Dossier IA40001593 | Réalisé par
Église paroissiale et abbatiale Notre-Dame de Maylis
Copyright
  • (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Mugron
  • Commune Maylis
  • Cadastre 2016 A 163

Selon la tradition locale, une chapelle aurait existé sur le site du futur sanctuaire marial dès le XIe siècle. Les premières mentions certaines de la paroisse Notre-Dame de Maylis (mère des lys en gascon selon une étymologie controversée) ne datent toutefois que de la fin du XIIIe siècle (hommage de Garcie Arnaud d'Amor au roi-duc Édouard Ier, 1283) et du siècle suivant (acte du seigneur de Doazit, 1338). Le pèlerinage à la Vierge pourrait avoir existé dès cette époque, mais il n'est attesté qu'à partir du XVIIe siècle, avec la relation de Pierre Du Val, secrétaire de l'évêque d'Aire (1641). Peu après, le chapelain Hugues Dufaur (1657-1663) agrandit et reconstruit partiellement le sanctuaire en 1659, y invite en septembre 1660 les évêques d'Aire et de Dax et donne au pèlerinage un nouvel élan, déjà affaibli au XVIIIe siècle et que vient interrompre la Révolution. Désaffectée, puis mise en vente le 29 pluviôse an VI et donnée en fermage, l'église est rendue au culte après le Concordat de 1801, avant d'être progressivement abandonnée au cours du XIXe siècle. En grande partie démolie entre 1906 et 1922 (seuls subsistent actuellement du bâtiment d'origine la tour-clocher et quelques fragments des murs du vaisseau), elle ne sera rebâtie qu'en 1976-1980 (réf. IA40001594).

Le renouveau du pèlerinage coïncide avec l'essor du culte marial à partir du milieu du XIXe siècle. En 1847, le sanctuaire, jusqu'alors annexe de Larbey, est érigé en succursale. Sous l'impulsion du curé Piraube, soutenu par les évêques successifs du diocèse, on projette dès 1864 la construction d'un nouveau sanctuaire, sur un terrain appartenant à la maison de retraite des prêtres du diocèse. La première pierre est posée en 1868 et les travaux, sur les plans de l'architecte départemental Alexandre Ozanne (1828-1888), sont exécutés de 1871 à 1877 par l'entrepreneur Paul Castéra, de Saint-Sever. L'édifice est inauguré le 18 août 1883, le même jour que la nouvelle statue de Notre-Dame de Maylis. La mosaïque du chœur, réalisée par le Toulousain Pugibet sur les dessins de l'abbé Piraube, est mise en place la même année. Le Montois Jean-Éloi Ducom et le Bordelais Pémine sculptent les chapiteaux du porche et des trois vaisseaux quelques années plus tard. Le décor est complété au début du XXe siècle par des peintures murales dues au peintre bordelais Ernest Leduc. La dernière adjonction date du début des années 1950, avec la construction de deux petites chapelles à pans coupés (respectivement dédiées aux saints anges et à saint Joseph) au flanc de la dernière travée des collatéraux.

Parallèlement à la construction du sanctuaire, un vaste couvent est bâti derrière son chevet. D'abord confié aux prêtres diocésains chargés des missions, il passe en 1946 aux olivétains (congrégation bénédictine de Notre-Dame du Mont-Olivet), qui font ériger le prieuré en abbaye le 30 août 1948. L'église néogothique est restaurée en 1975, mais est aussi vidée à cette occasion de la quasi-totalité de son mobilier d'origine.

A l'origine propriété diocésaine (car bâti sur un terrain diocésain), l'édifice est devenu propriété communale dès 1892, sur la proposition de l'évêque Delannoy.

  • Période(s)
    • Principale : 3e quart 19e siècle
  • Dates
    • 1871, daté par source
  • Auteur(s)

L'édifice, de style néogothique, n'est pas orienté, mais dirigé nord-est / sud-ouest. Il est construit essentiellement en moellon calcaire, à l'exception du clocher, des tourelles d'escalier, de la première travée aveugle de la nef et des élévations antérieures des collatéraux, érigés en pierre de taille d'Angoulême, de même que les contreforts et les encadrements des baies. La couverture est en tuiles plates mécaniques (toit à longs pans du vaisseau central et toits à deux pans du transept, calés par des pignons découverts), en tuiles creuses (bas-côtés et chapelles) et en pierre (clocher). L'église se compose de trois vaisseaux de quatre travées communiquant par des grandes arcades en tiers-point sur piliers fasciculés. Un transept saillant de deux travées ouvre, au centre, sur une travée de chœur barlongue prolongée par une abside à trois pans ; deux absidioles également à trois pans ouvrent sur les bras du transept. Le croisillon de gauche (occidental) communique avec une sacristie de plan carré. Deux petites chapelles hors-œuvre à pans coupés, ajoutées au milieu du XXe siècle, flanquent la quatrième travée des collatéraux. Un clocher-tour massif est adossé à l'élévation antérieure de la nef par l'intermédiaire d'une travée aveugle ; le porche au rez-de-chaussée est ouvert sur toutes ses faces ; le second niveau est percé de fenêtres géminées, le troisième scandé d'une arcature sur colonnettes ; le quatrième, plus étroit, correspondant à la chambre des cloches, s'élève au-dessus d'une retraite talutée et s'achève en terrasse octogonale à balustrade, couronnée d'une courte flèche en maçonnerie qu'amortit une statue monumentale de la Vierge. L'ensemble de l'édifice est couvert de voûtes d'ogives en briques. Les collatéraux, les parties hautes du vaisseau central, le transept et le chœur sont éclairés par des lancettes simples en arc brisé.

  • Murs
    • calcaire moellon enduit
    • calcaire pierre de taille enduit
  • Toits
    tuile plate mécanique, tuile creuse mécanique, pierre en couverture
  • Plans
    plan allongé
  • Étages
    3 vaisseaux
  • Couvrements
    • voûte d'ogives
  • Couvertures
    • toit à longs pans croupe polygonale
    • toit à deux pans pignon découvert
    • appentis
  • Techniques
    • sculpture
    • vitrail
  • Représentations
    • crochet, feuille
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune

Documents d'archives

  • Projet d'érection de Maylis (annexe de Larbey) en succursale (1840-1844).

    Archives départementales des Landes : 70 V 210/2
  • Église : jouissance (1907).

    Archives départementales des Landes : 70 V 210/5
  • Inventaire des biens dépendant de la fabrique (1906).

    Archives départementales des Landes : 70 V 210/9
  • Budget de la fabrique (1894) ; comptes de gestion de la fabrique (1894-1906).

    Archives départementales des Landes : 70 V 210/10-11
  • Église, presbytère, cimetière (1837-1922).

    Archives départementales des Landes : 2 O 1247

Bibliographie

  • PIRAUBE Martin Marie, abbé. Notre-Dame de Maylis (diocèse d'Aire). Bordeaux, 1861.

  • LABARRÈRE Antoine. Histoire de N.-D. de Maylis. Bordeaux : veuve Justin Dupouy et Compagnie, 1864.

  • DAUGÉ Césaire. Notre Dame de Maylis, son histoire & pèlerinage. Aire-sur-l'Adour : Laffitau et Labonne, Imprimerie centrale, 1936.

  • LERAT Serge (dir.). Landes & Chalosses. Pau : Cairn, 1984.

    p. 1097
  • Notre-Dame de Maylis, son sanctuaire, son abbaye. Lyon : Lescuyer et Fils, 1962.

  • Frère Emmanuel Marie. Abbaye Notre-Dame de Maylis. Oullins : Baulieu, 2013.

Périodiques

  • Petite revue catholique du diocèse d'Aire et de Dax.

    1870, p. 229-230 (projet d'agrandissement) ; 1871, p. 85 (quêtes pour la construction du sanctuaire)
  • Écho religieux des Pyrénées et des Landes, Pau.

    1873 (p. 318, 669-670, 686-687, 696, 734
  • ALAIN Père. "Esquisse historique sur l'église de Maylis". Bulletin de la Société de Borda, 1981, 1er trimestre.

    p. 191-195

Annexes

  • Documents concernant l'église de Maylis et son mobilier (AD Landes, 2 O 1247)
Date d'enquête 2015 ; Dernière mise à jour en 2016
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel