Dossier IA64002765 | Réalisé par
Larralde Alexandra
Larralde Alexandra

Chargée de l'inventaire général du patrimoine culturel de La Bastide-Clairence.

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Église paroissiale Notre-Dame-de-l'Assomption
Copyright
  • (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel
  • (c) Commune de La Bastide-Clairence

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton La Bastide-Clairence (commune)
  • Commune La Bastide-Clairence
  • Lieu-dit
  • Cadastre 2016 A 437
  • Précisions
  • Dénominations
    église paroissiale
  • Vocables
    Notre-Dame-de-l'Assomption

Édifiée trois ans après la fondation de la bastide, l'église est consacrée à la Vierge de l'Assomption en 1315 par l'évêque de Pampelune Arnaud de Puyana, avec l'accord de Bernard de Viele, évêque de Bayonne. Un confrérie dédiée à saint Nicolas s'y installe dès 1366, dont le rôle majeur était l'organisation des funérailles et les hommages aux défunts de la paroisse. Le portail d'entrée à décor tardo-gothique inséré sous un porche probablement contemporain, témoigne d'un chantier réalisé dans la seconde moitié du 15e siècle.

En 1688, l'architecte Philippe Barthe, qui travaille à la cathédrale de Bayonne, construit deux sacristies. Un décor peint est également réalisé au 17e siècle, qui subsiste en partie occulté sous le plafond actuel de la nef.

Au 18e siècle, l'édifice présente un état de grande faiblesse : une première visite est effectuée par l'évêque de Bayonne en 1737, quelques réparations sont à faire mais leur description n'est pas très développée. Son état alarmant est confirmé à la suite de la visite effectuée en 1768 par Philippe Marie de Hureaux, qui détaille l'état de délabrement de l'édifice, l'évêque de Bayonne ordonne sa reconstruction. La célébration des offices est alors interdite, l'évêque proposant de les faire célébrer dans la Maison Mourique. Le 5 avril 1769 est présenté le devis estimatif et les plans des travaux de réédification de l'église par Jean Bidart, architecte à Hasparren. Le projet est approuvé en 1771 par l'évêque et par la communauté ; le corps de Ville participe financièrement à ces travaux. Un acte notarié du 10 décembre de cette même année désigne le maître maçon Pierre Dibarbourre, sieur de Derreca, maître maçon de Jatxou, comme adjudicataire chargé de la réédification du sanctuaire en 1771. Plusieurs campagnes sont menées jusqu'en 1776. Le chœur et la nef sont presque entièrement restaurés, un troisième niveau de galeries ainsi que la chaire sont créés. Une partie du décor intérieur subsisterait également de cette période.

L'époque révolutionnaire a amené son lot de destructions : le 13 juin 1792, les armes de Navarre surmontant le porche sont martelées. Le 25 janvier 1794, le citoyen Vincent Pouchan, ex-curé jureur, présidant l'assemblée, constate que "le local des séances se trouve encore souillé d’un nombre infini de bénitiers et d'un fonts baptismal, il s’offre à faire disparaître "ces signes affreux" ; en 1796, les quatre cloches sont fondues.

Au début du 19e siècle, l'état de l'église est fortement dégradé, comme en témoigne en 1830 Pierre de Manchoulas, architecte à Bayonne, auteur d'un rapport sur l'élévation des murs latéraux qui "présente un aspect peu rassurant". Quatre ans plus tard, une souscription produit 300 francs pour la réparation de l'église. Au milieu du 19e siècle, la paroisse de La Bastide est considérée comme l'une des plus ferventes du diocèse.

Le 12 mai 1850, décision est prise de démolir le clocher qui menace de s'écrouler, reconstruit en forme de tour carrée. Le décor de terres cuites architecturales de la façade, issu de la manufacture Virebent Frères, à Toulouse, date de la même période. Ce chantier est réalisé sous l'autorité de l'abbé Saint-Guily, qui entreprend également le réaménagement du chœur néo-classique.

La fausse-voûte de la nef étant devenue dangereuse, un projet est élaboré en 1937 par l'architecte Henri Barrès pour la remplacer par un plafond à caissons. Les travaux, financés par une souscription ayant permis de collecter 10 000 francs dans la paroisse, complétés par un emprunt de 22 705 francs voté par délibération du 10 avril 1938 du conseil municipal, ont été réalisés par le charpentier du village, Sylvain Dhospital, et le staffeur Émile Fraisse.

La deuxième moitié du 20e siècle apporte quelques modifications intérieures. Les travaux de restauration réalisés de 1995 à 1999 ont surtout concerné la façade et le clocher, avec les décors en terre cuite ainsi que les décors peints intérieurs.

L'église, située dans la partie haute du village, orientée au sud-est, présente un plan allongé à nef unique et à chevet plat encadré des sacristies. Elle est entourée au droit du chevet et sur ses longs côtés de galeries extérieures couvertes en appentis, dont le sol est constitué de pierres tombales organisées en deux lignes : l'une longeant les murs gouttereaux de l'édifice et l'autre le bord extérieur des galeries.

En façade, l'élévation tripartite pyramidale ouvre en son premier niveau par trois arcs en plein-cintre. L'arcade centrale, de dimensions plus importantes, est encadrée par deux contreforts en moyen appareil terminés en glacis. Les deux arcades latérales sont surmontées d'une niche abritant une statue, couronnée d'un fronton en attique. La base du clocher-tour carré, délimitée par un entablement au-dessus de l'arc central, est encadrée par deux pyramidions de briques, alors que deux autres pyramidions surmontent les angles de la façade. L'étage du clocher comporte une niche plus importante que les deux autres, abritant une statue de la Vierge, sainte patronne de la paroisse. Elle est surmontée par l'horloge. Un cordon sépare le deuxième du troisième niveau composé du beffroi orné de pilastres corniers en brique et percé sur ses quatre faces d'une baie campanaire en plein-cintre en brique. L'entablement est souligné par des modillons soutenant la corniche en-dessous du toit en pavillon. L'ensemble de la façade présente un décor en terre cuite architecturale, apportant une touche polychrome.

L'arcade centrale ouvre sur le porche voûté d'une croisée d'ogives donnant sur le portail sculpté. A l'intérieur, de part et d'autre de l'entrée, deux puissantes colonnes en calcaire, disposent chacune d'un bénitier incorporé en bague. La nef est entourée de trois étages de tribunes ou "galeries" en charpente. Elle est couverte d'un plafond à caissons. Au premier niveau, une rangée de corbeaux engagés dans les murs gouttereaux servait probablement de supports aux aisseliers soutenant le dans une configuration ancienne le premier étage de tribunes.

Le chœur à décor néo-classique est couvert d'un plafond en anse de panier et d'un chevet à fausse-voûte plein-cintre.

  • Murs
    • grès moellon
    • calcaire moyen appareil
    • brique
  • Toits
    tuile creuse
  • Plans
    plan allongé
  • Étages
    1 vaisseau
  • Couvrements
    • voûte d'ogives
  • Couvertures
    • toit à longs pans pignon couvert
    • toit en pavillon
  • Escaliers
    • escalier dans-oeuvre : escalier droit en charpente
  • Énergies
  • Techniques
    • décor stuqué
    • peinture
    • vitrail
    • céramique
  • Représentations
    • raisin, vigne, buste humain, animal, pinacle, blason
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune

  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Protections
    inscrit MH, 1993/04/03

Documents d'archives

  • Visites par Jacques-Bonne Gigault de Bellefonds, puis par Guillaume d'Arche, évêques de Bayonne, dans l'église de Notre-Dame de La Bastide-Clairence, en 1737 et 1768.

    Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques : G 14
  • Minutes notariales, Darancette. Contrat d'entreprise des ouvrages et de la réédification de l'église et sanctuaire d'icelle de la ville de la Bastide Clerance à faire par Sieur Pierre Dibarboure adjudicataire. p.61-63, le 10 décembre 1771.

    Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques : 3 E 4727
  • Proposition de mise en sécurité provisoire de l'église et projet de construction d'une nouvelle église, 27 octobre 1769.

    Archives communales, La Bastide-Clairence : BB20
  • Reconstruction des voûtes, devis et plans de l'architecte Henri Barrès, 1935-1939.

    Archives communales, La Bastide-Clairence : 1M1-2

Bibliographie

  • DARNERE F. La Bastide Clairence au XIVe siècle. T.E.R. Bordeaux : Université de Bordeaux, 1969.

    Service du patrimoine et de l'Inventaire, région Aquitaine : TU DAR
  • DUFOURCQ Pierre, Quelques étapes de l’Histoire de Labastide Clairence. Non publié, 1990.

  • LALANNE Guy (dir.). La Bastide Clairence. Ciboure : Jakintza, 2018.

  • LERCHUNDI Renée, Église Notre Dame de l'Assomption La Bastide Clairence, éléments de lecture de la voûte de la nef. Non publié, 2012.

Documents figurés

  • Plan cadastral napoléonien de La Bastide-Clairence, 1835.

    Archives communales, La Bastide-Clairence : 1G1

Annexes

  • Extraits de délibérations sur l’église Notre-Dame de l’Assomption
Date d'enquête 2018 ; Dernière mise à jour en 2018
(c) Commune de La Bastide-Clairence
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel
Larralde Alexandra
Larralde Alexandra

Chargée de l'inventaire général du patrimoine culturel de La Bastide-Clairence.

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