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Demeure

Dossier IA17042072 réalisé en 2001

Fiche

Aires d'étudesCommunauté de communes des Vals de Saintonge
Dénominationsdemeure
AdresseCommune : Taillant

L'analyse des maisons et fermes ou anciennes fermes prend en considération les constructions antérieures aux années 1950. En l'absence de documents ou de dates portées sur les bâtiments, la datation se base principalement sur l'étude et la comparaison des formes architecturales et des décors.

Globalement, les vestiges significatifs des bâtis antérieurs à la Révolution sont plutôt rares à Taillant. Mis à part l’église Saint-Martin du 12e siècle, aucune autre trace datant du Moyen Age n’a été relevé sur cette commune. Toutefois, on sait qu’elle possédait deux domaines appartenant à des seigneurs. Le plus ancien, le domaine de la Berlandière, est attesté dès le 15e siècle, mais là encore aucune trace d’habitat de cette période n’a été identifié.

Les constructions de la période moderne (17e ou 18e siècle) sont plus nombreuses. Le plus souvent, il s'agit d'éléments isolés conservés dans des bâtiments remaniés par la suite. Cette datation a pu être attribuée grâce à des baies chanfreinées, c'est-à-dire taillées en biseau, caractéristiques du 17e siècle. Des ouvertures de cette époque ont été vues au hameau l’Aubrée ou encore à Bonnefont. Les constructions du 18e siècle peuvent présenter des ouvertures à linteaux en arc segmentaire, que l'on retrouve aussi au début du 19e siècle. Outre les ouvertures en arc segmentaire, l’architecture du 18e siècle est d’aspect sobre et sans fioriture, comme en témoigne plusieurs maisons situées au hameau la Berlandière.

Comme partout en Vals de Saintonge, une très grande partie des habitations a été remaniée, construite ou reconstruite au 19e siècle. Ce renouvellement traduit un certain essor économique notamment lié à la culture de la vigne et au négoce des eaux-de-vie. On relève un ralentissement de la construction dans le 4e quart du 19e siècle, suite à la crise du phylloxéra. Les maisons du 19e siècle sont généralement identifiables à leurs ouvertures à linteaux droits et feuillures, souvent réparties en travées, et aux décors saintongeais récurrents (double génoise, solin, bandeau, corniche).

La construction de la 1ère moitié du 20e siècle est rare sur la commune, suite à un repli de l'économie locale et à un exode rural important. Les maisons plus récentes (non étudiées) de la 2e moitié du 20e siècle sont également peu nombreuses. Beaucoup de bâtiments ont en revanche fait l'objet, au cours des dernières décennies, de remaniements plus ou moins importants pour satisfaire aux exigences du confort moderne.

Période(s)Principale : Moyen Age, Temps modernes, Epoque contemporaine

Un habitat réparti sur l’ensemble du territoire communal

La commune de Taillant n’est pas classable dans les catégories habituelles des bourgs des Vals de Saintonge. Elle appartient à la catégorie des villages dits remarquables, de part la préservation et la qualité de son architecture, même modeste. Située au sud-ouest du territoire des Vals de Saintonge, Taillant se repère par son église romane et son bourg qui s’est développé au sud de cette dernière. De taille très modeste, ce bourg a conservé, entre autre, des maisons typiques de la région et des logements à escalier extérieur. De plus, il n’y a pas eu d’extension urbaine, ce qui lui confère une certaine authenticité.

Le bourg se situe à un point central de la commune et les hameaux sont répartis sur l’ensemble de son territoire. Ce dernier est coupé en deux par la route départementale 18 de Saint-Jean d’Angély à Saint-Savinien sur Charente, constituant ainsi une frontière entre le nord et le sud. Les hameaux établis au nord sont l’Aubrée, Bonnefont, chez Couteau, la Galernerie, chez Moquette et chez Rateau. Ceux situés au sud sont la Berlandière, chez Drahonnet, chez Renard et chez Thias.

Les plus gros hameaux, l’Aubrée, Bonnefont et la Berlandière, sont équivalent au bourg, ils comptent à peu près le même nombre de constructions. Les autres sont de taille beaucoup plus modeste, ils ne comptent que quelques ensembles voire des propriétés unique comme chez Drahonnet ou chez Renard.

L'empreinte des activités agricoles

Les fermes ou anciennes fermes représentent la majorité des éléments recensés dans cette commune où le travail de la terre a de tous temps été la première activité.

L'analyse du plan des fermes montre que la plupart d'entre elles s'est implantée et développée sans souci d'organisation préalable. Ainsi, le plan à bâtiments dispersés dans une cour ou celui à bâtiments jointifs sont de très loin les plus fréquents et représentent la quasi-totalité des ensembles recensés. Les autres types de plans, tels que les fermes à bâtiments organisés autour d'une cour, de plan en L ou de plan allongé, sont rares à Taillant.

Les anciennes fermes peuvent compter un ou plusieurs logements, parfois hiérarchisés. Mais il n'est pas rare de rencontrer des ensembles comportant plusieurs logements de taille modeste. On ne trouve aucune grande exploitation viticole comme on en rencontre beaucoup autour de Matha. Un fait plutôt rare, à Taillant, aucune ferme n’est close par un imposant portail à piliers, portail couvert ou bien passage couvert.

Le nombre et la taille des dépendances agricoles varie selon la richesse de la propriété. A Taillant, elles sont généralement de petite taille et peu nombreuses. On note la présence d'étables, de granges, de toits à bêtes, de quelques hangars rarement imposants et parfois d'un four ou d'une buanderie.

Certaines fermes disposent de leur propre puits, la majorité devant s'approvisionner aux puits communs que l'on trouvait dans les impasses et les quéreux. Des fours et des lavoirs sont encore visibles sur la commune, notamment aux hameaux la Berlandière et Bonnefont.

Des demeures à l'architecture simple et modeste

Les logements de Taillant accusent généralement une certaine simplicité. Le moellon enduit et la tuile creuse constituent la base de l'architecture locale. En effet, les façades sont en moellon de calcaire, généralement enduit : la pierre de taille, matériau plus noble et plus coûteux, est réservée aux riches demeures. Même simplicité dans la couverture avec l'emploi systématique de la tuile creuse : aucune maison de la commune n’est couverte d’ardoise.

Les principales typologies utilisées pour classer l'habitat de la Taillant sont la cellule charentaise et la maison saintongeaise. La première est un logement de dimensions réduites, comportant généralement une pièce unique en rez-de-chaussée surmontée d'un comble à surcroît autrefois réservé au stockage des grains, et dont les façades comptent une, deux voire aucune travée et peu ou pas de décors. La seconde est une habitation plus vaste, souvent avec un étage habitable voire un comble à surcroît en plus, une façade à plusieurs travées et des décors davantage présents.

Les deux catégories sont bien représentées à Taillant. Toutefois, la taille des logements est généralement modeste et le nombre de travées relativement restreint. Les maisons à cinq travées ordonnancées sont inexistantes sur cette petite commune. En revanche, il n'est pas rare d'observer de petits logements à pièce unique, à une ou deux travées, voire à baies disposées sans ordre.

La décoration des façades est tout aussi sobre. Les principaux décors, typiques de la région, sont le solin (partie légèrement saillante à la base d'une façade), le bandeau (bande horizontale marquant les niveaux), la double génoise (deux rangées de tuile décoratives au sommet d'une façade) et la corniche (surplomb mouluré au sommet d'une façade). Quant aux décors plus élaborés, tels que les encadrements d'ouvertures moulurés, les corniches de portes ou les agrafes sculptées, ils sont très représentés voire quasi inexistants.

(c) Communauté de communes des Vals de Saintonge ; (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Lhuissier Nathalie
Lhuissier Nathalie

Chargée de mission entre 2004 et 2018.


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