Dossier d’œuvre architecture IA40001600 | Réalisé par
  • inventaire topographique
Église paroissiale Saint-Aubin
Copyright
  • (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Mugron
  • Commune Saint-Aubin
  • Cadastre 2016 A 293

Comme l'ont montré les travaux de l'abbé Lamaignère (1938), la paroisse de Saint-Aubin dépendait à l'origine de la seigneurie de Poyaller, dont le titulaire possédait le droit de collation à la cure. L'église est une fondation romane de la seconde moitié du XIIe siècle (J. Cabanot, 1987) présentant des traits communs avec d'autres édifices voisins (églises de Nerbis, Caupenne et Larbey), tous dans la mouvance stylistique de l'abbaye bénédictine de Saint-Sever, comme le décor sculpté de Saint-Aubin en fait foi. Le bâtiment primitif comportait un vaisseau unique. La nef rectangulaire, au couvrement charpenté (actuellement lambrissé), percée d'une porte au sud, ouvre sur une abside semi-circulaire en cul-de-four, voûtée dès le XIIe siècle.

Les ajouts et réfections apportés par la suite n'ont toutefois pas dénaturé les dispositions d'origine. Au XIVe siècle, époque de troubles, une tour massive est construite sur la première travée de la nef, dont les murs sont exhaussés pour l'occasion. Dans le même temps, le chevet est surélevé d'un niveau fortifié. Un collatéral, plus court que l'ancienne nef romane, est ajouté au nord, peut-être au lendemain de la guerre de Cent Ans, plus probablement au début du XVIe siècle, comme le montre le profil des nervures de sa voûte d'ogives. Brûlée lors du passage des troupes protestantes en 1569 (les capitaines Touzin, Langlade de Labat et Gabriel de Poches), l'église est probablement restaurée sommairement au XVIIe siècle.

Les dernières adjonctions notables consistent dans l'édification d'une sacristie dans le courant du XVIIIe siècle et d'une petite "chapelle" baptismale à l'extrémité occidentale du collatéral par le maître-maçon Jean Labat, dit Labarre, en 1764. Les XIXe et XXe siècles n'apportent que des modifications mineures : percement d'une porte dans le mur nord du collatéral en 1859, dégagement de l'arcature intérieure romane du chœur en 1877-1878, exécution d'un décor peint par le Mugronnais Tiburce Meyranx en 1881, pose d'un dallage en céramique blanche en 1912. En revanche, ni le projet de construction d'un collatéral sud par les architectes départementaux Jules Sibien en 1855 et Alexandre Ozanne en 1872, ni celui de l'érection d'une flèche au clocher grâce au legs de l'ancien maire Ulysse Dupoy (1888), ni, surtout, celui d'une reconstruction totale de l'église par l'agent-voyer de Saint-Sever V. Séron, souhaitée par la fabrique et heureusement rejetée par l'évêque et le préfet (1901-1905), n'aboutiront. En 1911, l'architecte mugronnais Jean Temboury procède à une restauration générale de l'édifice.

  • Période(s)
    • Principale : 1ère moitié 12e siècle
    • Principale : 14e siècle
    • Principale : 1er quart 16e siècle
    • Principale : 3e quart 18e siècle
    • Principale : 3e quart 19e siècle
    • Principale : 1er quart 20e siècle
  • Dates
    • 1764, daté par source
    • 1859, daté par source
    • 1911, daté par source
  • Auteur(s)
    • Auteur :
      Labat Jean , dit(e) dit Labarre
      Labat Jean

      Maître maçon en Chalosse dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, qui travailla pour l'église de Saint-Aubin (canton de Mugron) en 1764. Il s'agit peut-être du Jean Labat, habitant de Larbey, qui épousa en l'église de Saint-Aubin, le 11 novembre 1760, Marie Bordelanne, dont un fils, également prénommé Jean, né à Saint-Aubin en 1762 et mort à Mugron en 1808.

      Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
      maître maçon attribution par source
    • Auteur :
      Séron Victor Emmanuel
      Séron Victor Emmanuel

      Prénom usuel : Victor. Né le 23 janvier 1844 à Abergement-la-Ronce (Jura) et mort à Dax le 28 juillet 1920 ; fils du farinier et entrepreneur Pierre Séron (1812-1884) et d'Anne Martin, et frère d'Alphonse et Charles Séron, tous deux architectes. Il épouse à Dax, le 29 août 1877, la Landaise Élisabeth Clara Cazalis (Saint-Vincent-de-Xaintes, 1850 - Dax, 14 avril 1919), fille du charpentier Jean Cazalis et de Jeanne Justine Laborde, dont il aura cinq fils et une fille. Qualifié d'agent-voyer d'arrondissement dans son acte de mariage, il est alors domicilié à Dax. Architecte municipal de la Ville de Dax (en poste en 1895) et agent-voyer de l'arrondissement de Saint-Sever, il travaille aux églises de Nassiet et Castaignos-Souslens en 1893, Aubagnan et Monségur en 1894, Castelnau-Tursan en 1897, Castel-Sarrazin en 1898, Banos en 1900-1901, Morganx et Saint-Aubin en 1901, Lahosse en 1902-1904, Amou en 1903 et Laurède en 1906.

      Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
      agent voyer attribution par source
    • Auteur :
      Temboury Jean
      Temboury Jean

      Jean Théodore Anselme Temboury, agent voyer à Mugron au tournant des XIXe et XXe siècles ; reconstruit en 1910 le beffroi de l'église de Baigts et transforme la mairie de Mugron (1884) en foyer municipal en 1930-1933. Né à Mesplède (Basses-Pyrénées) le 20 avril 1875, fils de Pierre Temboury et de Marie-Louise Camy ; marié à Geaune (Landes), le 5 septembre 1908, avec Marie Antoinette Jeanne Piraube (née à Geaune le 13 février 1887), fille de Pierre Piraube, juge de paix à Geaune, et de Marie Françoise Lacaze. Marie Antoinette Piraube se remarie à Grenade-sur-l'Adour, le 4 janvier 1926, avec Pierre Daudon.

      Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
      architecte attribution par source

L'église, érigée sur une butte dominant le village et autrefois entourée par le cimetière, est un édifice à deux vaisseaux bâti essentiellement en moyen appareil de grès (friable) pour ses parties romanes et en moellon de calcaire et de grès pour les parties ajoutées au XIVe siècle (clocher) et au XVe-XVIe (collatéral). Elle est entièrement couverte en tuiles creuses (toit à longs pans et croupe ronde pour la nef et le chevet, toit à deux pans pour le clocher, en appentis pour la sacristie). La nef romane est une salle rectangulaire, couverte à l'origine d'une charpente et actuellement d'un lambris en plâtre à doucines ; une porte romane à rouleau et archivolte sculptée est percée dans le gouttereau sud. La première travée du vaisseau est surmontée d'un clocher massif, fortifié, de plan rectangulaire, érigé sur les murs exhaussés de la nef. Le mur nord du vaisseau est percé de deux arcades en tiers-point sur piliers arrondis aux bases sculptées de congés. Elles ouvrent sur un collatéral de deux travées couvertes de croisées d'ogives, dont les nervures se fondent sans solution de continuité dans les demi-colonnes qui les supportent. Une porte moderne (1859) est percée dans le gouttereau nord au niveau de la première travée (murée entre 1992 et 2014).

Le vaisseau principal ouvre à l'est sur une travée droite de chœur et, par l'intermédiaire d'un arc triomphal à chapiteaux sculptés, sur une abside en hémicycle légèrement plus étroite, couverte en cul-de-four et ornée intérieurement d'une arcature en plein cintre sur colonnes à chapiteaux. Extérieurement, le chevet, surélevé d'un niveau fortifié (maçonné jusqu'à une date récente, aujourd'hui fermé de planches de bois), est percé de cinq étroites fenêtres romanes inscrites dans des arcs cintrés sur colonnettes à chapiteau sculpté. D'épais contreforts ou pilastres, régnant sur la hauteur du chevet (niveau fortifié inclus) en raidissent le pourtour.

  • Murs
    • grès pierre de taille
    • calcaire moellon enduit partiel
  • Toits
    tuile creuse mécanique
  • Plans
    plan allongé
  • Étages
    2 vaisseaux
  • Couvrements
    • voûte d'ogives
    • voûte en berceau
    • cul-de-four
  • Couvertures
    • toit à longs pans croupe ronde
    • toit à deux pans
    • appentis
  • Techniques
    • vitrail
    • sculpture
    • sculpture
    • peinture
    • peinture
  • Représentations
    • entrelacs, feuille, homme
  • Précision représentations

    Décor sculpté des chapiteaux des arcades encadrant extérieurement les fenêtres du chevet (mauvais état) : cordes nouées, entrelacs, feuilles, un homme assis jambes écartées (chapiteau de droite de la fenêtre nord-ouest). Décor sculpté de l'archivolte de la porte sud de la nef : frise de rosaces. Décor sculpté du linteau de la porte de la sacristie (XVIIIe siècle) : deux tables saillantes, rectangulaires horizontales à oreilles, séparées par deux besants.

    Fragments de décor peint sur enduit, sur les pilastres raidissant le chevet et au-dessus des arcades de ses fenêtres (XIXe siècle ?) : motifs végétaux dans des panneaux rectangulaires à fond rose saumon, bordés de rouge sombre et se détachant sur un champ vert bouteille ; cartouches bordés de voltes ocres et ornés de bandeau perlés, d'étoiles dorées, de palmettes romanes, etc.

  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Protections
    inscrit MH, 2007/04/17
  • Précisions sur la protection

    Arrêté de protection : l'église en totalité (cad. A 293) : inscription par arrêté du 17 avril 2007.

  • Référence MH