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Contré : demeures

Dossier IA17049803 réalisé en 2000

Fiche

Dénominationsdemeure
Aire d'étude et cantonVals de Saintonge Communauté - Matha
AdresseCommune : Contré

L'analyse des maisons et fermes ou anciennes fermes prend en considération les constructions antérieures aux années 1950. En l'absence de documents ou de dates portées sur les bâtiments, la datation se base principalement sur l'étude et la comparaison des formes architecturales et des décors.

Le bourg de Contré a révélé quelques très rares éléments de la fin du Moyen-Age (15e et 16e siècles) : il s'agit de quelques ouvertures à accolades, en nombre trop mince pour en tirer des conclusions. Les constructions de la période moderne (17e ou 18e siècle) sont plus nombreuses mais encore assez rares. Le plus souvent, il s'agit d'éléments isolés conservés dans des bâtiments remaniés par la suite, mais il subsiste néanmoins quelques rares édifices de cette période conservés en l'état. Cette datation a pu être attribuée grâce à des baies chanfreinées, c'est-à-dire taillées en biseau, caractéristiques du 17e siècle. Les constructions du 18e siècle peuvent présenter des linteaux en arc segmentaire, que l'on retrouve aussi au début du 19e siècle.

Comme partout en Vals de Saintonge, une grande partie des habitations a été remaniée ou reconstruite au 19e siècle. Ce renouvellement traduit un certain essor économique notamment lié à la culture de la vigne. On relève un ralentissement net de la construction dans le 4e quart du 19e siècle, suite à la crise du phylloxéra. Les maisons du 19e siècle sont généralement identifiables à leurs ouvertures à linteaux droits et feuillures, souvent réparties en travées, et aux décors saintongeais récurrents (double génoise dans la 1ère moitié du 19e siècle, solin, bandeau et corniche à partir du milieu du 19e siècle).

La construction de la 1ère moitié du 20e siècle est très rare sur la commune, suite à un repli de l'économie locale et à un exode rural important. Les maisons plus récentes (non étudiées) de la 2e moitié du 20e siècle sont également peu nombreuses. Nombre de bâtiments ont en revanche fait l'objet, au cours des dernières décennies, de remaniements plus ou moins importants pour satisfaire aux exigences du confort moderne. Ces transformations sont davantage visibles à Chantemerlière que dans le bourg.

Période(s)Principale : Moyen Age, Temps modernes, Epoque contemporaine

Un habitat groupé

La commune de Contré possède la particularité d'avoir un habitat regroupé au nord-est de son territoire, le reste des terres étant entièrement dévolu à l'agriculture ou à la forêt.

De taille assez importante, le bourg est établi à l'écart des chemins les plus fréquentés mais se situe à peu de distance de ceux d'Aulnay, Saint-Mandé sur Brédoire et Villemorin. Un maillage de petites rues et d'impasses desservant plusieurs îlots structure le bourg. Le bâti est dense et l'espace peu aéré, à l'exception principalement du canton au centre du village. Par sa structure, le bourg de Contré semble s'apparenter aux villages en étoile où les routes convergent vers un point central, près duquel se trouvent l'église et le logis. Le bourg a conservé intacte son organisation ancienne.

On ne compte que deux villages sur la commune, Chantemerlière et la Fontaine, situés l'un à côté de l'autre à peu de distance du bourg. La Fontaine ne compte que quelques maisons. Chantemerlière semble avoir connu d'importants bouleversements, mais possède déjà sur le cadastre napoléonien de 1834 cette organisation éclatée en trois pôles. Le pôle nord-est se situait à proximité du logis disparu.

D'autres hameaux sont signalés par des écrits, mais ils ont aujourd'hui disparu et ne figurent pas sur le cadastre de 1834.

L'empreinte des activités agricoles

Les fermes ou anciennes fermes représentent une large majorité des éléments recensés dans cette commune où le travail de la terre a de tous temps été la première activité.

L'analyse du plan des fermes montre que la plupart d'entre elles s'est implantée et développée sans souci d'organisation préalable. Ainsi, le plan à bâtiments dispersés dans une cour ou celui à bâtiments jointifs sont de très loin les plus fréquents et représentent la quasi-totalité des ensembles recensés. On trouve également quelques fermes de plan massé, à bâtiments organisés autour d'une cour, de plan en L ou de plan allongé, mais elles restent rares.

Les anciennes fermes peuvent compter un ou plusieurs logements, parfois hiérarchisés. Mais il n'est pas rare de rencontrer des ensembles comportant plusieurs logements de taille modeste. On compte peu de grandes exploitations viticoles telles qu'on en rencontre beaucoup autour de Matha. Celles qui ont remplacé le logis du bourg au cours du 19e siècle sont les plus évidentes, bien qu'elles restent d'une grande simplicité. Quelques rares maisons importantes du bourg doivent peut-être également leur ampleur à une activité viticole passée.

Le nombre et la taille des dépendances agricoles varie selon la richesse de la propriété. A Contré, elles sont généralement de petite taille et peu nombreuses. On note la présence d'étables, de granges, de toits à bêtes, de quelques hangars rarement imposants et parfois d'un four à pain ou d'une buanderie. Deux pigeonniers de petite taille subsistent à proximité de l'église. Les trous à pigeons et les creux à moineaux sont plus fréquents dans les propriétés plus modestes.

Certaines fermes disposent de leur propre puits, la majorité devant s'approvisionner aux très nombreux puits communs que l'on peut encore voir dans les impasses et les quéreux.

Des demeures à l'architecture simple et modeste

Excepté quelques rares exemples, les logements de Contré accusent une certaine simplicité. De manière générale, le moellon enduit et la tuile creuse constituent la base de l'architecture locale. En effet, la totalité des façades est en moellon de calcaire, généralement enduit : aucune maison n'est édifiée en pierre de taille, matériau plus noble et plus coûteux. Même simplicité dans la couverture avec l'emploi systématique de la tuile creuse, l'ardoise est absente.

Les principales typologies utilisées pour classer l'habitat de la commune sont la cellule charentaise et la maison saintongeaise. La première est un logement de dimensions réduites, comportant généralement une pièce unique en rez-de-chaussée surmontée d'un comble à surcroît autrefois réservé au stockage des grains, et dont les façades comptent une, deux voire aucune travée et peu ou pas de décors. La seconde est une habitation plus vaste, souvent avec un étage habitable voire un comble à surcroît en plus, une façade à plusieurs travées et des décors davantage présents.

Les deux catégories sont bien représentées à Contré. Toutefois, la taille des logements est généralement modeste et le nombre de travées relativement restreint. Les maisons à cinq travées sont très exceptionnelles. En revanche, il n'est pas rare d'observer de petits logements à pièce unique, à une ou deux travées, voire à baies disposées sans ordre.

La décoration des façades est tout aussi sobre. Les principaux décors, typiques de la région, sont le solin (partie légèrement saillante à la base d'une façade), le bandeau (bande horizontale marquant les niveaux), la double génoise (deux rangées de tuile décoratives au sommet d'une façade) et la corniche (surplomb mouluré au sommet d'une façade). Les décors plus élaborés, tels que les encadrements d'ouvertures moulurés, les corniches de portes ou les agrafes sculptées sont rares. Même les plus grandes demeures de Contré présentent des façades très sobres.

Références documentaires

Bibliographie
  • Pays des Vals de Saintonge, CAUE 17. Atlas architectural, 1999.

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