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Église paroissiale Notre-Dame de La Roche-Posay

Dossier IA86009396 réalisé en 2017

Fiche

Œuvres contenues

VocablesNotre-Dame
Parties constituantes non étudiéesjardin
Dénominationséglise paroissiale
Aire d'étude et cantonVals de Gartempe et Creuse - Pleumartin
AdresseCommune : La Roche-Posay
Lieu-dit : le Bourg
Adresse : 6 rue
de Kerlouët
Cadastre : 1833 B 923 ; 2017 AM 245

L'église paroissiale Notre-Dame de La Roche-Posay est mentionnée dès 1099 dans une bulle papale, elle était sans doute la chapelle castrale du château de la Roche. Elle dépendait de l'abbaye de Preuilly (aujourd'hui Preuilly-sur-Claise en Indre-et-Loire). Le clocher et les quatre piles qui entourent la croisée du transept constituent les vestiges d'une première construction romane, bâtie vers le 11e siècle. Le reste date d'une reconstruction au 15e siècle dans le style gothique, reconnaissable à ses arcs brisés, ses accolades et ses voûtes d'ogives.

Elle était le siège de la paroisse de La Roche-Posay qui, selon plusieurs sources, s'étendait seulement à la partie de la ville située à l'intérieur des remparts (le reste de la seigneurie était dans la paroisse de Posay-le-Vieil). C'est dans l'église Notre-Dame que de nombreux seigneurs de La Roche-Posay et leurs épouses furent enterrés, notamment la famille Chasteigner. Les sources parlent d'un caveau situé sous la croisé du transept, en dessous de l'autel majeur, où reposeraient les corps de plusieurs seigneurs de la ville. Les cœurs de Louis et Charles Armand Chasteigner de La Roche-Posay reposent aussi dans le caveau de Notre-Dame. Dans le bras sud du transept, la dalle funéraire d'Henri-Louis Chasteigner de La Roche-Posay, évêque de Poitiers, peut encore être admirée.

Les registres paroissiaux du 16e au 18e siècle nous renseignent sur la présence de plusieurs chapelles autrefois présentes à l'intérieur de l'église. Certaines n'étaient dédiées qu'à un seul saint ou sainte (sainte Anne, saint Étienne, saint Sébastien) ou à plusieurs (saint Jacques et saint Roch ; saint Éloi, saint Génest et saint Sylvain). Les sources parlent aussi d'autels, dédiés à Notre-Dame de Pitié, Notre-Dame des Agonisants, et sainte Marguerite. D'autres chapelles étaient utilisées comme lieux de sépulture pour les familles importantes de La Roche-Posay et étaient connues par le nom de ces familles : ainsi, la chapelle Saint-Jean était aussi appelée chapelle des Touchards. La chapelle de la Trinité (ou de la Très Sainte Trinité) était aussi nommée chapelle des Parès ou chapelle des Sorins. Cette dernière est particulièrement bien décrite en 1757, date à laquelle le curé l'avait clôturée par une balustrade, y avait installé un cadre d'autel et un tableau de la Sainte-Trinité (qui n'est plus dans l'église aujourd'hui). Il avait aussi fait ajouté à la chapelle un crucifix d'ivoire, un marbre provenant d'Angers, une armoire pour les ornements et un confessionnal.

Avec la Révolution, la cure de La Roche-Posay est supprimée. L'église est dans un état de vétusté importante et nécessite plusieurs phases de restaurations entre le début du 19e et le 20e siècle. La première date de 1835 : face à l'état de dégradation toujours plus important de l'édifice, la municipalité fit appel à la Préfecture pour une demande de financement des travaux. Sous le contrôle de l'architecte Bourdon, commissaire-voyer de l'arrondissement de Châtellerault, le maître autel fut remplacé, les retables provenant de la Merci-Dieu et le carrelage de la nef restaurés. Le sanctuaire fut aussi légèrement surélevé et les vitraux furent nettoyés et réparés. De plus, une toute nouvelle sacristie fut construite au nord de la nef, près du bras du transept. En 1847, l'état du clocher laissait craindre qu'il était prêt à s'effondrer. Après que les plans et devis pour sa restauration ont été dressés, la commune demanda une aide financière au préfet de la Vienne, aide qui lui fut refusée. La municipalité demanda donc à l'architecte en charge du projet de revoir ses plans à la baisse. Ceci contraria particulièrement le conseil de fabrique de l'église qui craignait que les nouveaux plans entraînent une restauration « dans un ordre d'architecture inférieur et qui ne trouverait pas en rapport avec celui de l'ancienne et belle église ». La fabrique de La Roche-Posay fit aussi installer à Notre-Dame plusieurs objets mobiliers provenant de l'ancienne église Saint-Martin de Posay-le-Vieil et de l'église de l'abbaye de la Merci-Dieu, toutes deux désaffectées.

L'église a été classée au titre des Monuments historiques en 1907. Lors de la Seconde Guerre mondiale, le 22 juin 1940, presque tous les vitraux ont été soufflés lors de l'explosion du pont, miné pour ralentir les troupes allemandes. Seul un vitrail complet survécut : le Sacré-Cœur de Jésus, visible dans le transept sud. Un fragment de l'ancien vitrail de la baie axiale, représentant la Vierge, est aujourd'hui conservé dans la sacristie. Après la guerre, il fut décidé de faire appel à un grand maître verrier, Jacques Le Chevallier, pour réaliser de nouveaux vitraux. Celui-ci s'était déjà fait connaître par une verrière réalisée à Notre-Dame de Paris à la fin des années 1930. Les vitraux de La Roche-Posay furent installés dans les anciennes baies à remplages gothiques en 1948.

Période(s)Principale : 12e siècle , (?)
Principale : 15e siècle , (?)
Auteur(s)Auteur : auteur inconnu

L'église Notre-Dame présente un plan en croix latine et à chevet plat. Le bâtiment est construit en pierre de taille calcaire et couvert de tuiles plates. Il est situé dans la vielle ville, à la jonction de la rue Notre-Dame et la rue de Kerlouët, à proximité de la Creuse.

L'entrée principale est située vers le nord, sous un grand porche couvert d'une voûte en berceau brisé. La porte principale est ornée d'une grande archivolte formant une accolade au-dessus du tympan, accueillant une statue de Vierge à l'Enfant placée dans une niche. La statue repose sous un dais en pierre très finement sculpté. De part et d'autre de la niche, il est encore possible de distinguer les restes d'une litre funéraire, qui était peinte sur la façade lors du décès du seigneur. À droite de la porte principale, une porte secondaire, plus petite, présente un linteau décoré d'une accolade et des piédroits chanfreinés. Elle est abritée sous une petite voûte en berceau aménagée dans un très large contrefort. Les deux entrées communiquent entre elles par une baie couverte d'un arc segmentaire, aménagée dans la paroi de droite du porche. Les deux portes de la façade sont accessibles après avoir franchis un escalier de plusieurs marches. Sous le porche, l'escalier est flanqué par des bancs de pierre.

L'élévation nord-est, orientée vers la Creuse, est bâtie le long d'un escarpement important qui descend vers la rivière. Pour renforcer l'assise de la construction, il a fallut la doter de plusieurs contreforts sur cette façade. L'empattement de la base des murs sert aussi à la stabilisation de l'église. L'un de ces contreforts est relié à la chapelle des fonds baptismaux par un arc boutant. Deux contreforts flanquant le transept nord sont surmontés de mâchicoulis et de chambres de tirs. Elles sont accessibles depuis l'intérieur de l'église, par un escalier qui conduit au clocher. Cette particularité classe Notre-Dame de La Roche-Posay parmi les églises fortifiées du Poitou. Depuis ces fortifications, les habitants du bourg pouvaient se protéger d'une attaque venant de la Creuse. Les consoles visibles entre les deux chambres de tirs laissent deviner la présence d'une galerie en bois ou en pierre, aujourd'hui disparue, qui les reliaient l'une à l'autre. Les toits en pavillons qui couvrent le transept sont ornés d'épis de faîtages en terre cuite. Deux consoles supportant les chambres de tirs semblent porter un décor sculpté, probablement des représentations humaines. Le mauvais état de la pierre permet difficilement de reconnaître l'iconographie, mais il semble qu'un des personnages montre son postérieur, tandis que l'autre joue d'un instrument.

Le chevet plat de l'église est percé par une grande baie à remplage, la plus grande de l'édifice. Une partie de la paroi extérieure porte encore les stigmates des affrontements de la Seconde Guerre mondiale. En effet, des traces de balles sont visibles sur cette partie de l'église et datent probablement de juin 1940, lorsque les troupes allemandes ont envahi la ville.

Le clocher est l'un des vestiges de l'édifice roman encore visibles aujourd'hui. De plan carré, il est ajouré par huit baies couvertes d'arcs en plein cintre. Son sommet est décoré d'une corniche supportée par des modillons et couvert par un toit en bâtière. Chaque arc en plein cintre est surmonté d'une archivolte décorée de motifs en dents de scie.

La nef est un vaisseau unique. Elle est partagée en deux travées couvertes de voûtes d'ogives quadripartites. La chapelle des fonds baptismaux se situe immédiatement à gauche en entrant dans l’église. Elle est aussi couverte d'une voûte d'ogive. L'accès à la salle se fait par une grande baie couverte d'un arc en plein cintre. Cet arc est rehaussé par des rinceaux végétaux sculptés et par une archivolte se terminant en accolade à son sommet. La sacristie est aussi accessible depuis la nef par une grande porte située sur la gauche avant le chœur. Bien qu'elle soit couverte d'une plate-bande, il est probable que l'ouverture de la baie ai été réduite et était jadis couverte d'un arc en plein cintre, toujours visible aujourd'hui. La porte donnant accès à l'escalier du clocher est située entre la porte de la sacristie et le transept nord. La menuiserie présente des motifs de plis de serviette et le linteau est décoré d'un ange portant un phylactère dans une accolade.

L'accès aux transepts depuis la nef est permis par deux baies, localement appelées « passages berrichons ». Ils traversent de part en part les murs séparant la nef de la croisée du transept. Une citerne d'eau pluviale a été découverte sous l'édifice. Elle communique avec le passage berrichon situé vers le nord par une petite trappe aménagée dans le sol. Les transepts, les chapelles attenantes, le chœur et la croisée du transept sont tous couverts par des voûtes d'ogive sexpartites. Le transept sud garde encore la trace d'une litre funéraire sur certains murs. Dans la chapelle située à l'arrière, des restes de peintures murales sont encore visibles. Il s'agit de faux appareil en pierre de taille. Les décors sculptés sont localisés au niveau des baies, des clés de voûtes ainsi que des chapiteaux et les culots sur lesquels reposent les voûtes. Il s'agit généralement de motifs végétaux ou d'armoiries, parfois portées par des anges.

Murscalcaire pierre de taille
Toittuile plate
Plansplan en croix latine
Étages1 vaisseau
Couvrementsvoûte d'ogives
Couverturestoit à longs pans pignon découvert
toit en bâtière
Escaliers
Techniquespeinture
sculpture
vitrail
Représentationslitre funéraire ange blason feuillage phylactère accolade feuillage
Statut de la propriétépropriété de la commune
Protectionsclassé MH, 1907
Précisions sur la protection

Référence Base Mérimée: PA00105669

Références documentaires

Documents d'archives
  • An XIII-1939. Biens communaux bâtis.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 2 O 251 7
  • 1837-1936. Biens communaux bâtis.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 2 O 251 8
Bibliographie
  • Frouin, R. Quelques glanes d'histoire rassemblées, La Roche-Posay.

  • Pouliot, Maurice ; Salvini, Joseph ; Villard, François. Inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790, Vienne, Série E supplément (Communes), Tome cinquième, Imprimerie P. Oudin, Poitiers, 1970.

Liens web

(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault (c) Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault - Maturi Paul
Maturi Paul

Chercheur associé à la Communauté de Communes des Vals de Gartempe et Creuse (2015-2016), puis à la Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault (2017-...).


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