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Coussay-les-Bois: présentation de la commune

Dossier IA86009411 réalisé en 2017

Fiche

Dossiers de synthèse

Œuvres contenues

Aires d'étudesVals de Gartempe et Creuse
AdresseCommune : Coussay-les-Bois

Des origines à la Révolution

Les premières traces de peuplement à Coussay-les-Bois remontent à la Préhistoire. Plusieurs ateliers de taille de silex ont été découverts à la suite de campagnes de fouilles. Ces vestiges, retrouvés aux hameaux des Draux, de Verlet et de la Navelière, étaient liés à l'exploitation du silex du Grand-Pressigny, de part et d'autre de la Creuse. De grosses pierres étaient tirées du sol, puis dégrossies pour former des outils de formes et de tailles variées. La présence d'un dolmen au lieu-dit Créchet indique un peuplement de cette zone au Néolithique entre 8 000 et 3 000 ans avant notre ère. Constitués de gros blocs de pierre sur lesquels repose une dalle (table), les dolmens étaient des sépultures qui étaient à l'origine recouvertes de terre ou/et de pierre formant des tumuli.

Les origines du bourg sont probablement médiévales. La plus ancienne mention dans les sources remonte à l'année 1099 ; elle cite la localité sous le nom de Cosciaco. Les différents édifices religieux ont probablement été un facteur d’attractivité pour la population venue se regrouper dans ce qui est aujourd'hui le bourg de Coussay-les-Bois. Éléments structurants du paysage, les églises et les monastères assuraient une protection spirituelle particulièrement recherchée au Moyen Âge.

Le toponyme de Coussay pourrait avoir plusieurs origines. En se basant sur sa terminaison en -ay, il pourrait provenir de la forme latine Cociacum, désignant "le domaine de Cossius". Cela signifierait qu'à la fin de l'Antiquité ou au début du Moyen Âge, un dénommé Cossius possédait des terres à l'endroit où le village s'est ensuite développé. Le nom a évolué en Cocayo, Coczayo, Coussai et enfin, Coussay-les-Bois dès le 15e siècle. Il se peut aussi que le nom du village dérive du nom poitevin "coussaie" qui désigne un lieu où pousse le houx.

Avant la Révolution, la seigneurie de Coussay-les-Bois dépendait en partie de la baronnie de Preuilly en Touraine (aujourd'hui Preuilly-sur-Claise) et en partie du duché de Châtellerault, le tout relevant de l'élection de Loches dans la généralité de Tours.

Le territoire était morcelé en de nombreux fiefs, avec un seigneur noble à la tête de chacun d'eux. Il y en a eu probablement jusqu'à neuf à Coussay-les-Bois. Les plus importants étaient ceux de la Trompaudière, siège d'une baronnie, et la Vervolière, qui a appartenu à l'illustre famille du Plessis. Certains de ces fiefs possédaient des droits de ban sur des moulins : les paysans habitant à proximité étaient contraints de se servir du moulin seigneurial et de s'acquitter d'une taxe envers le seigneur. Le moulin de Créchet est le seul conservé à ce jour, mais au moins quatre autres ont existé à Coussay-les-Bois : le moulin Rimbault et le moulin Jourdain, tous deux détruits avant 1833, ainsi que le Grand Moulin et le Petit Moulin, détruits après 1881.

Dans le domaine religieux, le village présente la particularité de posséder deux églises, toutes deux situées dans le bourg. Celle dédiée à Saint-Martin fut le siège de l'archiprêtré de Châtellerault ce qui en fait un lieu important dans l'histoire religieuse des vals de Gartempe et Creuse. Au nord de Coussay-les-Bois, le prieuré de Saint-Pierre de Tiers était une fondation religieuse dépendant de l'abbaye royale de Saint-Jean d'Angély (il est signalé dans des chartes de l'abbaye royale dès le 11 siècle).

La chapelle Sainte-Catherine de Lareau était située dans un lieu isolé en direction de Leigné-les-Bois. Filiale de l'abbaye de Notre-Dame de la Réau, de l'ordre de Saint-Augustin, elle est fondée grâce à une donation de terres par un seigneur local. Aussi appelée "chapelle Girard", elle a pu servir de maladrerie et fut rattachée à l'hôpital de Châtellerault au 18e siècle. En plus de ces édifices religieux, certains fiefs importants possédaient leur propre chapelle castrale, comme c'est le cas à la Trompaudière et à la Vervolière.

La production artisanale était variée à Coussay-les-Bois. Si la majorité de la population vivait de l'agriculture, certains habitants s'étaient spécialisés dans une activité spécifique telle que la fabrication de textiles ou de sabots. Les grands bois, comme celui de Navelière, étaient aussi exploités par des charbonniers.

Avec la Révolution, les anciens systèmes de dépendances religieuses et seigneuriales disparaissent. Coussay-les-Bois devient officiellement une commune rattachée au canton de Pleumartin dans la Vienne. Elle sera rattachée au canton de Châtellerault 3 en 2015.

L'essor de la commune au 19e siècle

Après la Révolution, la nouvelle commune de Coussay-les-Bois connaît plusieurs changements importants. En terme d'aménagement du territoire, la municipalité s’attèle à la réfection des routes pour assurer une meilleure liaison avec les communes limitrophes et favoriser ainsi les échanges lors des marchés et des foires. La route départementale n° 7, reliant Châtellerault à La Roche-Posay, est ouverte dans les années 1830 et passe au sud du bourg. Un nouvel axe reliant la commune à Lésigny, au nord, est créé dans la décennie suivante.

Au début du 19e siècle, le cimetière de Notre-Dame est situé au nord de l'église, sur une parcelle de 800 m². Avec l'augmentation progressive de la population, il devient rapidement insuffisant. En 1841, les habitants demandent le transfert du cimetière à l'extérieur du bourg, souhait qu'ils avaient déjà exprimé à plusieurs reprises. Le 18 avril de la même année, la commune décide d'accéder à leur demande et le 7 juillet, elle achète 3 000 m2 de terrain appartenant au baron de Coussay, propriétaire de la Vervolière. Ces terres sont situées à quelques centaines de mètres du bourg, au sud de la nouvelle route reliant Châtellerault à La Roche-Posay. À Notre-Dame, les ossements sont exhumés, transportés dans des caisses et déplacés vers le nouveau cimetière. L'espace ainsi libéré au nord de l'église permet de créer un champ de foire.

Plusieurs carrières de pierres étaient exploitées sur le territoire communal. La pierre calcaire, qu'il s'agisse du tuffeau ou de pierres plus dures, est utilisée pour la construction d'habitations et dans des ouvrages d'art comme les ponts de Lésigny-sur-Creuse et de La Roche-Posay, tous deux construits en 1835. La pierre dite "à chaux", une pierre calcaire proche du tuffeau, était extraite pour alimenter les cinq fours à chaux de la commune, dont celui des Minaudières, mais aussi d’autres fours, notamment à Châtellerault.

D'importantes carrières de pierres meulières, utilisées pour la fabrication des meules de moulins, étaient aussi situées au nord de la commune, entre les Rabottes et la Goubillerie. Ces pierres étaient particulièrement appréciées pour leur qualité qui surpassait celle des pierres de Vicq-sur-Gartempe et de Lésigny, pourtant plus connues. Ces carrières ont un temps appartenu à la commune de Coussay-les-Bois, qui les loue dès les années 1840 pour en tirer un revenu. De 1845 à 1849, puis de nouveau à partir des années 1850, elles appartiennent aux propriétaires successifs du château du Turreau, au nord de la commune. Ces derniers exportent leur production de meules dans toute la France, mais aussi en Angleterre, en Autriche et en Italie. La qualité de leur production leur vaut de remporter une médaille d'honneur à la première Exposition Universelle de Paris en 1855.

Coussay-les-Bois au siècle dernier

Le 20e siècle est une période d'accélération du désenclavement de la commune, grâce aux nouvelles routes et moyens de transports. Dès 1907, Coussay-les-Bois est desservie par la ligne de bus reliant Poitiers à Lésigny et dans les années 1920, elle est traversée par la ligne reliant Châtellerault à Montmorillon. Le confort commence aussi à s'imposer dans les habitations dans la première moitié du siècle. La commune adhère au syndicat intercommunal d'électricité du département de la Vienne à partir de 1923. Cependant, les fermes les plus isolées ne sont reliées au réseau qu'après la Seconde Guerre mondiale.

En 1900, la seule école de filles était un établissement congréganiste tenu par les Filles de la Croix. Elle était située dans le bourg, dans l'actuelle rue de l’Ancienne école. Contrainte par le préfet de créer une école laïque pour filles, la commune achète une parcelle au sud du bourg pour y construire l'établissement scolaire. La nouvelle école est inaugurée en 1904 : la maison de l'institutrice est située devant la place alors que les salles de classes sont construites en fond de parcelle.

En 1912, le Ministère de l'Instruction publique approuve la décision du conseil municipal de construire une nouvelle école de garçons. Il décide de la bâtir à côté de l'école des filles et engage l'architecte Ferdinand Milord pour mener à bien le projet. Après une interruption de quelques années pendant la Première Guerre mondiale, la nouvelle école des garçons est finalement achevée en 1922.

Pour lutter contre le fléau de l’alcoolisme, l’État choisit de réglementer la production d'eau-de-vie. À partir de 1916, les petits producteurs ont pour obligation de distiller dans un atelier public. Une dizaine d'ateliers sont aussi ouverts sur tout le territoire communal entre 1916 et 1930.

Après la défaite française durant la Seconde Guerre mondiale, la totalité de la commune se situe en zone occupée. Pendant cette période, les habitants assistent à un évènement terrible. En juin 1944, le groupe de résistants "Le Chouan", basé à proximité de Civaux, décide de se déplacer vers le nord du département. Ce sont alors soixante hommes qui vont se positionner à la ferme en ruines des Fontenelles, au nord de la commune. Ils mènent plusieurs attaques en embuscade sur des véhicules allemands. Le 20 juin, ces derniers encerclent la commune et réussissent à capturer quatre résistants, alors que le reste du maquis s'est déplacé vers la commune de Douadic, dans l’Indre. Trois des prisonniers sont exécutés sur la place des écoles. En représailles, plusieurs soldats allemands prisonniers sont fusillés dans le village le 9 septembre 1944.

Membre de la Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault depuis le 1er janvier 2017, la commune de Coussay-les-Bois s'étend sur 43,3 km², pour une population totale 999 en 2015. Elle est bordée par les communes de Saint-Sauveur à l'ouest, Leigné-les-Bois au sud, La Roche-Posay à l'est et Mairé et Lésigny au nord.

Le territoire de la commune est particulièrement bien irrigué par une dizaine de petits ruisseaux. Une partie d'entre eux prennent leur source dans la commune voisine de Pleumartin et se rejoignent pour former la Luire. Elle traverse la commune du sud vers le nord pour aller se jeter dans la Creuse, près du bourg de Lésigny.

Le ruisseau des Préaux, qui prend sa source au lieu-dit du même nom, vient se jeter dans le ruisseau de Laplatte, l'un des plus importants de la commune. Ce dernier passe au nord du bourg pour ensuite grossir la Luire. Outre ces cours d'eau, plusieurs fontaines assuraient l'alimentation en eau de la commune, notamment les fontaines Rateau et Manteau, à l'ouest du bourg.

La commune a conservé un vaste couvert boisé qui occupe une grande partie de sa surface. Il se repartit de part et d'autre de la Luire. Au sud-est du bourg, les bois Naudin, de la Jarrie et des Meules forment une surface arborée continue de plus de 3 km. Il faut aussi citer les bois de la Garenne près de la Vervolière, ainsi que les bois des Grandes Courances et du Turreau au nord de la commune.La partie sud de la grande forêt de la Groie est située au nord de Coussay-les-Bois. Elle est classée en tant que Zone Naturelle d’Intérêt Écologique, Faunistique et Floristique (ZNIEFF). Ce bois est une zone de peuplement et de reproduction de plusieurs espèces d'oiseaux, dont certaines (rapaces, bécasses, etc.) sont jugées vulnérables dans cette partie de la région Nouvelle-Aquitaine.

Au plan géologique, le sous-sol de la commune présente des types de roches variés. De loin la plus abondante, la pierre calcaire tendre dite tuffeau, est largement employée dans les constructions. Les pierres meulières sont aussi présentes, à la limite communale avec Lésigny et au lieu-dit les Buffrières. Le silex est aussi très abondant dans le sous-sol. On le retrouve en tant que matériau de construction dans certains hameaux de la commune. À partir du 19e siècle, il est presque exclusivement employé dans la partie basse des murs pour éviter les remontées d'humidité provenant du sol.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Administration générale; biens communaux non-bâtis.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 2 O 104 3
  • 1839-1935: Biens communaux bâtis.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 2 O 104 4
  • an XII-1939: Biens communaux bâtis.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 2 O 104 5
  • 1836-1914: Matrice des propriétés foncières de Coussay-les-Bois.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 4 P 2226-2231
  • 1790-an III: Biens nationaux, actes de vente de domaines de toute origine.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 1 Q 339
  • Biens nationaux, fiches classées par communes des immeubles vendus comme biens nationaux.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 1 Q 1268
  • 1837-1866: Délibérations du conseil municipal de Coussay-les-Bois.

  • 1866-1896: Registre des délibérations du conseil municipal de Coussay-les-Bois.

  • 1897-1923: Registre des délibérations du conseil municipal de Coussay-les-Bois.

  • 1923-1954: Registre de délibération du conseil municipal de Coussay-les-Bois.

  • AD 86. 8 M 3 103, 1836-1936 : Coussay-les-Bois, recensement de la population.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 8 M 3 103
Documents figurés
  • AD 86. E N 1728, 1785 : Atlas des seigneuries de Coussay, la Vervollière et de la Trompaudière.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : E N 1728
  • AD 86. 4 P 5432-5441, 1833 : Coussay-les-Bois, cadastre napoléonien

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 4 P 5432-5441
Bibliographie
  • Association VGCA, Les clochers des Vals de Gartempe et Creuse, entre Berry, Touraine et Poitou, 2017.

    p. 57-66
  • Association VGCA, Lumière et couleurs: les vitraux des Vals de Gartempe et Creuse, 2015.

    p. 66-71 ; 115
  • Beauchet-Filleau, Henri. Pouillé du diocèse de Poitiers. Niort (22, rue des Halles) : L. Clouzot ; Poitiers (4, rue de l'Éperon) : H. Oudin, 1868.

    p. 81, 84, 259, 260 Bibliothèque nationale de France, Paris : 254 BEA
  • Besse Jean-Martial. Abbayes et prieurés de l'ancienne France, 1910.

    p. 260
  • Blomme, Yves. Poitou gothique. Paris : Picard, 1993.

    p. 129-132
  • Carré de Busserolle J-X, Notices sur les monuments religieux de la ville de Preuilly (Indre-et-Loire), Mémoires de la Société archéologique de Touraine, Tome 11, Tours, 1859.

    p. 28
  • Chastillon, Claude, Topographie françoise ou représentations de plusieurs villes, bourgs, chasteaux, plans, forteresses, vestiges d'Antiquité, maisons modernes et autres du Royaume de France, mise en lumière par Jean Boisseau, Paris, 1641.

    p. 218, 258
  • Clouzot, Étienne, Cartulaire de l'abbaye de Notre-Dame de la Merci-Dieu, autrement dite de Bécheron, au diocèse de Poitiers, Archives Historiques du Poitou, tome 34, Poitiers, 1905.

    p. 264, 388
  • M. le Chevalier de Courcelles, Histoire généalogique et héraldique des pairs de France, des dignitaires de la couronne, des principales familles nobles du royaume, et des maisons princières de l'Europe, précédée de la généalogie de la maison de France, Tome 1er, Paris, 1822.

    p. 7, 8
  • De Chergé, Charles. Histoire des Congrégations religieuses d'origine poitevine. Poitiers (10, rue de la Mairie) : A. Dupré, imprimeur-éditeur, 1856.

    p. 131-164
  • Durand Philippe, Andrault Jean-Pierre, dir. Châteaux, manoirs et logis, la Vienne. Éditions patrimoines et médias. Niort, 1995.

    p. 162, 166, 176
  • Farisy, Jacques, La ligne de démarcation dans la Vienne, Gestes Éditions, La Crèche, 2007.

    p. 123-125
  • Guillemet, Dominique. Dir., Dictionnaire des communes et pays de la Vienne. 2004, Geste éditions.

    p. 150, 151
  • Jean, Suzanne, L'architecture rurale française: Poitou, Pays charentais, Paris, 1981.

    p. 28
  • Lalanne, abbé. Histoire de Châtelleraud et du Châtelleraudais, Tome Second, Châtellerault, 1858.

  • Mauny, Raymond, Toponymie de la Touraine, Bulletin trimestriel de la Société Archéologique de Touraine, Tome 30, Tours, 1950.

  • Pouliot, Maurice ; Salvini, Joseph ; Villard, François. Inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790, Vienne, Série E supplément (Communes), Tome cinquième, Imprimerie P. Oudin, Poitiers, 1970.

    p. 135-150
  • RÉDET, Louis. Dictionnaire topographique du département de la Vienne [...], Paris : Imprimerie nationale, 1881. (Réédition Paris : J.-M. Williamson, 1989), 526 p.

    p. 141 Médiathèque François-Mitterrand, Poitiers : 914.463 RED
  • Simmat, Gérard, Juchault, Pierre, Dubout, Jean-Paul. Le Pays des Vals de Gartempe. Joué-lès-Tours : Alan Sutton, 2000. 126 p., ill. (Mémoire en Images). ISBN 2-84253-512-X.

    p. 31-39

Liens web

(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault (c) Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault - Maturi Paul
Maturi Paul

Chercheur associé à la Communauté de Communes des Vals de Gartempe et Creuse (2015-2016), puis à la Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault (2017-...).


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