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Église paroissiale Saint-Hippolyte

Dossier IA16008477 réalisé en 2011
Vocablessaint Hippolyte
Dénominationséglise paroissiale
Aire d'étude et cantonPays Ouest-Charente - pays du Cognac - Rouillac
AdresseCommune : Plaizac
Cadastre : 1832 A2 401 ; 2011 OB 368

Selon Nanglard, une église existait déjà au 11e siècle, mais il ne s'agit probablement pas de l'édifice tel qu'on le voit actuellement et qui date plutôt de la seconde moitié du 12e siècle. L´église aurait été construite dans la deuxième moitié du 12e siècle. Elle est donnée vers 1206 à l'abbaye Saint-Cybard d'Angoulême.

Elle est remaniée au 14e siècle avec notamment la construction de la deuxième travée du chœur, peut-être à l'emplacement d'une ancienne abside, avec un chevet plat percé d'une grande baie à remplage dont le tracé est conservé sur le mur nord de la nef. Cette baie a été partiellement murée et remplacée par une ouverture beaucoup plus réduite en plein cintre.

Les murs des deux travées du chœur sont surélevées à une date indéterminée. Deux fenêtres étaient percées au sud comme au nord, où l'une d'elle a des montants chanfreinés. Elles ont été murées.

La cloche, protégée au titre des monuments historiques, a été bénite en 1623.

La chute de la voûte n'est pas documentée, mais la première travée du chœur reçoit une voûte en lambris en 1768 et la nef en 1773, les deux portant les dates. Ce lambris, en très mauvais état au moment de la protection en 1987, a été déposé depuis et est entreposé, en 2011, dans le chœur de l´église.

La paroisse est supprimée en 1803, annexée à Courbillac en 1805 et 1807.

Une campagne de travaux est signalée en 1811.

Deux autels secondaires en bois, dédiés au Sacré-Cœur et à la Vierge, ont été bénis en 1897.

Période(s)Principale : 2e moitié 12e siècle
Principale : 14e siècle
Secondaire : 2e moitié 18e siècle
Dates1768, porte la date
1773, porte la date
1776, porte la date
Auteur(s)Auteur : auteur inconnu

L'église Saint-Hippolyte de Plaizac, orientée est-nord-est, a un plan allongé avec une nef de trois travées couvertes d'une charpente, une travée sous clocher rétrécie couverte d'une voûte en coupole ovale, un chœur de deux travées (la première couverte d'un lambris, la seconde d'une voûte en berceau brisé en pierre) et un chevet plat. Le chœur est plus haut que la nef, mais tous deux ont une largeur intérieure de 5,8 m. Les toits à longs pans de la nef et du chœur, en tuile creuse, ont une très faible pente. La façade, la nef et le clocher jusqu'au premier niveau inclus sont romans.

La façade occidentale est construite en pierre de taille. Elle présente des problèmes majeurs de structure, avec un déversement vers l'ouest (particulièrement visible dans l'angle nord-ouest où, dans la partie haute, la façade se désolidarise du contrefort ouest du mur nord) et vers le sud, et un tassement bien visible au niveau de la corniche. Le mur nord de la nef présente un bombement important et, à l´intérieur, un glissement des assises de ce mur et des tambours des colonnes vers l´extérieur. Ces déformations sont probablement dues au poids de l´ancienne voûte et sont probablement à l´origine de sa chute (à une date indéterminée, mais avant son remplacement par un lambris).

Le portail occidental est encadré par deux contreforts plats talutés en partie haute. Les angles de l'ébrasement à ressauts ont été abattus. Les colonnettes internes ont disparu, les six qui subsistent sont monolithes. Leurs chapiteaux sont ornés de feuillages arrondis en crosse sortant d'une gaine (les deux chapiteaux internes et le chapiteau central à gauche sont des originaux, les trois autres sont des copies), avec des tailloirs ornés de dents de scie. Ces colonnettes ont été réparées avec du ciment noir dans les années 1940. La voussure se compose de quatre rouleaux légèrement brisés, ornés sur leur face et sur l'intrados de motifs sculptés (premier rouleau : trois rangs de losanges ; deuxième rouleau : fleurs à quatre pétales ; troisième rouleau : dents de scie affrontées ; quatrième rouleau : dents de scie et tore) et d'une archivolte ornée de besants.

Ce premier niveau est surmonté d'une corniche sans modillon décorée d'un motif de dents de scie sur laquelle repose directement une baie encadrée de chaque côté par une arcature aveugle. La baie et les deux arcatures sont encadrées de colonnettes monolithes. Le tailloir des chapiteaux se prolonge dans les arcatures et sur toute la largeur de la façade en un cordon orné de galons gemmés. Les trois arcatures devaient être couvertes d'un arc en plein cintre, mais seul subsiste celui de l'arc sud, orné de fleurs à quatre pétales sur la face et sur l'intrados et surmonté d'une archivolte ornée de pointes de diamant, comme la très petite partie de l'archivolte nord aujourd'hui conservée. Les six chapiteaux des colonnettes portent un décor végétal (feuilles plates, palmettes, tiges entrecroisées) à très faible relief. Le large voussoir de la fenêtre centrale est masqué par la reprise du mur du pignon. Cinq modillons et un fragment de corniche sur la gauche laissent supposer que le second niveau était séparé du sommet du pignon par une corniche à modillons. Les deux modillons au centre sont sculptés d'un tonnelet et d'un visage humain. Le sommet du pignon a été remanié.

Les murs de la nef sont contrebutés par des contreforts plats. Ils sont sommés d'une corniche à billettes, conservée entièrement au sud et sur la première travée au nord, reposant sur des modillons dont certains sont sculptés de pointes de diamant, d'X et d'autres motifs géométriques (les autres ont été refaits postérieurement sans décor).

Au nord comme au sud, le mur de la travée sous clocher a été renforcé par un puissant contrefort à glacis sur toute la largeur de la travée. Du côté nord, l'escalier d'accès au clocher a été aménagé dans l'épaisseur du contrefort qui se prolonge d'une petite tour carrée percée de deux jours d'éclairage à ouverture biaise. Un corbeau est inséré dans la maçonnerie au niveau du premier jour. Le clocher carré a deux niveaux. Le premier niveau, roman, présente deux arcatures aveugles sur chaque face (celles du côté oriental sont masquées par la surélévation du chœur mais visibles depuis le comble). À l'origine, il s´agissait probablement de fenêtres qui ont par la suite été murées, si l'on en juge par le décor des impostes qui se poursuit vers l'intérieur et les pierres de remplissages qui ne sont pas liées aux piédroits ni aux arcs. Les arcs en plein cintre, surmontés d'une archivolte ornée de motifs géométriques (tore, pointes de diamant), reposent sur des pilastres dont les impostes sont ornées de damiers. À chaque angle se trouve une colonne à chapiteau dont le tailloir prolonge les impostes, et deux colonnettes de part et d'autre de l'angle au-dessus de ce tailloir. Deux croix sont gravées du côté sud, sur une pierre sous l'imposte droite et sur la colonnette du chapiteau inférieur. Un bandeau orné de pointes de diamant sépare les deux niveaux du clocher. Le second niveau, plus récent, abrite la chambre des cloches. Il est percé de deux fenêtres en plein cintre sur chaque face, les impostes prolongées reçoivent les archivoltes des cintres. Le toit en pavillon à faible pente est couvert de tuile plate. Il est possible que le clocher roman n'ait eu qu'un seul niveau percé de deux ouvertures en plein cintre sur chaque face.

Les angles du chevet sont englobés dans de puissants contreforts.

La nef est composée de trois travées assez longues séparées par des colonnes engagées surmontées de chapiteaux minces et allongés soulignés par un astragale assez marqué. Leurs tailloirs beaucoup plus larges que la corbeille sont prolongés par un cordon sous la voûte en berceau dont subsistent les premières assises (sept du côté nord et six du côté sud) et les traces d´arrachement des arcs doubleaux. La nef a été couverte d'un lambris qui portait la date de 1773, déposé il y a quelques années. La charpente qui est désormais visible semble plus ancienne que ce lambris. Ses sablières s´appuient directement sur l´ancien blocage de la voûte. Les entraits sont soutenus par des petits piliers installés sur la dernière assise conservée de celle-ci.

Des fenêtres très étroites du côté extérieur, avec un ébrasement assez important, couvertes en plein cintre, éclairent chaque travée de la nef.

Au revers de la façade occidentale, la fenêtre au-dessus du portail présente des impostes prolongées en cordon sur le mur et ornées de croisillons.

Sur le mur nord de la nef, dans la première travée, a été gravée sur le mur le tracé géométrique de la fenêtre à remplage qui existait sur le mur est du chœur. Des croix ont été gravées sur plusieurs colonnes dans l´édifice.

Le sol dallé de calcaire date probablement de la même campagne de travaux, comme semblent l´indiquer l´inscription « IS 1776 » dans la troisième travée de la nef et un graffiti « 1775 ». Ce dallage masque les bases des colonnes dans la nef.

Sur le mur ouest du clocher sont visibles, du côté de la nef :

- les limites de l´ancienne voûte (le mur a été remonté en moellons sur les côtés, arasé et complété vers le haut par une cloison en bois) ;

- l´emplacement de l´ancien lambris formant un berceau surbaissé ;

- une porte percée probablement pour permettre l´accès du clocher à l´ancien comble au-dessus de la nef.

La travée sous clocher, de 3,1 m de large sur 2,75 m de long (donc très resserrée par rapport à la nef et au chœur), est couverte d´une coupole ovale sur pendentifs aux arcs d'encadrement à deux rouleaux légèrement brisés et portés par de forts piliers à colonnes surmontées de chapiteaux à crochets. Le tailloir des chapiteaux des colonnes se prolongent en moulure sur les piliers. Les bases à griffes sont formées de scoties entre deux boudins inégaux, se profilant sur les piliers. Ces bases sont circulaires du côté sud et polygonales du côté nord. Le mur nord a été entaillé pour y inclure le dosseret de la chaire.

Le chœur est à chevet plat. Il présente, à son extrémité, comme la nef à son extrémité occidentale, des pilastres d'angle pour recevoir des doubleaux. Il était éclairé par une grande fenêtre en arc brisé, qui a été presque entièrement murée et remplacée par une petite fenêtre en plein cintre. Au-dessus de cette baie est peint le Christ enfant représenté sur un nuage avec des putti. Cette peinture pourrait dater de la campagne de travaux pour la mise en place du lambris de couvrement (2e moitié du 18e siècle).

La travée droite du chœur n'a aucune fenêtre du côté nord. Dans la première travée, une porte haute couverte d´un arc surbaissé donne accès à l´escalier en vis du clocher. Dans la dernière travée, une porte, dont le percement a entraîné un remaniement de la partie basse du mur de toute la travée, donnait accès à la sacristie aujourd'hui démolie. Plus à l´est, sur le même mur, a été aménagée une niche couverte d´un arc surbaissé.

Du côté sud, une fenêtre couverte en arc brisé s'ouvre dans la première travée du chœur. Le lambris de couvrement de la première travée du chœur a été refait récemment. L´ancien, qui portait la date de 1768, a été déposé dans le chœur.

Murscalcaire pierre de taille
calcaire moyen appareil
Toittuile creuse, tuile plate
Plansplan allongé
Étages1 vaisseau
Couvrementslambris de couvrement
coupole en pendentifs
voûte en berceau brisé
Couverturestoit à longs pans
toit en pavillon
pignon découvert
Techniquessculpture
Représentationsornement géométrique, dent de scie, losange, pointe de diamant, billette, damier ornement végétal, fleur ornement figuré, tête humaine tonneau, ornement en forme d'objet, tonneau chronogramme
Statut de la propriétépropriété de la commune
Protectionsinscrit MH, 1987/12/16
Précisions sur la protection

Eglise Saint-Hippolyte (cad. B 368) : inscription par arrêté du 16 décembre 1987.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Direction régionale des affaires culturelles de Poitou-Charentes (Conservation régionale des Monuments historiques). Église Saint-Hippolyte, Plaizac, Charente : dossier documentaire de protection. 1972/1973, complété en 1985.

    Direction régionale des affaires culturelles de Poitou-Charentes, Conservation régionale des monuments historiques, Poitiers
Documents figurés
  • " Plaizac, Charente, église Saint-Martin ou Saint-Hippolyte. Plan et coupe longitudinale ". Septembre 1973. Agence des bâtiments de France de Charente. Ech. 1/100. 54 x 54 cm. Tirage de plan. Conservé à la Direction régionale des affaires culturelles de Poitou-Charentes (Conservation régionale des Monuments historiques).

    Direction régionale des affaires culturelles de Poitou-Charentes, Conservation régionale des monuments historiques, Poitiers
Bibliographie
  • Cadet, Alberte. Les saints patrons des églises romanes de Charente. Bulletin de la société d'études folkloriques du Centre-Ouest, t. 12, 1978.

    p. 285
  • Connoué, Charles. Les églises de Saintonge 1952-1961. T. 3, Saintes : Delavaud, 1959.

    p. 112 : 1 pl
  • Chappuis, René. Utilisation du tracé ovale dans l'architecture des églises romanes. Bulletin monumental, tome 134, 1976.

    p. 18, 34 n. 47 : ill. p. 12
  • Daras, Charles. Dictionnaire des églises de France, tome IIIc. Paris : Laffont, 1967.

    p. 127
  • Eygun, François. Art des pays d'Ouest. Paris : Arthaud, 1965.

    p. 112
  • George, Jean. Les églises de France : Charente. Paris : Letouzé et Ané, 1933.

    p. 192-193 : 1 fig
  • Nanglard, abbé J. Pouillé historique du diocèse d'Angoulême, Angoulême, tome I, 1894-1903.

    p. 508-509
  • Nanglard, abbé J. Pouillé historique du diocèse d'Angoulême. - Imprimerie G. Chasseignac (26, rempart Desaix) ; Angoulême, 1894-1903. - 4 vol. (683 p., 588 p., 582 p., 684 p.) ; 24 cm. - Extr. de : "Bulletin de la Société archéologique et historique de la Charente". - Les 3 premiers tomes concernent l'ancien diocèse d'Angoulême et le 4e le diocèse actuel depuis la fin du XVIIIe siècle. Une table des paroisses dactylographiée de 17 p., faite en 1953, complète ces 4 tomes. Tome 3.

    p. 188-189, 442-443
  • Nanglard, abbé J. Pouillé historique du diocèse d'Angoulême. - Imprimerie G. Chasseignac (26, rempart Desaix) ; Angoulême, 1894-1903. - 4 vol. (683 p., 588 p., 582 p., 684 p.) ; 24 cm. - Extr. de : "Bulletin de la Société archéologique et historique de la Charente". - Les 3 premiers tomes concernent l'ancien diocèse d'Angoulême et le 4e le diocèse actuel depuis la fin du XVIIIe siècle. Une table des paroisses dactylographiée de 17 p., faite en 1953, complète ces 4 tomes. Tome 4.

    p. 313
(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Dujardin Véronique
Dujardin Véronique

Chercheur, service Patrimoine et Inventaire


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- Sarrazin Christine