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  • (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Vallée de la Charente - cantons du département 17
  • Commune Saint-Hippolyte
  • Lieu-dit la Bridoire
  • Dénominations
    écluse, pont
  • Appellations
    Ecluse de la Bridoire

L'écluse de la Bridoire est construite au tout début du 19e siècle, lorsque les travaux du canal de la Charente à la Seudre sont repris afin d'amener à son terme le projet commencé en 1782. A cet endroit, le canal est creusé dans le lit d'un ancien cours d'eau. Une deuxième écluse est construite, en même temps, à l'autre extrémité du canal, à Brouage. Ces écluses empêchent l'entrée des eaux salées de la marée montante et permettent d'assainir et irriguer les prairies alentours. En l'absence de ces écluses, le délai d'envasement du canal était estimé à trois ans. En attendant leur construction, deux barrages avaient été construits pour empêcher l'entrée des eaux de mer.

Les travaux pour lesquels une première adjudication sont passée en 1791 sont ajournés, au même titre que tous les travaux liés à ce canal. La reprise des aménagements se fait après 1802, sur les plan dressés en 1787 par l'ingénieur Duchaîne, revu et traduit en langage métrique par l'ingénieur des ports maritimes du département Leclerc. L'adjudication des travaux des deux écluses est faite en l'an 11 à l'entrepreneur saintais Eymery père. Les travaux de la première écluse, celle de la Bridoire, s'avèrent plus compliqués que prévu et, après le décès de son père, le fils Eymery exige la résiliation de l'adjudication. C'est par une seconde adjudication, le 16 prairial de l'an 12 [5 juin 1804] que Barthélémy Eymery devient l'entrepreneur des travaux des deux écluses. Un mémoire rédigé en juin 1805 mentionne que l'écluse de la Bridoire, alors en construction, est déjà dotée de 6 assises de bajoyers et que tous les matériaux sont sur place, prêts à être mis en oeuvre. La réception définitive des travaux a lieu le 13 janvier 1807.

Cette écluse est dotée de portes d'èbe et de flot. Les piétons traversent le canal en passant sur les portes de l'écluse.

En 1881, à la suite d'une pétition des habitants, le ministre des Travaux publics accorde l'autorisation d'établir un pont mobile à 50 mètres en amont de l'écluse, de façon à éviter aux voitures et troupeaux un parcours de près de 20 kilomètres pour traverser le canal à Pillay. Un premier projet de pont roulant est supplanté, en 1884, par celui d'un pont-levis, moins onéreux.

En 1882 est mis en service l'embranchement du canal par Biard qui évite le tronçon de la Bridoire. Il est initialement prévu de poursuivre l'entretien de ce dernier pour l'utiliser en cas de besoin, mais peu à peu cette branche s'envase et devient non navigable.

Lors du creusement et de l'aménagement, dans les années 1960, du canal de l'Unima qui coupe l'ancien embranchement du canal de la Charente à la Seudre entre le pont et l'écluse de la Bridoire, cette dernière est transformée. Elle est obturée pour que l'eau douce ne parte pas vers la Charente et ainsi conserver le niveau d'eau du canal ; par conséquent, le chenal en aval disparait peu à peu. Deux passerelles sont jetées par-dessus, l'une, piétonne, aménagée au-dessus de la paroi dotée de deux vannes à crémaillère, l'autre adaptée au passage d'engins. En amont, un pont fixe, associé à un système de vannes, vient remplacer l'ancien pont-levis au moment de ces aménagements qui permettent d'isoler le canal de l'Unima de celui de la Charente à la Seudre.

L'écluse de la Bridoire, aménagée pour permettre le passage des gabares, se trouve à environ 400 mètres de l'embouchure du canal dans la Charente. En aval, l'eau reprend l'itinéraire d'un ancien chenal.

De l'écluse sont encore visibles les bajoyers de pierre de taille, distants de 6,50 mètres, dont la forme permettait aux portes d'èbe et à flot de s'ouvrir complètement en s'effaçant dans l'épaisseur de l'avancée formant la partie la plus étroite de l'ouvrage. Les gonds - ou grenouilles - supérieurs des portes d'èbe sont encore présents au nu de la paroi de béton qui ferme désormais l'écluse et qui supporte la passerelle piétonne. L'autre passerelle, plus large, est également en béton.

La végétation envahit la construction, descelle les blocs de pierre et entraîne le mauvais état de l'ouvrage.

Le pont en béton comprend un vannage qui permet d'isoler le canal de l'Unima du canal de la Seudre à la Charente. Ce vannage est installé entre les deux culées en pierre de taille du pont, qui subsistent probablement de l'ancien pont-levis.

  • Murs
    • calcaire pierre de taille
    • béton béton armé

Documents d'archives

  • 1881, 12 mai : autorisation du ministre des Travaux publics pour l'établissement d'un pont tournant à 50 mètres en amont de l'écluse de la Bridoire.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : S 1290
  • 1884, 4 novembre : instructions relatives à l'établissement d'un pont roulant à 50 mètres en aval (sic) de l'écluse de la Bridoire.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : S 1290
  • 1802, 13 juillet [an X, 24 messidor] : Mémoire sur les travaux entrepris par l'ancien gouvernement pour le dessèchement des marais des environs de Rochefort.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : S 6358
  • 1805, 2 juin [an XIII, 13 prairial] : Notice sur les dessèchements de Rochefort.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : S 6358
  • an 13 [1805] : devis des ouvrages à faire pour la construction d'une écluse de 6,50 mètres de passage sur le canal de Brouage, près de son embouchure à la mer.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : S 835
  • 1807, 13 janvier : certificat définitif de l'atelier des écluses sur le canal de Brouage.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : S 835

Documents figurés

  • Plan et coupe de l'écluse à construire sur le canal de Brouage, par Labretonnière, le 21 brumaire an 13.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : S 6142
  • Détails des différentes parties d'une des portes d'èbe par l'ingénieur Masquelez. Document approuvé par Labretonnière, le 20 février 1818.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : S 6142
Date d'enquête 2015 ; Dernière mise à jour en 2017
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