Dossier d’œuvre architecture IA17006149 | Réalisé par ;
  • inventaire topographique, Vals de Saintonge Communauté
Demeures
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Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Vals de Saintonge Communauté - Matha
  • Commune Chives
  • Lieu-dit
  • Cadastre

L'analyse des maisons et fermes ou anciennes fermes prend en considération les constructions antérieures aux années 1950. En l'absence de documents, la datation se base principalement sur les dates portées sur quelques édifices ou encore l'étude des formes architecturales et des décors.

La commune de Chives a révélé quelques très rares éléments de la fin du Moyen-Age (15e et 16e siècles) : il s'agit de quelques ouvertures à linteau à accolade, probablement remployées, situées aux hameaux du Vivier Jusseau et du Pouzat. Les constructions de la période moderne (17e ou 18e siècle) sont plus nombreuses. Le plus souvent, il s'agit d'éléments isolés conservés dans des bâtiments remaniés par la suite, mais il subsiste néanmoins quelques édifices de cette période conservés en l'état. Cette datation a pu être attribuée grâce à des baies chanfreinées, c'est-à-dire taillées en biseau, caractéristiques du 17e siècle. Les constructions du 18e siècle peuvent présenter des linteaux en arc segmentaire, comme par exemple un ancien logement au hameau Sécheboue, que l'on retrouve aussi au début du 19e siècle.

Comme partout en Vals de Saintonge, une grande partie des habitations a été remaniée ou reconstruite au 19e siècle. Ce renouvellement traduit un certain essor économique notamment lié à la culture de la vigne. On relève un ralentissement net de la construction dans le 4e quart du 19e siècle, suite à la crise du phylloxéra. Les maisons du 19e siècle sont généralement identifiables à leurs ouvertures à linteaux droits et feuillures, souvent réparties en travées, et aux décors saintongeais récurrents : double génoise, solin, bandeau et corniche.

La construction de la 1ère moitié du 20e siècle est très rare sur la commune, suite à un repli de l'économie locale et à un exode rural important. Les maisons plus récentes (non étudiées) de la 2e moitié du 20e siècle sont également peu nombreuses. Nombre de bâtiments ont en revanche fait l'objet, au cours des dernières décennies, de remaniements plus ou moins importants pour satisfaire aux exigences du confort moderne.

  • Période(s)
    • Principale : Moyen Age, Temps modernes, Epoque contemporaine

La morphologie de la commune

La commune compte, en plus du bourg, 13 hameaux répartis sur les trois-quarts nord de son territoire, la frange sud n'étant occupée que par des plaines cultivées. Le bourg appartient à la catégorie des villages dits « en étoile », c'est-à-dire qu'il se caractérise par ses rues qui convergent vers un îlot central, où se situe l'église.

Les hameaux Sécheboue, le Breuil, à peu près équivalents au bourg, appartiennent à la catégorie des villages dit « bi-polaire », avec des zones d'habitations distinctes. Le hameau et la Font Périn comprend aussi deux zones d'habitats, mais il est beaucoup plus petit que les précédents. Le Vivier Jusseau appartient clairement à la catégorie des « villages rues », où le bâti est implanté de long de la voie principale. Les autres hameaux sont des petits ensembles ou bien des fermes isolées.

L'empreinte agricole sur l'habitat

Les fermes ou anciennes fermes représentent la majorité des éléments recensés dans cette commune où le travail de la terre a de tous temps été la première activité.

L'analyse du plan des fermes montre que la plupart d'entre elles s'est implantée et développée sans souci d'organisation préalable. Ainsi, le plan à bâtiments dispersés dans une cour ou celui à bâtiments jointifs sont de très loin les plus fréquents et représentent la quasi-totalité des ensembles recensés. On trouve également quelques fermes à bâtiments organisés autour d'une cour, de plan allongé, qui ne sont pas rares à Chives.

Les anciennes fermes peuvent compter un ou plusieurs logements, parfois hiérarchisés. Mais il n'est pas rare de rencontrer des ensembles comportant plusieurs logements de taille modeste. On ne trouve pas ou peu de grandes exploitations viticoles telles qu'on en rencontre beaucoup autour de Matha.

Le nombre et la taille des dépendances agricoles varie selon la richesse de la propriété. À Chives, elles sont généralement de taille modeste et peu nombreuses. On note la présence d'étables, de granges, de toits à bêtes, de hangars rarement imposants et parfois d'un four à pain ou d'une buanderie.

Certaines fermes disposent de leur propre puits, la majorité devant s'approvisionner aux puits communs que l'on peut encore voir dans les impasses et les quéreux.

Des demeures à l'architecture simple et modeste

Les logements de Chives accusent généralement une certaine simplicité. Le moellon enduit et la tuile creuse constituent la base de l'architecture locale. En effet, la totalité des façades est en moellon de calcaire, généralement enduit : aucune maison n'est édifiée en pierre de taille, matériau plus noble et plus coûteux. Même simplicité dans la couverture avec l'emploi systématique de la tuile creuse (parfois mécanique). L'ardoise est beaucoup plus rare, la commune ne compte que deux maisons couverte de ce matériau : une au Breuil et une à Sécheboue.

Les principales typologies utilisées pour classer l'habitat de la commune sont la cellule charentaise et la maison saintongeaise. La première est un logement de dimensions réduites, comportant généralement une pièce unique en rez-de-chaussée surmontée d'un comble à surcroît autrefois réservé au stockage des grains, et dont les façades comptent une, deux voire aucune travée et peu ou pas de décors. La seconde est une habitation plus vaste, souvent avec un étage habitable voire un comble à surcroît en plus, une façade à plusieurs travées et des décors davantage présents.

Les deux catégories sont bien représentées sur la commune. Toutefois, la taille des logements est généralement modeste et le nombre de travées relativement restreint. Les maisons à cinq travées sont moins présentes et se situent principalement en bonne vue dans les rues principales. En revanche, il n'est pas rare d'observer de petits logements à pièce unique, à une ou deux travées, voire à baies disposées sans ordre.

La décoration des façades est tout aussi sobre. Les principaux décors, typiques de la région, sont le solin (partie légèrement saillante à la base d'une façade), le bandeau (bande horizontale marquant les niveaux), la double génoise (deux rangées de tuile décoratives au sommet d'une façade) et la corniche (surplomb mouluré au sommet d'une façade). Les décors plus élaborés, tels que les encadrements d'ouvertures moulurés, les corniches de portes ou les agrafes sculptées sont plus rares.

  • Statut de la propriété
    propriété privée
Date d'enquête 2001 ; Date(s) de rédaction 2001, 2017
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel
(c) Vals de Saintonge Communauté
Lhuissier Nathalie
Lhuissier Nathalie

Chargée de mission entre 2004 et 2018.

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