Dossier IA17045652 | Réalisé par
Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur en chef du patrimoine au Département de la Vendée, directeur du Centre vendéen de recherches historiques.

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Talmont-sur-Gironde : présentation de la commune
Auteur
Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur en chef du patrimoine au Département de la Vendée, directeur du Centre vendéen de recherches historiques.

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Copyright
  • (c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

  • Aires d'études
    Estuaire de la Gironde (rive droite)
  • Adresse
    • Commune : Talmont-sur-Gironde

1- L'ancienne baie et ses premiers habitants

Jusqu'au Moyen Âge, Talmont et ses environs présentent le paysage d'une vaste baie, cernée, à l'ouest, par les terres hautes de Meschers, au nord, par celles d'Arces, et, à l'est, par celles de Barzan. Au milieu de cette baie émergent des îlots calcaires, dont celui de Talmont et celui de Dau, et deux presqu'îles, à Palus (Arces) et au Caillaud. Comme tous les actuels marais côtiers le long de l'estuaire, cette baie s'est peu à peu comblée, formant, à partir du Haut Moyen Âge, une vaste zone inondable, marécageuse, couverte d'herbe et de roseaux, et soumise aux marées.

Situé à quelques encablures des sites néolithiques et romains de la Garde et du Fâ, à Barzan, Talmont présente peu de vestiges de ces époques. S'y rattachent peut-être des silos découverts à flanc de falaise, destinés à entreposer des grains. Remontant aux 11e et 12e siècles, des ossements, mis au jour dans les années 1980-1990 à la pointe de Cornebrot, attestent de l'existence à cet endroit d'un cimetière médiéval, peut-être lié à un site d'habitation.

Talmont apparaît dans l'histoire pour la première fois en 1071, lorsque Witbert de Talmont fait don d'une terre à l'abbaye de Lorivaux (Arces), puis, en 1094, lorsque l'archiprêtre Guillaume Laier fait don du castrum Talamonium à l'abbaye de Saint-Jean-d'Angély. La donation, qui mentionne un site fortifié (ou castrum, à défaut de château) et une chapelle vouée à sainte Radegonde, est faite avec l'accord de Ranoul, seigneur de Talmont. D'autres chartes du cartulaire de Saint-Jean-d'Angély mentionnent Talmont et ses seigneurs tout au long du 12e siècle. La châtellenie s'étend alors sur une partie des paroisses de Barzan et d'Arces, notamment vers le site de Lorivaux.

2- Un site très disputé jusqu'au 17e siècle

Le promontoire, avec son site fortifié et son église vouée à sainte Radegonde, constitue, au Moyen Âge, un site hautement stratégique. Cela n'échappe pas au roi d'Angleterre, Edouard 1er, qui achète la châtellenie de Talmont en 1284. Dès lors, il entreprend de faire reconstruire la petite cité, sur les modèles des villes nouvelles ou bastides qu'il multiplie en Aquitaine. Le bourg acquiert alors son plan quadrillé de rues, avec une place centrale, actuelle place de la Priauté. Tout autour se dresse une enceinte constituée de remparts et de demi-tours carrées, dont la tour Blanche.

Dès 1293, Talmont quitte le giron du roi d'Angleterre et fait l'objet de luttes âpres avec le roi de France. En 1338, ce dernier l'érige en comté au profit de Louis de La Cerda, un prince espagnol qui s'est illustré à son service (il deviendra amiral en 1341). Après sa mort et celle de ses fils, Talmont revient au domaine royal. En pleine guerre de Cent ans, la cité fait l'objet de toutes les convoitises. En 1362, le traité de Brétigny la place sous domination anglaise. Les Français la reprennent en 1373.

Au début du 14e siècle, une guérilla navale oppose les gens de Talmont à ceux de Bordeaux, qui occupent brièvement la cité en 1412. Dans les années 1440, Talmont devient même une base de piraterie, à partir de laquelle les bateaux de passage sont pillés ou rançonnés. Ses fortifications sont alors en très mauvais état. Une fois la guerre terminée, en 1492, le roi Charles VIII entreprend de les faire relever. Il est probable que remonte à cette époque, le dépôt de boulets de canons retrouvé en 1972 lors de travaux à l'entrée du bourg, et dont certains sont aujourd'hui visibles dans des jardins ou au coin des rues, ou encore au Musée.

En cette fin du 15e siècle, la seigneurie de Talmont est détenue par Léon de Sainte-Maure, seigneur de Montausier. Sa veuve en rend aveu le 31 décembre 1480. Talmont est aussi le siège d'une viguerie, petite circonscription administrative, judiciaire et financière qui s'étend sur une partie des paroisses d'Arces et de Barzan. Par ailleurs, l'activité du port est déjà si importante qu'elle est soumise à un droit fiscal ou coutume.

Comme toute la Saintonge, Talmont replonge dans les malheurs au moment des guerres de Religion. Dès 1563, elle est prise par les protestants, puis aussitôt reprise par les catholiques. D'autres coups de main ont lieu en 1574 et 1576. Dans les années 1580, l'état des fortifications et de la garnison poussent les gouverneurs de Talmont à demander et/ou obtenir des renforts face aux menaces protestantes.

En 1594, la paix enfin revenue, le roi Henri IV, dans le besoin financier, engage le comté de Talmont auprès de Jean de Vivonne, marquis de Pisany, ancien diplomate et gouverneur du prince de Condé. Talmont passe ensuite, par mariage, à la famille de Crussol d'Uzès. En 1741, Charles-Emmanuel de Crussol d'Uzès vend le fief à Jean-Pierre-Auguste de Narbonne-Pelet. Ses descendants restent à la tête du comté jusqu'à la Révolution.

Entre-temps, Talmont a connu ses derniers soubresauts militaires. Dès les années 1630, le cardinal de Richelieu s'intéresse aux marais entre Talmont et Meschers, pour y faire aboutir un projet de canal qui, venant de Saujon, aurait permis une jonction plus facile entre la Gironde et les pertuis charentais. Il aurait aussi fait commencer des travaux de fortification à la pointe de Cornebrot. Le rôle militaire de Talmont s'exerce encore en novembre 1651 lorsque, dans le cadre de la Fronde, le prince de Condé, opposé au pouvoir royal, remet Talmont entre les mains des troupes espagnoles, avec lesquelles il s'est allié. Au printemps 1652, les troupes royales mettent le siège devant la cité que les Espagnols abandonnent le 18 avril, après avoir démoli les fortifications.

3- Le 18e siècle et la renaissance de Talmont

Au début du 18e siècle, lorsque l'ingénieur du roi Claude Masse visite la région, il trouve une cité de Talmont bien mal en point, qui a perdu bon nombre de ses habitants (environ 1 300 contre 1 800 quelques décennies auparavant). La plupart sont de modestes marins, matelots et journaliers. Masse relève toutefois les atouts du site, sur les plans militaire, économique et portuaire. Il constate que l'anse du Caillaud, ainsi que celle qui s'étire entre Talmont et Dau, sont de bons sites de mouillage pour les navires. Surtout, en 1706, en bon ingénieur militaire, il fait relever une partie des fortifications, en conçoit de nouvelles, en particulier à la porte de ville, et en projette d'autres, très ambitieuses mais jamais réalisées.

Tout au long du 18e siècle, Talmont va connaître une véritable renaissance, grâce à ces atouts, notamment son port. Beaucoup de marins partent en cabotage vers la Bretagne, d'autres en navigation au long-cours jusqu'en Amérique. De plus en plus de marchands, de capitaines de navires et même d'armateurs s'établissent à Talmont, comme Hiacynthe Duplaix des Touches (1749-1817), venu de Saintes, au début des années 1780, rejoindre son beau-père, Jean Neau, capitaine de vaisseaux de commerce ; ou encore Jacques Neau (1710-1782), capitaine de navires, puis son gendre, Auguste Marches (1763-1836), capitaine et marchand. À la fin du 18e siècle, Talmont compte quatre marchands ou négociants, qui commercent avec Bordeaux et les ports de la Gironde, mais aussi des capitaines de navires, des mariniers, des marins du commerce, plusieurs artisans et des meuniers, exploitant les quatre moulins qui se trouvent en haut des falaises du Caillaud.

La renaissance de Talmont passe aussi par ses marais. Décrits comme incultes et fréquemment inondés par Claude Masse au début du 18e siècle, ils sont desséchés à partir de 1781, avec ceux d'Arces et une partie de ceux de Meschers, par Erard-Louis-Guy, comte de Chastenay-Lanty, et par ses associés. Quelques années plus tard, une grande partie des marais nouvellement mis en culture est achetée par la famille Talon (dont Zoé, comtesse du Cayla, favorite du roi Louis XVIII). Une autre partie reste dévolue aux habitants de Talmont, Barzan et Arces : partagée entre eux en 1795, elle constitue la partie sud et est des marais de Talmont, encore aujourd'hui différente des marais desséchés par son paysage plus morcelé.

4- La belle endormie au 19e siècle

Les guerres révolutionnaires et impériales, avec le blocus continental, mettent à mal la prospérité portuaire et commerciale de Talmont. Même si son port est aménagé en 1838, comme beaucoup de ports de l'estuaire, la commune décline tout au long du 19e siècle. Certes, quelques familles et personnalités, parfois liées entre elles par des liens familiaux ou matrimoniaux, continuent à faire fortune à partir de ces activités. Tel est le cas de Grégoire Landon (1791-1870), officier dans la marine de commerce, puis de son fils, Aristide Landon (1819-1896), capitaine au long cours comme son beau-père, Jules Lamothe (1805-1879), tandis que son beau-frère, Antoine-Jules Lamothe est capitaine d'artillerie. De même, Joseph Bignon (1756-1836) est patron de barque, et son gendre, Claude Viollaud (1799-1851), marin comme son fils, Alfred Viollaud (1830-1912). Ce dernier fera don à l'église de la maquette de bateau ex-voto qui s'y trouve toujours.

Dès la première moitié du 19e siècle, Talmont se tourne davantage vers des activités agricoles et artisanales plus traditionnelles, mais moins lucratives. Le nombre de "gens de mer" chute : on n'en compte plus que douze en 1851, sur une population de 377 habitants. Une grande partie des talmonais vit désormais de l'artisanat, notamment autour du textile, et surtout de la terre, en particulier au hameau du Caillaud et dans les quelques fermes et granges en bordure des marais. L'élevage (bovin et ovin) domine, comme le montre la répartition des terres indiquées par le cadastre de 1833 : plus de 80 % de la surface agricole de la commune est en prés, le reste en terres labourables. Le port nouvellement aménagé permet d'expédier vers Bordeaux ces produits, ainsi que ceux de l'arrière-pays, sans toutefois retrouver son niveau d'activité d'autrefois.

Cette économie reste insuffisante pour enrayer le déclin démographique engagé dès la fin du Second Empire : la commune ne compte plus que 238 habitants en 1886, 142 en 1911. Dès lors, Talmont, avec ses quelques artisans et commerçants, et ses maisons abandonnées, offre un triste visage aux premiers touristes de passage. Le site ne manque pourtant pas d'intérêt esthétique mais aussi historique, comme le montre le classement de l'église au titre des monuments historiques, dès 1890.

5- Au 20e siècle, Talmont au centre de toutes les attentions

Tandis que la commune semble endormie, sa géographie et sa situation en bord d'estuaire aiguisent fortement les appétits à partir de la Première Guerre mondiale. En 1917-1918, les troupes américaines, nouvellement engagées dans le conflit, donnent le coup d'envoi en commençant à établir une vaste zone portuaire qui s'étend sur le plateau du Caillaud et sur les marais, en faisant disparaître au passage le rocher du Sphinx. Une fois ces troupes parties, un projet tout aussi ambitieux est défendu, dans les années 1920, par Paul Métadier, maire de Talmont, puis de Royan. Une des versions du projet prévoit la création de grands bassins et de quais massifs, capables d'accueillir des navires imposants, le tout complété par une station pétrolière au Caillaud, et par une immense gare de triage et des entrepôts dans les marais.

Alors que ce projet suscite bien des débats, jusqu'à son abandon, une poignée de pêcheurs commence à s'adonner à la pêche à l'esturgeon, capturé en vue de la préparation du caviar, à l'instar de ce qui se pratique plus au sud, à Mortagne et surtout à Saint-Seurin-d'Uzet. Dans le même temps, beaucoup de talmonais se livrent sur les rochers, à marée basse, à la pêche aux huîtres ; des huîtres portugaises introduites en 1868, à la suite du naufrage d'un bateau en provenance du Portugal qui s'était mis à l'abri dans l'estuaire durant une tempête.

À terre, les préoccupations sont tournées vers l’électrification, l'adduction d'eau, la consolidation de la falaise à l'aplomb de l'église, la restauration de cette dernière, et déjà, plus généralement, la mise en valeur du village, avec la création, en 1942, d'une première société des amis de Talmont. La lutte contre les éléments est un autre souci pour les habitants, comme au cours des siècles précédents. En 1924, 1936 et 1941, les marais sont submergés, obligeant à chaque fois à reconstruire les digues.

Malgré tout, Talmont attire de nouveaux amoureux de son site, à l'image des époux Desmant, venus de Tours, qui se font construire une nouvelle maison face au port ("maison de la Douane") et un belvédère près de la tour Blanche ; ou d'Alexandre Pellisson qui, dès 1908, a fait reconstruire le logis de la Fond. D'autres installent les premiers carrelets le long des falaises. Des lieux de fête et de détente prospèrent dans l'Entre-deux-guerres : le restaurant "les Flots", au Caillaud, ou encore un salon de thé dans un belvédère à flanc de falaise sur la roche du Caillaud. Cet attrait ne suffit pas à inverser la courbe démographique : Talmont ne compte plus que 120 habitants en 1921, 106 en 1931.

Talmont traverse la Seconde Guerre mondiale avec quelques soubresauts. Le 24 juin 1940, l'Amiénois, un cargo transportant entre autres des canons de DCA (Défense contre les avions), se saborde au large du promontoire afin de ne pas tomber dans les mains de l'occupant. Les parties hautes de son épave restent visibles au-dessus de l'eau pendant de nombreuses années. En 1944-1945, durant les événements de la L'inventaire de l'estuaire de la Gironde : Talmont-sur-Gironde. www.inventaire.poitou-charentes.fr 6Poche de Royan, Talmont est en première ligne face à Meschers, première position encore tenue par les Allemands. Des tirs sont échangés dans les marais, et des obus endommagent des maisons. En novembre 1944, la population civile est évacuée.

Après la Libération, Talmont connaît, en 1955-1956, un dernier épisode militaire : en pleine Guerre froide, les autorités américaines établissent brièvement, au large du Caillaud, une jetée mobile, reliée à la falaise par un téléphérique, afin de décharger du matériel et de tester la possibilité de créer un port artificiel. Ce projet reste sans lendemain.

6- Un site touristique majeur et fragile

L'essentiel pour Talmont est désormais ailleurs : alors que sa population permanente continue à décroître (159 habitants en 1954, 79 en 1982), il s'agit pour la commune de protéger et de valoriser son site qui attire de plus en plus de visiteurs. Signe de cet engouement croissant, un boulanger de Cozes est autorisé, en 1951, à installer un stand à l'entrée du village pendant l'été. Au début des années 1960, après une nouvelle campagne de restauration de l'église et de ses murs de soutènement, une promenade pour les touristes est créée tout autour du promontoire, l'église est mise en lumière, et de nouveaux commerces s'installent à l'entrée du village. En 1966, est créée, pour la seconde fois, une Société des amis de Talmont, qui ouvre un musée d'histoire locale et de la pêche en 1976.

Les projets de marina dans le port, en 1972-1973, ou encore de pont sur l'estuaire, en 1980 et en 1990, provoquent à chaque fois des levées de bouclier. En 1975, le classement du site de Talmont est décidé. En 1995, un syndicat mixte pour la restauration et l'animation de Talmont-sur-Gironde est créé, associant la commune et le Conseil général de Charente-Maritime. Il a pour objectif de mieux gérer ce qui est devenu un lieu touristique majeur, recevant toujours plus de visiteurs (500 000 chaque année, pour seulement 88 habitants en 2010). La tempête de 1999, provoquant d'importants dégâts, vient toutefois rappeler toute la fragilité de ce site. Malgré ces aléas, l'homme continue à imprimer sa marque, comme le démontre la plantation récente de vignes sur le plateau du Caillaud.

La commune de Talmont-sur-Gironde, d'une superficie de 444 hectares, se situe sur la rive droite de l'estuaire de la Gironde. Entourée par les communes d'Arces et de Barzan, elle présente une façade sur l'estuaire large de trois kilomètres, et s'enfonce à l'intérieur des terres sur environ un kilomètre et demi.

Le bourg de Talmont, dominé par l'église, est juché sur un promontoire rocheux. Entouré de falaises hautes parfois de six mètres, ce promontoire est en fait un ancien îlot calcaire ; il était complètement séparé du rivage, à l'époque où l'estuaire baignait l'espace aujourd'hui occupé par des marais, jusqu'aux terres hautes d'Arces et Barzan. De cet îlot s'en détachait un autre, à l'ouest : appelé "rocher du Sphinx" en raison de sa forme, il a été détruit par les Américains en 1918 dans le cadre de leur projet de port.

À l'est de ce promontoire, la petite anse du Caillaud est en cours d'envasement. Les vases et les herbes l'envahissent peu à peu. L'ancienne digue en pierre qui contourne l'anse paraît aujourd'hui bien inutile, tout en conservant tout son intérêt lors des coups de mer. À la limite du promontoire, le port est installé sur un chenal qui perce les vases.

Au-delà de cette anse, le hameau du Caillaud est installé sur un autre promontoire rocheux, une ancienne presqu'île reliée aux terres hautes de Barzan par un isthme. Ce promontoire, incliné vers le nord, culmine au sud à 24 mètres d'altitude, puis tombe à pic dans l'estuaire en d'impressionnantes falaises. Ces dernières courent depuis la pointe de Cornebrot, à l'ouest, jusqu'à la pointe de la Roche, à l'est, puis obliquent vers le Porteau de Haut en surplombant la baie de Chant-Dorat. Le plateau au sommet du promontoire, autrefois occupé par des champs et des moulins, l'est depuis peu par des vignes. Plus d'une quinzaine de carrelets s'égrènent près de la pointe de Cornebrot.

À l'ouest du bourg et de son promontoire s'étire une autre anse, bien plus ample que celle du Caillaud. Longée par une digue et par la route qui conduit à Meschers, elle relie Talmont à la pointe de Dau. Soumise au flux et au reflux de l'estuaire, cette anse commence elle aussi à être envahie par les vases et la végétation, dans sa partie est.

L'essentiel du territoire de la commune est constitué de marais desséchés, qui se prolongent sur une petite partie de la commune d'Arces-sur-Gironde, jusqu'au ruisseau de Bardécille, et même sur la commune de Meschers. Tous ces marais sont protégés de l'estuaire, d'une part par la digue que longe la route de Talmont à Meschers, d'autre part par celle qui contourne l'anse du Caillaud.

Ces marais regroupent plusieurs entités différentes par leur paysage et leur organisation. Les deux tiers, appelés marais de la Cabane, de part et d'autre de la route surélevée de la Passe, sont formés de vastes parcelles quadrangulaires délimitées par des canaux et des fossés. Consacrées pour l'essentiel à la céréaliculture mais aussi à l'élevage, ces parcelles sont ponctuées de quelques tonnes de chasse. Ces marais sont le résultat des dessèchements de la fin du 18e siècle.

Au nord, en limite d'Arces, et au sud-est, à l'arrière du Caillaud, de la Fond et du Porteau de Bas, le Petit Marais et les marais de Talmont sont constitués de parcelles plus petites et plus longilignes, la plupart en prés, séparées par des fossés et des haies de tamaris. Il s'agit là des anciens marais communaux, créés au moment des dessèchements dans les années 1780, puis partagés entre les habitants au moment de la Révolution. Un pont, franchissant un ruisseau, relie ces marais aux terres hautes d'Arces.