Logo ={0} - Retour à l'accueil

Église paroissiale Saint-Etienne

Dossier IA17045059 réalisé en 2012

Fiche

Dénominationséglise paroissiale
Aire d'étude et cantonEstuaire de la Gironde - Agglomération Royan Atlantique
AdresseCommune : Floirac
Lieu-dit : le Bourg
Cadastre : 2009 ZR 104

L'église daterait du 12e ou du 13e siècle pour ce qui est de la nef et du clocher, et du 15e siècle pour le chevet. Avec le presbytère aujourd'hui disparu (il se trouvait au nord, le long de la route de Rabaine), l'église constituait un prieuré dépendant du chapitre cathédral de Luçon (Vendée).

En mars 1843, des travaux de réparations à l'église et au presbytère sont adjugés au sieur Verdier. Le 11 décembre suivant, l'architecte Victor Fontorbe, de Saintes, établit un devis estimatif de nouveaux travaux à réaliser à l'église et au presbytère. A l'église, les contreforts tombent la plupart en ruines et doivent être réparés, ainsi que les murs extérieurs. L'intérieur est en bon état. La façade latérale gauche est obstruée dans sa partie inférieure à cause des terres du cimetière amoncelées à son pied. Ces terres seront enlevées et on creusera un fossé le long de la façade. Sur la façade principale, le contrefort gauche sera refait de manière identique à celui de droite, lequel sera repris. Le parement sera refait en pierre de taille de Saint-Fort, et le glacis supérieur sera fait en pierre de Billeride. Au total, ce sont dix contreforts qui seront refaits ou repris.

Une nouvelle phase de travaux a lieu dans les années 1880. Elle concerne cette fois la construction d'une sacristie, le curé ne disposant jusqu'à présent que d'un petit espace derrière l'autel Le 2 mai 1883, l'architecte Eustase Rullier, de Saintes, présente un devis estimatif des travaux. Ces derniers sont adjugés le 2 novembre 1884 à Lucien Raveraud, entrepreneur à Saint-Fort (qui vient de réaménager l'école de filles). La réception définitive des travaux a lieu le 18 mai 1886.

En 1890, la municipalité sollicite à nouveau l'architecte Rullier pour la reconstruction de la voûte de la nef, qui en est privée "depuis fort longtemps". Un premier projet est repoussé, le dossier revient sur la table en 1898. Durant l'été, Rullier présente un nouveau projet. Dans son rapport, il indique que, des voûtes des deux travées de la nef, il ne reste que les piles et des parties de formerets sur les murs latéraux. Longues d'environ 15 mètres, ces travées n'ont ni plafond ni tillis en bois, seulement une charpente recouverte d'un lattis et de tuiles creuses. Il préconise alors la construction de nouvelles voûtes : "Les arcs doubleau et diagonaux seront en bonne pierre de Jonzac, taillés et moulurés suivant les profils anciens. Les formerets sur les murs latéraux seront complétés en même pierre. Quant au remplissage des voûtes, ils seront faits en briques creuses de 0,05 mètre d'épaisseur, posées sur champ sur plâtre fort de Paris, et enduites par-dessous en même plâtre", avec des joints imitant l'appareillage en pierre. Suivant ces indications, les travaux sont réalisés en 1898-1899. La surélévation des murs est encore visible aujourd'hui sur la partie haute des murs et de la façade.

Des travaux de moindre ampleur sont réalisés au cours des décennies suivantes. La toiture est refaite en 1923, ainsi que l'enduit de la façade occidentale et du chevet. En 1955, une gravure publiée par Charles Connoué montre l'église entourée par le cimetière (avec des tombes, dont une pyramidale, à la place du monument aux morts), et surmontée d'un coq-girouette au-dessus de la croix en ferronnerie. De nouvelles réparations ont lieu en 1962, puis en 1988-1989 sur la toiture. Projetée dès 1997, une campagne de restauration complète est menée en 2001 et 2002.

Période(s)Principale : 12e siècle
Principale : 15e siècle
Principale : 4e quart 19e siècle
Dates1843, daté par source
1883, daté par source
1898, daté par source
Auteur(s)Auteur : Fontorbe Victor architecte attribution par source
Auteur : Rullier Eustase architecte attribution par source

L'église est située dans le fond du vallon où a pris place le petit bourg de Floirac. Elle était entourée du cimetière, dont il reste une grande partie au nord. Le bâtiment est construit en pierre de taille et en moellons taillés Les murs sont soutenus par onze contreforts massifs, dont deux aux angles du chevet. La nef est éclairée par quatre baies en plein cintre, et le choeur par trois baies en arc brisé et à remplage trilobé. Les deux murs pignons sont découverts et surmontés d'une corniche et d'une croix en pierre. La façade est encadrée par deux des contreforts. Elle est percée d'une porte en plein cintre et d'une fenêtre en plein cintre surmontée d'un larmier.

Le clocher domine l'édifice. Massif, il est coiffé d'un toit plat en pavillon, surmonté d'une croix en ferronnerie et souligné par une corniche. Chaque face du clocher est divisée par de hautes et fines colonnes-contreforts en trois ou cinq sections, altenativement percées ou aveugles. Chaque section présente un arc brisé qui repose sur deux colonnettes à chapiteau muet, encadrant les colonnes-contreforts.

A l'intérieur, l'église est composée d'une nef à deux travées, voûtée d'ogives en brique avec formerets ; d'une travée sous clocher, avec une coupole en pierre, assez rare en Saintonge, soutenue par des arcs ogivaux qui prennent appui sur des trompes réunis autour d'un trou à cloches ; d'une travée d'avant-choeur, au sud de laquelle est accolée la sacristie ; et enfin du choeur, voûté d'ogives en pierre comme l'avant-choeur, avec chevet plat. La travée sous clocher est séparée de la nef par un mur droit percé d'un arc brisé à double ressaut, et de l'avant-choeur par un arc en plein cintre. Les baies de la nef ont leurs angles amortis en tores formant des colonnettes, avec esquisses de chapiteaux. On accède au clocher par un escalier en vis en pierre, à partir de la travée sous clocher.

Murscalcaire
pierre de taille
Toittuile creuse
Techniquessculpture
Représentationsange tête humaine animal pointe de diamant lierre croix armoiries bateau
Précision représentations

Le clocher est décoré, sous la corniche, de modillons sculptés représentant, pour la plupart, des têtes humaines ou animales (un serpent par exemple, côté nord). Les arcs brisés sont surmontés de cordons d'archivolte sculptés, notamment en pointes de diamant.

Sur la façade, la baie en plein cintre est surmontée d'un cordon d'archivolte décoré de feuilles de lierre. Juste au-dessus, une tête humaine (restes d'une statue de saint Etienne, selon la tradition orale) apparaît sous un petit auvent orné de pointes de diamant.

Sur le mur extérieur nord de la nef, se trouve un enfeu. L'arc en plein cintre retombe sur deux colonnettes, sans autre décor. Au-dessus de l'enfeu cependant, on observe un motif sculpté : une croix inscrite dans un faux cuir découpé.

Sur le chevet, la baie (dont le remplage a été refait au 19e siècle) est surmontée d'un cordon d'archivolte qui retombe sur deux culots sculptés, représentant des anges : celui de droite est en prière, celui de gauche joue d'un instrument de musique.

Sur le mur sud de l'église, près de la façade, se trouvent deux graffiti en forme de bateaux à voile. Vers le sommet du mur, près du clocher, on remarque une curieuse petite ouverture en forme d'as de pique.

A l'intérieur de l'église, la voûte de la nef retombe sur des colonnes assemblées par trois, adossées à des pilastres, et dont les chapiteaux sont ornés de feuillages et de crochets. La clé de voûte du choeur présente un décor sculpté aux armes du roi de France.

Statut de la propriétépropriété publique
Protectionsinscrit MH : 14/11/2006

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de Charente-Maritime. 2 O 656. 1884-1923 : travaux à l'église de Floirac.

  • Archives départementales de Charente-Maritime. 208 V2. 1852, 18 octobre : procès-verbal de visite pastorale de l'église de Floirac.

  • Archives départementales de Charente-Maritime. 208 V7. 1859, 19 octobre : procès-verbal de visite pastorale de l'église de Floirac.

  • Archives municipales de Floirac. Registres des délibérations du conseil municipal.

Bibliographie
  • Connoué, Charles. Les églises de Saintonge. Saintes : Delavaud, 1952-1961, t. 2.

    p. 51-52 : 3 ill.
  • Crozet, René. L'art roman en Saintonge. Paris : Picard, 1971.

    p. 115
  • Crozet, René. Dictionnaire des églises de France. Paris : Robert Laffont, 1967, tome IIIc, Poitou-Saintonge-Angoumois.

    p. 68
  • Dossier documentaire concernant l'église de Floirac, Conservation régionale des Monuments Historiques, Direction régionale des affaires culturelles de Poitou-Charentes, 2007.

(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur du patrimoine, directeur du Centre vendéen de recherches historiques.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.