Dossier IA86007682 | Réalisé par
Dujardin Véronique
Dujardin Véronique

Chercheur, service Patrimoine et Inventaire

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Église paroissiale Notre-Dame
Copyright
  • (c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Pays Civraisien - Charroux
  • Commune Genouillé
  • Cadastre 1834 H 124  ; 2010 H 123

La plus ancienne mention de Genouillé est relevée dans le testament, daté de 783, du comte Roger de Limoges par lequel il fonde l'abbaye de Charroux. Parmi les biens donnés au nouveau monastère, est cité le domaine dénommé Genuliacus : " villam que dicitur Genuliacus, cum suis appendiciis " (Monsabert, A. H. P. 1910, p. 50). L'église de Genouillé, " ecclesia de Genulliaco ", apparaît dans la liste des biens de l'abbaye de Charroux que le pape Léon IX prend sous sa protection, en 1050 (Monsabert, AHP, 1910, p. 73). Les possessions de l'abbaye sont confirmées par le pape en 1061/1073, 1096/1099, 1211...

D'après Favreau et Michaud (1975, p. 38), la graphie de l'inscription " MOISES " pourrait inciter à préciser une datation dans la première moitié du 12e siècle, ce qui est rejoint par M.-Th. Camus (2009, p. 486), pour qui le choix des thèmes représentés l'incite " à proposer une date entre 1130 et 1150 ".

La croisée, le chœur et la partie basse de la façade (jusqu'à la corniche) remontent à l'époque romane. Dans le Pouillé du diocèse de Poitiers établi par l'évêque Gauthier, au début du 14e siècle, la cure de Genouillé est à la nomination de l'évêque de Poitiers (Rédet, p. 190). Le fief relève du comté de Civray.

Les guerres de religion ont peut-être affecté l'église de Genouillé. En 1634, l'église Notre-Dame est à demi-ruinée (Beauchet-Filleau, p. 277) : le chœur est découvert, la couverture de la nef en partie effondrée, les baies ouvertes... Une restauration semble avoir été menée au cours des années suivantes, à la demande du curé Pierre Dexmier (DRAC Poitou-Charentes, Dossier de recensement des monuments historiques) Les premiers travaux attestés concernant l'église sont exécutés à la demande du curé P.C. Picard, en 1786. Il fait réaménager le sanctuaire dans l'esprit de la contre-réforme, restaurer la charpente de l'édifice, construire le clocher, le tout à ses frais (Aucher, janvier 1972, p. 7-8 ; cf. annexe 1). Le clocher, octogonal, est couvert de bardeaux. Cette même année 1786, les paroissiens prennent à leur charge la réparation du pavé de l'église et donnent les vitraux de la nef, le lambris, la chaire, les confessionnaux ainsi que les deux cloches. Celles-ci sont baptisées le 4 septembre 1786.

L'année précédente, les abords de l'église avaient été profondément modifiés par le transfert du cimetière paroissial qui entourait auparavant le sanctuaire.

En 1789, est créée la commune de Genouillé dont le curé P. C. Picard est le premier maire. Le 3 nivôse 1794 (14 janvier), l'église est transformée en Temple de la Raison. La cloche est transférée à Civray pour y être fondue ; quelques jours auparavant, il avait été procédé à l'inventaire et à l'enlèvement d'une partie des objets liturgiques (ostensoir, calice, patène, deux croix en cuivre, bénitier avec goupillon, vêtements liturgiques), envoyés au directoire de Civray pour être transformés en monnaie (Demézil, Valette, Aucher, p. 90-91).

L'église Notre-Dame est l'objet d'une importante campagne de travaux à la fin du 19e siècle.

Un nouveau chemin de croix est bénit en 1865. En 1882, il est envisagé la surélévation du portail, des murs latéraux, des pignons aux extrémités, du sanctuaire et du transept, la reprise des maçonneries et de la charpente, le crépissage de l'église... Seule une partie des travaux est immédiatement exécutée.

La restauration de l'édifice reprend en 1889, sous la direction de l'architecte Surreau : démolition d'une partie du couronnement du sanctuaire et du transept ; restauration des maçonneries du portail et des murs latéraux, redressement du mur du sanctuaire avec des briques et bouchage des fenêtres ; destruction de la voûte en bois et remplacement par une voûte en brique creuse doublée en plâtre ; remplacement de la charpente de la nef ; percement d'une baie au-dessus du portail et agrandissement de six fenêtres... (DRAC Poitou-Charentes, Dossier de recensement des monuments historiques).

Le clocher, restauré cette même année après voir été endommagé par la foudre, et la façade de l'édifice sont classés au titre des monuments historiques en 1914. Une nouvelle cloche, nommée Marie-Joseph-Saint-Maurice, est offerte par le curé en 1923. Elle accompagne une seconde cloche, plus petite et datée de 1669. Cette dernière, fondue initialement pour l'église de l'abbaye de La Réau, a été donnée, à une date indéterminée, à l'église de Genouillé.

Quelques travaux de restauration sont réalisés au cours du 20e siècle, sur la couverture des chapelles en 1946, et dans le chœur en 1969. À cette occasion, ont été mis à jour un lavabo qui se trouvait dans l'ancienne sacristie, derrière l'autel, et deux niches.

D'après P.-A. Brouillet (1865), elle mesure 27,4 long sur 7 m de large. Il mentionne une croix de consécration sculptée sur la façade, près de la porte (pl. 22 fig. 5) : le dessin ressemble à l'une des croix aujourd'hui visible sur le mur est, à l'intérieur de l'édifice.

L´église présente un plan en croix latine, construite sur un terrain en pente. De l´époque romane sont conservés la croisée, le chœur et la partie basse de la façade jusqu'à la corniche. Des éléments sculptés romans, du même style que ceux du portail, ont été trouvés en remploi dans le mur sud de la nef lors de travaux de restauration en 2009 et laissent supposer l´existence d´un second portail roman entièrement détruit et non documenté. L´église a en effet été reconstruite dans sa plus grande partie aux 17e et 18e siècles. De ces campagnes de restauration / reconstruction datent la nef, les transepts, le clocher et le chœur.

La partie basse de la façade jusqu'à la corniche (partie romane) est construite en pierre de taille, la partie supérieure en moellons enduits, comme le reste de la construction (murs de la nef, des transepts, du chevet). Deux petits contreforts plats à ressaut épaulent la façade sur une faible hauteur (leur sommet est plus bas que le haut de la voussure du portail).

Le décor roman se concentre sur la façade. Le portail, au centre, est couvert d´une voussure en plein cintre à trois rouleaux sculptés. Sur le rouleau interne se trouvent des animaux réels et fantastiques, avec David sur la clef, le rouleau central comporte des personnages de l´Ancien testament (Moïse, Aaron, Élie), des anges thuriféraires et une représentation du Christ nimbé avec l´inscription Pater sur la clef. Le rouleau externe est orné de feuilles et d´entrelacs végétaux. Les chapiteaux du portail portent divers motifs. De part et d´autre du portail ont été insérés des reliefs sculptés de motifs végétaux et animaliers. L´ensemble de ce décor est détaillé dans l´annexe 1 et les figures 11 à 113 de ce dossier.

ne corniche constituée d´éléments délardés partage la façade en deux niveaux et repose sur des modillons dont la plupart ont été refaits au 19e siècle, mais leur état (couverture de lichens et mousses) ne permet pas de bien préciser lesquels sont romans et lesquels sont des copies du 19e siècle. On y trouve des têtes animales, des têtes humaines, un tonnelet, une croix pattée, une boule. Au centre du deuxième niveau, au-dessus du portail, une baie en plein cintre a été percée à la fin du 19e siècle, encadrée de deux arcatures aveugles accolées ; toutes trois s´appuient directement sur la corniche.

La nef est constituée de quatre travées éclairées, au nord comme au sud, uniquement au niveau des deuxième et troisième travées par des fenêtres en plein cintre. Elle est couverte d´un toit à deux pans en tuile. Le mur nord de la nef est épaulé de trois très petits contreforts, dont le sommet arrive plus bas que la base des fenêtres. L´édifice ayant reçu une voûte en bois et non une voûte en pierre, les murs sont peu épais sans contreforts importants. Au niveau de la quatrième travée, à la jonction du transept nord, un contrefort un peu plus important (plus large et plus haut) a été mis en place. Il est surmonté d´une petite baie en plein cintre qui éclaire le comble de l´église.

Le transept nord est couvert d´un toit à deux pans en tuile creuse.

Situé à la croisée du transept, le clocher est de plan octogonal, couvert d´une flèche à pans brisés et égouts retroussés.

Le chœur est constitué d´une seule travée, il est couvert d´un toit à deux pans en ardoise. Au nord a été adossée la sacristie, couverte d´un toit en appentis en tuile creuse. Une fenêtre à large ébrasure, couverte d´un arc brisé, est percée sur le mur nord. Une série de quatre modillons non ornés témoignent d´un rehaussement de l´édifice.

Le chevet est plat, à pignon découvert. Le mur est épaulé de deux contreforts plats et percé d´un petit oculus. Le mur sud du chœur est percé vers son extrémité orientale d´une fenêtre couverte en arc brisé. Un contrefort peu large, peu épais et peu élevé a été mis en place à gauche de cette fenêtre. Des traces de reprises de maçonnerie sont visibles au niveau de ce contrefort.

Comme du côté nord, la présence de modillons sur le mur sud du chœur et le mur est du transept sud suggèrent une surélévation de l´édifice. L´un de ces modillons, orné d´une tête humaine, pourrait être un remploi. Le transept sud est épaulé d´un puissant contrefort dans son angle sud-ouest et a été renforcé à l´est par un large et peu épais massif maçonné. Le mur sud de ce transept présente des traces d´incendie vers sa base. Il est percé d´une fenêtre de moyennes dimensions couvertes en arc segmentaire, surmontée d´une petite fenêtre en plein cintre. Les deux pierres formant ce plein cintre portent un décor en cordons (quatre cordons lisses et à l´extérieur, un cordon torsadé) et pourraient être des remplois.

Le mur gouttereau sud de la nef est percé de fenêtres en plein cintre au niveau des deuxièmes et troisièmes travées. Entièrement reconstruit en moellons et remplois, ce mur semble avoir été modifié à plusieurs reprises. Sous la fenêtre de la troisième travée s´aperçoit une autre ouverture (fenêtre ?) aujourd'hui murée. À l´ouest de la fenêtre de la deuxième travée, une reprise de maçonnerie laisse soupçonner la présence d´un ancien piédroit droit et d´un linteau de porte. La jonction avec la façade montre des problèmes de stabilité et une large lézarde dus à la reconstruction de ce mur. Un contrefort plat de faible hauteur a été mis en place au niveau de la jonction de la façade et du mur sud.

La nef à un seul vaisseau est voûtée en bois, mais la coupole, les transepts et l'abside sont voûtés en pierre, en plein cintre.

  • Murs
    • calcaire
    • enduit
    • pierre de taille
    • moellon
  • Toits
    tuile creuse, ardoise
  • Plans
    plan en croix latine
  • Étages
    1 vaisseau
  • Couvrements
    • voûte en berceau plein-cintre
  • Couvertures
    • toit à longs pans
    • toit à un pan
    • flèche polygonale
    • pignon découvert
  • Techniques
    • sculpture
  • Représentations
    • sujet chrétien, ancien testament, Dieu le Père, Christ, ange
    • ornement figuré, main, pied, homme
    • ornement animal, lion, oiseau
    • animal fantastique, dragon, griffon
    • ornement végétal, feuille, palmette, feuillage
    • croix pattée
    • ornement géométrique, entrelacs, rinceau
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Protections
    classé MH partiellement, 1914/12/21
    inscrit MH partiellement, 1996/10/28
  • Précisions sur la protection

    Le clocher et la façade : classement par arrêté du 21 décembre 1914 Eglise, à l'exception des parties classées (cad. H 123) : inscription par arrêté du 28 octobre 1996.