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Demeure dite le logis de la Chapelle

Dossier IA17043797 inclus dans Bourg de Saint-Dizant-du-Gua réalisé en 2010

Fiche

Parties constituantes non étudiéescour, four, hangar, chai, écurie, grange, étable, mare
Dénominationsdemeure
Aire d'étude et cantonEstuaire de la Gironde - Communauté de communes de Haute-Saintonge
AdresseCommune : Saint-Dizant-du-Gua
Lieu-dit : le Bourg
Adresse : 3 rue du
Presbytère
Cadastre : 1834 A 1081 et 1082 ; 2009 AT 3

Le bâtiment le plus ancien de la propriété est celui situé dans l'angle sud-est, partagé avec la propriété voisine. Selon la tradition orale, il s'agirait d'une ancienne chapelle qui aurait donné son nom à la propriété, sans que cela n'apparaisse toutefois dans les archives. Ce bâtiment présente en tout cas des éléments datant des 15e ou 16e siècles : à l'étage, une fenêtre à encadrement et à appui mouluré, qui présente côté intérieur un linteau délardé et un dosseret ; également à l'intérieur et à l'étage, le montant droit d'une cheminée qui supporte un corbeau en pierre. Au même niveau, une porte murée communiquait avec l'autre partie du bâtiment, comprise dans la propriété située à l'est.

Le logis date du 18e siècle comme le laissent penser son style architectural et celui de ses cheminées. A cette époque, il appartient à la famille de Moncourrier, dont Messire François de Moncourrier, écuyer, sieur de la Chapelle, époux de Dame Marguerite Laval de la Bruneterie, dont deux enfants naissent à Saint-Dizant en 1718 et 1719 ; et le chevalier Bernard de Moncourrier, né en 1730, membre de l'assemblée de la noblesse réunie à Saintes en 1789. En 1801, ce dernier vend les deux tiers de sa propriété à Marie-Thérèse Perez, épouse séparée de Pierre-Jean de Moncourrier. L'autre tiers appartient alors à Angélique-Henriette de Guinot qui l'a acquis de Jean-Pierre de Moncourrier et qui le transmet ensuite à M. Faucher de la Ligerie. En 1810, l'ensemble est racheté par Joseph Emery Desbrousses, propriétaire au bourg de Saint-Fort-sur-Gironde.

C'est à lui que le domaine appartient lorsque le cadastre est établi, en 1832-1834. Le plan cadastral montre le logis au fond de la cour. Celle-ci est encadrée par des dépendances qui la ferment partiellement au sud. Parmi ces dépendances figure le bâtiment des 15e-16e siècles ("ancienne chapelle"), déjà divisé en deux. Le plan mentionne aussi la mare au nord-ouest et une vaste dépendance à l'ouest, à l'emplacement de l'actuelle écurie-étable. Celle-ci a dû être reconstruite au cours du 19e siècle. Le chai placé à l'ouest de la cour semble avoir été édifié vers le milieu du 19e siècle, en reprenant comme base les murs précédents.

En 1846, la Chapelle est vendue par M. Desbrousses à Philippe Verger, propriétaire au bourg de Lorignac. Le domaine s'étend alors sur vingt-quatre hectares. En 1863, il est hérité par Henri Verger, maire de Lorignac. Il reste dans la famille Verger jusqu'au début du 20e siècle. Passé à M. Paillou, de Saint-Fort-sur-Gironde, le domaine a ensuite été racheté vers 1930 par Ferdinand Chantreau, tailleur, et son épouse, buraliste au 22 rue Saint-Vincent (grands-parents de l'actuelle propriétaire). Parmi les cuves en béton présentes dans le chai, les plus anciennes ont été réalisées dans les années 1950 par l'entreprise Pépin, de Bordeaux.

Période(s)Principale : 15e siècle
Principale : 16e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Auteur(s)Auteur : auteur inconnu

Le domaine est délimité au sud, sur la rue, par un mur de clôture qu'interrompt un portail à piliers maçonnés. La cour est encadrée par le logis au fond et des dépendances de chaque côté, le tout formant un U. Parmi ces dépendances, on distingue, côté ouest, une ancienne distillerie et des chais, qui contiennent encore des cuves en béton. Ce long bâtiment est reconnaissable à ses ouvertures en plein cintre. A l'est de la cour se trouvent la dépendance qualifiée d'ancienne chapelle, puis des hangars et, dans l'angle nord-est, un fournil. Dans celui-ci se trouvent, côte à côté, un four à pain et un four à viande. A l'ouest de l'ensemble prend place une vaste dépendance. Sa façade est sur le mur pigngon. Elle abrite à la fois une grange à foin, une étable et des boxes à chevaux.

Le logis est couvert d'un toit à croupes orné d'épis de faîtage en terre cuite. Le bâtiment comprend un rez-de-chaussée et un comble aveugle. La façade principale, orientée au sud, est ordonnancée. Couronnée par une corniche et par une génoise, elle est rythmée par sept alignements constitués chacun d'une ouverture au rez-de-chaussée et d'un élément en pierre de taille au comble ; cet élément a pu remplacer une ancienne petite ouverture. La porte, centrale, présente un encadrement mouluré et un linteau en arc segmentaire. La façade est également rythmée par six pilastres qui s'intercalent entre les alignements d'ouvertures et à l'angle de la façade. La façade nord, plus sobre, présente aussi une porte centrale à linteau segmentaire, encadrée par trois fenêtres au rez-de-chaussée, dont deux murées.

A l'intérieur, un corridor d'entrée, aujourd'hui aménagé en pièce à vivre, donne accès à une pièce de chaque côté. On y observe, ainsi que dans le corridor, de grandes cheminées à montants, linteau et hotte moulurés. A l'arrière, côté nord, l'intérieur s'organise en une enfilade de pièces. L'une d'elles comprend une cheminée à montants moulurés.

Murscalcaire
enduit
moellon
pierre de taille
Toittuile creuse
Étagesen rez-de-chaussée, comble à surcroît
Élévations extérieuresélévation ordonnancée
Couverturestoit à longs pans
croupe
Techniquescéramique
sculpture
Représentationspomme de pin feuillage
Précision représentations

Un des deux épis de faîtage du toit du logis a la forme d'une pomme de pin.

La porte principale du logis est surmontée d'armoiries presque illisibles, ayant été martelées. On reconnaît deux oves strillés, inscrits dans un cuir découpé et surmontés de feuillages.

Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. D. Charente-Maritime. 3E30/337. 5 mars 1846 : vente du domaine de la Chapelle par Joseph Emery Desbrousses, propriétaire au bourg de Saint-Fort, vend à Philippe Verger, propriétaire au bourg de Lorignac ; le domaine est "composé de la maison de maître sise à Saint-Dizant, cour, jardin, servitudes, maison de colon, granges, parcs, issues et dépendances (...), le tout d´une surface approximative de vingt quatre hectares" ; M. Desbrousses avait acquis la Chapelle pour les deux tiers de Marie-Thérèse Perez épouse de Pierre-Joseph-Michel de Moncourrier, et pour l´autre tiers de M. Faucher de la Ligerie, par acte du 28 août 1810 devant Sellot, notaire à Pons ; les époux Moncourrier avait acquis leurs deux tiers de Bernard de Moncourrier par acte du 2 brumaire an 10 devant Héard-Lagrange ; M. de La Ligerie avait hérité de son tiers de Angélique Henriette de Guinot qui l´avait acquis de Jean-Pierre de Moncourrier par acte du 27 nivose an 12 devant Mouchet, notaire à Saintes.

  • A. D. Charente-Maritime. 3E70/606. 1801, 24 octobre (2 brumaire an 10) : vente par Bernard de Moncourrier, propriétaire demeurant au bourg de Saint-Dizant, à Marie-Thérèse Perez, épouse séparée de Pierre-Jean de Moncourrier, demeurant à Saintes, des "deux tiers d´une métairie située principalement au dit bourg et commune de Saint-Dizant-du-Gua et autrement en celle de Saint-Thomas-de-Cônac, consistant ces deux tiers en maison de maître, maison de métayer, autres bâtiments, servitudes, cour, jardin, terres labourables, vignes, bois vergnes et prés". L´autre tiers appartient à Angélique Henriette de Guinot. La vente concerne aussi des marais salants à Marennes et du mobilier.

  • A. D. Charente-Maritime. 3P 3326 à 3339. 1834-1970 : état de section et matrices cadastrales. A. D. Charente-Maritime. 3P 4916. 1832 : plan cadastral de Saint-Dizant-du-Gua.

Documents figurés
  • 1832 : plan cadastral de Saint-Dizant-du-Gua.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 3P 4916
Bibliographie
  • Rainguet, P.-D. Etudes historiques, littéraires et scientifiques sur l'arrondissement de Jonzac. Jonzac, Saint-Fort-sur-Gironde, 1864.

    p. 93
(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur du patrimoine, directeur du Centre vendéen de recherches historiques.


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