction 2019
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel