Logo ={0} - Retour à l'accueil

Demeures

Dossier IA17006290 réalisé en 2001

Fiche

Dénominationsdemeure
Aire d'étude et cantonVals de Saintonge Communauté - Matha
Hydrographiesl' Antenne
AdresseCommune : Fontaine-Chalendray
Lieu-dit : Cadastre :

L'analyse des maisons et fermes ou anciennes fermes prend en considération les constructions antérieures aux années 1950. En l'absence de documents ou de dates portées sur les bâtiments, la datation se base principalement sur l'étude des formes architecturales et des décors.

L'inventaire topographique a mis en évidence des éléments d'habitat du Moyen Age, hormis les anciennes servitudes du château encore présentes . Il s'agit le plus souvent de fenêtres à linteau à accolade, dont une grande partie sont vraisemblablement des remplois provenant du château. Une façade attire plus particulièrement l'attention, elle se situe rue des Laines ; sa façade en pignon, percée d'une large porte chanfreinée, d'une fenêtre à linteau à accolade à gros appui saillant mouluré et d'une petite baie à encadrement mouluré, date très probablement du 16e siècle.

Les constructions de la période moderne (17e ou 18e siècle) sont assez peu présents. Le plus souvent, il s'agit d'éléments isolés conservés dans des bâtiments remaniés par la suite, mais il subsiste néanmoins quelques rares ensembles de cette période conservés en grande partie en l'état. Cette datation a pu être attribuée grâce à des baies chanfreinées, c'est-à-dire taillées en biseau, caractéristiques du 17e siècle. Les constructions du 18e siècle peuvent présenter des linteaux en arc segmentaire, que l'on retrouve aussi au début du 19e siècle.

Comme partout en Vals de Saintonge, une très grande majorité des habitations a été remaniée ou reconstruite au 19e siècle. Ce renouvellement ne semble pas traduire ici l'essor économique lié à la culture de la vigne (jusqu'à la crise du phylloxéra), car on ne trouve pas sur la commune d'ancien grand domaine viticole. Les maisons du 19e siècle sont généralement identifiables à leurs ouvertures à linteaux droits et feuillures, souvent réparties en travées, et aux décors saintongeais récurrents (double génoise, solin, bandeau et corniche).

La construction de la 1ère moitié du 20e siècle est rare sur la commune. Les maisons plus récentes (non étudiées) de la 2e moitié du 20e siècle sont également peu nombreuses. Nombre de bâtiments ont en revanche fait l'objet, au cours des dernières décennies, de remaniements plus ou moins importants pour satisfaire aux exigences du confort moderne.

Période(s)Principale : Moyen Age, Temps modernes, Epoque contemporaine

Un habitat dispersé

La commune de Fontaine-Chalendray possède un habitat dispersé sur tout son territoire, avec le bourg qui occupe la partie centrale. Celui-ci est à mettre dans la catégorie des villages dits « réticulaire », c'est-à-dire qu'il se caractérise par son développement sur la base d’îlots rayonnant autour d'un pôle central. La structure bâtie dense de ces îlots est accentuée par la continuité des constructions en bordure des rues.

On compte dix hameaux relevant de la commune. Les trois plus importants sont Chez Guillot et Le Grand Chaneuil, au sud du bourg, et Bois Blanc. Ce denier est établi à la lisière de la forêt de Fontaine.

L'empreinte des activités agricoles

Les fermes ou anciennes fermes représentent une large majorité des éléments recensés dans cette commune où le travail de la terre a, de tout temps, été la première activité.

L'analyse du plan des fermes montre que la plupart d'entre elles s'est implantée et développée sans souci d'organisation préalable. Ainsi, le plan à bâtiments dispersés dans une cour ou celui à bâtiments jointifs sont de très loin les plus fréquents et représentent la quasi-totalité des ensembles recensés. On trouve également quelques fermes à bâtiments organisés autour d'une cour, de plan en L ou de plan allongé, mais elles restent rares.

Les anciennes fermes peuvent compter un ou plusieurs logements, parfois hiérarchisés. Mais il n'est pas rare de rencontrer des ensembles comportant plusieurs logements de taille modeste. On compte peu de grandes exploitations viticoles telles qu'on en rencontre beaucoup autour de Matha. Les plus caractéristiques sont celles qui se situent au hameau le Petit Chaneuil : il s'agit de deux grands ensembles comprenant un logis principal avec des dépendances organisées autour d'une cour close par un portail.

Le nombre et la taille des dépendances agricoles varie selon la richesse de la propriété. A Fontaine-Chalendray, elles sont généralement de petite taille et peu nombreuses. On note la présence d'étables, de granges, de toits à bêtes, de quelques hangars rarement imposants et parfois d'un four à pain ou d'une buanderie. Le pigeonnier est jusqu'à la Révolution l'apanage des maisons nobles, mais ceux qu'ont pu posséder les grosses propriétés de la commune ont disparu depuis longtemps. Les trous à pigeons et les creux à moineaux sont plus fréquents dans les propriétés plus modestes.

Certaines fermes disposent de leur propre puits, la majorité devant s'approvisionner aux puits communs que l'on peut encore voir dans les impasses et les quéreux.

Des demeures à l'architecture simple et modeste

Exceptés quelques rares exemples, les logements de Fontaine-Chalendray accusent une certaine simplicité. De manière générale, le moellon enduit et la tuile creuse constituent la base de l'architecture locale. En effet, la totalité des façades est en moellon de calcaire, généralement enduit : aucune maison n'est édifiée en pierre de taille, matériau plus noble et plus coûteux. Même simplicité dans la couverture avec l'emploi presque systématique de la tuile creuse. L'emploi de l'ardoise est très rare.

Les principales typologies utilisées pour classer l'habitat de la commune sont la cellule charentaise et la maison saintongeaise. La première est un logement de dimensions réduites, comportant généralement une pièce unique en rez-de-chaussée surmontée d'un comble à surcroît autrefois réservé au stockage des grains, et dont les façades comptent une, deux, voire aucune travée, et peu ou pas de décors. La seconde est une habitation plus vaste, souvent avec un étage habitable, voire un comble à surcroît en plus, une façade à plusieurs travées et des décors davantage présents.

Les deux catégories sont bien représentées à Fontaine-Chalendray. La taille des logements est généralement modeste et le nombre de travées relativement restreint. Toutefois, les maisons à cinq travées ne sont pas rares sur l'ensemble de la commune. En revanche, il n'est pas rare d'observer de petits logements à pièce unique, parfois abandonnés, à une ou deux travées, voire à baies disposées sans ordre.

La décoration des façades est tout aussi sobre. Les principaux décors, typiques de la région, sont le solin (partie légèrement saillante à la base d'une façade), le bandeau (bande horizontale marquant les niveaux), la double génoise (deux rangées de tuile décoratives au sommet d'une façade) et la corniche (surplomb mouluré au sommet d'une façade). Les décors plus élaborés, tels que les encadrements d'ouvertures moulurés, les corniches de portes ou les agrafes sculptées sont peu nombreux. A noter toutefois l'exceptionnel porte sculpté d'une maison située rue Napoléon.

(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Vals de Saintonge Communauté (c) Vals de Saintonge Communauté - Ivars Martine - Lhuissier Nathalie
Lhuissier Nathalie

Chargée de mission entre 2004 et 2018.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.