Dossier d’œuvre architecture IA17006436 | Réalisé par ;
  • inventaire topographique, Vals de Saintonge Communauté
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Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Vals de Saintonge Communauté - Matha
  • Commune Nuaillé-sur-Boutonne
  • Lieu-dit

L'analyse des maisons et fermes ou anciennes fermes prend en considération les constructions antérieures aux années 1950. En l'absence de documents ou de dates portées sur les bâtiments, la datation se base principalement sur l'étude des formes architecturales et des décors. L'inventaire de Nuaillé sur Boutonne a porté sur 8 maisons et 18 fermes ou anciennes fermes.

L'inventaire topographique a mis en évidence la présence d'éléments d'habitat du Moyen Age. Il s'agit d'une fenêtre à linteau à accolade située rue de la Saudrenne (utilisée en remploi sur un bâtiment) et d'un bâti percé d'une large porte à encadrement chanfreiné et d'une fenêtre à encadrement mouluré surmonté d'un linteau à accolade avec écusson, datables au moins du 16e siècle.

Les constructions de la période moderne (17e et 18e siècles) sont en revanche bien présentes. Le plus souvent, il s'agit d'éléments isolés conservés dans des bâtiments remaniés par la suite, mais il subsiste néanmoins quelques rares ensembles de cette période conservés en grande partie en l'état, notamment un bâti doté d'une porte en anse de panier datée de 1612 avec une petite baie chanfreinée au-dessus. En plus de la date portée, la baie chanfreinée, c'est-à-dire taillées en biseau, est caractéristique de la période du 17e siècle. Une autre ouverture de ce type, cette fois surmontée d'un linteau en bois, se situe sur un bâtiment rue Chateaunot. Les constructions du 18e siècle peuvent présenter des linteaux en arc segmentaire, que l'on retrouve aussi au début du 19e siècle. C'est le cas d'un ancien logement à pièce unique du 18e siècle, ou cellule charentaise, situé rue de la Garenne.

Comme partout en Vals de Saintonge, une grande partie des habitations a été remaniée ou reconstruite au 19e siècle. Ce renouvellement traduit un certain essor économique notamment lié, pour Nuaillé sur Boutonne, à la culture des peupliers. Les maisons du 19e siècle sont généralement identifiables à leurs ouvertures à linteaux droits et feuillures, souvent réparties en travées, et aux décors saintongeais récurrents (double génoise, solin, bandeau et corniche).

Les constructions de la 1ère moitié du 20e siècle sont rares sur la commune. Les maisons plus récentes (non étudiées) de la 2e moitié du 20e siècle sont également peu nombreuses. Nombre de bâtiments ont en revanche fait l'objet, au cours des dernières décennies, de remaniements plus ou moins importants pour satisfaire aux exigences du confort moderne. Ces transformations sont davantage visibles dans les villages que dans le bourg.

  • Période(s)
    • Principale : Moyen Age, Temps modernes, Epoque contemporaine

Entre cours d'eau et espaces boisés

Le bourg est situé à l'ouest du territoire communal, au confluent de la Brédoire et de la Boutonne. La zone humide induite par la présence de la Boutonne forme à la fois une limite naturelle d'extension de l'urbanisation, un écrin de verdure qui structure la morphologie urbaine et une composante paysagère indissociable du bourg. L'organisation du bâti est structurée autour d'un îlot central originel peu bâti qui regroupait l'église romane. Les voies de transit contournent cet îlot et confère au bourg une morphologie en étoile qui se traduit par un développement urbain linéaire. Cet urbanisation linéaire est notamment liée à la présence de la Boutonne et de la Brédoire qui structure l'orientation du réseau viaire.

Ainsi, l'îlot originel marque la jonction entre un axe nord-sud qui longe la Boutonne pour rejoindre La Fragnée et un axe est-ouest qui suit la Brédoire.De ce fait, les constructions s'inscrivent dans un rapport privilégié avec l'eau, ayant toutes, directement ou indirectement, un accès à la Brédoire ou à la Boutonne. Les jardins potagers s'implantent en bordure de ces cours d'eau.La comparaison entre le cadastre napoléonien du début du 19e siècle et des vues aériennes récentes permet de constater l'absence de développement du réseau viaire.C'est sur cette ossature urbaine que se structure l'orientation des constructions. Leur ligne de faîtage est le plus souvent orienté est-ouest. Ces constructions s'implantent alors soit perpendiculairement à la voirie avec pignon à l'alignement, soit parallèlement, en fond de parcelle.L'ensemble du bâti est dense et homogène. Il est largement constitué de maisons saintongeaises associées à des bâtiments de dépendances.Les vues aériennes mettent en évidence l'omniprésence de la végétation en particulier le long du cours d'eau et sur les abords des habitations. La végétation est une composante paysagère importante du bourg et plus généralement de l'ensemble des zones d'habitats.

Délimitée à l'ouest et au nord par les zones humides associées à la Brédoire et la Boutonne, l'évolution urbaine du bourg s'est orientée dans deux directions. À l'est, le long de la route départementale, l'évolution urbaine est imputable au développement de l'industrie du bois et, dans une moindre mesure, à l'activité agricole. Une coupure de l'urbanisation est maintenue par des parcelles toujours cultivées. Au sud, le long de la route reliant le bourg à La Fragnée, l'évolution urbaine est liée à l'habitat. Ce développement linéaire résulte d'une urbanisation isolée, au coup par coup. Autrefois bien délimitée, l'espace séparant La Fragnée du bourg s'amenuise, notamment sur la zone située entre la Boutonne et la route.

Situés dans la partie est du territoire communal, les hameaux du Petit Oulme et du Grand Oulme sont séparés par la zone humide associée à la Brédoire. Cette zone de séparation a subit de profondes mutations suite au remembrement. L'évolution urbaine du Petit Oulme et du Grand Oulme est limitée à quelques bâtiments agricoles et à une maison d'habitation récente au Petit Oulme.Situé au nord du territoire communal, Coudiou possède une organisation urbaine largement influencée par la présence de la Boutonne. Ce hameau est traversé par la route départementale 129, qui relie le bourg de Nuaillé sur Boutonne à celui de Saint-Georges de Longuepierre. Le cadastre napoléonien fait apparaître que cet axe n'existait pas dans la 1ère moitié du 19e siècle. Ce hameau est constitué d'un îlot central autour duquel les déplacements s'organisent. Les constructions, accolées à la voirie, sont largement associées à la végétation, très marquée sur les abords et dans le hameau. Comparaison faite entre le cadastre napoléonien et le cadastre actuel, le bâti n'a quasiment pas évolué.

A l'échelle du territoire communal, on constate un évolution urbaine mesurée qui impacte essentiellement le bourg. L'extension urbaine modérée a contribué à préserver un cadre de vie basé sur une qualité paysagère et architecturale indéniable. L'urbanisation récente est limitée à quelques constructions qui prennent la forme d'une urbanisation isolée, réalisée au coup par coup.

L'empreinte de l'activité agricole

Les fermes ou anciennes fermes représentent une large majorité des éléments recensés dans cette commune où le travail de la terre a de tous temps été la première activité. L'analyse du plan des fermes montre que la plupart d'entre elles s'est implantée et développée sans souci d'organisation préalable. Ainsi, le plan à bâtiments dispersés dans une cour ou celui à bâtiments jointifs sont de très loin les plus fréquents et représentent une majorité des ensembles recensés. On trouve également quelques fermes de plan massé, à bâtiments organisés autour d'une cour ou de plan allongé.

Les anciennes fermes de Nuaillé sur Boutonne comptent un logement, plus rarement plusieurs. On rencontre plusieurs ensembles comportant deux à trois logements de taille modeste. On compte peu de grandes exploitations telles qu'on en rencontre beaucoup autour de Matha.

Le nombre et la taille des dépendances agricoles varie selon la richesse de la propriété. A Nuaillé sur Boutonne, elles sont généralement de petite taille et peu nombreuses. On note la présence d'étables, de granges, de toits à bêtes, de hangars et parfois d'un four à pain ou d'une buanderie. Les trous à pigeons et les creux à moineaux ne sont pas rares sur la commune.Certaines fermes disposent de leur propre puits, la majorité devant s'approvisionner aux puits communs que l'on peut encore voir dans quelques rues.

Des demeures à l'architecture simple et modeste

Les logements de la commune accusent une certaine simplicité. De manière générale, le moellon enduit et la tuile creuse constituent la base de l'architecture locale. En effet, la totalité des façades est en moellon de calcaire, généralement enduit : aucune maison n'est édifiée en pierre de taille, matériau plus noble et plus coûteux. Même simplicité dans la couverture avec l'emploi systématique de la tuile creuse, l'ardoise est absente.

Les principales typologies utilisées pour classer l'habitat de la commune sont la cellule charentaise et la maison saintongeaise. La première est un logement de dimensions réduites, comportant généralement une pièce unique en rez-de-chaussée surmontée d'un comble à surcroît autrefois réservé au stockage des grains, et dont les façades comptent une, deux voire aucune travée et peu ou pas de décors. La seconde est une habitation plus vaste, souvent avec un étage habitable voire un comble à surcroît en plus, une façade à plusieurs travées et des décors davantage présents.

Les deux catégories sont bien représentées à Nuaillé sur Boutonne. Toutefois, la taille des logements est généralement modeste et le nombre de travées est variable. Les maisons à quatre ou cinq travées sont assez présentes et il n'est pas rare d'observer de petits logements à pièce unique, à une ou deux travées, voire à baies disposées sans ordre.

La décoration des façades est tout aussi sobre. Les principaux décors, typiques de la région, sont le solin (partie légèrement saillante à la base d'une façade), le bandeau (bande horizontale marquant les niveaux), la double génoise (deux rangées de tuile décoratives au sommet d'une façade) et la corniche (surplomb mouluré au sommet d'une façade). Les décors plus élaborés, tels que les encadrements d'ouvertures moulurés, les corniches de portes ou les agrafes sculptées sont rares.

  • Statut de la propriété
    propriété privée

Documents figurés

  • Plan cadastral napoléonien de Nuaillé sur Boutonne, 1834.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 3 P 5164/01 à 08
Date d'enquête 2001 ; Date(s) de rédaction 2001, 2017
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel
(c) Vals de Saintonge Communauté
Lhuissier Nathalie
Lhuissier Nathalie

Chargée de mission entre 2004 et 2018.

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