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Demeure

Dossier IA17044172 réalisé en 2011

Fiche

Parties constituantes non étudiéescour, parc, mur de clôture, portail, dépendance, chai, logement
Dénominationsdemeure
Aire d'étude et cantonEstuaire de la Gironde - Communauté de communes de Haute-Saintonge
AdresseCommune : Saint-Fort-sur-Gironde
Lieu-dit : le Bourg
Adresse : 7 rue des
Roses Trémières
Cadastre : 1834 C 2729 ; 2009 AB 545, 546 et 616

La maison et le portail datent très probablement du 18e siècle (le chai situé le long de la rue a peut-être été construit vers le milieu du 19e siècle). Selon un acte de partage de 1801, la maison appartenait aux "aïeux" du notaire Pierre Guichard (1749-1799) et de son épouse Marie-Anne Bérard (1751-1821), qui demeurent eux-mêmes non loin de là (aux 16 et 18 rue des Ecoles). Il s'agit soit de Pierre Guichard (1699-1773) époux Roux, marchand ; soit de Pierre-André Bérard, décédé avant 1753, bourgeois, allié par son épouse, Marie-Anne Loriou, à une famille ayant donné des chirugiens, médecins, notaires et officiers seigneuriaux à Saint-Fort ; famille alliée par ailleurs aux de Longueville, protestants, propriétaires de Fief-Doré. Au partage de 1801, la maison échoit à la fille de Pierre Guichard et Marie-Anne Bérard, Marie-Anne Guichard qui vient d'épouser Augustin-Etienne Emery-Desbrousses (1762-1852). Originaire de Chenac-Saint-Seurin-d'Uzet, chirurgien et médecin comme ses aïeux, ce dernier s'est installé à Saint-Fort peu avant la Révolution. Il porte le surnom de "Couette" car il est le dernier médecin de la région à porter la perruque, comme sous l'Ancien Régime. Il est par ailleurs le voisin et beau-père de Pierre-Damien Rainguet, notaire et historien de la Saintonge. En 1834, selon le cadastre, la maison appartient encore à Augustin-Etienne Couette Emery-Desbrousses. Elle reste dans les mains de ses descendants pendant tout le 19e siècle et au début du 20e. Entre 1888 et 1913 notamment, elle est détenue par son petit-fils, l'abbé Henri Emery-Desbrousses, curé de Chenac. En 1926, la maison est vendue à Ernest Guignot, ingénieur à Paris puis retraité à Saint-Fort, et passe en 1958 à Paul Juin, négociant.

Période(s)Principale : 2e moitié 18e siècle
Auteur(s)Auteur : auteur inconnu

La propriété est constituée d'un logis situé entre une cour au nord et un parc au sud. Le tout est délimité par un mur de clôture avec un portail au nord, rue des Roses Trémières. Le portail, en pierre de taille, comprend une porte charretière en arc surbaissé et mouluré avec des sommiers saillants, encadrée par deux larges dosserets et surmontée par une corniche. A sa gauche se trouve une autre porte en arc surbaissé, et à sa droite un puits partiellement engagé dans le mur. A gauche du portail, le long de la rue, s'étire une dépendance en pierre de taille, peut-être un ancien chai, qui ferme la cour à l'ouest et qui se prolonge au sud par un logement. A l'opposé de la cour, à l'est, une aile est placée perpendiculairement au logis. Construit en pierre de taille, celui-ci comprend un corps principal de bâtiment, sous un toit à longs pans brisés et à croupes, encadré par deux corps latéraux plus bas, couverts chacun d'un toit en appentis et à croupe. Le toit du corps principal est en tuile creuse pour le terrasson et en ardoise pour le brisis. Il est orné d'un épi de faîtage en zinc et d'un autre en terre cuite vernissée. Côté cour comme côté parc, il est percé de trois lucarnes ovales moulurées. Tout autour du corps principal, le toit est souligné par une corniche à denticules. Les deux façades sont également ornées de bandeaux moulurés. La façade sur cour, au nord, présente trois travées d'ouvertures, et celle sur le parc, au sud, cinq. Dans les deux cas, elles sont réparties de manière ordonnancée autour de la porte centrale, et présentent un encadrement saillant. Côté parc, la porte, en plein cintre, possède un arc mouluré, des sommiers et une clé saillants. Elle est surmontée d'une corniche soutenue par deux modillons.

Murscalcaire
pierre de taille
Toittuile creuse, ardoise
Étages1 étage carré, étage de comble
Élévations extérieuresélévation ordonnancée
Couverturestoit à longs pans brisés
croupe
Typologiesmaison de maître
Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • Partage des biens de feu Pierre Guichard, notaire, et de son épouse, Marie-Anne Bérard, 29 avril 1801 (9 floréal an 9) (A. D. Charente-Maritime, 3E 54/555) :

    Sont présents Marie-Anne Bérard veuve de Pierre Guichard, notaire, demeurant au bourg de Saint-Fort ; Thomas Pierre André, époux Turpaud, Jean Pierre André, époux Raboteau, et Marie-Anne Guichard, épouse Emery-Desbrousses, leurs enfants. Ils font le partage des biens acquis durant la communauté ayant existé entre les époux Guichard, consistant en la maison, jardin et servitudes où réside la dite Bérard (= 16 et 18 rue des Ecoles), et en une borderie située à Camaillaud.

    Par testament du 20 ventôse an VII, passé devant Héard, notaire à Saint-Thomas-de-Cônac, Pierre Guichard a légué à son épouse l´usufruit de la moitié de ses biens meubles et immeubles, tant propres qu´acquets.

    La veuve Guichard née Bérard obtient la moitié de la maison où elle réside (= 16 et 18 rue des Ecoles), achetée par acte du 5 décembre 1786 passé devant Faure, notaire à Cônac, de Marie-Anne-Elisabeth Faure ; elle conserve l´usufruit de l´autre moitié ;

    plus la moitié de la borderie achetée de Pierre Lambert le 21 nivôse an VI devant Héard, notaire ;

    plus une métairie au lieu de Civrac, avec les bestiaux de l´exploitation ;

    plus la métairie appelée Pradelle avec son bétail ;

    plus et finalement la portion du jardin acquise de Pierre Robert avec un chaix au bout, venant de la succession paternelle, ledit jardin adjacent et contigu à celui qui vient de l´acquisition de la citoyenne Faure, ensemble une fosse à fiante qui est devant un chaix qui appartenait autrefois à la maison curiale.

    Thomas Pierre André Guichard époux Turpaud reçoit une maison située à Floirac composée de deux chambres basses, greniers au-dessus, fournière, grange, toits à brebis, cochons et volailles, avec un petit jardin au derrière ;

    plus une maison près la halle de Saint-Fort, composée de chambres basses, hautes et greniers, avec les issues et servitudes qui en dépendent, confrontant du midi à l´écurie du citoyen Gazon, aubergiste, et du couchant à la rue publique.

    Jean Pierre André Guichard époux Raboteau reçoit une petite maison à Mageloup composée de deux chambres basses, grenier au-dessus, chaix, grange, fournière, fuie, issues et dépendance ;

    et finalement la moitié de la maison où demeure sa mère, commune avec les servitudes, cour, jardin qui en dépendent, échue en usufruit à sa mère, ensemble la portion de jardin venant d´acquisition du sieur Robert, et le chaix au bout venant de la succession patrimoniale du père, confrontant le dit chai à un autre chai attribué au lot suivant, et du nord à la rue publique ; il est question des "issues qui se trouvent au midi du jardin et au devant une petite porte d´icelui, il est convenu que la partie qui joint immédiatement le susdit jardin et longe le mur de clôture appartiendra au présent lot jusqu´au chemin, et que l´autre partie qui forme une fosse à fiante demeurera à la citoyenne Guichard épouse Desbrousses, et fera partie de son lot, les issues de la porte du chai de la maison ci-devant curiale préalablement distraites".

    Marie Anne Guichard ép Emery-Desbrousses obtient "la maison ancienne où ses aïeux faisaient ordinairement leur demeure", située au bourg de Saint-Fort (= 7 rue des Roses Trémières), composée de plusieurs chambres basses et hautes, cour, chai, écurie, autres servitudes et jardin, avec deux petites granges détachées, confrontant du levant aux bâtiments de Rangin, et du nord à ceux de Crépaud et Leneau ; plus un petit chai venant de l´acquisition de Robert et dont il a été parlé ; plus une petite maison à Saint-Romain.

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. D. Charente-Maritime. 3E 54/555. 1801, 29 avril (9 floréal an 9) : partage des biens de feu Pierre Guichard, notaire, et de son épouse, Marie-Anne Bérard.

  • A. D. Charente-Maritime. 3 Q 11541. 1853, 12 avril : partage sous seing privé entre Aglaë Emerye Desbrousses, appelée en religion sœur Louis de Gonzague, religieuse supérieure du couvent de Chenac ; Jean-Henri-Nicolas-Augustin Emery Desbrousses, prêtre, curé de Chenac ; et Jean-Marie-Augustin Emery Desbrousses, aspirant au notariat, demeurant à Saint-Fort-sur-Gironde ; des biens de leur père Etienne-Augustin époux Garnier et de leur grand-père Etienne-Augustin époux Chateauneuf puis Guichard. Parmi les biens de leur père, figure "un petit bien rural" au village de Chez Luzereau, consistant en une maison pour le colon, grange, chai, parcs, jardins, terres arables, prés et vignes, estimé à 17126 francs. Ce bien va au prêtre Henri Emery-Desbrousses. L´ensemble de la succession se monte à plus de 29000 francs.

  • A. D. Charente-Maritime. 3P 3358 à 3368. 1834-1966 : état de section et matrices cadastrales. A. D. Charente-Maritime. 3P 4918. 1834 : plan cadastral de Saint-Fort-sur-Gironde.

Bibliographie
  • Dictionnaire biographique des Charentais, Paris : Le Croît Vif, 2005.

(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur du patrimoine, directeur du Centre vendéen de recherches historiques.


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