Dossier IA86007670 | Réalisé par
Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur en chef du patrimoine au Département de la Vendée depuis 2017.

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Maturi Paul
Maturi Paul

Chercheur associé à la Communauté de Communes des Vals de Gartempe et Creuse (2015-2016), puis à la Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault (2017-...).

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Église paroissiale Notre-Dame de Coussay-les-Bois
Auteur
Maturi Paul
Maturi Paul

Chercheur associé à la Communauté de Communes des Vals de Gartempe et Creuse (2015-2016), puis à la Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault (2017-...).

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Copyright

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Vals de Gartempe et Creuse - Pleumartin
  • Commune Coussay-les-Bois
  • Lieu-dit le Bourg
  • Adresse place de l'Eglise
  • Cadastre 1833 I 814  ; 2017 BL 324
  • Dénominations
    église paroissiale
  • Vocables
    Notre-Dame

Coussay-les-Bois présente la particularité de posséder deux églises, distantes de quelques mètres : l'église Saint-Martin, aujourd'hui désaffectée, et l'église Notre-Dame, aujourd'hui seule église paroissiale. Cette dernière, édifiée à partir du 12e siècle, a pour originalité d'être la seule église du Poitou dont la nef est couverte de coupoles.

L'église Notre-Dame prend place dans la partie nord du bourg, juste au bord de la rue principale, avec une petite place à ses côtés. La partie basse du clocher, avec ses arcatures aveugles et sa corniche à modillons. ainsi que les deux bras du transept semblent les parties les plus anciennes de l'édifice (1ère moitié du 12e siècle), suivis de peu par la nef (milieu du 12e siècle). Le chœur et le chevet plat ont été édifiés au 15e siècle, et la façade occidentale au 19e.

L'histoire de la nef se lit sur ses murs. Ces derniers furent dans un premier temps moins hauts qu'aujourd'hui, comme le montre la corniche à modillons encore visible sur le mur sud, désormais en dessous du niveau du toit. Ce même mur conserve les traces d'un ancien portail roman, dont la porte a été murée.

Au début également du projet, on a dû imaginer une charpente au-dessus de la nef, mais très vite l'idée de coupoles, à l'image de l'abbaye de Fontevraud, est venue modifier les plans : une demi-coupole et une coupole ont été édifiées au-dessus des deux travées de la nef, en prenant appui sur des doubles colonnes engagées et, à l'extérieur, sur de puissants contreforts. Une autre coupole couvre la croisée sous le clocher. Des croisées d'ogives ont été placées au 13e siècle dans les bras du transept.

L'église Notre-Dame de Coussay-les-Bois est citée pour la première fois en 1253 dans le cartulaire de la Merci-Dieu de La Roche-Posay (Vienne) en tant que chapelle. Elle est ensuite probablement devenue église paroissiale, comme l'église Saint-Martin. Alors que plusieurs sources précisent que ces églises dépendaient des évêchés de Tours et de Poitiers, il est possible qu'elles aient été toutes deux réunies et seulement affiliées à Poitiers. En effet, dans les registres paroissiaux les plus anciens, datant du 17e siècle, l'église Notre-Dame est mentionnée en tant qu'église annexe de Saint-Martin, qui était par ailleurs siège de l'archiprêtré de Châtellerault. L'église Notre-Dame conserve ce statut jusqu'en 1803, date à laquelle elle devient la seule église paroissiale de Coussay-les-Bois.

L'église Notre-Dame, probablement fondée dans le courant du 12e siècle, a conservé quelques éléments romans, notamment la nef et un ancien portail muré visible sur l'élévation sud. Les coupoles couvrant la nef semblent postérieures aux murs qui les soutiennent, mais daterait aussi du 12e siècle. Quant au chevet plat muni de baies à remplages, il a probablement été reconstruit au 15e siècle.

À plusieurs reprises pendant le 19e siècle, le bâtiment est signalé en état de délabrement avancé. En 1799, une chapelle dédiée à la Vierge s'est effondrée et des arbres ont poussé à l'intérieur du bâtiment. L'architecte châtelleraudais Renaudet préconise de faire plusieurs réparations, dont la reprise des pieds de murs et la réfection du dallage, des menuiseries, de la charpente et de la couverture. Le pignon occidental doit aussi être partiellement abaissé. De nombreux matériaux de constructions, probablement issus de la destruction de la nef de l'église Saint-Martin, sont aussi entreposés à Notre-Dame. Cependant, en 1813, les travaux n'ont toujours pas été réalisés. En 1849, elle est encore une fois dans un état déplorable : la toiture a besoin d'une restauration urgente et les déblaiements effectués pour la création de la route de Lésigny ont affaibli les fondations du bâtiment. Vers 1850, les chapiteaux romans de la croisée du transept sont refais en plâtre par un plâtrier local du nom de Dorin, frère du curé de Coussay-les-Bois. À cette occasion, l'artisan a pris la liberté de représenter des animaux exotiques, comme un crocodile et un caméléon. En 1928, l'église Notre-Dame menace ruine et doit être fermée au public.

Bien qu'une grande partie de l'édifice roman ait survécu, l'état actuel du bâtiment résulte donc de plusieurs remaniements aux 19e et 20e siècles.

La construction de cet édifice s'est déroulée en plusieurs phases : la nef, de style roman, date du 12e siècle, alors que le chœur est reconstruit dans un style gothique au 15e siècle.

La porte principale, située sur l'élévation occidentale, est couverte d'un arc en plein cintre. Les voussures de cet arc et les chapiteaux des colonnes flanquant la porte sont décorés de palmettes et de motifs de feuillage. Un ancien portail muré est visible sur l'élévation sud. Elle est composée de deux colonnes surmontées de chapiteaux sculptés supportant un arc en plein cintre. Sur cette élévation, plusieurs modillons sculptés sont visibles sous la corniche. La façade a vraisemblablement été rehaussée, comme en témoignent les assises de pierre visibles au-dessus de la corniche.

Le chevet plat est éclairé par deux fenêtres gothiques à remplages, visibles sur les élévations sud et est. Quant au clocher carré, il est muni de plusieurs baies couvertes d'arcs en plein cintre. Il est protégé par un toit à quatre pans couvert de tuiles plates, lui-même surmonté d'une flèche couverte d'ardoise.

À l'intérieur, les deux travées de la nef et la croisée du transept sont couvertes par trois coupoles, ce qui fait de Notre-Dame un spécimen unique d'église à file de coupoles en Poitou. Les autres exemples qui sont géographiquement les plus proches sont la célèbre église abbatiale de Fontevraud, en Maine-et-Loire, et l’église Notre-Dame de la Celle-Guénand, en Indre-et-Loire, située à seulement 23 km de Coussay-les-Bois.

Les chapiteaux de la croisée du transept sont les plus ornementés. Plusieurs animaux ou visages y sont visibles, ainsi que des motifs géométriques ou des volutes. Bien qu'ils ne datent que du 19e siècle, ils sont sculptés dans un style relativement sobre, qui peut rappeler le style roman. Cependant, l'un des chapiteaux situé contre le mur sud de la nef pourrait dater du 12e siècle. Il prend place dans un petit renfoncement où apparaissent les traces d'un ancien déambulatoire non réalisé. Selon René Crozet, il s'agit plus probablement d'un "passage berrichon", c'est-à-dire une circulation entre la nef et les bras du transept aménagée dans l'épaisseur du mur. Un exemple de ce type de disposition est visible dans l'église paroissiale de La Roche-Posay.

Le chœur, qui constitue un bel exemple d’architecture gothique, est couvert d’une voûte d’ogives octopartite et est éclairé par deux fenêtres à remplages. Un blason, visible sur la clé de voûte, porte la représentation d'un lion "rampant", c'est à dire debout. La famille à qui il appartient n'est pas connue mais il s'agit probablement de riches donateurs qui ont participé à la reconstruction du chœur au 15e siècle. Les bras du transept accueillent des chapelles, elles aussi voutées d'ogives.

Le clocher est accessible grâce à un escalier en vis situé dans le bras sud du transept. Sur l'un des murs de l'escalier, une inscription entretient le souvenir des rigueurs de l'hiver 1709 : " l'année 1709, tous les froments et tous les noyes et toultes les vignes ont gelé plat de couture ". Les trois cloches de l'église Notre-Dame sonnent le sol, le la et le si. Elles ont été réalisées par l'entreprise Bollée du Mans en 1864. Une cloche porte une représentation de Jésus, une autre de la Vierge, et la dernière une représentation de saint Joseph.

Les vitraux de l'église sont parmi les plus anciens des Vals de Gartempe et Creuse. Réalisés par un maître verrier tourangeau, ils ont été donnés par Justin Dorin, le curé de Coussay-les-Bois dans les années 1850.

  • Murs
    • calcaire
  • Toits
    tuile plate, ardoise
  • Plans
    plan en croix latine
  • Couvrements
    • voûte d'ogives
    • coupole en pendentifs
  • Couvertures
    • toit à deux pans
    • flèche polygonale
  • Escaliers
    • escalier demi-hors-oeuvre : escalier en vis sans jour en maçonnerie
  • Techniques
    • sculpture
  • Représentations
    • chien, porc, dragon, Christ, feuillage, palmette, blason, agneau, volute, coq, lion, armoiries, ornement géométrique, volute
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Protections
    classé MH, 1914/12/21
  • Précisions sur la protection

    Eglise : classement par arrêté du 21 décembre 1914.

Aire d'étude : patrimoine roman (édifice étudié par Yannis Suire).

Documents d'archives

  • an XII-1939: Biens communaux bâtis.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 2 O 104 5
  • Casier archéologique [documents établis par le service des Monuments historiques au lendemain de la Seconde Guerre mondiale sur des édifices protégés ou destinés à l'être].

    Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, Charenton-le-Pont

Bibliographie

  • Berthelé, Joseph. Carnet de voyage d'un antiquaire poitevin. Paris : Lechevalier ; Montpellier : Calas, 1896.

    p. 355
  • Camus, Marie-Thérèse. Les oiseaux dans la sculpture du Poitou roman. Mémoires de la Société des Antiquaires de l'Ouest, 4e série, t. 11, 1967-1970.

    p. 20 et 41
  • Chappuis, René. Églises romanes françaises comportant plusieurs coupoles. Mémoires de la société archéologique et historique de la Charente, 1968.

    p. 114 et 134
  • Chappuis, René. Géométrie et structure des coupoles sur pendentifs dans les églises romanes entre Loire et Pyrénées. Bulletin monumental, tome 120, 1962.

    p. 10, 14 et 26
  • Clouzot, Étienne, Cartulaire de l'abbaye de Notre-Dame de la Merci-Dieu, autrement dite de Bécheron, au diocèse de Poitiers, Archives Historiques du Poitou, tome 34, Poitiers, 1905.

    p. 388
  • Crozet, René. L´art roman en Poitou. Paris : Laurens, 1948.

    Médiathèque, Thouars : 944.6
    p. 118, 122, 125, 126, 127, 132, 133, 134, 136, 138, 161, 171, 174, 175, 177, 180, 218, 221, 238, 270, 272
  • Crozet, René. Dictionnaire des églises de France. Paris : Robert Laffont, 1967, tome IIIc, Poitou-Saintonge-Angoumois.

    p. 59
  • Crozet, René. Églises de la Vienne. Paris : Nouvelles Éditions latines, sans date [19--].

    p. 14-15
  • Eygun, François. Art des pays d'Ouest. Paris : Arthaud, 1965.

    p. 81 et 254
  • GUILLEMET, Dominique, dir. Dictionnaire des communes et pays de la Vienne des origines à nos jours : histoire, patrimoine, économie. La Crèche : Geste éditions, 2003.

    p. 150-151
  • Salvini, Joseph. Le diocèse de Poitiers à la fin du Moyen Âge (1346-1560). Poitiers : Les presses universitaires, 1946.

    Région Nouvelle-Aquitaine, service de l'inventaire du patrimoine culturel, Poitiers
    p. 44
  • Thibout, Marc. Coussay-les-Bois. Congrès archéologique, Poitiers, 109e session, 1951.

    p. 413-420
Date d'enquête 2014 ; Dernière mise à jour en 2019
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel
(c) Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault
Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur en chef du patrimoine au Département de la Vendée depuis 2017.

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Maturi Paul
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