Dossier IA00046425 | Réalisé par ;
Dujardin Véronique
Dujardin Véronique

Chercheur, service Patrimoine et Inventaire

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Église paroissiale Notre-Dame
Auteur
Dujardin Véronique
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Copyright
  • (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Arrondissement de Montmorillon - Saint-Savin
  • Commune Antigny
  • Cadastre 1958 AB 42

L'église Notre-Dame d'Antigny est mentionnée parmi les possessions de l'abbaye de Saint-Savin dans un acte du pape Lucius III en 1184. La présence de sarcophages mérovingiens suggère qu'un cimetière voire un édifice cultuel existait avant la construction de l'édifice actuel.

Le portail et la nef conservent des éléments romans, notamment des peintures murales, qui peuvent dater de la fin du 11e siècle ou plus vraisemblablement du 12e siècle.

Le chœur gothique, de deux travées, avec son chevet plat a été reconstruit au 13e ou 14e siècle.

Au cours du 14e siècle, le programme de peintures murales de la nef est presque entièrement recouvert de nouvelles peinture, avec notamment un cycle de la passion du Christ sur les murs gouttereaux et un Jugement dernier au revers de la façade occidentale, complétés par des figures de saints personnages (voir le détail dans le dossier sur les peintures murales du 14e siècle dans la nef). Ce programme est complété par de nouvelles peintures au 15e siècle, notamment une scène du dict des trois morts et des trois vifs et un zodiaque sur l'intrados de l'arc séparant la nef du chœur (voir les peintures au 15e-16e siècles et graffitis de la nef).

La chapelle seigneuriale, dite chapelle Sainte-Catherine, a été adossée au sud du chœur en 1421 par Renaud de Montléon, seigneur de Boismorand. Elle est couverte de peintures murales avec un cycle sur l'Enfance du Christ, un cycle de la Passion du Christ, un Jugement dernier, le Dict des trois morts et des trois vifs et des figures de saints personnages (voir le dossier sur les peintures murales de la chapelle Sainte-Catherine). Celles-ci pourraient dater du temps de Louis de Moussy, fils de Jean de Moussy, seigneur de Boismorand (vers 1500 ; il est décédé en 1510), dont on trouve les armoiries et pour qui ont été réalisées les peintures murales de la chapelle funéraire à Jouhet.

Le clocher pourrait dater du 15e siècle, même si certains auteurs ont proposé une datation dans le courant du 13e siècle. Cependant, si l'escalier d'accès est bien l'escalier d'origine permettant d'accéder au clocher, alors cet escalier ne peut pas être antérieur à 1421.

La chapelle Saint-Jean a été adossée à l'ouest de la chapelle Sainte-Catherine au milieu du 16e siècle, probablement construite vers 1555 par Eustache de Moussy, neveu de Jean de Moussy.

La peinture des deux saint Michel sur deux piliers de l'arc triomphal séparant la nef du chœur datent du 16e siècle (voir les peintures au 15e-16e siècles et graffitis de la nef). Une inscription datée de 1642 est peinte dans la cage de l'escalier d'accès au clocher et correspond à une date de travaux réalisés dans la chapelle par René d'Aloigny, seigneur de Boismorand : voir annexe (Jarry, 2011).

Un procès-verbal daté de 1695 mentionne l'état de délabrement de l'église et des objets cultuels (livres liturgiques en mauvais état, ostensoir en bois doré, pas de ciboire décent).

La date 1721 est portée sur une poutre de la charpente du " balet " (auvent) adossé au sud de l’église.

Les peintures murales de la chapelle Sainte-Catherine ont été inscrites sur la liste des monuments historiques en 1862 et l'église a été classée dans son ensemble, y compris les fresques, par arrêté du 10 septembre 1913.

La grande verrière du chœur a été offerte par la famille de Moussac en 1927 et commandée aux ateliers Francis Chigot, à Limoges.

La charpente et la voûte en bois ont été restaurées en 1971.

Les peintures murales de la chapelle Sainte-Catherine ont été restaurées en 1986 par Marie-France de Christen. À cette occasion, le mur qui avait été construit pour isoler une sacristie à l'intérieur de cette chapelle a été détruit. Des sondages révèlent alors l'existence de peintures murales dans la nef ; elles ont été dégagées et restaurées en deux campagnes, en 1991-1996 et 2004-2006.

La cloche [/// lien à faire + lier réfdic Archives diocésaines de la Vienne. P1. 2002. Cloche de l'église d'Antigny et chauffage du presbytère] est électrifiée en 2002.

L'église Notre-Dame est implantée au centre du bourg d'Antigny, sur une terrasse dominant la vallée de la Gartempe. Elle se trouve à l'est de l'ancien cimetière (aujourd'hui place) avec sa lanterne des morts ; la mairie et les écoles ont été implantées au sud de l'église.

Son chœur est décalé vers l'est-sud-est. L'église se compose aujourd'hui d'une nef à chevet plat avec deux chapelles latérales et un auvent (« balet ») adossé au sud. Elle est couverte d'un toit en tuile plates.

La façade, pour partie romane, comprend un portail à trois voussures en plein cintre surmontée d’une petite baie. Le pignon est couvert, avec une croix en pierre au sommet des rampants.

À droite du portail se trouve une " pierre des morts " sur laquelle le cercueil des défunts était posé avant l’entrée dans l’église. Elle est composée d'une dalle soutenue par des colonnettes gothiques remployées.

À gauche, un bloc présente une cupule (bénitier ?) et une cavité carrée ; il peut s’agir du socle d’une croix monumentale disparue.

Adossé au sud de l'église, le « balet », partie couverte d'un auvent, aménagé au 18e siècle, a été restauré en 1994. Il est doté de banquettes en pierre et abrite des sarcophages. L'emmarchement de l'ancienne porte permettant l'accès à l'auvent depuis le sud a été muré. Les piédroits et le linteau de cette porte sont moulurés en cavet. La présence d'un corbeau laisse supposer qu'elle était protégée par un petit auvent. Le linteau est surmonté d'un blason muet qui a pu être peint.

Les chapelles adossées présentent un renfort de leur soubassement en petit appareil irrégulier. Les murs sont couverts d'un enduit qui laisse apparaître le chaînage à la jonction des deux chapelles.

La chapelle Saint-Jean, qui sert aujourd'hui de sacristie, est adossée à la dernière travée de la nef, au sud ; elle est éclairée par une fenêtre couverte en plein cintre.

La chapelle Sainte-Catherine, adossée aux deux travées du chœur, du côté sud, est éclairée par une fenêtre couverte en arc segmentaire. Elle est encadrée par une mouluration torique qui constitue à la fois les colonnettes et le linteau. Les bases des colonnettes sont ornées de bagues. Le mur est de la chapelle a été remanié : sa partie nord, à la jonction du chœur, est en pierre de taille tandis que la partie centrale et sud est en moellon enduit. Une fenêtre couverte en plein cintre avec un arc de décharge constitué de plaquettes calcaires disposées en épi, est percée dans cette partie remaniée.

Sur l'élévation sud, à la jonction des deux travées de la chapelle Sainte-Catherine, un escalier hors-œuvre permet l'accès au clocher et fait fonction de contrefort. Il est éclairé par un jour percé sur dans son mur oriental.

Le clocher, de plan carré, s'élève au-dessus de la première travée du chœur. La chambre des cloches est éclairée par une baie sur chaque face. La flèche octogonale, en pierre, est accostée de quatre pinacles et de gargouilles. Les arrêtes de la flèche sont ornées de fleurons.

Le chevet a été remanié au 15e siècle. Des fragments de sarcophages ont été remployés dans le soubassement. Un larmier horizontal, constitué d'un lit de pierres plates légèrement saillantes, est inséré tout le long du mur à une assise en dessous de l'appui de la baie. Au-dessus de ce larmier, les premières assises sont en pierre de taille, le reste du mur est construit en moellons plus ou moins réguliers, partiellement enduits. Au centre est percée une grande baie à remplage ; son arc brisé est protégé par un larmier. Le pignon oriental est couvert, avec un rampant terminé par une crossette. Une croix en pierre est insérée au sommet des rampants. Les deux contreforts, à ressauts talutés, sont en appui perpendiculairement au mur dans chaque angle.

Le mur nord du chœur est constitué de deux travées contrebutées par des contreforts à ressauts talutés. Une baie couverte en plein cintre, refaite, est percée dans la travée orientale. L'appareil du mur montre de nombreux remaniements.

Le mur nord de la nef est percé de trois baies romanes étroites dont les linteaux monolithiques sont gravés de faux claveaux. La fenêtre centrale est un peu plus large ; la baie de la troisième travée comporte des peintures romanes sur ses ébrasements à intérieur de l'église. Un contrefort plat sépare la première de la deuxième travée. Il n'y a pas de contrebutement entre la deuxième et la troisième travée. Une porte, aujourd'hui murée, était percée dans la deuxième travée. Elle est couverte en plein cintre. Les vestiges de l'enduit de deux litres funéraires sont visibles sur la première et la deuxième travées. La sablière basse sur laquelle repose la charpente a été légèrement surélevée, ainsi qu'en atteste l'enduit.

Le sol de l'église, dallé, est surbaissé ; trois marches se situent à l'entrée occidentale. La nef est faiblement éclairée du fait de la présence du balet qui masque les fenêtres au sud et de l'étroitesse des trois baies du côté nord. La nef est couverte d’une voûte charpentée, en lambris de bois de chêne. Les peintures murales sont présentées par ailleurs (voir les peintures romanes et les peintures du 14e siècle et quelques scènes de la fin du 15e siècle).

Un massif arc triomphal en plein cintre, dont les contreforts sont destinés à contrebuter la masse du clocher, sépare la nef du chœur. Un zodiaque partiellement conservé a été peint sur son intrados probablement au début du 15e siècle. Cet arc est accosté de deux arcades plus étroites, également couvertes en plein cintre. Le mur de refend qui surmonte ces trois arcs comporte des vestiges de peintures murales, de même que les contreforts (deux représentations de saint Michel, armoiries).

Le chœur, composé de deux travées, est voûté sur croisées d’ogives qui retombent sur des culots dont la sculpture sculptés de feuillage et de masques humains.

La baie orientale, à remplage, est fermée par une verrière datée de 1927.

Deux chapelles sont adossées au sud de l'église.

La chapelle Sainte-Catherine s'ouvre sur le chœur par deux grandes arcades couvertes en arc brisé. Au-dessus de l'arcade la plus à l'est sont peintes les armoiries des de Moussy (d'or au chef de gueules chargé d'un lion passant d'argent). D'autres armoiries sont peintes sur l'intrados de l'un des arcs. La baie en arc brisé du mur ouest de la chapelle a été murée vers 1555 pour la construction de la chapelle Saint-Jean, aujourd'hui sacristie. Cette chapelle communique avec la troisième travée de la nef par une grande arcade couverte en arc brisé.

L'église Notre-Dame possède quatre ensembles de peintures murales :

- des vestiges du 12e siècle sur le mur nord de la nef ;

- les peintures du 14e siècle les murs nord, ouest et sud de la nef, mises au jour et restaurées au cours de deux campagnes, en 1991-1996 et en 2004-2006 ;

- quelques scènes de la fin du 15e siècle ou du début du 16e siècle sur le mur nord de la nef, sur les piliers qui séparent la nef du chœur ;

- et surtout le grand ensemble de la chapelle Sainte-Catherine adossée au sud de l'église, restaurées en 1986.

Les objets mobiliers sont décrits dans des dossiers séparés.

  • Murs
    • calcaire pierre de taille
    • calcaire moellon enduit partiel
  • Toits
    tuile plate, pierre en couverture
  • Plans
    plan allongé
  • Étages
    1 vaisseau
  • Couvrements
    • lambris de couvrement
    • voûte d'ogives
  • Couvertures
    • toit à longs pans pignon couvert
    • toit polygonal
  • Techniques
    • peinture
    • sculpture
  • Représentations
    • enfance du Christ
    • Passion
    • feuillage
    • armoiries
    • tête humaine
    • chronogramme
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Protections
    classé partiellement, 1862
    classé MH, 1913/09/10
  • Précisions sur la protection

    Fresques classées sur liste de 1862.

    Église y compris les fresques : classement par arrêté du 10 septembre 1913.