Dossier IA17047978 | Réalisé par
Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur en chef du patrimoine au Département de la Vendée depuis 2017.

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Ecole primaire publique de garçons et mairie, actuellement groupe scolaire
Auteur
Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur en chef du patrimoine au Département de la Vendée depuis 2017.

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Copyright

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Vallée de la Sèvre Niortaise, Marais poitevin
  • Commune La Ronde
  • Lieu-dit Bourg
  • Adresse 32 rue de l'Eglise , 1 chemin de la Chaise
  • Cadastre 1867 B 334 à 339  ; 2021 B 443

Une première école en 1844

Aucune construction ne figure à cet endroit sur le plan cadastral de 1812. Au début des années 1840, la commune de La Ronde, pour répondre à l'obligation de disposer d'une école édictée par la loi Guizot de 1833, envisage d'abord de l'installer dans une maison achetée, mais cette option est rejetée par l'Etat. Le 28 juillet 1844, la construction d'un nouveau bâtiment dédié à l'école est adjugée à Joseph Pouvreau, entrepreneur à Saint-Jean-de-Liversay. Il s'agira d'un bâtiment à un étage, capable d'accueillir 80 élèves. Le plan cadastral de 1867 montre ce bâtiment situé à l'angle de la rue de l'Eglise et du chemin de la Chaise, avec jardin au sud. En 1856-1858, pendant les travaux de reconstruction de l'église, un lieu de culte provisoire est installé dans la salle de classe de l'école, laquelle est transférée tout aussi provisoirement dans une maison louée à la veuve Ravalleau.

L'école fait l'objet de travaux dans les 1860-1870. En 1867, Louis Michonneau, maçon à La Ronde, construit un préau couvert dans le prolongement ouest du logement d'enseignant. Un projet de réaménagement est présenté le 10 septembre 1871 : le plan montre l'existence d'une salle de classe à l'est, prolongée vers l'ouest, au-delà d'un couloir, par le logement d'enseignant, composé d'une chambre et d'une cuisine, puis par le préau couvert ou hangar. La mairie est installée à l'étage du logement. Au sud s'étendent la cour de récréation et le jardin. Les travaux sont adjugés le 30 mai 1872 à Jean Vincent, menuisier, et Pierre Ferron, maçon.

La mairie-école de 1886-1887

Ces aménagements s'avérant insuffisants, il est décidé au début des années 1880 de procéder à une quasi-reconstruction. L'objectif est aussi de redistribuer l'école et la mairie. En effet, celle-ci est située à l'étage et les réunions dans la salle du conseil gênent le professeur et les élèves par les bruits de piétinement. Le projet de reconstruction est confié à l'architecte rochelais Ernest Massiou (déjà intervenu pour l'école des filles et l'église), et est présenté les 14 août et 26 décembre 1884. L'ancien préau, à l'ouest, sera transformé en mairie, avec vestibule d'entrée, salle du conseil et salle de consultation ; un nouveau préau sera édifié dans le jardin au sud, parallèlement à la salle de classe ; celle-ci sera allongée vers l'est et divisée en deux par une cloison vitrée de manière à permettre la surveillance des élèves ; il est envisagé de supprimer l'étage du logement, libéré par la mairie, mais on y renonce au profit d'une redistribution des pièces. Parmi les matériaux, on utilisera la pierre de taille des carrières de Niort ou de Saintonge. Une plaque en marbre bleu de Turquie ou d'Italie est proposée pour le fronton, avec le mot "Mairie" inscrit en lettres dorées (option finalement écartée). Le projet, d'un coût de 6580 francs, est approuvé par le conseil municipal les 17 août 1884 et 8 février 1885, et les travaux sont adjugés le 9 novembre à Victor Renou, entrepreneur de travaux publics à La Ronde. Trois jours auparavant, la vente aux enchères de 60 pieds d'arbres situés le long de la route entre le Passage et la Croix des Mary, a permis de récolter 969 francs, somme qui sera utilisée pour financer en partie les travaux.

Des devis complémentaires sont présentés par Massiou en mai 1885, janvier, mars et novembre 1886, approuvés au printemps 1887, notamment pour tenir compte de difficultés plus importantes que prévu dans la construction (les fondations de l'ancien préau ne peuvent finalement être conservées, les façades du logement, en pierre et en terre, ne sont pas assez solides, les distributions intérieures de la mairie et du logement doivent être revues). Le surcoût est en partie financé, de nouveau, par la vente de 190 peupliers et de la coupe de bois sur les terrains communaux situés entre le Passage et la Croix des Mary. Pour limiter la dépense, on abandonne l'idée d'une croupe de toit à l'extrémité est de la salle de classe, au profit d'un simple toit à longs pans. Les nouveaux plans présentés le 30 mars 1886 sont les plus aboutis pour ce qui concerne notamment la façade nord du logement (fausse lucarne pendante, inscription) ou encore les ouvertures de la mairie (dessin de la porte). Par ailleurs, le 15 novembre 1886, Massiou présente un projet d'acquisition de mobilier scolaire pour les deux salles de classes, soit deux chaires et estrades de professeurs, 34 tables à deux places en sapin rouge du nord, 60 têtes de porte-manteaux, une carte de France, une d'Europe, un globe terrestre, un nécessaire métrique avec table, et deux poêles en fonte. Le 6 février 1887, la confection du mobilier en bois est attribuée à Ferdinand Rondonnet, menuisier à La Ronde. Les travaux de construction de la mairie-école sont quant à eux finalement réceptionnés le 5 mai 1887. C'est pourtant la date 1886 qui est inscrite au fronton du logement d'enseignant.

Le départ de la mairie, les agrandissements successifs de l'école

Différents aménagements et travaux sont menés au cours des années et décennies suivantes. En 1891 par exemple, on aménage un logement d'instituteur adjoint au rez-de-chaussée du bâtiment central, où logeait déjà l'instituteur. Le 15 novembre 1925, le conseil municipal émet le projet de transférer la mairie sur un autre site, dans un local communal vacant sur la place principale du bourg, de manière à laisser les locaux de la mairie-école exclusivement à l'école. La mairie est donc transférée dans ce nouveau siège, place de la Mairie (avant 1928), laissant seule l'école des garçons. Pourtant, le poste d'adjoint est supprimé en 1926 et l'école ne compte alors plus que 38 élèves, de nouveau rassemblés en une seule salle de classe. Une cantine scolaire ouvre en 1933 dans une des salles de l'ancienne mairie.

Plusieurs agrandissements et réaménagements successifs ont lieu dans la seconde moitié du 20e siècle et au début du 21e. L'agrandissement de l'école dans les années 1960 s'avère nécessaire en raison de la vétusté des locaux datant de la fin du 19e siècle, et de l'augmentation des effectifs scolaires. Dès 1962, le projet de construction de deux classes et d'un logement, sur le côté ouest de la cour, est confié à l'architecte Georges Marolleau. Son projet est entériné par arrêté préfectoral du 20 mai 1966, et son financement est adopté par le conseil municipal du 21 mai 1967. Le site accueille désormais aussi l'école des filles, jusqu'ici logée au 41 rue de l'Eglise, tout comme l'école maternelle. Un nouvel agrandissement a lieu à partir de 1979 pour accueillir cette dernière. Les travaux, supervisés par l'architecte Fernand Grizet, de La Rochelle, sont adjugés le 15 juin 1979 à l'entreprise Durand frères, de Courçon, et ils débutent le 30 octobre. Le nouveau bâtiment ouvre à la rentrée de septembre 1980.

Après la modernisation de la cantine en 1998, l'ouverture d'une 4e classe en 2002 nécessite une réorganisation des locaux, et il est déjà question de nouvelles constructions. Les effectifs des élèves ne cessent d'augmenter dans les années qui suivent, en même temps que la population globale de la commune. En 2005, un regroupement pédagogique est constitué avec Saint-Cyr-du-Doret, augmentant encore le nombre d'élèves à accueillir. Pour remplacer l'ancienne cantine, un nouveau restaurant scolaire ouvre en 2007. Cette même année, l'ancien préau construit à la fin du 19e siècle parallèlement à la salle de classe à l'est de la cour, est démoli. A la rentrée de septembre 2008, l'école compte 160 élèves, ce qui nécessite la construction de nouvelles classes. Celles-ci sont construites en 2010-2011 à la place de l'ancien préau, à l'est de la cour, perpendiculairement à la salle de classe de la fin du 19e siècle.

L'école est située vers la sortie est du bourg, face à la place autour de laquelle se regroupent l'église, l'ancien presbytère et l'ancienne école de filles. Parmi les différents bâtiments qui composent l'école actuelle, ceux situés au nord, le long de la rue de l'Eglise, les plus anciens, rassemblent trois corps de bâtiments dans le prolongement l'un de l'autre. Il s'agissait, au centre, du logement d'enseignants, d'un bâtiment de classe à l'est et de l'ancienne mairie à l'ouest. Les trois sont réunis en façade par un solin. Le corps central est haut d'un étage, au contraire des deux autres qui forment des ailes en rez-de-chaussée. Ce corps central compte deux travées d'ouvertures en façade, sous un toit à débordement. Il se distingue par sa fausse lucarne pendante, ornée de moulures et de glyphes, autour d'un cartouche portant l'inscription "ECOLE DE GARCONS", au-dessus de la date 1886. Les ailes latérales, chacune couronnée par une corniche, présentent plusieurs larges ouvertures avec encadrement saillant, et même mouluré pour l'aile ouest (ancienne mairie). Celle-ci présente par ailleurs une porte (dessinée par Ernest Massiou en 1886), à vantaux en bois moulurés, sous imposte.

A ces bâtiments de la fin du 19e siècle, répondent ceux construits à la fin des années 1960, sur le côté ouest de la cour qui s'étend au sud. En simple rez-de-chaussée, ils voient se succéder, du sud au nord, garage, préau, salles de classes et logement de fonction. Les élévations présentent un parement en pierre de taille. Les larges ouvertures se détachent par leurs encadrements saillants, en béton enduit.

  • Murs
    • calcaire moellon enduit partiel
    • béton parement
  • Toits
    tuile creuse
  • Étages
    1 étage carré, en rez-de-chaussée
  • Couvertures
    • toit à longs pans
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune

Documents d'archives

  • 1844-1847 : construction de la maison d'école de La Ronde.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : E dépôt 112/471, archives communales de Taugon-La Ronde, 4 M 2.
  • 1860-1941 : travaux de construction et d'entretien à la mairie-école de La Ronde.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : E dépôt 233/328, archives communales de La Ronde, 1 M 1
  • 1854-1928 : location puis construction de l'école des filles.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : E dépôt 233/328, archives communales de La Ronde, 4 M 1
  • 1862-1925 : agrandissement de l'école des garçons.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : E dépôt 233/328, archives communales de La Ronde, 4 M 2
  • 1852-1898 : création de l'école des filles, aménagement du logement d'instituteur de l'école des garçons.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : E dépôt 233/328, archives communales de La Ronde, 4 M 3
  • 1952-1967 : construction et agrandissement du groupe scolaire de La Ronde, contribution de La Ronde à l'école de Bazoin (Damvix).

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : E dépôt 233/328, archives communales de La Ronde, 4 M 4
  • 1862-1940 : construction, aménagements et travaux aux bâtiments communaux de La Ronde (mairie, écoles, monument aux morts, bureau de poste).

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 2 O 1634
  • 1933 : aménagement d'une cantine scolaire à La Ronde.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 1 T 1907

Bibliographie

  • Bulletin municipal de La Ronde depuis 1977.

    Archives municipales, La Ronde

Documents figurés

  • 1812 : plan cadastral de La Ronde.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : E dépôt 233/328, 1 G 1
  • 1867 : plan cadastral de La Ronde.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 3 P 3075
Date d'enquête 2021 ; Dernière mise à jour en 2021
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel
(c) Centre vendéen de recherches historiques
Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur en chef du patrimoine au Département de la Vendée depuis 2017.

Cliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Articulation des dossiers