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Courant : présentation de la commune

Dossier IA17035018 réalisé en 1999

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Aires d'étudesVals de Saintonge Communauté
AdresseCommune : Courant

Une occupation du territoire depuis des temps reculés

Traversé par la voie romaine Angers-Saintes, la paroisse de Courant aurait été occupée dès l’époque gallo-romaine, comme l’atteste la découverte de monnaies et de tuiles dans le bourg et sur le site de Sainte-Radegonde.

Des traces d’occupations de la période gallo-romaine ont été relevées à Ligueuil et aux lieux-dits Près de Borideau, la Prairie et Treuil Bois. Ces sites sont pressentis comme pouvant révéler des vestiges archéologiques, mais des prospections approfondies seraient nécessaires pour en affirmer la présence. Sur le site de la chapelle Sainte-Radegonde, dans les environs des sources, il a été découvert des tuiles romaines à rebord, des débris de poteries, des monnaies et des conduits d’eau en assez grand nombre. Des vestiges de constructions furent mis au jour, ce qui indiquerait dans ce lieu une station romaine assez importante et située à quelques centaines de mètres à l’est de la route de Saintes à Angers.

L'existence, au Moyen Age, d'une commanderie des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem à Courant est attestée, mais les sources et les vestiges potentiels sont rares. La première mention remonterait à la fin du 13e siècle, dans un acte conclu entre les Hospitaliers et l’abbaye de Saint-Jean d’Angély concernant un droit d’usage de la forêt d’Essouvert pour le pacage des bêtes et la coupe du bois de chauffage.

Organisation déjà bien en place au milieu du 12e siècle, l’ordre des Hospitaliers à supplanté l’ordre du Temple au 14e siècle. Aux termes d’un long procès, la « bulle Vox in excelso (document pontifical scellé)» du 22 mars 1312, lue en l’assemblée conciliaire de Vienne le 3 avril suivant, supprimait l’ordre du Temple. Le 2 mai suivant, la « bulle Ad providam Christi » transférait les biens de l’ordre du Temple à ceux de l’Hôpital Saint-Jean de Jérusalem.

Au milieu du 15e siècle est mentionné pour la première fois le revenu de la commanderie des Églises d’Argenteuil, se montant annuellement à environ 17 écus, un chiffre très faible qui donne une idée de son peu d'importance à cette période. En conséquence, elle est rattachée à celle de Courant, dont le commandeur était à la nomination de l’église Saint-Martin des Églises d’Argenteuil.

Vers 1480, la commanderie de Courant est réunie à celle des Épeaux (commune de Meursac). Elle est l’établissement hospitalier le plus notable, mais ses ressources ne dépassent pas les cent livres par an. Une forteresse y a été élevée, puis a été détruite par les Anglais et enfin relevée par un précepteur, le frère Jean de Columviliers.

La commanderie de Courant aurait aussi possédé l’hôpital de Bords et la maladrerie de Coivert, mais aucun document ne permet de confirmer ce dire. Le Grand Prieur d’Aquitaine était seigneur de Courant, tandis que la paroisse de Ligueuil était une possession du seigneur de Saint-Martin de la Coudre.

L’église Saint-Martin (Courant)

L’église a été édifiée au 12e siècle, puis remaniée au 15e siècle. Plusieurs fois ruinée par les guerres, cette petite église ne présente pas de caractère roman bien affirmé. Au-dessus du porche, le texte gravé dans une pierre est illisible. Le clocher campanile à une baie supporte la cloche datée de 1606. Le registre paroissial relate plusieurs visites du commandeur des Epeaux appartenant à l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, et dont dépendaient la paroisse de Courant et sa commanderie.

L’église Saint-Saturnin (Ligueuil)

L’église a été construite vers les 13e et 19e siècle. Les seuls ornements architecturaux de cette église, blottie au cœur des maisons du village, sont quelques marguerites et quelques feuillages romans. La grande baie gothique du chœur a été bouchée.

La chapelle Sainte-Radegonde

La chapelle a été édifiée au 12e siècle, puis remaniée au 19e siècle. Empruntant la voie romaine toute proche vers Talmont puis vers le Midi pour fuir Clotaire, son royal époux, sainte Radegonde se serait arrêté avec son escorte dans le vallon de Courant, fatiguée et assoiffée. Sa prière aurait fait jaillir trois sources dont les vertus miraculeuses sont à l’origine d’un important pèlerinage le 13 août. Sur des bases romaines endommagées au 15e siècle, la façade et le clocher ont été reconstruits au 19e siècle.

Les fontaines de Sainte-Radegonde

Selon la légende, les trois fontaines miraculeuses de la commune auraient jailli selon le vœu de sainte Radegonde. L’une soignait la douleur et la goutte, l’autre les yeux et la troisième servait à étancher la soif. Une guérison est mentionnée dans le registre paroissial le 13 août 1764. La foule des pèlerins, qui aurait atteint 3 000 à 4 000 personnes, attirait également des marchands vendant du vin, des outils, des ustensiles ménagers, des étoffes et de l’orfèvrerie. Le troisième jour du pèlerinage était réservé à la fête.

La commune de Courant se situe dans la région Nouvelle-Aquitaine, dans le département de la Charente-Maritime et plus précisément dans la partie nord-ouest du territoire des Vals de Saintonge.

Avec ses 1 574 hectares, Courant figure parmi les plus vastes communes du territoire des Vals de Saintonge. Elle est limitrophe avec celles de Bernay Saint-Martin et Migré au nord, Nachamps, Landes et la Benâte au sud, Puyrolland à l’ouest et Lozay à l’est.

La commune ne possède pas d’équipements scolaires, elle est rattachée à deux Regroupements Pédagogiques Intercommunaux : ceux de Loulay et Bernay Saint-Martin. Courant compte des structures sportives et culturelles, avec un terrain de sport, une salle des fêtes. Le tissu associatif est aussi bien présent avec une association de chasse, des aînés ruraux, un comité des fêtes et les Amis de Sainte-Radegonde.

Elle est constituée de deux principales entités urbaines, le bourg et Ligueuil. Selon l’Atlas Architectural, le bourg se caractérise par un réseau viaire dont les rue convergent vers un îlot central d’origine, là où l’église et l’ancienne commanderie sont situées. L’organisation du bâti est moyennement dense, l’homogénéité se faisant par la continuité du bâti le long des voies.

Les principales évolutions urbaines surviennent entre 1990 et 2010. On observe notamment un développement pavillonnaire important le long des principaux axes routiers de la commune.

Courant est positionnée sur un carrefour routier composé des départementales 120, 107 et 212 E4, qui assurent à la commune une desserte efficace. Ces voiries permettent d’assurer le lien entre le territoire communal et les pôles urbains à proximité, ainsi que les pôles d’emplois tels que Tonnay Boutonne et Loulay. Courant est placée à 12 kilomètres de Saint-Jean d’Angély, qui est le pôle de référence en matière d’organisation administrative et territoriale. La localité bénéficie donc d’une situation géographique favorable, permettant de rejoindre aisément deux pôles urbains d’importance départementale.

L’activité agricole occupe une place essentielle dans la vie économique de la commune. On dénombre 10 exploitations agricoles, 7 exploitants céréaliers et 3 exploitants pratiquant l’élevage de bovins et la polyculture.

Le territoire communal est légèrement vallonné, les terres hautes culminent à 70 mètres, sur les parties au sud, tandis que l’altitude minimale se situe au nord, avec seulement 30 mètres d’altitude. D’après la carte géologique de la commune, Courant est située sur des plaines calcaires sur la majorité de son territoire. Au niveau de la vallée de la Trézence, on relève la présence de formations superficielles composées de sédiments argilo-sableux.

La commune est traversée par 3,2 kilomètres de cours d’eau comprenant principalement la rivière Trézence, le Sureau et le ruisseau du Grand Pré. Selon l’Atlas Régional du Conservatoire des Paysages de Poitou-Charente, la commune de Courant fait partie de l’entité paysagère de la Plaine du Nord de Saintonge. Elle comprend des espaces vastes et simples, où la culture généralisée offre des paysages presque sans obstacles. Le moindre objet se remarque de loin, clocher d’église, silo, château d’eau ou encore alignements d’arbres. Certaines particularités animent ce secteur comme la pierre blanche de l’architecture, la présence de quelques lambeaux de haies et surtout la qualité de la lumière influencée par la proximité de l’océan.

Deux entités paysagères dominent sur le territoire communal, les paysages ouverts des plaines agricoles et les milieux humides. Ces derniers se situent au nord du bourg, au lieu-dit la Laiterie et en bordure du ruisseau du Bief. Outre les zones humides, les prospections de terrains ont permis d’identifier plusieurs mares sur l’ensemble du territoire communal. 11 mares qui correspondent notamment à des mares à vocation récréatives.

La trame verte et bleue, qui consiste en un schéma régional de cohérence écologique, a été mise en place dans le cadre de la démarche concertée du Grenelle de l’environnement. Son principal objectif est d’élaborer un nouvel outil d’aménagement du territoire en faveur de la biodiversité. À l’échelle de Courant, la trame verte et bleue est constituée par des réservoirs de biodiversité qui se composent de massifs forestiers situés au sud du territoire, de la vallée de la Trézence et de zones humides.

Deux chemins de randonnées, définis de façon à faire découvrir le patrimoine, se situent sur la commune. Le premier part du nord, en provenance de Saint-Martin de la Coudre, passe par le bourg de Courant puis sort au sud-est du territoire communal. Le deuxième arrive de Bernay Saint-Martin, passe par Ligueuil puis sort de la commune au sud.

(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel ; (c) Vals de Saintonge Communauté (c) Vals de Saintonge Communauté - Lhuissier Nathalie
Lhuissier Nathalie

Chargée de mission entre 2004 et 2018.


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