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Commanderie d'hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem dite commanderie de Condat

Dossier IA24001414 réalisé en 2011
Genred'hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem
Appellationscommanderie de Condat
Parties constituantes non étudiéescolombier, vivier, communs, écurie, poulailler
Dénominationscommanderie
Aire d'étude et cantonVallée de la Vézère - Terrasson-Lavilledieu
AdresseCommune : Condat-sur-Vézère
Lieu-dit : Bourg
Cadastre : 1825 A1 475, 483, 485, 486, 497, 498, 546 à 552, 563 ; 1986 AB 8, 10, 18, 20, 39, 46, 227

La commanderie de Condat est fondée par l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem sans doute dès le XIIe siècle ou au plus tard au début du XIIIe. La première trace écrite de la présence de frères hospitaliers de l'ordre se trouve dans une charte datée de septembre 1239 et passée entre l'évêque de Périgueux, Pierre de Saint-Astier, et l'un des archidiacres du diocèse, Guillaume de Salagnac, dans la commanderie de Condat ("in hospitali de Condato"). Le premier acte faisant état d'un commandeur à Condat date, quant à lui, de 1291. Une première "maison" est érigée au cours de cette période, comprenant une tour maîtresse bordant le ruisseau Coly, à l'est, à laquelle est adossé un corps de logis quadrangulaire abritant une salle seigneuriale, à l'ouest, selon une disposition qui se voyait au château des évêques de Périgueux à Plazac ou encore au château de La Salle à Saint-Léon-sur-Vézère. Selon une charte de coutumes accordée par le grand prieur de Saint-Gilles aux habitants de Condat, le 9 février 1308, le commandeur détenait alors la basse et moyenne justice seigneuriale sur la paroisse.

En 1315, le Grand Prieuré de Saint-Gilles est scindé en deux : la partie occidentale, formée du Haut-Languedoc, de la Guyenne, de la Gascogne, de la Bigorre, de la Biscaye et du comté de Foix en est détachée pour former le Grand Prieuré de Toulouse, dont dépend Condat. Les Anglais assiègent Condat en 1373. En 1376, les vicomtes de Turenne remettent la haute justice à la commanderie de Condat ; à partir de ce moment, celle-ci est titulaire d'une seigneurie spirituelle, justicière, foncière et banale. Le commandeur, investi du titre de comte de Condat, siège dans une des salles de la commanderie qui fait office de tribunal. Le rôle du commandeur était à la fois celui d'un administrateur, d'un responsable religieux et d'une autorité civile. Un régisseur suppléait le commandeur dans toutes ses tâches de gestion. Les revenus de la commanderie étaient envoyés au Grand Prieur de Toulouse qui en versait la plus grande partie au trésor de l'ordre. Il était aussi responsable de la bonne exécution du service religieux, de l'entretien de l'église Saint-Blaise et du cimetière paroissial. Au plus fort du conflit armé opposant la couronne de France à la dynastie Plantagenêt, la commanderie, l'église Saint-Blaise et l'ensemble du village de Condat font l'objet d'une remise en défense, ce qui ne les a pas empêché de faire l'objet de destructions, sans doute aux environs de 1398-1399, avant ou pendant le siège de Montignac.

Au sortir de la guerre de Cent Ans, les bâtiments font l'objet d'importants travaux de remise en état. A la toute fin du XVe siècle ou au début du suivant, la tour-maîtresse, l'édifice le plus touché, est réédifiée presque de fond en comble et dotée d'un chemin de ronde sommital crénelé sur mâchicoulis, avec le corps de logis attenant, soit par Jean de Léoncel (commandeur de 1489 à 1499), soit par François Flotte (de 1501 à 1519).

Toutefois, la plupart des bâtiments de la commanderie (l'église, les moulins, la "maillerie", les ponts, le port, la pêcherie, etc.) sont réédifiés à partir de 1545 par le commandeur François de Touchebœuf-Clermont. Cette campagne de travaux concerne surtout le corps de logis principal, qui est agrandi, embelli et mis au goût du jour, notamment par l'ajout d'un nouvel escalier rampe sur rampe dans un pavillon de plan rectangulaire et l'établissement d'un pont reliant directement le logis au vaste jardin d'agrément situé au sud. Celui-ci, qui comprend une partie plantée en vignes, est doté à cet endroit comme il est habituel d'un "beau grand" colombier de plan carré sur piles couvert d'ardoises.

Occupée et pillée par les protestants dans les années 1570 et 1580, la commanderie est reprise en main par un nouveau commandeur, André de Martin-Puyloubier, qui entreprend la remise en état des bâtiments, tout spécialement de la "grande tour" orientale en 1588, puis encore en 1595 et 1605.

Les premières années du XVIIe siècle sont consacrées à une remise en état générale du château et des dépendances. Dans les années 1680, une nouvelle campagne de restauration importante, touchant notamment la façade sud de la demeure, est entreprise par le commandeur Henri de Thomas de Lavalette. Enfin, on peut citer la campagne de travaux réalisée par le commandeur Armand de Bourbon-Malauze à partir de 1731, qui modernise le corps de logis et se consacre à la replantation du jardin. C'est sans doute à la fin de ces travaux de grande ampleur que le commandeur fait lever le plan du bourg par le "sieur de Turgis", vers 1738 - au plus tard en 1741, date de la mort du commandeur Bourbon-Malauze dont les armes figurent dans un cartouche du plan.

La commanderie de Condat devient la maison principale de l'ordre de Saint-Jean en Périgord au cours du XVIIIe siècle, et ce jusqu'à la Révolution, où ses biens sont vendus comme biens nationaux. En 1828, l'ancienne commanderie passe aux mains du comte de Mirandol. Ses héritiers vendent l'ensemble en 1951 aux derniers propriétaires, les Chabrelie, commercialisant la noix. Le grand moulin accueille logiquement une minoterie pour l'exploitation de noix, mais le château subit des destructions et transformations importantes liées à son nouvel usage industriel.

Période(s)Principale : 12e siècle, 1er quart 13e siècle
Principale : limite 15e siècle 16e siècle
Principale : 2e quart 16e siècle , daté par source
Secondaire : 4e quart 17e siècle , daté par source
Principale : 2e quart 18e siècle , daté par source
Secondaire : 19e siècle
Secondaire : 20e siècle
Dates1545, daté par source
1588, daté par source
Auteur(s)Auteur : Touchebœuf-Clermont François de
Touchebœuf-Clermont François de

Commandeur et comte de Condat de 1543 à 1554.


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Auteur : Martin-Puyloubier André de
Martin-Puyloubier André de

Commandeur et comte de Condat de 1586 à 1606.


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Auteur : Thomas de Lavalette Henri de
Thomas de Lavalette Henri de

Commandeur de Condat de 16 à 16.


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Auteur : Dufraysse Etienne
Dufraysse Etienne

"Architecte" du marquis de Hautefort dans la seconde moitié du XVIIe siècle : il intervient notamment pour la construction de l'hôpital d'Hautefort et propose un projet pour la reconstruction du pont de Montignac. C'est sans doute lui qui est appelé à Condat pour refaire (en partie) la façade sud du logis du commandeur : le 6 mai 1681, après avoir passé deux jours sur place et avoir dresser un plan des travaux à faire, il en rédige un procès-verbal (Arch. départ. de la Haute-Garonne, 1H Malte Reg. 557 : "Améliorissement" de la commanderie de Condat, 18-29 février 1690, mention).


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La commanderie hospitalière de Condat était un véritable domaine agricole et industriel. Le site a su conserver son unité au cours des siècles ; l'ensemble est composé d'un grand corps de logis, appelé "château" dans les textes, complété d'un vivier, d'un jardin et de communs, de l'église, et de diverses installations le long du canal de dérivation du Coly. Au sud se trouvait la "maillerie" construite en 1614, aujourd'hui disparue, au nord et à côté de l'église le grand moulin à trois paires de meules, enfin le petit moulin à blé donnant sur la Vézère, dont la paire de meules était actionnée par le déversoir de son voisin. Dans le prolongement du grand moulin se trouvaient les fours banaux. Enfin, devant l'église et entre les deux moulins se situait l'ancien presbytère, un corps de logis Renaissance avec escalier en vis hors-œuvre, en partie détruit en 1915 suite à un incendie.

Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler

Annexes

  • ANNEXE I : Extraits du Procès-verbal de visite des travaux de la Commanderie de Condat fait par François de Toucheboeuf-Clermont, 26 octobre 1551 (Arch. dép. de la Haute-Garonne, H Malte Condat 100 ; Arch. départ. de la Dordogne, Relevé chronologique..., A 271, p. 29-30).

    « Condat. Verbal d'améliorissement de la commanderie de Condat et membres en dépendant fait par M. le commandeur de Touchebœuf.

    [...]

    [Condat]

    Et le vingt-sixième jour suivant, nous sommes transportés au lieu de Condat, chef de ladite commanderie, où ledit seigneur commandeur nous a dit avoir fait beaucoup de réparations lesquelles nous a montrées en présence des témoins ci-après examinés.

    Et premièrement un beau grand corps de maison tout à neuf où il y a cave et cellier dessous, plus salle basse et haute dont à l'un des bouts y a cuisine basse et garde-manger et à l'autre bout une belle grande dépense et au côté une bouteillerie sous la vis et repos et a dessus autre salle avec chambres et garde-robes des deux bouts et autres chambre et garde-robe sur le cellier et côté de la salle, le tout prenant leur service par ladite vis en repos.

    Au-dessus de laquelle [vis, ledit commandeur] a fait faire un beau cabinet tout de pierre de taille pour tenir les titres de ladite maison, le tout bien et honorablement meublé et vitré et au-dessus les beaux grands greniers.

    Plus, nous a montré un beau jardin joingnant a ladite maison où il a fait faire un beau grand colombier où il a vignes partie du jardin.

    En outre, nous a montré avoir fait un devant de moulin qui était ruiné tant de muraille, meule que fustage, aussi le moulin à huile, acheté les pierres et fait les metz et acheté la [...] pour le service d'icelui.

    Plus, a l'autre moulin qu'est au-dessous : [il a] acheté une meule, tout à neuf, et le tout recouvert et mis en bon état pour ce qu'il s'en allait en ruine, aussi entre lesdits moulins pour ce qu'il y a four bannier, acheté une place et fait bâtir un beau grand four tout à neuf, et fait bâtir un pont de pierre pour passer audit four.

    Plus, dit avoir fait réparer les chaussées desdits moulins et bâti de muraille et fait une grande chaussée toute de pierre et nettoyer le gardier [i.e., "gardoir" = vivier] et bâti tout autour et fait un beau grand pont de bois tout neuf pour sortir dehors du village lequel est tenu de faire pour ce qu'il y prend péage.

    Pareillement, a acheté deux bateaux pour passer la riviere de Vezere pour ce que le port est a lui au dessus, duquel a fait une belle pechere pour prendre du poisson.

    Aussi dit et nous a montré avoir fait réparer la grange de ladite commanderie, huis de portes, murailles que autres choses nécessaires et fait un beau grand poulailler et deux décharges, tout à neuf près de ladite grange.

    Plus, nous a montré et présenté au dessus le pré de la Commanderie joignant a la ville et il a acquis une autre pièce de terrain joignant à icelluy et à la rivière où il a fait planter grande quantité d'aubiers et fait conduire l'eau de sa péchère dans ledit pré.

    Aussi, nous a montré le bois de ladite Commanderie lequel d'antiquité est en ruine sinon depuis qu'il est Commandeur qu'il le fait garder et en fait partie [en] taillis.

    Nous a montré la vigne de ladite Commanderie, laquelle il nous dit avoir fait ceindre de murailles et fait les reconnaissances dudit lieu.

    Davantage, dit que un gentilhomme nommé M. de La Salle avait eu permission du roi de Navarre [de] faire un moulin à blé du côté de la rivière de Vézère avec un écu de rente, et pour ce que la chaussée prenait toute l’eau, ledit commandeur l’a mis en procès […].

    […]

    Et premièrement, M.es Aymeric Barradier, âgé de quarante ans ou plus, habitant de Villac, Jean Remoux, âgé de quarante ans, habitant de la paroisse de Saint-Lazare, maîtres maçons, après avoir vu les susdites réparations […] disent au serment qu’ils ont fait après avoir bien vu et visité lesdites réparations savoir et être vrai que ledit seigneur commandeur les a fait faire depuis six ans en ça [i.e., 1545], lesquelles étaient grandement nécessaires pour ce que tant la maison que moulin s’en allaient du tout par terre et se disent savoir pour ce que, eux-mêmes, ont fait tout ce qui concerne le fait de maçonnerie que est le grand corps de maison haut et bas, redressement de moulin, gélinier et autres choses comprises dans la déclaration dudit commandeur pour lesquels ouvrages disent en avoir eu pour façon de susdite maison compris pierre, chaux et sable, manœuvres, charrois et dépenses, la somme de deux mille livres. Pour ce.............................................................................................................. 2 000 l.trs.

    Plus, pour le four et pour fait tout à neuf disent avoir eu pour ce soixante livres. Pour ce........ 60 l.trs.

    Plus, pour les réparations du moulin et chaussées au long de la rivière du Coly et pierre du pressoir d’huile, cent dix livres. Pour ce........................................................................................................................... 110 l.trs.

    Et pour les réparations faites aux pêcheries, trente livres. Pour ce............................................. 30 l.trs.

    Et pour la maçonnerie du pigeonnier, soixante livres. Pour ce.................................................... 60 l.trs.

    Item, pour le poulailler où il y a étable au-dessous pour les pourceaux et un autre pour les oies ; paver et dedans et dehors et pour réparer la grange quarante livres. Pour ce............................... 40 l.trs.

    Plus, pour blanchir et carreler de briques ladite maison pour n’avoir pu trouver les maîtres qui ont fait ledit ouvrage que l’on estime moyennant leur serment à la somme de six-vingts livres [120 l.trs.].

    Disent eux qui déposent avoir fait le susdit ouvrage concernant ladite maçonnerie moyennant la susdite somme de laquelle ils ont été très bien payés et s’en tiennent pour contents et s’il n’était à faire ne le feraient à moindre prix […] et plus n’ont dit.

    Et ce fait, avons appelé maître Jean Tommas, maître charpentier, habitant de Meirat en Quercy et âgé de trente-cinq ans ou plus, lequel a fait la charpenterie [des] dessus dites réparations et maître Léonard Guyber, menuisier, habitant dudit Condat, âgé de trente ans ou plus, auxquels avons donné le serment sur les quatre saints Évangiles de Dieu de dire bonne et vrai vérité sur ce que par nous seront interrogés.

    Interrogés s’ils savent que les susdites réparations dessus spécifiées et par nous à eux montrées ont été faites aux dépens dudit commandeur ni combien elles pourraient avoir coûté.

    Disent audit serment qu’ils ont fait, ledit seigneur commandeur avait fait faire lesdites réparations depuis six ans en çà lesquelles sont belles et grandes et fort nécessaires et après avoir coûté ensemble, disent que ce que touche le fait de charpenterie de la maison faite à neuf ont estimé tant pour l’achat du bois, charroi, dépenses que manufacture à la somme de trois cents livres. Pour ce............................................................. 300 l.trs.

    Pour avoir remis à l’église certains chevrons ou lattes, trois livres. Pour ce................................. 3 l.trs.

    Pour le fustage et lattes du gélinier et étable, trois livres. Pour ce............................................... 3 l.trs.

    Pour le fustage et lattes du colombier, cent livres. Pour ce........................................................ 100 l.trs.

    Pour le fustage du four cinquante livres, en ce compris bois, charroi, dépenses et manufacture. Pour ce 50 l.trs.

    Plus, pour la menuiserie faite en ladite maison, pour six croisières à quatre livres pour croisière, vingt-quatre livres. Pour ce......................................................................................................................................... 24 l.trs.

    Pour neuf demi-croisées, dix-huit livres. Pour ce.......................................................................... 18 l.trs.

    Pour neuf châlits, trente-six livres. Pour ce................................................................................... 36 l.trs.

    Pour deux buffets, la somme de sept livres. Pour ce...................................................................... 7 l.trs.

    Pour huit tables, seize livres. Pour ce............................................................................................. 16 l.trs.

    Pour trois chaires, 30 sous. Pour ce.................................................................................................... 30 s.

    Pour trois bancs, 30 sous. Pour ce...................................................................................................... 30 s.

    Pour sis escabelles trente sous. Pour ce............................................................................................. 30 s.

    Pour le pont de la ville, treize livres. Pour ce................................................................................. 13 l.trs.

    Ladite en somme totale, ce que concerne le fait de menuiserie estimé par les susdits maîtres et par eux fait à neuf, la somme de cent dix-huit livres dix sous. […] et plus ont dit récolés et persévéré.

    Et ce fait, ledit seigneur commandeur nous a exhibé M.e Roc Lepreux, et âgé de trente ans, et Jean Boisse, âgé de quarante ans, maître ferruyeur, habitant de la ville de Montignac-le-Comte, auxquels et chacun d’eux a nous donné serment sur les quatre saints évangiles de Dieu, de dire bonne et vrai vérité sur ce que par nous seront interrogés, ce qu’ils nous ont promis.[…]

    Interrogés, après leur avoir fait montre desdites réparations, s’ils sachent avoir été faites aux dépens dudit seigneur commandeur ni combien peuvent avoir coûté la ferrure touchant les grilles et autres ferrements touchant leur art. Disent au serment qu’ils ont fait, après avoir le tout bien vu et consulté ensemble, les susdites réparations avoir été faites depuis cinq ou six ans ça, aux dépens dudit commandeur, et ce disent savoir pour ce que eux qui déposent ont presque tout fait et l’ont estimé, moyennant leur dit serment, le tout concernant leur art, à la somme de cent vingt-six livres dix sous, et tout en ont eu dont se tiennent pour bien satisfaits et s’ils étaient à faire, ne le voudraient faire à moindre prix […] ; pour ce.................................................. 126 livres [sic].

    Et ce fait, ledit seigneur commandeur nous a exhibé Arnaud Lavergne, âgé de soixante ans, et Arnault Lavaisse, âgé de trente ans, habitants du bourg d’Aubas, maîtres couvreurs, auxquels après leur avoir fait montre oculaire des susdites réparations concernant leur art, les avoir interrogés, moyennant serment sur les saints Évangiles par eux prêté, s’ils savent les susdites réparations avoir été faites aux dépens dudit commandeur ni qu’elles peuvent avoir coûté. […] Disent moyennant leur serment, les susdites réparations de couverture, tant de église, maison, moulin, four, gélinier et colombier avoir été recouvert par eux et aux dépens dudit seigneur commandeur et que tant pour leur peine, tuile, charrois, manœuvre que dépens peuvent bien avoir coûté deux cent soixante livres ou plus et que s’ils étaient à faire ne le voudraient entreprendre à moindre prix et de leur peine s’en tiennent pour contents et bien satisfaits […].

    Et ce fait, en défaut des maîtres-vitriers, desquels n’avons pu [trouver], avons montré aux susdits maîtres tant maçon, charpentier, menuisier que ferryeur, les vitres que ledit seigneur a fait faire en icelle maison pour icelle estimer. Lesquels, après avoir le tout bien vu et consulter ensemble, moyennant leur serment au préalable prêté, les susdites vitres pouvoir valoir la somme de vingt-et-une livres cinq sous, pour ce....... 21 livres 5 sous.

    Et ce fait, ledit seigneur commandeur nous a dit avoir fait faire autres réparations dans les moulins de ladite commanderie et pour justification de ce nous a exhibé Antoine Roubinié, âgé de cinquante ans, et Léonard Labalbarie, âgé de soixante ans, tous habitants de Condat […] disent tous ensemble, moyennant leur dit serment qu’il y a environ huit ou neuf ans que ledit seigneur commandeur fut pourvu de cette commanderie, pour ce que la maison était tout en ruine et s’en allait par terre, était contraint à les loger au village, quoi voyant mit tout par terre et l’a faite refaire tout à neuf en la sorte qu’elle est, et pareillement le jardin, colombier, réparations de l’église, moulins, pêcherie, enclos et autres choses dessus et spécifiées […]. »

  • ANNEXE II : Copie du prix-fait du château de Condat donné à Jacques Teissandier, 18 juillet 1605 (Arch. départ. de la Haute-Garonne, H Malte Condat 99).

    Transcription Chabrelie 2011, p. 36-37 [revue, corrigée et annotée X. Pagazani] :

    « Aujourd’hui, dix-huitième jour du mois de juillet mil six cent cinq, au bourg de Condat en Périgord et en la maison de Jacques Teissandier, avant midi, par-devant moi notaire et témoins bas écrits et [?], a été présent et personnellement constitué révérend frère André de Martin-Puyloubier, chevalier de l’ordre Saint-Jean de Jérusalem, seigneur commandeur etc., commandeur de Condat et annexes dépendantes d’icelle et de Nice, lequel, de son bon gré, a baillé à prix-fait à sieur Jacques Teissandier, marchand, habitant audit Condat, illec présent, stipulant et acceptant, pour lui et lesdits siens à l’avenir, les réparations que s’ensuivent, savoir est :

    le moulin bas, autrement le petit moulin à blé étant audit Condat […].

    Plus, sera tenu ledit Teissandier, comme a promis, faire accommoder les portes et fenêtres du grand moulin […].

    Item, fera recouvrir le pressoir […].

    Item, sera tenu comme a promis et comme est tenu ledit Teissandier, fera couvrir le four de tuiles […].

    Plus, sera tenu, comme a promis ledit Teissandier, faire faire la Maillerie de là où elle est et [?] de l’agrandir […].

    Item, plus sera tenu, comme a promis le sieur Teissandier, couvrir une partie du château dudit seigneur étant au présent lieu, depuis le degré et entrée d’icelui jusqu’à la grande tour, de pierre, sans tuile, et ladite tour d’ardoise, ensemble la tour des degrés, et y fournir tous bois, tant gros que menus, neufs et de recette, et accommoder les murailles pour mettre les bois et sols.

    Faire toutes les planchages des salles et chambres, tant au corps de logis que à la grande tour, et y mettre les poutres, traves, soliveaux, chevrons, ais et iceux ais clouer, bien et dûment ; et paver les salles et chambres de pierres neuves, sauf le dessous de la grande tour et le dessous aussi de la chambre qu’est au tenant de la grande tour ; faire faire les greniers de iceux, bien et dûment, planchers de bons ais ; et faire mettre à la grande tour une girouette de fer.

    Plus, sera tenu ledit Teissandier, de faire remettre les marches qui en sont à dire au degré, ensemble celles qui se tienneront les plus gâtées, ne pouvant servir à dire de métier.

    Et aussi sera tenu de faire toutes les portes et fenêtres, tant dudit corps de logis, tour que escalier, de bas en haut, comme elles étaient auparavant et comme on a de coutume faire aux châteaux et les fermer de palles, goussets, verrous, serrures et autres choses y nécessaires ; et mettre à la croisée de la salle basse les verges [lire : "meneau" ou "traverse"] de pierre qui en sont à dire ; faire accommoder la voûte d’icelle et ce qui y sera de besoin, ensemble la voûte de celle qui est à la salle haute de par dessus et accommoder les chevilles et fourneaux desdites salles en bon état, comme elles étaient auparavant ; et faire remettre un cartier qui est gâté à la cheminée de la grande tour et icelui fourneau hausser comme il était auparavant ; plus y mettre une verge de pierre visant vers le jardin et accommoder la voûte d’icelle ; et faire les verges de pierre des autres deux fenêtres du côté de la basse cour et accommoder les voûtes d’icelles, si il est nécessaire ; et faire les escaliers de bois pour monter des chambres de la grande, et rapier et acoustier [lire : "acoustrer", "accoutrer" = Pourvoir de ce qui est nécessaire.] la muraille de la porte de ladite tour venant du corps de logis ; griffonner et blanchir tant le corps de logis, tour, chambres, salles que escaliers, ce qui sera nécessaire, sauf le bas de la grande tour.

    Ensemble, sera tenu faire un pont sur l’eau pour aller au jardin, comme il était auparavant.

    Plus, sera tenu de faire bâtir le machicol de la grande tour de pierre et briques ; ensemble de faire les portails [lire : "vantaux du portail"] de la basse-cour, doubles, garnis de bons gonds, bons et forts palles, verrous, barres, serrures et clés ; et accommoder le privé de la tour comme il était par le passé.

    Et le tout ce que dessus, ledit Teissandier a promis, comme sera tenu faire en bon et dû état et formes dues, le jour et fête de la Noël prochain venant, sauf de ladite Maillerie qu’il sera tenu faire dû le jour et fête de Pâques prochain, le tout à peine de tous dépens, dommages et intérêts, et pour le prix de deux milles soixante livres […]. »

  • ANNEXE III : Procès-verbal de visite de la Commanderie par le frère Jean Rigal, septembre-décembre 1614 (Arch. départ. de la Haute-Garonne, 1H Malte Reg. 469).

    Transcription Chabrelie 2011, p. 37-39 :

    « Le présent livre contient la visite que frère Jean Rigal, religieux de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, commandeur de Goutz a fait en la commanderie de Condat et ses membres ès mois de septembre, octobre, novembre et décembre en l’an 1614.

    […]

    Condat.

    Le chef de Condat est sis à une lieue de Montignac-le-Comte en Périgord, diocèse et sénéchaussée de Sarlat, et consiste en un bourg auquel au temps passé avait une fort belle maison bâtie en forme de château que le feu sieur commandeur frère François de Touchebœuf fit agrandir et bien accommoder l’an 1546. Toutefois fut depuis brûlée et entièrement ruinée aux dernières guerres, étant le sieur commandeur de Puyloubier allé à Malte pour rendre les comptes de la recette du Prieuré de Toulouse, par le moyen d’un des habitants dudit lieu nommé Jacques Teissandier dit Baillot qui pour régner et dominer sur les pauvres sujets de la commanderie procura ladite ruine.

    Depuis, ledit feu sieur de Puyloubier étant revenu de Malte en l’an 1605 fit réparer avec grande diligence une partie de ladite maison et en icelle fit faire, savoir :

    au bas et à plain-pied de l’entrée une salle basse avec sa décharge et une petite dépense qui est sous le degré qui monte à la salle haut, lequel degré est à repos, de pierre de taille.

    Joignant ladite salle a fait faire une chambre et les greniers au-dessus, auxquels on monte par ledit degré et au bout d’icelui, du côté de main droite y a un petit cabinet mais parce que ledit sieur bailla ladite réparation à prix-fait à des personnes qui ne se sont guère bien acquittées ayant chargé les planchers desdites salle et chambre d’un pavé fort pesant la plupart des poutres que les soutiennent ont crevé ce qui a contraint le commandeur Rigal d’y faire remédier pour éviter la totale ruine qui causerait plus de quatre ou cinq cents écus de dommages outre l’hasard détruit tout ce qui se pourrait trouver audit château, ayant ledit Rigal baillé à remettre des poutres ou sommières pour soutenir lesdits planchers lorsqu’il bailla à réparer les moulins.

    Comme aussi, ledit feu sieur de Puyloubier fit une belle tour carrée joignant ladite chambre ; au-dessous de laquelle a fait faire les prisons et au-dessus une antichambre qui sert de décharge à ladite chambre voisine de la salle, et plus haute une autre chambre à laquelle on monte par un degré de bois assez usé.

    Et a fait réédifier ce qui était ruiné des murailles qui ferment la basse-cour de ladite maison et fait de bonnes et fortes portes et fermetures de menuiserie, avec leurs vitres à ladite salle et chambre qui sont encore entières, fors que en l’une de celles de ladite chambre y a dix ou douze carreaux de rompus par le mauvais temps.

    Joignant ladite maison en y a encore une partie à réparer qui contient six cannes de larges [env. 11,7 mètres] et environ sept ou huit de long [env. 13,65 ou 15,6 mètres] n’y ayant que seulement les murailles ; et au dessous dudit corps de logis ruiné y a encore une des plus belles caves de tout le pays. Pour réparer ledit logis et le rendre logeable et à son entière perfection, coûterait de cinq à six cent écus ou deux mille livres ; et avec cela ladite maison se rendrait si logeable [que toute autre] maison de commanderie de toute la langue.

    Joignant ladite maison, passe un ruisseau qui se nomme le Coly qui fait moudre les moulin et battant de ladite commanderie et fournit d’eau au fossé de ladite maison qui sert de gardoir [vivier] pour tenir des poissons.

    Au-delà dudit fossé est le jardin ou verger de la commanderie qui est cerné dudit ruisseau d’une part, dudit fossé d’autre, d’une muraille que le sieur de Puyloubier a fait faire d’un côté et des granges ou jardin de certains habitants ; et peut à y aller de ladite maison audit jardin par un pont-levis qui traverse ledit fossé au-dessous des fenêtres [du bâtiment principal].

    Dans le jardin, y a un fort beau et bon pigeonnier qui est assez honnêtement entretenu.

    Sortant de la basse-cour du château pour aller vers les moulins et environ trois ou quatre pas est l’église et le cimetière tout joignant. Ladite église est en fort pauvre état n’en y ayant de couvert qu’environ un quartier qui couvre seulement le grand autel et peu de gens se peuvent mettre à l’abri lors du mauvais temps et d’ailleurs ce qui est à découvert se ruine de telle sorte que tous les jours fait […] à ceux que vont et viennent pour prier Dieu d’être tués des pierres que les vents et le mauvais temps font tomber de ladite ruine. Ladite église est dédiée à l’honneur de saint Blaise et y a trois autels dépourvus d’ornements […] En ladite église y a deux cloches l’une qui est rompue, d’environ un quintal et demi,et l’autre d’environ quatre ou cinq quintal et dit-on qu’au temps passé autres deux ; l’une desquelles ayant été rompue […]. Le feu sieur de Puyloubier après son retour de Malte par convention verbale fait avec les habitants de Condat avança trois cents livres à l’effet de la réparation de ladite église avec promesse que les habitants y fourniront autres six cents livres qui touchaient à leur part ; toutefois, ledit sieur commandeur ayant fait employer lesdites trois cents livres étant depuis mort, il ne s’est fait autre chose de quoi ledit Rigal s’est plaint auxdits habitants. Il est nécessaire que ladite église soit abaissée de trois ou quatre cannes tant pour la commodité et sûreté dudit château que pour éviter une plus grande ruine et pour plus commodément l’agencer ; et de la pierre qui s’en retirera, on pourra fermer le cimetière comme il était anciennement ce qui coûtera pour le moins huit ou neuf cents livres dont les habitants en doivent payer les deux tiers. Le recteur qui est à présent audit lieu […] et a une maison tout contre l’église joignant le moulin […].

    […]

    Ledit feu sieur de Puyloubier après son retour de Malte fit bâtir un battant sur une Maillerie sur ledit ruisseau du Coly vis-à-vis du bout dudit jardin, ledit ruisseau entre les deux. […]. Y a un lopin de vacant avec les ruines d’une vieille grange qui servent à présent de décharge audit battant pour essuyer les draps qu’on y va battaner.

    Au-dessous dudit battant environ cent ou six-vingts pas est l’un des moulins bladiers de ladite commanderie, auquel y a deux meules à moudre blé, un pressoir de vin et un pressoir d’huile […]. Ledit moulin est en mauvais état ainsi que plus particulièrement apparaîtra par l’inventaire que ledit Rigal y en a fait faire par le juge dudit sieur commandeur.

    Joignant ledit moulin est le four bannier dudit sieur commandeur […].

    Un peu plus bas vers la rivière de Vézère y a un autre petit moulin à blé qui s’appelle le moulin bas moulant de l’eau qui échappe à l’autre susdit moulin auquel n’y a qu’une meule et s’afferme toujours avec le susdit.

    […]

    Après la mort dudit feu sieur de Puyloubier, frère Pierre Ducasse s’étant porté au lieu de Condat en absence du receveur Tourrettes pour faire la dépouille dudit feu sieur, aurait laissé les meubles qui s’ensuivent :

    - Et premièrement, douze grands escabeaux, huit petits tabourets, trois chaires, quatre bancs, deux tables, deux châlits garnis de couette, coussin et couverte, deux couchettes garnies d’une paillasse seulement, un buffet, un grand coffre, le tout [en bois de] noyer en menuiserie, sept barriques à tenir vin, un cube [sic pour "une cuve" ?] pour fouler les raisins, deux plats, trois assiettes, une pinte, un casson rompu, une grille fer, quatre linceuls, trois petites nappes de cuisine, sept serviettes grossières, le tout étant à présent rompu, une metz à pétrir, un tamis, un crible, un chandelier de laiton rompu.

    […]

    Ledit commandeur Rigal étant audit lieu ayant trouvé extrêmement nécessaire de faire quelques réparations aux deux moulins dudit Condat, à la Maillerie et au plancher de la salle et chambre du château, d’autant que ledit fermier ne s’en voulait charger si tout ne lui était baillé en l’état de le pouvoir entretenir durant son afferme et le rendre à la fin comme cela n’aurait pu de moyens faire que d’y remédier à la meilleure condition qu’il peut tenir comme appert des actes des 28 et 29 octobre 1614 reçus par M.es Bertrand et Étienne Teyssandier, notaires dudit lieu.

    […]. »

  • ANNEXE IV : Etat de la commanderie à la suite de la prise de possession d'Honoré de Quiqueran-Beaujeu, 18 décembre 1618 (Archives de Condat, Liasse XI, cité dans G. de Mirandol ; Arch. départ. de la Dordogne, Relevé chronologique..., A 271).

    « L’an 1618, le 18 décembre […]. De plus, il y a une maison et commanderie partie découverte et entièrement ruinée dont ledit seigneur pour la réparer et remettre en a ci devant le prix-fait audit Chaumel, présent, moi notaire [Souhier ou Lemonis], du 2 novembre dernier et pour l’autre partie par le feu jacques Teyssandier Baillot ensuite du prix-fait que ledit seigneur commandeur de Puyloubier lui donna.

    Le seigneur commandeur et ses procureurs l’ont trouvé en assez bon état bien et vrai qu’étant la salle et les chambres tant dudit quartier [ruiné (i.e. partie nord-ouest)] que de la tour fort chargées pour être pavées de pierre et quantité de terre menaçant ruine infaillible. Ledit Rigal, procureur du commandeur, anciennement avec le sieur Doullier, fit mettre des poutres pour soutenir le plancher de la chambre joignant la salle et dut depuis ledit seigneur commandeur la faire dépaver et remettre le plancher comme de même la chambre de la tour et fait mettre à la salle et autre chambre de bonnes poutres suffisantes pour soutenir et conserver lesdits planchers. Que les portes de la basse-cour et de ladite maison, vitrures, fenêtres et serrures ont été partie faites de neuf et partie remises par ledit seigneur commandeur et le sieur Douller, son procureur. Que ladite maison n’y ayant point d’écurie, ledit seigneur a acheté depuis son arrivée une maison et jardin de Martin Loubigni, joignant le jardin de la commanderie, où il a fait faire lesdites écuries, tant pour les chevaux que pour les mulets, comme aussi tout contre ladite étable un poulailler, une […] pour la poullaille, un pourcier qui est au-devant de ladite maison. Du côté du jardin, y a un beau gardoir, lequel le sieur Doullier fit remettre l’année dernière et pêcher poisson, l’ayant trouvé tout comblé de boue ; et la muraille des environs la plupart rabattue, laquelle il fit de même relever et monter plus haut de trois pieds sur terre, fit aussi remettre le jardin en l’état qu’il est de présent, réparer le couvert du pigeonnier qui s’en allait en ruine […].

    […]. »

  • ANNEXE V : Description de la commanderie à l'époque du commandeur Honoré de Quiqueran-Beaujeu, s.d. [après le 6 août 1619] (Archives de Condat, Liasse XVIIII, cité dans G. de Mirandol).

    « A un coin du bourg de Condat est la maison de la commanderie avec ses basses-cours, gardoir [vivier], jardin, pigeonnier. Lors de la prise de possession du commandeur de Beaujeu [1], frère Rigal, son procureur, a trouvé les meubles suivants :

    12 escabeaux, 8 petits tabourets, 3 chaises, 4 bancs, 2 tables, 2 châlits, 2 couchettes garnies de paillasse, 1 buffet, 1 coffre en noyer, 2 plats, 3 assiettes, 1 pinte, 1 caisson rompu, 1 grille de fer, 4 linceuls, 3 petites nappes de cuisine, 1 maie à pétrir, 1 tamis, 1 crible. Le tout fort usé et à demi rompu.

    Tout proche ladite maison sont deux moulins à blé, pressoir huile et vin, le four bannaire [banal], et, un peu plus haut, tirant contre mont, le ruisseau de Coly sur lequel les moulins sont situés, il y a le moulin à maillerie en fort mauvais état, on ne pouvait quasi plus s'en servir.

    Tout proche de ladite maison est l'église paroissiale, qui fut trouvée par le commandeur de Beaujeu presque toute découverte, sans retable ni ornements de considération pour le service divin ; à laquelle il y avait deux cloches, l'une en état, l'autre rompue. La rectorerie (ou cure) de laquelle dépend du patronat et nomination du dit seigneur commandeur.

    Le recteur moderne est maistre Izac Griffoul, prêtre religieux dudit ordre, qui prend annuellement, sur le revenu de la commanderie, 6 charges de froment, 6 charges de seigle et 12 charges de vin, mesure de Condat, pour sa pension, et, en outre, jouit d'une maison, jardin et chenevier, qui sont tout proches de ladite église, comme d'une vigne de peu de considération, et la dîme de certaines pièces de terre qui peut lui valoir 4 à 5 cartons de grains.

    Il n'y a aucun domaine appartenant à la commanderie, sauf un pré tout contre ledit bourg et joignant la rivière de Vézère [2], et 2 autres prés en la paroisse de Bersac ; à demi quart de lieue du bourg, il y a un lieu qu'on appelle la forêt de la Commanderie, où, de mémoire d'homme, il n'est venu aucun arbre, fors quelques rejetons pour faire des fagots [3].

    Le passage de la rivière appartient aux commandeurs [4], comme aussi le péage, à la charge de tenir des bateaux et entretenir deux ponts qui sont sur ledit ruisseau de Coly et qu'on, estime beaucoup plus onéreux que profitables, et finalement lui appartient le droit de carnelage.

    - Réparations que Monsieur de Beaujeu fit faire à la Maillerie,... 155 livres.

    - Construction d'un bateau par Gérard de Coly, charpentier,... 80 livres.

    - Autre réparation à la Maillerie (moulin pour battre le chanvre),... 36 livres.

    - Couverture des moulins et fourniture d'une meule four-mental (meule faite au bourg de Courrèges, à 4 lieues de Condat),... 117 livres.

    - Autre réparation à la Maillerie (battants, malx et chardes, réfection d'un autre bateau), 140 livres.

    - Nettoyage, curage et repeuplement [en poissons] du gardoir,... 65 livres.

    - Réparations aux portes et fenêtres de la Commanderie,... 15 livres.

    - Réparation du pigeonnier avec muraille autour du jardin,... 36 livres.

    - Retable du grand autel : la Vierge, saint Jean, saint Blaise [5] y sont représentés avec le portrait du Commandeur, les armes de notre religion et les siennes, remise en état du marchepied de l'autel, griffonage, blanchiment et vitrage,... 120 livres.

    - Le Commandeur a fait faire un tabernacle, acheté corporaux, coussins, devant d'autel, nappes de taffetas jaune et bleu avec frange de soie qui sert quand on porte le Saint-Sacrement, et un ciboire de laiton émaillé,... 30 livres.

    - Pour la couverture de l'église [6], il paye son tiers le concernant ; les paroissiens contribuent aux deux autres tiers, soit au total,... 114 livres.

    - La maison de Condat au temps de la ligue totalement ruinée et toujours en cet état jusqu'à ce que feu le Commandeur de Puylobier [7] en fit remettre la moitié ; l'autre restait encore où il n'y avait que de vieilles masures lorsque M. de Beaujeu fut pourvu ; et, bien que cette œuvre fut de considérable entreprise et grande dépense, néanmoins ledit seigneur de Beaujeu, désireux de la remettre en son ancienne splendeur, en avait donné le prix fait au sieur Bertrand Chomeltz pour la réédifier, planchéier, griffoner, blanchir, mettre portes et fenêtres de noyer, vitres, et couvrir d'ardoise, le tout pour 2.300 livres et 20 charges de blé valant autres 100 livres, soit... 2400 livres.

    - Une grande armoire dans la salle du quartier que ledit feu Puylobier fit relever, vitres aux fenêtres du degré,... 15 livres.

    - Et, parce que ces deux chambres et la salle du quartier que ledit feu Puylobier avait fait remettre menaçaient ruine infaillible pour être pavées de pierre et grandement surchargées de terre, le seigneur de Beaujeu fît dépaver les deux chambres, planchéier et boiser de nouveau et fait une grande et grosse poutre au plancher de la salle, fait rhabiller portes et fenêtres, vitres et serrures dudit quartier, soit... 132 livres.

    - Acquisition d'une maison cernée d'un côté par le Coly, de l'autre du gardoir, de l'autre de l'église et cimetière, et de l'autre de la maison du sieur Baillot [8], pour construire écuries,... 282 livres.

    - Acquisition d'un petit jardin joignant cette maison acquise de Lobigas d'une femme nommée Marguerite Teyssandier pour nourrir volailles et pourceaux,... 16 livres.

    - Pour accommoder les écuries, poulailler et poursier,... 195 livres.

    - Quelques temps après, la guerre de ceux de la prétendue religion étant survenue en 1621, pour la conservation de ladite maison il aurait été nécessaire de faire griller toutes les fenêtres basses, ce que fit Joannissou Comte, maréchal de chevaux, pour, au poids de 17 quintaux, 65 livres de fer posé à 14 livres le quintal,... 248 livres 14 sols.

    - Pour mettre en défense et sauveter la maison, le Commandeur avait fait faire deux guérites couvertes d'ardoises, l'une en-dessus la porte d'entrée de ladite maison et l'autre du côté du jardin, près du pont-levis [9], fait faire un ravelin et quelques portes et serrures, pour la charpente 30 livres ; au maçon 21 livres ; au maréchal 29 livres, pour barres de fer posées aux petites fenêtres basses de ladite maison et 27 clous pour lesdites guérites, gonds, pavés, verrouils et serrures des portes du ravelin et du pont-levis ; à l'ardoisier 30 livres pour couvrir et latter les guérites, soit en tout, 114 livres.

    - Meubles de la maison qu'a augmentés M. de Beaujeu : à la cuisine : 2 landiers de fer assez grands, 1 broche fer, 1 grille fer, 1 poêle fer, 2 cuillers fer, 1 cuillère percée, 1 poêlon, 1 lèchefrite, 1 grand pot de fer avec son couvercle, 1 autre moins grand avec son couvercle, 1 autre petit pot avec son couvercle, 1 grand chaudron de cuivre, 5 chandeliers de laiton, 1 paire de mouchettes de laiton, 14 assiettes d'étain, 4 grands plats et 5 petits et 1 salière le tout d'étain, 1 salière en bois, grande pour tenir le sel, un tamis de soie pour le pain blanc, un autre tamis pour la tourte, 1 hache pour couper du bois et un petit cercle, un grand bassin avec une aiguière d'étain, une coutellerie avec 4 couteaux, un cochemar, 1 tourtière, 2 pintes d'étain (1 grande, 1 petite), 1 table avec ses deux tréteaux et ses deux bancs, 1 mée à pétrir le pain, 1 gros banc pour hacher, 1 grande caisse qui est dans la dépense;

    - Et à la salle et autres membres en haut de ladite maison : 1 dressoir, 1 table, les tiroirs étant rompus; plus autre table qui se tire à deux bouts avec ses deux bancs, plus autre table de crédence, plus 7 grandes chaises de bois, 6 grands escabeaux, 3 tabourets, le tout de noyer, 2 petits landiers de fer avec une pelle dans la chambre, plus un châlit avec les courtines de laine faites à l'aiguille avec la frange et un tour de futaine incarnat et blanc, 1 table avec 2 petits tiroirs, 1 caisse de noyer de même grandeur, autre caisse de bois blanc, autre caisse de même grandeur, un méchant coffre, dans le petit cabinet une table proche contre la muraille avec son pupitre couvert de cuir doré, une petite caisse, une petite tiette noire.

    - Dans les 2 chambres neuves du côté de la basse-cour un grand châlit, une caisse de bois blanc et, dans la chambre au dernier de la salle, un châlit fort bien fait, et à la chambre de la tour un grand châlit, une grande caisse, deux mauvais tréteaux, au plus haut une litouche, une table avec son tapis de toile bleue cloué et la poulie du pont, plus 5 tapis de cuir doré, compris celui qui est cloué à la table du cabinet, 6 bonnes couvertures, 2 matelas, 2 traversins; de plus une couette de plumes, 4 paillasses bonnes ou mauvaises, 22 linceuls, savoir 4 fins et 18 de toutes façons, 6 nappes, 2 nappes de crédence, 6 serviettes pour les mains, 40 serviettes, 7 barriques toutes bonnes, 3 pots et 3 piliers de bois, tous lesquels meubles ont été achetés du fermier par ledit sieur de Beaujeu.

    Le 6 du mois d'août 1619 arriva à Condat un incendie si grand qui brûla 25 maisons, et entre autres les 2 moulins à blé et le pressoir à huile et vin de la commanderie furent entièrement brûlés, et, sans le soin et diligence de ceux qui se rencontrèrent audit Condat pour le service du sieur de Beaujeu, il se courrait grosse fortune que l'église et toute la maison de ladite Commanderie ne se fussent brûlées [10] ; le malheur étant arrivé, le commandeur fut contraint de refaire à neuf lesdits moulins et pressoir, soit... 1 150 livres.

    Plus, pour 3 meules,... 162 livres.

    Plus, un grand chaudron au pressoir à huile,... 54 livres.

    Réparation à la levée du moulin à maillerie, à l'endroit appelé le Saut : 4 leviers, 4 batadours, 1 roue à neuf, 3 béliers à l'autre roue, mettre arbre et roue pour la charde, 4 tranchants fer, 2 chapins et hausser les 2 autres, les 2 mets, le soulage à neuf, pales endormidou 2 clefs, pales eaux (etc...),... 222 livres.

    Au four bannaire refait, ainsi qu'un bateau, couverture en gluie de la maillerie,... 420 livres.

    Réparation à la maison du recteur fort ruinée,... 24 livres.

    Notes du comte de Mirandol :

    [1]. Honoré de Quiquéran-Beaujeu, commandeur de Condat de 1617 à 1644 (du Bourg, Histoire du Grand Prieuré de Toulouse), reçu chevalier de Malte en 1582 (cartulaire des Chevaliers de Malte de Louis de Laroque).

    [2]. Le pré de la Gane est éloignée d'une demi-lieue de Gabou ; la rivière de Coly est entre deux. Le Gabou est un terrain mauvais au bord de la Vézère ; la Gane est aussi près de la Vézère, c'est le meilleur fonds de la paroisse du côté du levant et midi et le Gabou est au couchant à une demi-lieue de chemin l'un de l'autre. Le pré de la Gane était autrefois de la Commanderie ; il est possédé par Madame de Saint-Aulaire, descendante de Léonard Tessandier (Mémoire de M. le chevalier de Malauze, commandeur et comte de Condat, Condat L. XI). — Armand de Bourbon-Malauze, commandeur de Condat de 1731 à 1743 (du Bourg) a été reçu chevalier de Malte en 1699 (de Laroque) — « Messire Armand de Bourbon de Malauze, commandeur de Condat, âge d'environ 40 ans, est décédé, après avoir reçu tous les sacrements, dans son château de Condat le 9 juillet 1741, et a été enseveli dans le sanctuaire, du côté de l'Evangile, de l'église de Condat, le 10 du dit mois, et en présence de M. de la Fleunie et de M. Roche, curé du Temple » (registre de l'état-civil de Condat).

    [3]. « Dans la forêt qui contient 18 arpents, confrontant au levant et midi avec le bois de M. de Vilume, seigneur de Bouillac, et du couchant au nord à la rivière Vézère, composée de chênes et de charmes fort clairs, éloignés les uns des autres de 6, 10 et 20 toises, d'une médiocre grandeur et grosseur, la majeure partie périe par vétusté et les autres sur le point de périr, plusieurs places vides avec de la broussaille. Les bois de chênes appartenant à M. de Vilume ont, d'après Sardou (maître-charpentier de Condat accompagnant le chevalier visiteur), 15 ans et sont d'une belle venue, de 15 à 18 pieds de haut et gros a proportion; le terrain est de même qualité que la forêt du Commandeur; l'inspecteur en conclut qu'il faudrait la couper pour la renouveler sans quoi les arbres périront complètement. Sardou ayant reçu l'ordre d'en faire l'estimation, donne le chiffre de 800 livres, peu d'arbres, défectueux, inutilisables comme bois de charpente, bons au feu, ce qui n'a pas permis d'en faire marquer. » (Rapport de visite de la Commanderie, par Louis-Antoine du Garric du Zech, commandeur de Mâcon, du 5 novembre 1772. Condat, L. XII).

    [4]. Le passage de la rivière de Vézère appartient au Commandeur, il lui est plutôt onéreux que profitable à raison de ce qu'il est obligé de passer « frans »des sujets pour la banalité de ses fours et moulins. Depuis que ledit seigneur commandeur est en possession de ladite commanderie, Rigal et Douiller, ses procureurs, ont fait faire 3 bateaux (extrait du procès-verbal de prise de possession du commandeur de Beaujeu, du 18 décembre 1618 avant midi. Condat, L. XI). Les habitants de la paroisse sont passés frans sur les bateaux (visite du 8 mars 1615. Condat L XVIII). Charles Petmeja a la ferme des bateaux en 1615.

    [5]. Patron de la paroisse de Condat.

    [6]. L'église était primitivement couverte en pierre. En 1618, dans son procès-verbal de prise de possession, le commandeur Beaujeu signale qu'elle est « fort grande, sa voûte la plupart rompue et toute découverte, excepté seulement l'endroit du prestataire qui fut couvert et remis par feu le commandeur de Puylobier. » Dans un rapport de visite de 1695, la voûte s'est de nouveau effondrée : on devra « aplanir la motte de terre des débris de la voûte qui gâte la muraille du presbytère et faire recouvrir la chapelle de sainte Catherine. » C'est dans la chapelle de sainte Catherine que se célébrait le service pour la maison de Turenne et de Bouillon, fondation qui datait de 1376. C'est en effet à cette époque, et le 17 mars, que haut et puissant seigneur Messire Reginald, seigneur de Pons, vicomte de Condat et en partie de Turenne, fit donation en faveur de frère Arnaud de Rivière, commandeur de Condat, de toute entière justice, haute, moyenne et basse, que ledit vicomte avait sur ledit lieu de Condat et ses dépendances pour l'obligation de lui rendre hommage et de bâtir une chapelle à l'église dudit Condat et d'y tenir un prêtre pour dire des messes pour le repos de l'âme dudit donateur et de ses parents. (Condat, L 1, n° 10), Arnaud de Rivière, commandeur de Condat de 1367 (?) à 1401 (du Bourg), a été reçu chevalier en 1368 (?) (Laroque).

    [7]. André de Martin-Puylobier, commandeur de Condat de 1586 à 1606 (du Bourg), reçu chevalier en 1561 (Laroque).

    [8]. Bertrand de Baillol, docteur en droit, avocat en parlement. L'origine de cette famille de Baillot nous est donnée de la façon suivante par les archives de la Commanderie de Condat L. XI : Léonard Tessandier a pour fils Jacques Tessandier (nommé « feu Jacques Tessandier Baillot » dans le procès-verbal de prise de possession du Commandeur de Beaujeu en 1618) ; le fils de Jacques Tessandier s'appelle Baillot (c'est le Bertrand sus-nommé); le fils de Baillot, sieur de la Rivière, et le fils du sieur de la Rivière, sieur de Ladornac; lequel a eu Madame de Saint-Aulaire, héritière du pré de la Gane. Gauthier de Baillot, sieur de la Rivière, avait épousé Jeanne Dumas de Payzac (veuve en 1683, morte en 1707). De ce mariage il eut : Catherine, demoiselle de Ladornac (1659-1734); Gabrielle, demoiselle de La Rivière (1574-1734); Jean de Baillot-Ladornac-Laborie; Jean de Baillot, sieur de Broudaysse, mort en 1699.

    [9]. Ce pont-levis n'existait plus en 1678 ; car, lors d'une visite de la Commanderie faite à cette époque, il fut demandé de « faire bâtir un pont de 4 panx de largeur avec des gardes fols sur le vivier pour passer de la cuisine au jardin et escuries, lequel sera appuyé sur deux piliers de pierre ou muraille qu'on bâtira dans ledit vivier. »

    [10]. On voit encore sur les voûtes des salles basses du château de Condat, partie nord-est, des tracés très apparents d'incendie ; cette partie du château n'ayant été l'objet d'aucune réparation, il se peut qu'elles remontent au sinistre de 1619.

  • ANNEXE VI : "Améliorissement" de la commanderie de Condat par Honoré de Quiqueran-Beaujeu, année 1626 (Arch. départ. de la Haute-Garonne, H Malte Condat 100, pièce n° 48 ; Ibidem, 1H Malte Reg. 556 [quasi double] ; cité dans G. de Mirandol, "Rapport de visite...", BSHAP, 1937, t. LXIV, p. 364-370).

    « Améliorissement de la commanderie de Condat par Messire frère Honoré de Quiqueran-Beaujeu, en l’année 1626.

    […] est comparu frère Antoine d’Aurivillier, frère dudit ordre, lequel comme procureur et ayant charge de Monseigneur frère Antoine de Quiqueran-Beaujeu, chevalier du même ordre, commandeur de la commanderie de Durbans en Quercy et Condat en Périgord, nous a dit remontrer qu’en l’année 1613 ledit sieur de Beaujeu fut pourvu par Son Altesse Éminentissime feu notre grand maître du Vignancourt, de la commanderie de Condat en vertu de la bulle de ses provisions, s’en serait fait mettre en possession l’année suivante 1614 et l’ayant trouvée grandement ruinée et en mauvais état pour n’y avoir été fait aucun améliorissement depuis l’année 1549 que le feu sieur commandeur de Toucheboeuf les fit faire en une partie tant seulement pour satisfaire aux statuts et ordonnances capitulaires de notre ordre ledit sieur commandeur aurait fait procéder aux réparations, reconnaissances et autres améliorements de ladite commanderie. Et ce fait aurait obtenu au chapitre principal du Grand Prieuré de Toulouse célébré le 27 mai année dernière 1625, commission à nous adressante pour procéder à la visite et vérification des améliorements […].

    Et étant ledit de Beaujeu arrivé audit Condat, il aurait tout premièrement fait procéder aux réparations de l’église, maisons, moulins, four, métairies […].

    Et advenant le lendemain dixième dudit mois de mai, ledit sieur d’Aurivillier audit nom nous a pressenti que pour être bien informé des grandes et belles réparations que ledit seigneur de Beaujeu a fait faire en ladite commanderie fait savoir en quoi elles consistent et en quel état était lors la prise de possession dudit sieur de Beaujeu. Condat, chef de la commanderie […] À un coin dudit bourg est la maison de ladite commanderie avec ses basse-cour, gardoir [vivier], jardin, pigeonnier ; presque la moitié lors de la prise de possession dudit sieur de Beaujeu, ruiné, sans plancher ni couvert, seulement quelques vieilles masures et le reste en assez mauvais état, dans laquelle maison ledit sieur Rigal, prenant possession pour ledit sieur de Beaujeu y trouva les meubles suivants :

    douze escabeaux, huit petits tabourets, trois chairs, quatre bancs, deux tables, deux châlits, deux couchettes garnies de paillasses, un buffet, un coffre noyer, trois assiettes, une pinte, un casson rompu, une grille fer, quatre linceuls, trois petites nappes de cuisine, une metz à pétrir, un tamis, un crible, le tout fort usé et demi-rompu.

    Tout proche de ladite maison sont deux moulins à blé, pressoir à huile et vin, le four bannaret et un peu plus haut, tirant contre mont, le ruisseau de Coly, sur lequel lesdits moulins sont situés ; il y a le moulin à Maillerie. Tous lesquels étaient en mauvais état et faute de réparation ne pourraient quasi plus servir.

    Tout proche de ladite maison est l’église paroissiale qui fut aussi trouvée toute découverte sans retable ni ornements de considération pour le service divin ; à laquelle il y avait deux cloches, l'une en état, l'autre rompue. La rectorerie (ou cure) de laquelle dépend du patronat et nomination du dit seigneur commandeur.

    Il n'y a aucun domaine appartenant à la commanderie, sauf un pré tout contre ledit bourg et joignant la rivière de Vézère, et deux autres prés en la paroisse de Bersac ; à demi quart de lieue du bourg, il y a un lieu qu'on appelle la forêt de la Commanderie, où, de mémoire d'homme, il n'est venu aucun arbre, fors quelques rejetons pour faire des fagots.

    Le passage de la rivière appartient aux commandeurs, comme aussi le péage, à la charge de tenir des bateaux et entretenir deux ponts qui sont sur ledit ruisseau de Coly et qu'on, estime beaucoup plus onéreux que profitables, et finalement lui appartient le droit de carnelage.

    […]

    Reste maintenant de faire voir les réparations faites par ledit sieur de Beaujeu ou ses procureurs y ont fait faire qui sont belles qui s’en suivent. Ledit sieur commandeur Rigal par contrat des 9 et 28 octobre 1614 et 1616, et 16 février et 16 mars 1615, par-devant M.e Teyssandier et Treillard, notaires royaux, à prix fait,et fait faire les réparations nécessaires auxdits maison et moulin et Mailleries, pour le prix et somme de cent trente-trois livres tournois, comme ledit sieur d’Aurivillier nous a fait apparaître par l’exhibition desdits contrats de prix-faits et quittance qui ont été par nous vus et vérifiés, lesdites réparations mentionnées, et par ce ci.......................... 133 livres.

    […]

    Et au pied des contrats de prix-faits et quittance ci-dessus mentionnés avons vu autre prix-fait pour le pressoir et Maillerie dudit Condat, donné à Léonard et Thoni Ludriez pour le prix de trente-six livres à eux rabattus sur le prix de l’afferme qu’ils avaient desdites Maillerie et pressoir en date ledit contrat du 24 décembre 1613 […].

    Et ayant trouvé le moulin ledit sieur d’Aurivillier en très mauvais état, auront donné à prix-fait à Maître Bertrand Chomerel, la couverture desdits moulins et acheté et fourni une meule fromentale du bourg de Bourresse distant de Condat quatre lieues, la conduire et mettre en place, le tout pour le prix de cent dix-sept livres que le sieur d’Aurivillier lui a payé ainsi qu’appert par le contrat de prix-fait et quittance qu’il nous a fait voir, en date du 26 mars 1618, signé Rouland. […].

    Et la même année 1618, ledit sieur d’Aurivillier donna le prix-fait d’un autre bateau et des réparations nécessaires pour la Maillerie à Léonard Sudire, meunier, que ledit sieur d’Aurivillier lui a payé ainsi qu’il nous a fait voir, par ledit Me Rouland, notaire, du 26 mars 1618.

    Le gardoir joignant ladite maison de Condat, tant pour l’embellissement d’icelle que pour la commodité du poisson, le sieur d’Aurivillier l’a fait curer, nettoyer et remettre en fort bon état par le prix-fait donné à Guillaume Teissendier, tant pour le curage et nettoiement que pour le repeupler de poissons, moyennant la somme de soixante-cinq livres dix sous qui lui a été payée par contrat du 24 avril 1618, reçu par ledit sieur Maître Rouland, notaire […].

    Il a aussi fait réparer la plupart des portes et fenêtres de la maison par Maître Étienne Garde, maître serrurier, ainsi qu’appert par le contrat du 1er mai 1618, reçu par ledit Me Rouland […], treize livres deux sous.

    Le 3 mai a donné le prix-fait à Jean Froidefon, maître-maçon, pour réparer le pigeonnier menaçant ruine pour le prix de trente-six livres douze sous, appert dudit contrat et quittance reçus par ledit Rouland […].

    […]

    Il a fait entièrement recouvrir l’église ainsi qu’appert du prix-fait donné à Me Bertrand Chomerel et quittance d’icelui, du 16 mai 1623, notaire, Rouland, ayant dépensé pour son tiers trois cents quatre-vingts livres.

    […]

    De ladite église, sommes allés à la maison et château de Condat où ledit sieur d’Aurivillier nous a fait voir que ledit sieur de Beaujeu l’avait fait réédifier, plancher, griffonner, blanchir, mettre es portes, fenêtres de noyer, vitres et couvrir d’ardoises, y ayant dépensé deux mille quatre cents livres et vingt charges de blé misclin [?] ainsi qu’appert du prix-fait et quittance donné audit sieur Chomel du 2 novembre 1618, notaire Rouland […].

    La salle et deux chambres que le feu sieur de Puyloubier avaient fait remettre menaçaient ruine, pour les réparer y a fait dépenser cent trente livres six sous.

    Pour rendre la maison et château plus logeable, n’ayant point d’écurie, a acheté une petite maison joignant ledit château d’un nomme Lobignet, pour y en faire, appert par le contrat d’acquisition reçu par Me Servantis, notaire, du 22 octobre 1628 ayant coûté deux cents quatre-vingt livres.

    Il a acquis un petit joignant icelle pour y faire un poulailler et pourcieu pour nourrir des pourciaux dudit Lobignet, appert du contrat d’acquisition dudit Servantis, vingt-six livres.

    Pour faire bâtir lesdits écurie, gélinier et pourcieu a dépensé comme appert du rôle qu’on nous a exhibé cent quatre-vingt-quinze livres dix-sept sous.

    Quelques temps après et au commencement des reniements des huguenots, pour conserver ledit château, ledit sieur d’Aurivillier nous a dit avoir été obligé de faire faire des guérites et griller toutes les fenêtres basses, appert du contrat de prix-fait donné à Maître Joanissier Comte, maréchal, et quittance du 22 mai et 24 juin 1621 reçu par ledit Me Rouland, notaire, que nous avons vu et vérifié, et ci deux cent quarante huit livres quatorze sous.

    Pour un ravelin qu’il a fait faire pour la conservation dudit château, a dépensé, ainsi qu’appert des quittance et prix-faits, ci cent quatorze livres quatorze sous.

    Dans laquelle maison ledit sieur d’Aurivillier audit nom nous a fait voir les meubles suivants :

    Premièrement, à la cuisine […] ; dans la dépense et à la salle et autres membres du haut de ladite maison […] ; dans la chambre […] ; dans le petit cabinet […]. Dans les deux chambres neuves du côté de la basse-cour […] ; dans la chambre au dernier de la salle […] ; et à la chambre de la tour […] ; au plus haut […] tous lesquels meubles ont été achetés par ledit sieur de Beaujeu, commandeur, à ce que nous en a dit ledit sieur d’Aurivillier, son procureur, excepté ceux qui sont ci-devant […] qui furent trouvés dans ladite maison, desquels meubles Guillaume Teissandier, comme garde dudit château, par contrat reçu par Me Treillard, notaire, du 18 mai 1624 qu’on nous a exhibé.

    […]. »

  • ANNEXE VII : Visite de la commanderie de Condat et de ses membres, 9 juillet 1641 (Arch. départ. de la Haute-Garonne, 1H Malte Reg. 413 ; Archives de Condat, Liasse XVIIII, cité dans G. de Mirandol).

    Transcription Chabrelie 2011, p. 42-45 :

    « Visite de la commanderie de Condat et ses membres possédée par illustre et révérend frère Honoré de Quiqueran-Beaujeu, grand Prieur de Saint-Gilles.

    […]

    Chef de ladite commanderie de Condat

    […] et advenu le lendemain matin, neuvième dudit mois et an, nous commissaires et visiteurs généraux désirant à célébrer le fait de notre commission avant tout œuvre aurions été à l’église dudit lieu, illec ayant fait nos prières devant le grand autel avons remarqué ladite église être belle, grande et spacieuse, en forme longue, bâtie de pierre, couverte aussi de pierre en forme d’ardoises, ayant son clocher en forme de pinacle auquel y a deux cloches, une étant fort belle et grande ; la grande porte de ladite église étant du côté du bourg et du côté de la commanderie y ayant deux petites portes, une entrant dans la nef et l’autre allant dans le chœur.

    Ladite église étant dans le diocèse de Sarlat et dédiée sous le titre de Saint-Blaise, la muraille de ladite église du côté du chœur est rompue, et y a un grand trou allant sur la voûte de l’église lequel trou a besoin de fermer pour empêcher que le mauvais temps et pluie que le vent emporte par ledit trou ne gâte la voûte, la muraille commençant déjà à se fendre et corrompre. Comme aussi à la voûte depuis longues années [ancien] y a un grand trou ne restant de ladite voûte que tant que dure le chœur et du côté de la grande porte autre l’appui ce qui aurait besoin de réparer. Ladite église n’est point pavée que tant que dure le chœur. Le chœur de ladite église n’est point fermé.

    […]

    Le chœur n’est point fermé et dans icelui y a une fenêtre que il n’y a point de vitre. À côté gauche en entrant dans ledit chœur, y a une chapelle qui servait autrefois de sacristie mais à présent y a un autel dédié sous le titre de Saint-Jean […].

    […]

    Entre ladite église et la commanderie est le cimetière, lequel est tout entouré de grandes et hautes murailles toutes crénelées servant de fermure à l’entrée de ladite église.

    Joignant ladite église et le cimetière, entre deux, le tout dans un même enclos, est la maison du commandeur, laquelle est composée d’une basse-cour ayant son portail en bon état et la muraille toute crénelée.

    Et pour entrer dans le corps de ladite maison, après qu’on est entré dans ladite basse-cour, y a un petit ravelin de muraille de pierre qui s’en va par terre et comble le degré de la cave.

    Entrant dans ledit corps de maison, y a un courroir sur trépois [lire : "trespas" = "Passage" ou "repos"] dans lequel est le degré pour monter par les chambres, lequel est de pierre de taille. À côté droit en entrant y a un bas servant de chai pour mettre bois ou vin ou pour faire une écurie. Au bout dudit courroir et proche le pied dudit degré y a une porte pour entrer dans une salle basse pavée de petits cailloux prenant sa vue par une croisée qui est du côté du gardoir servant de fossé à ladite maison, laquelle croisée est bien garnie de ses placards et grillée par le dehors de barrons de fer et dans ladite salle y ayant une cheminée de pierre de taille. Au bout de ladite salle et proche la cheminée y a autre porte entrant dans un chai servant à présent d’écurie garnie de son râteau et mangeoire. Joignant ladite écurie, tout d’un plain pied, y a autre petit chai où il n’y a rien dedans. À coté gauche de la porte de ladite salle, et non guère éloignée d’icelle, y a autre porte fermant à clef où il y a autre chai prenant jour du côté de la basse-cour par une croisée garnie de ses placards et bien grillée de barres de fer. À côté droit dans ladite salle, entrant dans icelle, y a autre porte pour entrer dans la cuisine où il y a cheminée de briques. Ladite cuisine pavée de cailloux et prenant jour du côté dudit gardoir par une croisée garnie de ses placards et étant grillée par le dehors de barres de fer. Auprès de ladite croisée, y a une porte servant pour aller au jardin où il y avait un pont de bois pour traverser le gardoir qui est rompu et besoin de le refaire, sans ledit pont ne pouvant aller dans ledit jardin. À côté droit de la cheminée de ladite cuisine est autre porte entrant dans la dépense. Au fond de laquelle dépense sont les lieux communs.

    Le gardoir a besoin de recurer s’en allant combler si l’on ne met ordre au recurement. Autrefois, ledit gardoir faisait tout entre la maison du sieur Baillot et celle dudit sieur commandeur mais depuis un temps ledit Baillot gouvernant les affaires de ladite commanderie aurait fait combler ledit gardoir et a bâti au lieu où il était, ci à présent sadite maison [noble du Verdier] joint celle dudit gouverneur, n’y ayant qu’un petite endroit entre deux.

    De ladite première étage étant monté à la seconde [c'est-à-dire le premier étage] par ledit degré de pierre de taille, avons trouvé y avoir une belle grande salle pavée de petits cailloux comme la basse ayant sa cheminée de pierre de taille, laquelle salle prend vue sur le gardoir par une belle croisée munie de ses placards et vitrée en très bon état ; et ladite salle ayant été planchée à neuf et pavée, ensemble lesdites vitres et placards faits à neuf par ledit sieur commandeur ou ses agents. À côté droit en entrant dans ladite salle, y a une porte entrant dans une chambre pavée d’ais ayant une cheminée de pierre de taille prenant vue du côté du gardoir par une croisée garnie de vitres et placards. Joignant ladite chambre, y a une antichambre sans cheminée dans laquelle pleut et est besoin de recouvrir la maison en cet endroit. Dans laquelle antichambre et du côté dudit gardoir y a un petit cul-de-lampe servant de cabinet fermant à clef et aussi y sont les lieux communs dérobés dans ladite muraille et tombant dans l’endroit qui sert de séparation des maisons dudit commandeur et dudit sieur Baillot. À côté droit de la cheminée de la susdite salle haute, y a une porte entrant dans une chambre pavée d’ais prenant vue du côté dudit gardoir et du côté de la basse-cour par des croisées bien placardées et bien vitrées. Joignant ladite chambre, y a une antichambre sans cheminée. Dans laquelle antichambre, y a un degré de bois servant pour monter à la troisième étage où il y a une belle chambre avec cheminée et une antichambre.

    Le grand degré servant pour monter dans toute ladite maison étant à repos. Au premier repos et à côté droit, y a une belle salle avec sa cheminée y ayant un entre deux ou mégisserie d’ais où il y a une décharge pour ladite salle et les lieux communs qui sont séparés de ladite décharge. Et plus haut qui est à la troisième étage dudit côté de corps de maison sont les galetas en nombre de trois servant de grenier pavés d’ais bien joints et fermant à clef.

    Et avons remarqué y avoir aussi une cave, le degré étant dans le ravelin qui est à la porte, ledit degré étant tout rompu au moyen des ruines de la muraille dudit ravelin, ce qui a besoin d’accommoder.

    […]

    Proche la maison du commandeur, le gardoir entre deux, est son jardin lequel est […] état, les murailles étant fort gâtées. Ledit jardin étant de la contenance de trois quartons et demi dans lequel jardin est le pigeonnier bâti sur quatre pieds.

    Dudit jardin serions allés au four bannier appartenant audit sieur commandeur, étant proche de la maison dudit vicaire perpétuel et du moulin ; audit four n’y ayant point de porte […].

    […]

    Dudit four serions allés à un moulin à l’eau sis sur le fleuve de Coly tout joignant ledit four et la maison du vicaire perpétuel […]. Auquel moulin étant entrés aurions trouvé icelui être bâti de bonne muraille de pierre couvert aussi de pierre en forme d’ardoises et ayant été réparé à neuf depuis peu. Ledit moulin ayant deux meules bladières et une pour faire huile de noix. Et étant illec Antoine de Coly, meunier, l’aurions requis nous dire si y a besoin de réparations audit moulin. Nous a dit les réparations avoir été faites depuis peu de temps en ça par le sieur chevalier de Cazaux faisant pour ledit commandeur tellement qu’à présent les moulins tant de blé que d’huile étant en bon état, ayant celui de l’huile sa chaudière et tout ce qui est nécessaire.

    Étant sortis dudit moulin à blé et huile, ledit sieur chevalier de Cazaux nous a dit le sieur commandeur avoir tout proche un moulin à draps lequel il a fait réparer le mieux qu’il a pu depuis peu. Auquel moulin étant allés, avons trouvé icelui bâti de pierre, couvert partie de pierre et partie de paille, l’écluse ayant été réparée tout contre ledit moulin depuis peu ; ladite écluse par la force de l’eau ; dans ledit moulin ayant deux Mailleries, l’une desquelles a été réparée à neuf depuis peu.

    […].

    Ce fait ledit sieur de Cazaux nous aurait dit ledit sieur commandeur avoir un autre moulin à blé sur même rivière. Auquel moulin étant allés, aurions trouvé icelui être sur le même fleuve de Coly et plus proche de la rivière de la Vézère où se rend incontinent ledit fleuve de Coly, ledit moulin bâti de pierre et couvert aussi de pierre, moulant à une meule bladière seulement ; lequel moulin ayant vu et visité avons icelui trouvé être bien tenu et bien réparé.

    Tous lesdits moulins étant à blé, huile et draps sont tous proches les uns des autres et tout joignant à ladite commanderie et sont gouvernés et tenus par ledit Antoine de Coly et sont baillés d’afferme huit cents livres pour trois ans avec le passage de la rivière.

    […]

    Ledit commandeur possède une maison joignant ledit jardin, laquelle il aurait achetée pour y faire sa grange, pour loger le foin, paille et autres fourrages, laquelle il aurait fait accommoder mais, depuis quelques années, quelques [fauchière] ayant manqué est tombée en ruine. Laquelle maison incontinent ayant été voir et visiter avons trouvé icelle être tout joignant le gardoir d’un côté et du derrière, et d’autre côté le jardin dudit commandeur et d’autre côté la rue qui passe tout au long dudit jardin, ladite maison bâtie de pierre, couverte de tuiles plates et le couvert s’étant enfoncé est tombé une grande partie dedans ladite grange.

    […]

    […] nous a dit n’y avoir pour le détail de l’état avoir seulement quelques meubles qui consistent :

    - premièrement, dans la salle haute de ladite commanderie, un buffet et une table rallonge avec un banc vieux, plus une paire de grands lardoires de fer ;

    - dans la chambre joignant ladite salle une table avec ses tréteaux, un lit garni de couettes et aussi rempli de plumes et un garnement de tapisserie, le tout sont vieux et usés ; plus un coffre de noyer ;

    - dans l’antichambre une couchette de noyer et un grand coffre de noyer ;

    - dans autre chambre qui est au bout de la haute salle une table de noyer, bergère […], trois chaises, le tout vieux.

    - dans autre petite chambre un châlit ;

    Tous lesquels meubles appartiennent à l’état de ladite commanderie ne sachant ledit sieur chevalier de Cazaux qu’il y en ait d’autres ni les détails.

    […]. »

  • ANNEXE VIII : Visite de la commanderie de Condat et de ses membres, avril-mai 1669 (Arch. départ. de la Haute-Garonne, 1H Malte Reg. 470).

    Transcription Chabrelie 2011, p. 45-47 :

    « […]

    Dénombrement de Condat chef et membre de ladite commanderie […]

    […] il y a là maison et château de la commanderie avec ses chambres, appartenances et commodités, sa basse-cour entourée de muraille, réservoir à poissons, jardin, pigeonnier avec écurie au bout faite tout à neuf, fermés de murailles neuves de deux parts, de l’autre de canal et moulin ; dans lequel château, ledit sieur commandeur ne trouva nulle sorte de meuble qu’une grande caisse de noyer laquelle il est encore comme il se voit par le procès-verbal fait à la réquisition dudit sieur commandeur lors de sa prise de possession, comme il se voit par icelui en date du 13 juin 1657.

    Le surplus desdits meubles ayant été rompu, brûlé et enlevé par les gens des dernières guerres. Ledit sieur commandeur ne laissant autre meuble pour état que châlit de noyer qu’il donne de son propre et deux petits coffres fermant à clef.

    Près ledit château sont aussi deux moulins à eau moulant l’un à deux meules et l’autre à une, pressoir à huile de noix et le four tout banal, et autres moulins foulon autrement appelé Maillerie, canal qui est près d’une petite rivière, ruisseau appelé Coly, fait moudre lesdits moulins et fouler ledit foulon […].

    […]

    Après quoi, ledit de Bert nous a remontré que, lors de la prise de possession dudit sieur commandeur à ladite commanderie, les bâtiments du présent lieu étaient en très mauvais état et les fours [fonds] entièrement ruinés, l’écurie ayant été brûlée pendant ces derniers troubles de guerre et les moulins [apanie] à pouvoir moudre, une partie du toit du château couverte de paille et le reste fort ruiné et une des poutres qui soutient le plancher du haut de la salle et quelques chevrons ayant été pourris par les pluies par défaut dudit toit ledit sieur commandeur a été obligé d’y faire mettre des neufs et le pont et bateau,comme il nous a fait apparoir par le verbal sur ce fait lors de ladite prise de possession, et parce que le tout était presque dans une entière ruine, ledit sieur commandeur a été contraint d’y faire les réparations suivantes :

    1° La plupart de la voûte de l’église étant tombée et pour la réparer et blanchir tout le dedans de ladite église, ledit sieur commandeur a baillé la somme de deux cents livres comme il nous apparaît par prix-fait et quittance du 21 mai 1666 reçu par Labrousse, notaire royal, et ci 200 livres.

    [...]

    Et encore, de plus, nous a dit que ledit sieur commandeur a fait faire plusieurs marches à neuf au degré du château par Jean Frédefon, maître-maçon, pour le payement duquel travail il lui a payé la somme de cinquante livres, comme il nous a paru par la quittance du 15 juin 1658 reçu par Teyssandier, notaire royal.

    Et en outre, a baillé ledit sieur commandeur à bail à Aymard Frédefon, maître charpentier, la somme de cent-une livres pour avoir fait à neuf et mis une poutre, sept chevrons à la salle et quelques aies au plancher au haut de la salle comme il nous a justifié par acte et quittance du dix-neuvième mars 1659 reçu par Teyssandier, notaire royal.

    Et encore de plus, pour les réparations faites au toit dudit château par Maître Gabriel Delage, charpentier et recouvreur, ledit sieur commandeur lui a payé tant de son travail qu’achat de matériaux, des clous, ardoises et latte-feuilles, la somme de 401 livres, comme il se voit par le prix-fait et la quittance du 6 juillet 1659 reçue par ledit Teyssandier, notaire royal.

    Plus ledit sieur commandeur ayant fait faire à neuf les vitres dudit château par Petuel, maître-vitrier, lui a payé pour icelles la somme de huitante livres, et outre pour son défrai de bouche la somme de 15 livres, comme il nous a paru par quittance du 1er de février 1662, signé Petreil.

    […]

    Plus a fait faire le portail de la basse-cour avec les gond et ferrure, qui lui a coûté la somme de 25 livres comme il nous a paru par la quittance du 20 octobre 1657.

    […]

    Plus a fait accommoder les greniers et posé aux portes d’iceux et à la porte du bout de la salle des ferrures avec leur verrou, lui a coûté la somme de dix livres, comme il appert par le rôle-quittance du 12 septembre 1660.

    […]

    Plus nous a dit aussi que ledit sieur commandeur a fait paver à neuf l’antichambre de la tour et pour ce baillé à Bertrand Frédefon, maître-maçon, la somme de vingt livres comme appert du rôle et quittance au jour du 13 février 1661.

    […]

    Et encore d’abondant, ledit sieur commandeur a fait refaire à neuf depuis le fondement l’écurie qui est pour le service dudit château tant pour les chevaux que pour mettre le fourrage à couvert et employé tant pour la maçonnerie, charpenterie et achat des matériaux, charrois et manœuvres la somme de huit cents livres, comme il nous a paru par le rôle qui a été remis audit sieur commandeur par son procureur.

    […]

    Et encore de plus, ledit sieur commandeur a fait faire à neuf la muraille qui va dudit château à l’écurie, de la longueur de quarante pas, ensemble la chaussée, le four à deux bouches, le couvert tout à neuf dudit four, raccommoder la muraille du jardin, autre muraille du vivier du côté du jardin, faire remettre ledit petit pont qui est au-devant du moulin bas en voûte de pierre, faire faire un bateau à neuf pour servir au passage, faire remettre le pigeonnier qui est dans le jardin, et du tout a payé la somme de huit cents livres à maître Jean Reynal, entrepreneur desdites réparations, comme il nous a apparu par prix-fait et quittance du 4 mai 1666 reçue par Labrousse, notaire royal.

    […]

    De plus, ledit sieur commandeur a fait remettre tout à neuf le grand pont et voûtes de pierre et a payé à Maître Jean Froidefon, maçon, la somme de soixante-seize livres ainsi qu’il appert de la quittance du 16 mai 1666 reçue par ledit Labrousse, notaire royal.

    […]

    Plus le moulin foulon Maillerie étant vacant, ledit sieur commandeur l’aurait fait remettre comme aussi un coin de muraille et partie du couvert d’icelui et pour ce a donné la somme de quatre-vingts livres, ainsi que il appert par rôle, quittance remis audit sieur commandeur par ledit Reynal en date du 28 mai 1668.

    […]

    Plus ledit sieur commandeur ayant fait faire tout à neuf le pressoir, la metz et le radier avec leur ferrage au moulin à huile, il avait payé pour cet effet audit Reynal la somme de cent livres ainsi qu’il nous a paru par quittance du 6 juillet 1668 reçue par ledit Labrousse, notaire royal.

    […]

    Et finalement, ledit sieur commandeur fournit deux meules moulant au moulin haut pour lesquelles il a payé la somme de cent dix livres ainsi qu’il est contenu au rôle à lui remis par ledit Reynal du 6 juillet 1668 reçu par ledit Labrousse […].

    […]

    Et nous commissaires susdits […] pour nous mener et introduire dans l’église paroissiale dudit bourg de Condat, à quoi satisfaisant […] à part quoi nous avons visité et vu ladite église et trouvé icelle pavée de grandes pierres de taille, la voûte et muraille au dedans blanchie tout à neuf et le dehors en très bon état.

    […]

    Et advenant le lendemain septième jour du mois et an, nous commissaires susdits, voulant procéder suivant le dû de notre commission, aurions requis ledit de Bert de nous conduire sur tout lieu contenu dans sondit dénombrement et aux endroits où les réparations ont été faites. À quoi satisfaisant, ledit de Bert, de ladite église nous aurait [conduits] en la maison et château de ladite commanderie où étant nous avons vu icelui et ses appartenances et commodités très habitables, les planchers et couverts étant bien réparés. Dans lequel château, nous avons vu les coffres et châlits, bois noyer, desquels est fait mention au susdit dénombrement. Dudit château, nous serions entrés dans le jardin, traversant le réservoir, par le moyen d’un petit pont de bois, au milieu duquel nous aurions remarqué un pigeonnier appuyé de quatre piliers de pierre, en état de servir, et à un coin, des écuries faites tout à neuf, couvertes d’ardoises et commode pour y mettre les chevaux et fourrages. Ledit jardin fermé de murailles de deux côtés, l’une à neuf et l’autre remise, le tout bien entretenu. De là, nous avons été conduits par ledit de Bert au moulin foulon […] Maillerie que nous avons vu travailler, le boisage d’icelle paraissant tout neuf. Et sortant de là nous avons vu la chaussée qui les fait travailler, bien remise. Et dudit lieu, nous avons été conduits au moulin haut, moulant à deux meules, fort épaisses, et tout joignant nous avons remarqué le pressoir à huile et vu la grande poutre, la metz et les ais être faits tout à neuf. Et voulant aller à quelque autre endroit, ledit de Bert nous aurait fait prendre garde que les fours sont réparés et remis en état de servir le public.

    Après quoi, avons été conduits au moulin bas moulant à une meule seulement et en bon état. […].

    […]. »

  • ANNEXE IX : Visite de la commanderie de Condat, juin-juillet 1671 (Arch. départ. de la Haute-Garonne, 1H Malte Reg. 556).

    Transcription Chabrelie 2011, p. 47-48 :

    « L’an mille six cent septante-un et 5 juin en la ville de Toulouse […] s’est présenté messire Gabriel Debert, agent et procureur de frère Annet de Commisson Saint-Auban,chevalier de notre dit ordre, commandeur de la commanderie de Condat-sur-Vézère […].

    […]

    Condat, chef de la commanderie.

    Advenant le lendemain dix-huitième du présent mois et an, a comparu par devant nous commissaires susdits ledit Debert, procureur dudit sieur Saint-Auban, lequel nous adit que depuis la procédure et le verbal dressé par messieurs de Carbonneau et Dauzon, commissaires ci-devant députés pour voir les réparations et améliorations que ledit sieur de Saint-Auban avait fait faire en sadite commanderie, il aurait par l’ordre dudit sieur continué son séjour dans icelle tant pour poursuivre les procès qui étaient intentés que pour travailler à plusieurs autres réparations, l’état desquelles ledit Debert nous a requis d’insérer en notre présent verbal et suivant le calcul qui en a été fait en notre présence et les quittances qu’il nous a exhibées s’est monté à la somme de trois cent cinquante-deux livres huit sols qu’il requiert considérer au présent supplément. […].

    S’ensuit l’état des réparations faites au château et commanderie de Condat par le sieur commandeur d’icelle depuis ses améliorissements.

    Premièrement, la poêle du moulin à huile étant fort usée et fendue en plusieurs endroits, il en a fait acheter une qui lui a coûté la somme de cinquante-quatre livres à ce compris le charroi, l’ayant fait venir de bien loin.

    Plus, le toit du château ayant eu besoin d’être couvert, il a employé à cela trois milliers de tuiles d’ardoise lesquelles avec la façon de l’ouvrier et pour quelques bois, clous et de la chaux, il a baillé trente-cinq livres.

    Davantage, il a fait blanchir la salle de ladite commanderie avec les trois chambres qui sont à côté et fait accommoder le plancher d’icelle ; fait faire deux portes toutes neuves avec chacune leur clef, verrou et serrure, ayant déboursé pour cela trente-neuf livres dix sols.

    Encore, les vitres des fenêtres ayant été rompues par l’injure du temps, il les aurait fait accommoder ayant gardé longtemps le maître vitrier à ses frais et dépens dans ladite maison, et pour cela baillé la somme de vingt-huit livres dix sols.

    De plus, le ruisseau du Coly sur lequel est la chaussée qui donne l’eau au moulin dudit Condat s’étant débordé, il aurait emporté partie d’icelle laquelle il fit réparer et remettre ayant exposé à cela la somme de cent cinquante livres ainsi qu’il nous a fait voir par la quittance de Jean Froidefon, maçon, reçue par Labrousse, notaire royal, au bas de son prix-fait.

    […]

    Plus l’église étant dépavée dudit lieu, ledit sieur commandeur a obligé les paroissiens de la faire paver de belles pierres de taille et lui-même a commandé par sa place à laquelle il a fait faire un banc tout au chef à la main droite de ladite église et ce plus avancé de l’autel comme marquant les prérogatives et honneurs honorifiques dudit sieur commandeur qui est le seigneur spirituel et temporel dudit lieu ; et pour cette dépense déboursé la somme de huit écus. Ci 24 l.trs.

    […]. »

  • ANNEXE X : Visite de la commanderie de Condat, 19-21 septembre 1678 (Arch. départ. de la Haute-Garonne, 1H Malte Reg. 415).

    Transcription Chabrelie 2011, p. 48-51 :

    « Visite de la commanderie de Condat laquelle est à présent en vacant et est prise de chenissement par Messire frère Henri de Thomas Lavalette.

    […]

    Condat, chef de la commanderie.

    Advenant le lendemain dix-neuvième jour desdits mois et an [septembre], nous commissaires et visiteurs généraux, serions arrivés audit lieu de Condat, chef de la commanderie, situé sur la rivière de Vézère et le ruisseau de Coly, diocèse et sénéchaussée de Sarlat, et ayant pris notre logement dans le château de ladite commanderie […].

    […] Nous a dit encore que le sieur commandeur a deux moulins à blé sur le ruisseau de Coly tout auprès du présent château, à vingt pas l’un de l’autre ; celui de dessus étant à deux meules et une pour l’huile, avec un pressoir, et celui de dessous, tous lesdits moulins étant banaux et tout auprès sont deux fours aussi banaux. Plus un foulon à draps qui est sur le même ruisseau à deux cents pas desdits moulins […]

    […]

    Advenu le lendemain vingtième dudit mois, nous, commissaires et visiteurs généraux, voulant commencer notre visite par les choses sacrées, serions allés avec notre secrétaire dans l’église paroissiale du présent lieu […]. Après quoi, nous avons remarqué ladite église être voûtée et fort belle, pavée de grands carreaux de pierre de taille, à la réserve d’une place de sépulture de deux cannes et demie de longueur et d’une et demie de largeur. Elle a douze cannes de long compris le presbytère et quatre de large, avec un clocher en forme de pinacle avec deux cloches, l’une grande et l’autre petite.[…] Au-dedans du chœur de l’église, du côté de l’Évangile, il y a une petite chapelle voûtée, très mal tenue, sans être blanchie ni pavée et tout-à-fait indécente […]. L’église est percée à cinq jours, celui du presbytère qui est vers le Midi étant bien vitré, les autres sans vitre ni fenêtre ; à l’arceau du chœur, nous avons remarqué des armes,et ayant demandé à qui elles étaient, on nous a dit que c’étaient les armes du sieur de La Rivière, que nous n’avons pas jugé devoir souffrir, c’est pourquoi nous l’avons ensuite averti de les effacer […].

    […]

    Ensuite avons visité le château qui est séparé de l’église par la cour d’icelui seulement. Il est composé sur le haut de trois petits appartements à plain-pied, fort jolis et commodes, ayant chacun une chambre à cheminée, une arrière-chambre et les aisements. Les deux appartements qui font face au jardin, sur une même ligne, vers le Midi, ont une salle au milieu, qui leur est commune, laquelle salle a quatre cannes de long [env. 7,8 m] et trois de large [env. 5,85 m], percée d’une croisée au milieu regardant sur le jardin et vivier. Les chambres sont de trois cannes carrées [env. 5,85 x 5,85 m] ; et les arrière-chambres de trois cannes de long [env. 5,85 m] et deux et demie de large [env. 4,87 m] ayant leur vue sur ledit jardin. À l’appartement qui est vers le Levant et joignant le canal du moulin, il y a une tour élevée à trois étages, qui est machicolée de pierre tout autour dans laquelle est l’arrière-chambre et un aisement assortissant ledit appartement. Au-dessus de laquelle y a une petite chambre fort jolie où l’on monte par un petit degré qui est à l’arrière-chambre. Ladite salle est pavée de petites pierres en forme de petits cailloux et les chambres et arrière-chambres bien planchéiées, haut et bas. L’appartement qui est vers le Couchant a un petit cabinet dans un cul-de-lampe qui regarde sur le susdit jardin et vivier. Le troisième appartement est vis-à-vis du cimetière. La chambre a quatre cannes de long [env. 7,8 m] et deux et demie de large [env. 4,87 m], bien planchéiée haut et bas, ayant leurs vues vers le Nord qui sont d’une croisée à la chambre et de demie à l’arrière-chambre, lesquelles sont séparées par une cloison d’ais. Le bas de cet appartement est un fort beau chai de six cannes et demie de long [env. 12,67 m] et de trois de large [env. 5,85 m]. On monte auxdits appartements par un beau degré de pierre à repos qui conduit jusqu’au dernier étage qui ne sont que des galetas servant de grenier. Lesquels nous avons trouvé en bon état sauf de quelques gouttières de peu de conséquence, qu’il faut néanmoins fermer. Au bout [sic pour "haut"] dudit escalier, il y a un petit cabinet de deux cannes de long [env. 3,9 m] et une de large [env. 1,95 m] qui regarde sur la cour et le cimetière. Le bas des autres deux appartements est divisé comme le haut. Celui qui est à main droite en entrant sert de cuisine et de décharge. À l’autre, il y a une petite écurie à tenir quatre chevaux et le dessous de l’arrière-chambre qui est le fond de la tour sert de prison. Le dessous de la salle est une espèce de vestibule où il y a une cheminée. Toutes les fenêtres qui regardent vers la cour sont grillées de fer, ensemble celles d’en bas du côté du jardin. On va de la cuisine au jardin par un méchant pont tout rompu qui traverse un vivier qui est tout le long dudit château lequel est rempli d’eau vive qui vient du ruisseau de Coly. Le jardin est fort beau et fermé savoir du côté de Levant par le canal du moulin du Midi et Couchant par des murailles, et du Nord par le vivier et château. Il a trente-sept cannes de long [env. 72,15 m] et vingt-six cannes de large [env. 50,7 m], dans lequel il y a un beau pigeonnier et à côté, vers le Couchant, une grange de huit cannes de long [env. 15,6 m] et trois de large [env. 5,85 m] servant d’écurie et de grenier à foin. La cour est vers le Nord fort irrégulière, à laquelle on entre de deux côtés dont l’un est un portail et l’autre une petite porte à ravelin, à un coin de laquelle y a un pressoir pour la vendange qui est à découvert. La plus grande partie du château est couverte d’ardoise et le reste de pierre. La grange et le pigeonnier sont couverts d’ardoises. Faisant ladite visite, nous avons remarqué que les fenêtres sont toutes bien vitrées depuis peu par les soins dudit sieur de La Reilhanette, et les portes en bon état sauf ce qui s’ensuit :

    - Premièrement, que la porte de la prison du côté de la cour est rompue et est nécessaire d’en faire une neuve ;

    - que le volant d’en bas de la croisée de l’arrière-chambre de l’appartement qui joint le canal du moulin est rompu et le faut refaire, ensemble y mettre une vitre ;

    - que le foyer de la cheminée de la chambre de la tour qui est sur l’arrière-chambre est tout défait et qu’il manque des ais au plancher d’en haut de la même chambre, qu’il faut y mettre et laisser seulement une porte en forme de trappe pour monter sur le toit ;

    - que le pavé du foyer de la chambre de l’autre appartement est entièrement défait et le faut carreler, qu’il faut mettre une porte au privé dudit appartement ;

    - qu’il manque une vitre à la demi-croisée qui est au second trépois à plain-pied dudit appartement ;

    - que les deux vitres de bas manquent à la croisée de la chambre du troisième appartement, ensemble à la demi-croisée de son arrière-chambre ;

    - et qu’il y a une brèche ou porte qui répond à un gabion de bois qui est au-dessus de l’entrée du château, qui n’a point de fermure, et que ledit gabion est ruiné étant nécessaire de murer à demie ladite porte ou brèche et laisser le reste pour une fenêtre qui donnera entrée audit gabion ; à laquelle il faut mettre une porte et une fenêtre pour éviter qu’on ne puisse pas entrer dans le château par cette ouverture ; plancher, paver et faire le parapet dudit gabion ;

    - que la croisée du vestibule ou salle basse est rompue et qu’il la faut faire à neuf et réparer le pavé en quelques endroits où il est ruiné ;

    - que le pont qui traverse le vivier de la cuisine au jardin est entièrement ruiné ne pouvant y passer sans danger, et est nécessaire d’en faire un tout neuf sur deux piliers de pierre ou de muraille qu’il faut bâtir dans ledit vivier et faire récurer ledit vivier ; que la muraille qui regarde ledit jardin est sapée par le bas et menace ruine ;

    - que le pigeonnier a besoin d’être enduit et blanchi dedans et dehors et d’y mettre des paniers n’y en ayant aucun ;

    - que la grange a besoin d’être entièrement planchéiée, n’y ayant que des branches sur les soliveaux pour retenir le foin, ce qui est dangereux au feu, et que quelque valet s’y tue en faisant tomber le foin ;

    - finalement, nous avons remarqué que le parapet du mâchicoulis de la tour est ruiné en deux endroits et que la muraille de la cour a besoin d’être réparée et qu’il faut faire un appentis pour mettre le pressoir à couvert dans l’endroit qu’il est ou tel autre que ledit sieur commandeur avisera. […]

    Le lendemain vingt-unième dudit mois de septembre, continuant notre visite,serions allés au fournial banal situé dans le bourg que nous avons trouvé bâti de muraille à chaux et sable, couvert de pierre fine teule en forme d’ardoise. Duquel toit, il y a deux combles à chevron sur l’entrée qui sont découverts et la muraille de devant menaçant ruine. Dans ledit fournil, il y a deux fours, l’un grand et l’autre petit qui ne donnent aucun revenu à cause que la plupart des habitants ont bâti des fours dans leur maison […].

    Sortant dudit fournial sommes entrés dans le grand moulin qui est tout joignant situé sur le ruisseau de Coly, moulant à deux meules. Il est bâti de hautes murailles et couvert de pierre teule, y ayant eu autrefois deux planchers l’un sur l’autre desquels il ne reste que les soliveaux. Trois desdites grandes murailles ensemble le pallage dudit moulin ayant été refaits à neuf depuis peu de pierre de taille ; la grande porte et partie de sa muraille qui est vers le pressoir de l’huile de noix, le tout par les soins dudit sieur chevalier de La Reilhanette. Y a trois entrées dont les deux sont sans porte et à l’autre manque une reillade ou bande. Les meules sont en bon état et le meunier est obligé de les laisser de même qu’on les lui a baillées. Le plancher qui est au-dessus des meules a besoin d’être refait y ayant une poutre qui a manqué. Les canaux de bois qui conduisent l’eau sur les rodets sont en mauvais état et ont besoin d’être refaits. Et quant au toit, il a été aussi refait à neuf depuis peu par ledit soin du sieur chevalier de La Reilhanette.

    Dans lequel même moulin farinier, il y a autre moulin pour faire l’huile de noix avec sa meule que l’eau fait tourner, une poêle ou chaudière de fonte de fer et le pressoir garni de ses outils en bon état sauf de la vis une jumelle fine cabrolle dudit pressoir qu’il faut changer et y mettre des neuves […].

    Ensuite avons visité l’autre moulin farinier qui est à trente pas au-dessous, lequel avons trouvé moulant à une meule et le tout en bon état à la réserve du canal de bois qui porte l’eau sur le rodet, lequel a besoin d’être refait et de mettre deux reillades à la porte,le pallage et la resclause […] ayant été fait depuis peu de pierre de taille par les soins dudit sieur chevalier de La Reilhanette.

    De là, sommes allés visiter le foulon, communément appelé la Maillerie qui est sur ledit ruisseau de Coly à deux cents pas au-dessus du moulin, que nous avons trouvé bâti de muraille de pierre et paille, Le tout ayant été réparé depuis peu par le sieur Chaumelet.Il a neuf cannes de long et quatre cannes de large, dans lequel avons trouvé deux jeux demals ou battants, ayant chacun leur roue et une machine pour carder les draps. Le tout enbon état, le fermier étant obligé de les entretenir. Étant sortis de ladite Maillerie avons vuet fait visiter les chaussées qui sont des fortes murailles lesquelles sont aussi en bon état.

    […]. »

  • ANNEXE XI : Visite de la commanderie de Condat et Ordonnances, septembre 1678 (Arch. départ. de la Haute-Garonne, 1H Malte Reg. 415 ; Ibidem, H Malte Condat 100).

    Transcription Chabrelie 2011, p. 51 :

    « Visite de la commanderie de Condat laquelle est à présent en vacant et prise de chenissement par Messire Henri Thomas Lavalette.

    […]

    Ordonnances

    […]

    Condat.

    Quant à l’église de Condat, chef de la commanderie, nous ordonnons […] le toit de l’église qui est découvert depuis longtemps, y ayant un danger évident que la pluie ne corrompe bientôt la voûte ce qui serait d’une grande dépense s’il fallait la remettre, faire fermer la chapelle pour servir de sacristie, la blanchir et la paver […].

    Plus, nous ordonnons de faire accommoder la muraille du château dudit lieu qui répond au jardin, de mettre une bonne porte à la prison du côté de la cour, un volant et une vitre à la demi-croisée de l’arrière-chambre qui est sur la prison, faire faire le pavé du foyer de la petite chambre de la tour qui est au-dessus de ladite arrière-chambre, y laissant une trappe pour monter au toit de ladite tour, faire paver le foyer de la chambre de l’appartement qui est à main droite en entrant dans la salle, faire mettre une vitre à la demi-croisée du trépois qui est à plain-pied des appartements, plus deux vitres à la croisée de la chambre qui regarde le grand portail comme aussi celles de la demi-croisée de l’arrière-chambre.

    Plus, faire plancher, paver et remettre les parapets du gabion qui est sur la porte du château et réparer la muraille qui est rompue à l’endroit dudit gabion et y faire une porte ou grande fenêtre pour y entrer et empêcher qu’on ne puisse entrer par cet endroit dans ledit château ; faire faire à neuf les fenêtres de la croisée qui est au vestibule ou salle basse, et faire réparer le pavé d’icelle qui est rompu en divers endroits.

    Plus, faire bâtir un pont de quatre pieds de largeur avec des garde-fols sur le vivier pour passer de la cuisine aux jardin et écuries lequel sera appuyé sur deux piliers de pierre ou muraille qu’on bâtira dans ledit vivier et par même moyen on réparera la muraille au dessous de la porte de la cuisine d’où il s’est détaché quelques pierres, fera récurer ledit vivier, y ayant beaucoup d’ordures et de vase, et remettre la muraille au bout dudit vivier.

    Plus, il fera réparer le parapet des mâchicoulis de la tour et la muraille de la cour qui menace ruine.

    Plus, fera enduire et blanchir le pigeonnier dedans et dehors et le fera garnir de paniers n’y en n’ayant point.

    Plus, ledit sieur commandeur fera couvrir le fournial dans l’endroit où il se trouve découvert, fera réparer la muraille de devant […].

    Plus, au moulin de dessus, nous ordonnons audit sieur commandeur de refaire les conduits et canaux qui portent l’eau au rodet et le plancher de dessous les meules […].

    […]. »

  • ANNEXE XII : "Améliorissement" de la commanderie de Condat, 18-29 février 1690 (Arch. départ. de la Haute-Garonne, 1H Malte Reg. 557).

    Transcription Chabrelie 2011, p. 53-60 :

    « Amelior[issement] de la commanderie de Condat. 1690.

    Au nom de Dieu soit, amen. L’an 1690, le dix-huitième jour du mois de février, dans la ville de Réole en Guyenne, par-devant nous, frère Joseph-Thomas de Merles de Beauchamps, chevalier de l’ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, commandeur d’Arcins, et frère Arnaud de Cardailhac de Lommé, chevalier aussi dudit ordre, a comparu frère Jean de Roland de Reilhanette, chevalier aussi dudit ordre, procureur général de frère Henri de Thomas de Lavalette, chevalier aussi dudit ordre, commandeur des commanderies de Montpellier et de Condat-sur-Vézère en Périgord, lequel nous a dit et fait apparaître que ledit commandeur de Lavalette aurait été pourvu de ladite commanderie de Condat par son premier échevissement [échenissement] par bulles de Son Altesse Éminentissime Monseigneur notre Grand Maître, en l’année 1678 et qu’il aurait pris possession d’icelle, et entré en jouissance, le premier jour du mois de mai l’année suivante 1679. Et qu’ayant fait ensuite en icelle plusieurs grandes et notables réparations, augmentations et améliorations au-delà même beaucoup des ordonnances de la dernière visite, tant au chef d’icelle qu’aux membres en dépendant, lesquelles améliorations, augmentations et réparations susdites désirant faire apparaître, le susdit chevalier de Reilhanette, procureur susdit, se serait pourvu au nom dudit commandeur de Lavalette […].

    […]

    Condat, chef de ladite commanderie.

    […]

    De plus, possède ledit sieur commandeur un très petit joli château avec une fort belle tour et pavillon fort commode et logeable, lequel château il a fait réparer et bâtir quasi tout à neuf du côté du Midi. Et ledit château est situé en un coin du bourg dudit Condat, avec son vivier et gardoir, joignant icelui et son jardin, sur lequel vivier il y a un très beau pont pour aller audit jardin, à deux arcades de fort belle pierre de taille que ledit commandeur a fait faire. Et sur le bout dudit jardin est un colombier ou pigeonnier couvert d’ardoise sur quatre piliers. Joignant icelui sont les écuries et grenier à foin par le dessus pour le service du château, auquel on entre par une petite porte qui est dans le jardin et l’on sort par une grande qui est sur le chemin qu’on va dudit Condat au village de la Coufourche et à la ville de Montignac. Ledit gardoir s’étend depuis le bout dudit château du côté du Levant jusqu’au bout de la muraille de la vieille maison de Madame de La Rivière qui est joignante dudit château. Dans lequel gardoir entre l’eau du ruisseau appelé de Coly qui passe et découle joignant ledit jardin et fait travailler les Mailleries et moudre les deux moulins banaux dudit sieur commandeur. Lequel ruisseau appartient audit commandeur avec les prés et aismes et défuites eaux y joignant.

    Dans lequel château, on y entre par une petite basse-cour fort peu régulière à cause du cimetière qui est joignant icelle. Le grand portail d’icelui regarde la maison de Madame de La Rivière et le petit l’église ; et ladite basse-cour a de longueur quarante pas et douze de largeur. Ledit château et basse-cour confrontent du Levant avec le ruisseau de Coly, du Midi avec le gardoir de ladite commanderie, du Couchant avec la maison des héritiers du feu seigneur de La Rivière et du Nord au cimetière dudit Condat. Contenant ledit château et la basse-cour cinq picoutinées ou environ et le susdit jardin et gardoir confrontent du Levant avec ledit ruisseau de Coly, du Midi au chemin de service qui va du barris à la Coufourche et aux Mailleries de ladite commanderie, du Couchant avec les maisons de Pierre Bernagaud, serrurier, Jean Boueysson, Pierre Lachapoulie et avec l’écurie de ladite commanderie et du chemin allant dudit Condat à Montignac, du Nord au château de ladite commanderie et à la maison des héritiers dudit feu seigneur de La Rivière, contenant trois cartonnées.

    Ladite écurie confronte du Midi avec la maison de Pierre Bernagaud, du Couchant avec le chemin allant dudit Condat à Montignac et du Nord et Levant avec le jardin de ladite commanderie, de la contenance de une picoutinée de demie.

    L’un des susdits moulins est situé au Nord dudit château proche la rivière de Vézère et l’église paroissiale dudit lieu, virant et moulant à deux meules pour moudre le blé froment. Dans lequel moulin, il y en a un autre pour détriquer les noix avec ses pressoirs pour faire l’huile. Contenant le susdit moulin banal à blé moulant à deux meules, pressoir à huile et deux fours banaux joignant, deux picoutinées. Et confrontent du Levant avec un autre petit jardin de la commanderie proche de l’église, du Midi avec les [héraux] de l’ancienne maison presbytérale dudit lieu, et du Couchant et Nord avec la maison de messire Jean Devaux. Et l’autre moulin est situé à quelques pas au-dessous de l’autre proche dudit four et de la rivière de Vézère, virant à une meule pour moudre les gros blés. Tous lesquels moulins susdits sont banaux et donnent de revenu audit commandeur, avec le port et passage de ladite rivière le péage et l’autre moulin par-dessus du côté du Midi, appelé les Mailleries, pour battre les draps, la somme de trois cent soixante livres, suivant qu’appert par le contrat d’afferme passé à Thony de Coly et Jean Roudier le 16 décembre 1684, retenu par Labrousse, notaire royal. Contenant ledit petit moulin à blé, virant à une meule, du Levant avec le chemin allant de Condat à Terrasson, du Midi avec la maison de noble François Boussier, sieur de La Chapelle, du Couchant et Nord avec le fleuve de Vézère, et contient une picoutinée.

    Entre les susdits deux moulins à blé sont les deux fours banaux appartenant audit sieur commandeur, lesquels ayant trouvé abandonnés à cause de la cherté du bois, y a établi un fournier et les fait servir et a obligé les habitants de ladite paroisse d’y venir cuire leur pain et de payer le fournage de seize un, suivant leur obligation et les a fait depuis refaire tout à neuf suivant qu’il lui est prescrit par la visite dernière.

    L’église dudit bourg de Condat, qui est du diocèse et sénéchaussée de Sarlat, est tout auprès dudit château, avec son cimetière joignant, qui sont de la contenance de quatre picoutinée et demie. Et confrontent du Levant avec la basse-cour de ladite commanderie, une muraille entre deux, du Midi avec la maison des héritiers de feu François Chomels, sieur du Claux, et la nouvelle maison presbytérale qui fait partie d’icelle, achetée par ledit sieur commandeur dudit Chomels, du Couchant avec les maisons de Théophile de Coly et de Jean Teyssandier, et du Nord avec la rue publique allant du château de ladite commanderie à ladite église. Elle est sous l’invocation de saint Jean et de saint Blaise, et ladite église en seule a vingt-cinq pas de longueur et huit de largeur dans l’œuvre. Son maître-autel regarde le Midi. Il y a une sacristie derrière. Ledit autel que ledit sieur commandeur a fait bâtir sans y être obligé par la susdite visite et ce d’autant plus que le toit de la voûte du sanctuaire de ladite église se trouvant couvert et chargé de pierres plates à la mode du pays faisait fendre la voûte et sanctuaire. Ledit sieur commandeur pour prévenir ce danger a fait abattre ledit toit de pierre et a fait faire un beau dôme par-dessus la voûte dudit sanctuaire. Lequel dôme il a fait couvrir de fines ardoises pour soulager lesdites murailles et mieux orner ladite église. Et pour faire la bâtisse dudit dôme et de ladite sacristie joignante, il a dépensé la somme de trois cents livres, suivant qu’il résulte par l’acte de prix-fait du 19 avril 1683 et quittance ensuite du 22 mai même année le tout retenu par Urssy, notaire royal. De plus ladite église a son clocher par-dessus sa grande porte du côté du Nord, bâtie en forme de pinacle avec deux belles cloches ; et pour ce 300 livres.

    Il y a de plus une chapelle dans le sanctuaire à main droite dont il y a apparence que les commandeurs l’ont faite faire depuis longtemps pour satisfaire à leur obligation envers le seigneur Reynal de Pons, vicomte de Turenne, bienfaiteur de notre ordre, lequel donna entre autres choses à frère Arnaud de Riperia, commandeur alors dudit Condat, la juridiction et justice dudit bourg et paroisse dudit Condat, à condition que les commandeurs feront bâtir une chapelle avec un autel décemment orné pour y prier Dieu pour son âme et pour celle de ses auteurs et successeurs, dans laquelle on ferait peindre et graver ses armes […] ; ladite donation en date du premier de mars 1376 signée par Petrode Rodecio, notaire public.

    [… ]

    De plus, possède ledit sieur commandeur une terre joignant la maison de la dame de La Rivière qui était autrefois en pré, confrontant avec la rivière de Vézère, partie de laquelle dite terre a été échangée avec ladite dame de La Rivière laquelle en a formé la basse-cour de sa maison et a donné en contre-échange autant de terres joignante icelle par-dessous ; ledit échange ayant été fait par ledit feu commandeur de Saint-Auban en l’année 1657 et vérifié sur les lieux l’année 1678 par messieurs les visiteurs généraux de notre ordre […].

    […]

    Et quant aux meubles qui sont présentement dans le château de Condat, appartenant à l’état de la commanderie, consistent en peu de choses n’y ayant que de vieux matelas de laine et de chanvre avec deux coussins, trois châlits bois noyer fort vieux, une grande table en ovale de bois noyer avec ses tréteaux grossièrement faits, une autre petite table en ovale aussi de bois noyer avec ses tréteaux, une vieille table de cuisine et un cabinet assez bon fermant à quatre volets et deux tiroirs avec ses serrures, tout le restant qu’il y avait au temps de la dernière visite ayant été consommé par la vieillesse du temps.

    […]

    Achats d’ornements, frais et dépenses des procès et réparations faits en ladite commanderie pendant le mortuorum et vacant d’icelle par la mort de feu sieur commandeur de Saint-Auban des années 1678 et 1679.

    […]

    Réparations et dépenses faites audit chef de Condat pendant le susdit mortuorum et vacant provenant de la susdite somme avancée par ledit sieur commandeur de Barbatane.

    Premièrement, en ladite année 1678, les visiteurs généraux ayant remarqué et ordonné pendant le cours de leur visite que partie du toit de l’église dudit chef de Condat était découverte depuis longtemps et qu’il y avait danger que la pluie ne corrompît bientôt la voûte d’icelle, on aurait bientôt mis la main à cette réparation. En outre encore à celle d’une muraille du grand moulin à blé menaçant ruine, qui regarde sur la rivière de Vézère auquel on avait fait une porte à neuf de cartelage ; ensemble celle d’un pilori aussi de cartelage sur lequel on a mis la croix de Malte de deux côtés et deux carcans de fer pour la conservation de la justice dudit commandeur ; lequel pilori est posé comme est dit ci-dessus devant le petit moulin […].

    Plus, la somme de cent soixante-cinq livres douze sols pour réparations faites aux mois de janvier et février de l’année 1679 au couvert du moulin de la Maillerie et celui du grand moulin dudit Condat où a été mis trois milliers d’ardoises, appert du prix-fait du 1er décembre 1678 et quittance au pied retenue par Labrousse, notaire dudit Condat.

    […]

    Plus, la somme de nonante-une livres seize sols pour réparations faites au chef de Condat aux mois de janvier, février et mars de l’année 1679, savoir vingt-six livres pour faire des sarges neuves au pressoir du moulin à huile ; treize livres pour faire un advis neuf audit pressoir ; six livres pour le bois nécessaire pour la levée du moulin à blé ; trois livres douze sols pour le service dudit moulin. Plus, la somme de trente-deux livres pour piéger avec de grosses poutres, par le dehors et par le dedans, la muraille du château dudit Condat du côté du gardoir ou vivier, qui menaçait ruine, à ce compris les journées des ouvriers et bois […].

    Plus, la somme de cinquante-cinq livres treize sols six deniers savoir vingt-huit livres deux sols huit deniers pour réparations faites au petit moulin de Condat et dix-sept livres onze sols pour les vitres du château dudit Condat […].

    S’ensuivent les ornements que ledit sieur commandeur de Lavallette a donnés à ladite église de Condat depuis qu’il est entré en rang de sa commanderie de Condat, ensemble les réparations qu’il a fait faire à ladite église, ordonnées par ladite visite et beaucoup d’autres qu’il a fait de son abondant sans y être obligé.

    […]

    Et quant à la réparation du toit de la susdite église qui était découvert dans le temps de la susdite visite, il fut d’abord recouvert ensuite de ladite ordonnance et a été mis en dépense de l’article ci-dessus des avances faites pendant le mortuorum ou vacant et remboursé par ledit commandeur. Et depuis ayant remarqué que la pesanteur des pierres qui couvrent le toit de l’église faisait plier les chevrons et poutres, ledit toit et la pierre d’icelui étant nécessaires aussi pour faire le couvert et toit du four à ban que l’inondation faite à la Noël de 1688 avait abattue avec la muraille d’icelui, ledit sieur commandeur aurait fait découvrir pour soulager ledit toit la quatrième partie d’icelui qu’il aurait fait couvert de fine ardoise dans laquelle réparation il en serait entré huit milliers, à raison de quatre livres le millier monte trente-deux livres ; huit cents lattes pour attacher ladite ardoise, à raison de trente sols le cent, monte douze livres ; plus douze milliers de clous, savoir trois milliers de grands pour attacher la latte et neuf milliers de petits pour attacher l’ardoise, les grands à une livre douze sol et les autres à une livre cinq sols, se montant seize livres six sous, et pour quatorze journées de deux hommes qu’ils ont employées à faire ledit travail et repasser le toit du château à raison chacun de douze sols par jour, compris leur nourriture, monte seize livres seize sols ; plus pour trois quintaux de chaux, vingt-quatre gros clous pour attacher les chevrons, deux livres huit sols ; se montant toutes les susdites réparations ensemble, la somme de quatre-vingts livres un sol six deniers […].

    […]

    Et quant à l’ordonnance qui ordonne de faire réparer la muraille du château qui répond au jardin ledit commandeur l’a exécutée et excédée beaucoup au-delà de son obligation, d’autant qu’ayant su que le fondement manquait tout le long de la face qui regarde le jardin et le Midi, tout le long du vivier ou gardoir, en aurait fait tirer l’eau et pour prévenir le danger de cette chute qui aurait attiré toute celle du château, suivant l’avis des maîtres-maçons, aurait fait refaire toute la muraille de tout ce qui fait face au susdit jardin qui regarde le Midi depuis le fondement jusqu’au toit. Lequel fondement est fort profond, dans lequel pour faire que la muraille fut bien fondée, il a fallu mettre de fort gros quartiers de pierre d’environ six pans de long jusqu’au milieu de la muraille qui a aussi été bâtie de fort belles pierres de taille avec un talus qui aussi a été fait de la même pierre de taille et c’est d’autant que la muraille était baignée par l’eau du susdit vivier, pour empêcher qu’elle ne corrompît jamais les fondements de la muraille ; sur lequel talus règne un cordon au-dessus, tout le long de la susdite face de la muraille, proche les fenêtres du bas étage. Et en même temps aurait été fait aussi un pont sur ledit vivier à deux arcades, de la même pierre de taille, de la longueur de dix pas et de quatre de large, sur lequel on passe pour aller au jardin, et est porté plus bas vis-à-vis de la grande porte du château et proche de la salle basse où ledit seigneur commandeur a fait faire une grande porte qui regarde à droiture celle du château, où l’on voit entrant dans icelui le jardin en face, ce qui est très régulier, beau et bien fait. Ensemble, aurait été fait aux étages bas une grande croisée à la mode de la même pierre de taille à la salle basse et deux demi-croisées de la même pierre l’une à la cuisine, l’autre à la chambre voisine de ladite salle proche la tour, et trois croisées et demie de même à la salle et chambre haute où l’on aurait changé les portes à droiture et à la mode en face l’une sur l’autre.

    Et pour faire cette grande réparation dans les formes qui coûte beaucoup, ledit sieur commandeur aurait employé un architecte qui en dressa un plan qui a été fort bien suivi et exécuté et pour les journées du susdit architecte ou pour le susdit plan, lequel architecte demeura deux jours audit Condat, puis aurait été payé la somme de quinze livres tant pour le susdit plan, journée que pour le verbal qu’il dressa, appert de son reçu du 6 mai 1681 signé Fraise ; et pour ce... quinze livres.

    Pour toutes lesquelles susdites réparations de la susdite muraille, qui tire de longueur dix-huit cannes ou environ et d’hauteur six cannes sans comprendre les fondements et de celles du susdit pont, laquelle muraille et pont coûte plus que s’il avait fallu bâtir tout le reste du susdit château, ledit sieur commandeur aurait payé la somme de deux mille neuf cent onze livres, savoir à Bernard Granger, maître maçon, qui a fait le susdit travail pour sa main, tant seulement neuf cent cinquante livres et mille neuf cent soixante livres pour tous les matériaux et charrois d’iceux qui viennent de loin, le tout suivant la quittance dudit Granger du 15 octobre 1683 et de l’acte de prix-fait du 14 août 1682, le tout retenu par le susdit Lacombe, notaire de Saint-Amand et par un rôle des sudits matériaux du 10 juillet 1683 signé Reynal ; et pour ce... 2 911 livres.

    Réparations non ordonnées faites par ledit sieur commandeur audit chef de Condat.

    Premièrement, la grande muraille du grand moulin à blé où passe le passelis de l’eau menaçant ruine et la grosse poutre du pressoir à huile s’étant rompue au mois de juin de l’année 1679, ledit sieur commandeur qui ne faisait que d’entrer en rente, nonobstant qu’il eut essuyé toutes les grandes réparations susdites qui avait été faites pendant le mortuorum et vacant en achat d’ornements et autres dépenses, aurait néanmoins donné ordre au nommé Plantin, son agent, de faire réparer et refaire ladite muraille et remettre une grosse poutre au susdit pressoir à huile, ensemble de faire réparer les canaux dudit moulin à blé qui aurait été ordonné par la susdite visite. Cette réparation fut à l’instant faite moyennant le prix et somme de cinquante-huit livres, ainsi qu’il résulte par les prix-faits, quittances des maîtres qui ont fait le susdit travail en date des 13 et 20 octobre, 12 novembre et 1er décembre 1679, retenu par Labrousse, notaire dudit Condat ; pour ce... cinquante-huit livres.

    Plus, ledit sieur commandeur a fait abattre et murer un privé qui était dans les épaisseurs de la tour qui tombait dans le vivier ce qui était fort indécent à la vue et incommode même lorsque l’on se promenait sur le bord de l’allée dudit vivier et l’a fait mettre dans la même épaisseur de la muraille du côté du Levant sur le ruisseau du Coly, la dépense de ladite réparation est comprise dans le susdit prix-fait de Granger ci-dessus mentionné. Et ayant vu en l’année 1685, lors qu’il était sur sa commanderie que ledit feu seigneur de La Rivière avait fait faire un même privé dans sa maison qui tombait dans son susdit vivier ou gardoir, du côté du Midi, n’aurait pu souffrir cette vilaine usurpation et aurait fait instance à ladite dame de le faire abattre et murer la porte ce qu’elle aurait fait à l’instant sans figure de procès.

    […]

    Plus, le couvert de la grande tour dudit château de Condat et celui de la chambre joignant étant fort ruinées et le pressoir à huile s’étant rompu de nouveau, on aurait donné à Pierre Lacoste, maître charpentier, en l’année 1680, toutes les réparations qu’il y avait à faire audit moulin à prix-fait, qui les aurait faites pour le prix et somme de soixante livres suivant le prix-fait du 8 décembre 1680 et quittance du 8 avril 1681 reçu par le susdit Labrousse, notaire royal dudit Condat ; et pour ce... soixante livres.

    Plus, en la même année 1680, le couvert du moulin des Mailleries étant fort gâté, le nommé Alfant, procureur dudit sieur commandeur, les aurait donnés à prix-fait à réparer au susdit maître Pierre Lacoste pour le prix et somme de quarante-huit livres suivant la quittance du 23 mai 1683 reçue par le susdit Labrousse, notaire ; et pour ce... quarante-huit livres.

    […]

    Ordonnance première.

    Ledit sieur commandeur fera mettre une bonne porte à la prison du côté de la cour.

    Ledit sieur commandeur a bien excédé cette ordonnance, d’autant qu’au lieu d’une porte de bois double, qu’il y a fait mettre, ayant vu que les pierres qui composaient la porte et qui est fort épaisse étaient toutes gâtées pour être faites de méchantes pierres gélives, l’avait fait refaire tout à neuf de belle pierre de taille. Et pour la susdite porte de bois, lui avait coûté la somme de quinze livres, y compris les fers et ferrures, et celle de pierre faite en arceau, la somme de vingt-deux livres, montant toutes les susdites réparations, celle de trente-sept livres, suivant la quittance donnée par ledit Reynal dans un compte d’autres plus grandes réparations ci-dessus ; et pour ce... trente-sept livres.

    La susdite ordonnance a été bien encore augmentée sur ce que l’année dernière le roi ayant voulu que tous les seigneurs justiciers fissent faire des prisons fortes à voûte. Comme celle dont est question n’était qu’une écurie sous la tour du susdit château servant pour l’usage de la prison qui n’était point pour lors dans les formes requises, ledit seigneur commandeur en aurait fait faire une dans le même endroit en voûte forte et fort épaisse, de la longueur de trois cannes et de hauteur une et demie et d’épaisseur demi canne pavée de bonnes pierres rassises avec un petit jour avec sa porte de pierre de taille et sa porte de bois fort épaisse, bien ferrée, garnie de bonnes serrures. Laquelle prison lui aurait coûté la somme de cent livres, suivant le prix-fait donné à Bertrand Froidefont et Pierre Villate de la paroisse de Condat, en date du 1er novembre et quittance du 15 décembre 1688, retenue par Labrousse, notaire dudit Condat, avec la quittance particulière dudit Reynal faite audit chevalier de Reilhanette le 20 janvier 1689 ; et pour ce... cent livres.

    Ordonnance 2e.

    Fera un volant et une vitre à la demie-croisée qui est dans l’arrière-chambre qui est sur la prison. Ledit sieur commandeur a bien excédé et augmenté cette ordonnance d’autant qu’au lieu du susdit volant et vitre, il en a fait mettre par toute la maison à tous les jours de la nouvelle bâtisse qu’il a fait faire, qui sont fort grands, qui regarde du côté du Midi. Consistant en quatre grandes croisées de bois, savoir une à la salle basse, l’une à la salle haute et deux aux deux chambres hautes joignant ladite salle haute ; trois demi-croisées, l’une à la chambre qui est au bout de la salle basse joignant la tour ; une autre à la cuisine et l’autre à l’arrière-chambre qui est sur la prison ; avec ses châssis, piliers et volets pour mettre les vitres, le tout de bois noyer avec quatre volets à chacune croisée et une croix de bois pour séparer lesdites fenêtres ; avec deux portes de bois neuf l’une qui est fort grande qui est dans la salle basse par laquelle on passe sur le pont et l’autre double, aussi pour la porte de la tour où est la prison, dont a été parlé ci-dessus. Lesquelles susdites croisées et portes lui ont coûté la somme de cent soixante livres, sans les ferrures, suivant le prix-fait donné à Guillaume Lasserre, maître menuisier, du 3 novembre 1682, et quittance ensuite du 16 mars 1683, retenu par le susdit Lacombe, notaire à Saint-Amand ; et pour ce... cent soixante livres.

    Et pour faire le ferrement pour toutes les susdites croisées savoir six crampons à chaque châssis, trois fiches et deux tarriettes pour les fermer en forme de verrou et quatre tarriettes aux quatre volets, à raison de cinq sols chaque pièce, l’une portant l’autre avec obligation de les poser. Ledit sieur commandeur a payé la somme de cinquante-et-une livres cinq sols suivant le prix-fait donné à Jean Naudou, maître-serrurier du lieu de Sainte-Orse et quittance donnée par icelui du 1er janvier et 25 mars 1683, retenu par le susdit Lacombe, notaire royal de Saint-Amand ; et pour ce... cinquante-et-une livres trois sols.

    Ordonnance 3e.

    Touchant les vitres, le pavé du foyer de la petite chambre de la tour et d’y laisser une porte en forme de trappe pour monter au toit ; faire paver le foyer de la chambre qui est à main droite en entrant dans la salle haute ; faire mettre une vitre à la demi-croisée du trépois qui est à plain-pied des appartements, plus deux vitres à la chambre qui regarde le grand portail, comme aussi celles de la demie-croisée qui est au vestibule ou salle-basse et fera réparer le pavé d’icelle qui est rompu.

    La susdite ordonnance a été pleinement exécutée et excédée encore de beaucoup, d’autant que, quant aux vitres, ledit sieur commandeur a fait vitrer non seulement les fenêtres ordonnées mais encore toutes les autres neuves, compris deux qu’il a fait faire à l’église du présent lieu, l’une pour le chœur et l’autre pour la sacristie, avec chacune son châssis de fer assorti de fils d’archal pour la conservation des vitres qui sont fort basses. Et en outre a fait raccommoder toutes les autres du présent château que la grêle avait rompues il y a quelque temps. Avec les susdits panneaux vieux et nouveaux, il a fait mettre trois barrettes de fer à chacune pour la conservation desdites vitres. Laquelle susdite réparation ou travail lui a coûté la somme de quarante-huit livres, suivant qu’il résulte par le prix-fait donné à Jean Moluzon, maître vitrier de la ville de Brive, le 24 octobre 1688 et la quittance au pied d’icelui du 22 décembre de la même année, le tout retenu par Urssy, notaire ; pour ce... quarante-huit livres.

    Et quant au restant de la susdite ordonnance, de faire le pavé de la chambre de la petite tour, celui aussi de l’antichambre qui est à main droite en entrant dans la salle haute, une porte en forme de trappe et réparer le pavé de la salle basse, le tout a été exécuté et a coûté audit sieur commandeur la somme de seize livres qui est contenue en l’état d’un autre plus grand compte dudit sieur Reynal, dont il sera fait mention ci-après.

    Ordonnance 4e.

    Fera bâtir un pont de quatre pans de large avec des garde-fols sur le vivier pour passer de la cuisine aux jardin et écuries. Lequel sera appuyé sur deux piliers de pierre ou muraille que l’on bâtira dans ledit vivier. Et par le même moyen, on réparera la muraille au-dessous de la porte de ladite cuisine dont il s’est détaché quelques pierres. Fera récurer le vivier y ayant beaucoup d’ordure et de vase et remettra la muraille du bout dudit vivier.

    La susdite ordonnance a été pleinement exécutée et de beaucoup excédée par ledit sieur commandeur d’autant que n’étant ordonné que de le faire de quatre pans de largeur avec de simples piliers par le dessous, il a été jeté sur deux grandes arcades de pierre de taille et de largeur de dix pas avec ses garde-fols garnis de belle pierre de taille par-dessus servant d’appui. Et pour la bâtisse du susdit pont, il a fallu fonder un gros pilier et chercher le fondement fort bas. Lequel susdit pont coûte beaucoup. Et est compris à la grande réparation de la muraille qui regarde le jardin et qui est baignée par le susdit vivier ou gardoir ci-dessus énoncé. Est compris en la dépense de l’article de deux mille livres neuf cent onze livres et en la quittance et prix-fait qui est du 14 août 1682, 10 juillet et 15 octobre1683.

    Et ledit sieur commandeur ayant vu lorsqu’il a voulu faire récurer le susdit vivier, suivant qu’il était ordonné, que les murailles qui l’entourent et qui touchent ledit jardin étaient bâties de petites pierres sèches, sans fondement, chaux ni terre, ce qui faisait que la terre du susdit jardin coulait de temps en temps dans le susdit vivier et remplissait icelui, aurait ledit sieur commandeur fait bâtir toutes les murailles d’un bout à l’autre, de bonne pierre, à chaux et sable, avec les deux qui les ferment aux deux extrémités qu’il a fait faire élever. Et par-dessus celles qui sont tout le long joignant le jardin, y a fait mettre des pierres de taille pour pouvoir s’asseoir dessus ce qui est très utile, beau et commode. Et aurait en même temps aussi fait récurer et approfondir ledit vivier et y aurait fait faire un petit réservoir de pierre sèche à l’endroit où entre l’eau dans icelui pour prendre plus facilement le poisson qu’on veut manger. Et, en même temps, il a fait aussi griffonner et blanchir à chaux toute la face de la muraille dudit château qui regarde le Midi pour la conservation d’icelle muraille, blanchir de même les salles et chambres du château, fait refaire le toit d’icelui et y mettre douze chevrons et une poutre par-dessus le grenier de la salle qui étaient pourris et gâtés ; ensemble aurait fait mettre grande quantité d’ardoises sur ledit toit que l’orage aurait rompues et emportées. Plus, a fait blanchir et accommoder le pigeonnier qui est dans le jardin, y a fait mettre les planchers et une quantité de paniers pour l’usage des pigeons, suivant qu’il était ordonné. De même aussi a fait la réparation ordonnée des parapets des mâchicoulis de la tour du susdit château.

    Laquelle ordonnance a été non seulement exécutée mais même excédée de beaucoup d’autant que ledit sieur commandeur a fait refaire à neuf et griffonner tous ceux qui environnent ladite tour. Comme aussi a fait rebâtir la muraille de ladite tour qui menaçait ruine aussi ordonné, y ayant aussi fait faire de plus une fenêtre neuve de bois noyer à la chambre haute de ladite tour. Ensemble aussi a fait réparer à neuf la muraille haute de la susdite tour proche des mâchicoulis avec les tuyaux ou canal de la cheminée de la grande chambre proche de la tour. Plus, a fait remettre une des grandes gimelles au pressoir à huile, deux tirants et deux sous-barbes. Ensemble a fait couvrir le fournial par trois fois, à ce compris la troisième chute causée par l’inondation de la Noël 1688 qui fit tomber les murailles et le toit dudit fournial, dont sera fait article particulier de dépenses ci-après. Et de même aussi a fait fort bien réparer la muraille du devant dudit fournial qui regarde l’église et le moulin.

    Toutes lesquelles réparations ont coûté audit sieur commandeur la somme de sept cent trente-quatre livres cinq sols, suivant l’état du compte dudit Reynal donné audit sieur commandeur et les prix-fait et quittance contenus en icelui. Le susdit arrêté de comptes en date du 19 avril 1684, signé Reynal, et passé en compte le 28 mai suivant, signé Alfant, procureur dudit sieur commandeur, et quittance donnée à icelui ensuite par ledit Reynal le 1er septembre 1684, signée Reynal ; et pour ce sept cent trente-quatre livres trois sols.

    Ordonnance 5e.

    Fera plancher la grange pour tenir le foin […].

    […]

    Ordonnance 6e.

    Fera chauffer le four et obligera tous les habitants à y venir cuire leur pain […].

    […]

    Ordonnance 7e.

    Fera refaire au moulin de dessus les conduits et canaux qui portent l’eau au rodet et les planchers dessous les meules, et au moulin d’huile de noix y mettre une jumelle au pressoir et fera refaire l’huis et achètera des sarges audit moulin à huile […].

    […]

    Ordonnance 15e.

    Fera dresser un pilori où il fera mettre un carcan pour marque de la justice et fera ôter les girouettes des maisons des sieurs de La Rivière, La Chapelle et Chaumels.

    […]

    En outre, ledit sieur chevalier nous a dit que ledit sieur commandeur a fait faire l’année dernière de son abondant pour l’utilité et avantage de sa commanderie de très belles et très utiles réparations et améliorations, tant à l’église paroissiale dudit lieu qu’aux fours et fournial, moulins et surtout à la chaussée desdits moulins, partie de laquelle avait été emportée par la rapidité et inondation du ruisseau de Coly et de la rivière de Vézère qui arriva les fêtes de la Noël de l’année 1688, qui a été la plus grande qu’on n’ait jamais vu dans ce pays-ci. Et par la rupture de ladite chaussée lesdits moulins étaient demeurés à sec. Ladite inondation ayant pareillement emporté la muraille et couvert dudit fournial et fait tomber le petit four, ledit sieur commandeur aurait bien pu avec des pilotis et des planches réparer avec très peu de dépenses la brèche de la susdite chaussée pour faire moudre ses moulins, laquelle réparation aurait pu durer quelque temps.

    Mais pour mieux témoigner le zèle qu’il a pour l’utilité et avantage de sadite commanderie, il n’a rien voulu épargner pour refaire tout à neuf ladite chaussée. Et pour y faire une réparation fort durable et pour toujours, l’ayant toute faite bâtir de grosse pierre avec des pilotis par dessous aux endroits où l’on n’a pas pu fonder, y étant entré, à ce qu’on dit, plus de quatre cents charretée de pierres tant grosses que petites, étant pavée par le dessus avec de grandes et grosses pierres au fond d’icelle d’une prodigieuse et immesurée grandeur en manière qu’on ne peut pas craindre qu’aucune inondation la puisse jamais emporter […].

    Et quant à la muraille dudit fournial, elle a été refaite à neuf à chaux et sable, depuis le fondement jusqu’au toit du côté des moulins. Et on a rebouché l’entière muraille du capial dudit moulin du côté dudit ruisseau de Coly. Et le petit four tombé a été refait à neuf de même aussi que le couvert dudit fournial où il a été mis plusieurs chevrons et latte-feuilles neuves que ladite inondation avait emportés. Pour lesquelles susdites réparations a coûté audit sieur commandeur la somme de huitante livres suivant que résulte par le prix-fait du 1er janvier 1689 et 4 février même année donné à Pierre Vilatte et Jacques de Coly, maîtres maçon et charpentier dudit lieu de Condat, signé Labrousse,notaire.

    […] et aurions de même ensuite procédé à la vue et vérification des belles et grandes réparations qu’il a fait faire de son abondant sans y être obligé par la susdite visite audit château, ayant fait refaire tout à neuf la grande face d’icelui qui regarde sur le jardin du côté du Midi tout de fort belles pierres de taille, avec des croisées partout, à la mode, aux deux étages haut et bas, bien boisées et vitrées ; et fait jeter en même temps un beau pont de même pierre de taille sur le vivier ou gardoir avec deux arcades de même pierre, et fait faire les murailles du susdit vivier de même pierre tout alentour. Cette réparation embellit fort le château et a empêché la chute d’icelui suivant qu’on nous a fait remarquer.

    […]

    Ensuite de quoi, ledit sieur chevalier nous aurait conduit sur la terre de la commanderie qui est fort proche dudit château et confronte à la maison des héritiers du feu seigneur de La Rivière et est joignant leur basse-cour, appelée autrefois le pré de la commanderie, dont partie de ladite terre de la contenance de deux cartonnées fut échangée par ledit feu sieur commandeur avec ledit sieur de La Rivière pour former sa basse-cour et son allée qui donna la même contenance au-dessous et joignant ladite terre que nous avons vue bornée de deux petits piliers de pierre de taille, nous ayant été assuré y avoir la contenance de six cartonnées ci-dessus exprimé dans le susdit dénombrement,et que ledit sieur commandeur jouit de ce contre-échange depuis l’année 1685, que ladite dame de La Rivière lui en fit délaissement par le susdit acte du 8 mai 1685 reçu par Urssy et Labrousse, notaires royaux […].

    […]. »

  • ANNEXE XIII : Visite de la commanderie de Condat, 3-5 août 1695 (Arch. départ. de la Haute-Garonne, 1H Malte Reg. 417).

    Transcription Chabrelie 2011, p. 60-61 :

    « […]

    Condat, chef de la commanderie.

    Le lendemain, troisième du mois d’août 1695, […].

    […] Visite de l’église.

    Le cinquième dudit mois d’août 1695, nous commissaires ayant vaqué le jourd’hui et le précédent à prendre le susdit dénombrement du chef de Condat qui est au diocèse et sénéchaussée de Sarlat, nous aurions résolu de commencer d’en faire la visite par les vases sacrés, pour cet effet nous serions allés au-devant de la porte principale de l’église paroissiale dudit lieu dédiée à saint Jean-Baptiste et à saint Blaise […]. Le presbytère est séparé de la nef par un balustre de bois en menuiserie ébranlé, bien pavé et ajouré d’un jour vitré, du côté de l’Évangile et dans la muraille y a un arceau fait à neuf orné de quatre croix de Malte […]. Ladite entière église est entièrement bâtie de bonne muraille de pierre, à chaux et sable, bien voûtée et blanchie de lait de chaux par dedans et pavée de pierre de taille à la réserve d’environ deux cannes le long de l’autel dudit sieur de La Filolie ; elle a douze cannes de long et quatre de large, ayant son entrée par deux portes sur la principale qui est à deux battants, et au fond de l’église, est fait le clocher en pinacle avec deux cloches. Le couvert étant de pierre qui la charge extrêmement et qui pourrait un jour détruire la voûte en s’abatant sur icelle par la chute de la charpente qui menace ruine par le grand poids qu’elle supporte n’y ayant que l’espace d’environ douze à quinze égoutières couvertes d’ardoises ; qu’il serait nécessaire de continuer ou du moins de la faire couvrir de tuiles à crochet pour éviter un accident. Ladite porte qui est du côté du Septentrion se ferme à clef. […]

    Château.

    Après quoi serions retournés dans ledit château par une basse-cour qui a son entrée par deux portails, l’un sans fermure, et entrés dans icelui par une porte carrée.

    Lequel est bâti à haut étage de bonnes murailles de pierre à chaux et sable, le bas composé, à droite en entrant, d’un beau chai – ayant au-dessous une cave voûtée, qui prend son entrée de la basse-cour, laquelle est fort humide qui est cause qu’on n’y loge pas du vin –, une belle cuisine bien pavée avec sa cheminée et, au fond d’icelle, une décharge. Le côté gauche est aussi composé d’une salle avec cheminée de pierre de taille, une chambre. Et dans une tour carrée qui est au bout dudit bâtiment, du côté du Levant, une prison bien voûtée avec sa porte et deux serrures et une petite écurie. Et tout auprès de la susdite porte, à côté gauche, est le degré fait de grandes marches de pierre, à repos, qui règne jusqu’au plus haut appartement ou étage. Le second en entrant est composé d’une cuisine et une décharge qui est au bout dudit degré à droite, et à gauche est une belle salle avec sa cheminée de pierre et croisière de pierre, placardée et vitrée, laquelle salle est au milieu de deux appartements, celui du Midi est composé d’une chambre avec cheminée de pierre, une antichambre, un petit cabinet sur le coin dudit bâtiment fait en cul-de-lampe, au haut duquel il y a une girouette et à côté un aisement.

    De l’autre bout de la salle, qui est du côté du Levant, est l’autre appartement aussi composé d’une chambre avec cheminée de pierre de taille, une arrière-chambre et un aisement qui sont dans ladite tour. Et au-dessus où on monte par un petit degré de bois, une fort jolie chambre pavée de petites pierres avec sa cheminée et de demi-croisées placardées et vitrées. Ladite tour est mâchicoulée de pierre tout autour ou sur le haut de ladite tour ou pavillon une girouette de fer.

    Le haut de tous les susdits appartements servant de grenier qui sont fort beaux, et tout l’entier château et tour est couvert d’ardoise à la réserve de la chambre qui est entre la grande tour et la salle qui est de pierre. Y ayant partout les portes et serrures nécessaires, le tout bien ajouré et placardé et le second étage entièrement vitré et en bon état, n’y ayant que les forejets de la tour et des parties d’iceux dudit bâtiment qui ont besoin d’être allongés, ne pouvant pas jeter l’eau en dehors de la muraille.

    En suite de quoi, serions descendus et entrés dans le jardin, qui est du côté du Midi entre lequel et ledit château est partie de la maison de la dame de La Rivière, y a un fort beau vivier bâti de bonne pierre à chaux et sable couvert de grosses pierres de taille, au milieu duquel il y a un pont à deux arceaux assorti d’un accoudoir de pierre de taille, garni de quantité de poissons.

    Au milieu dudit jardin qui est assez spacieux y a un pigeonnier bâti sur quatre piliers ronds de pierre de taille, le haut de corondat et de pierre à chaux et sable, et bien planché et couvert d’ardoise.

    Et à côté dudit jardin, regardant le Couchant, est une fort belle écurie, bâtie de murailles, bien planchée, le dessus servant de grange à foin et couverte d’ardoise, qui a son entrée par une petite porte dudit jardin fermant à clef, et par une autre porte à deux battants qui sort sur le chemin, le tout en bon état.

    […]

    En suite de quoi, sommes allés visiter les moulins et commencé par le grand moulin farinier, où nous avons trouvé Jean Larivière, meunier, qui nous a dit qu’il donne d’afferme desdits deux moulins à blé, moulin à huile et pressoir, le moulin foulon et du port la somme de quatre cents livres. Lequel moulin est bâti tout auprès de l’église et sur la rivière de Coly, moulant à deux meules, de bonne murailles de pierre ; celle du côté du Levant et partie du Midi ayant été rebâtie à neuf, a besoin d’être rebouchée de mortier gras à chaux vive et sable, ne l’ayant été que de chaux vieille sans force n’ayant pas pu prendre ni lier les pierres. Le couvert est fait de pierre froide ayant besoin d’être entièrement ressuivi. Le moulin à huile a besoin de deux sarges qui coûteront trente livres et la voûte de la défuite dudit moulin qui est devant la porte du four d’être rassurée, le surplus est en bon état.

    Tout joignant ledit moulin est le four banal que ledit sieur Reynal, fermier, tient à sa main et fait chauffer par Martin Lacombe ; où tous les habitants sont obligés d’aller cuire leur pain et payent pour droit de fournage à raison de seize pains un. Lequel nous avons trouvé bâti à chaux et sable et couvert de pierre froide avec sa porte fermant à clef. Et dans icelui, deux fours. Nous ayant fait remarquer que lesdites murailles au-dedans du côté du grand s’ouvrent par les fondements, qu’il a besoin d’être aplani avec des pierres, refaire la voûte dudit grand four que le feu a calcinée et y mettre deux portes de fer, le surplus est bien tenu.

    Après quoi, serions allés à l’autre moulin farinier situé sur le même ruisseau et à environ trente pas au bas du susdit, qui va à une meule, bâti de bonne muraille et couvert de même pierre froide, réparé à neuf depuis peu. Et sortant d’icelui avons remarqué qu’il serait nécessaire de paver le dessus des arcs et voûte du pont qui est au-devant, que le passage des charrettes ébranle, faire le [...], et faire un perron terrassé par derrière et muraille en glacis et défuite d’environ trente à quarante pieds de façade et hauteur du côté de la rivière pour éviter que lorsque la rivière de Vézère enfle ne mine par ledit moulin qui serait à craindre d’être un jour emporté.

    […]. »

  • ANNEXE XIV : Ordonnances faisant suite au procès-verbal de Visite de la commanderie de Condat, août 1695 (Arch. départ. de la Haute-Garonne, 1H Malte Reg. 417).

    Transcription Chabrelie 2011, p. 61-62 :

    « […]

    Chef de Condat.

    [Église paroissiale] Au chef de la commanderie, nous avons d’abord remarqué l’indécence des armoiries qui remplissent un grand vide du tableau où serait mieux une image de piété. Ledit sieur commandeur de La Valette […] obligera les paroissiens qui ont droit de sépulture [d’assainir] le quart de la nef qui reste et de fermer leur cimetière du côté de la grande porte de l’église, comme aussi d’aplanir la motte de terre des débris de la voûte qui gâte la muraille du presbytère ; fera murer l’ouverture faite sur la voûte au-dessus dudit presbytère ; et fera incessamment découvrir ladite chapelle et arc boutant du côté du ruisseau pour déraciner les ormeaux qui ouvrent les murailles et abattent le toit […].

    Au château, ledit commandeur fera allonger les forejets du couvert de la tour dont les gouttières tombent sur la maîtresse muraille, comme aussi ceux de tout le toit du côté du réservoir seulement, de long en long. Le futur commandeur fera aussi courir l’ardoise qui joint la grande tour par la même raison alléguée pour l’église, fera aussi refaire la crémière des toits de la salle et chambre que le vent à emportée et ledit sieur de La Valette fera incessamment resuivre tous les couverts des bâtiments qu’il fera garnir de mortier aux pignons d’iceux.

    Au grand moulin, ledit sieur commandeur fera reboucher de mortier franc et chaux vive la muraille cantonnière faite à neuf, le mortier dont on s’est servi n’ayant pas fait prise ni lié les pierres. Au moulin à huile, y acheter deux sarges pour environ trente livres. Au petit moulin bas qui a été réparé depuis peu, nous ordonnons seulement de rassurer la muraille du côté de la Vézère avec des cartelages et grands quartiers de pierre pour appuyer le canton où donne le courant de l’eau.

    Comme aussi fera regarnir de pavés le dessus des voûtes des ponts que ledit sieur commandeur est obligé d’entretenir pour les charrois des charrettes et passagers ; fera faire un coubis bois de chêne à la balle de la défuite dudit petit moulin ; et pour empêcher que la rapidité de la rivière n’emporte quand elle grossit le petit moulin nous estimons qu’il faudrait faire un perron terrassé en forme de glacis en pointe d’environ trente à quarante pieds de façade et de seize pieds de hauteur du côté de la rivière et sur le ferme du rocher bas.

    Et au moulin foulon dont les murailles, les charpentes et les masses ont été faites et réparées depuis peu, nous ordonnons seulement de le couvrir de pierre ou de paille à l’usage du pays et d’y faire les deux portes qui manquent.[…]

    Ledit sieur commandeur fera reboucher les murailles du four du côté du grand moulin et fera soutenir et remplir les pierres des fondements qui se détachent au niveau du terrain, fera aplanir le grand four avec des pierres à feu et fera refaire la voûte que les flammes ont calcinée.[…]. »

  • ANNEXE XV : Visite de la commanderie de Condat, 30 septembre 1705 (Arch. départ. de la Haute-Garonne, 1H Malte Reg. 421).

    Transcription Chabrelie 2011, p. 62-65 :

    « […]

    Condat, chef de la commanderie.

    […]

    Visite de l’église de Condat.

    La susdite visite et dénombrement nous ayant occupés tout le jour d’hier, nous aurions différé de dresser notre verbal concernant l’église et des suites dont il nous reste à faire mention jusqu’à ce jourd’hui, 30 septembre susdite année 1705 […]. Après quoi, ayant visité ladite église dédiée à saint Jean-Baptiste. […]. Plus la chapelle dédiée à sainte Catherine e[s]t voûtée et pavée ; du côté de l’Évangile, elle a un autel à demi-orné avec un petit tableau de la sainte. Les seigneurs comtes de Turenne et de Bouillon ont réservé cette chapelle avec un service de célébration de messe qu’on doit faire pour eux à cause du don de la justice haute, moyenne et basse de cette paroisse qu’ils ont fait à l’ordre par donation du 1er mai 1376 […] par Petro de Roderio,notaire, dressant alors les actes des seigneurs comte de Turenne, de laquelle messire le commandeur de Reilhanette se chargea lors de la dernière visite de remettre la copie collationnée par Grézil, notaire, aux archives de Toulouse.

    Toute ladite église est bâtie de muraille de pierre à chaux et à sable et bien voûtée ; elle est pavée de pierre plate, à la réserve d’environ une cinquième partie d’icelle qu’on nous a dit être le dessus de tombeaux des sieurs de La Filolie, qu’il faudra obliger de faire leur devoir. Elle a douze cannes de long et quatre cannes de large. Elle a deux portes d’entrée, sur la grande à deux battants et le clocher fait en pinacle garni de deux cloches ; la couverture est de pierre plate portée sur une charpente qui est trop chargée, à la réserve d’une sixième partie qui est couverte d’ardoise. Il serait à souhaiter qu’on continuât de couvrir le restant de même, ou du moins de tuile crochet pour prévenir une chute qui pourrait nuire à la voûte si le grand poids des susdites pierres faisait lâcher ladite charpente. Ledit sieur Moysent, vicaire perpétuel, a, par ses soins, fait faire une tribune qui contient environ le tiers de ladite église depuis la porte. Cette réparation l’agrandit. Elle est soutenue, portée par sept chevrons portés et appuyés sur deux autres placés sur quatre corbeaux de pierre naissant des murailles des deux côtés. Sur lesdits chevrons, bois de chêne, sont attachées les tables nécessaires de bois de noyer. Ladite tribune est garnie de sa balustrade visant sur l’autel et remplie de vingt-trois balustres avec un crucifix sur le milieu relevé en peinture et filet d’or. […] La sacristie a été faite à côté du grand autel. Elle est voûtée et éclairée par une fenêtre vitrée. […]

    Le cimetière est placé entre ladite église, du côté du Midi, et les murailles de la basse-cour du château, et des maisons voisines. […].

    La précédente visite a fait mention d’une maison presbytérale qu’on assure devoir être rachetée mais nous trouvons que ce dessein n’a pas encore été exécuté et que ledit sieur commandeur a permis à son vicaire perpétuel de loger dans le château sans conséquence, d’autant mieux qu’il se rend utile aux affaires de la commanderie. […].

    Château.

    Après avoir satisfait à nos devoirs dans la visite de l’église, ensuite de tout ce qui a été observé ci-dessus, nous avons continué notre commission en visitant le château qui a son entrée par une basse-cour presque carrée et enfermée par deux grands portails, l’un du côté du ruisseau de Coly, sans garniture de portes, l’autre du côté de Madame de La Rivière, garnie de portes à demi-usées, qu’on néglige de fermer en laissant assujettir la cour par un passage de tolérance pour aller aux abreuvoirs, à quoi il serait bon de prendre garde sans affectation pour interrompre la procession.

    De ladite cour, on entre dans ledit château par une porte carrée et fort commode. Il est bâti à trois étages et de murailles de pierre à chaux et à sable. Le premier est composé, savoir : à droite en entrant, d’un beau chai et de la cave voûtée au-dessous, tout de suite la cuisine séparée par une muraille, au fond d’icelle une décharge. Du côté gauche, il y a un salon garni de sa cheminée, tout de suite à plain-pied une chambre où est monté le pressoir et au fond, du côté du Levant, est la prison, bien voûtée, garnie de sa porte et ferrure et à côté est un petit réduit qui peut servir de décharge pour le bois ou de petite écurie.

    On monte audit château par un degré fait de grandes marches de pierre et à reposoir qui monte jusqu’au plus haut étage. Le second, sur le milieu dudit degré – au bout duquel est une chambre et antichambre dont les fenêtres sont grillées, visant sur la cour – consiste en une salle garnie de sa cheminée prenant jour du côté du jardin et du vivier par une fenêtre croisée garnie de ses placards, volets bois de noyer et de ses vitres. Ladite salle est entre deux appartements. Celui de gauche au Midi a une chambre avec sa cheminée dans l’épaisseur de la muraille, éclairé par deux fenêtres, au Midi et Nord ; tout de suite est une petite antichambre percée seulement au Nord et un petit cabinet dessous la tour, fait en cul-de-lampe. La girouette marquant seigneurie est sur la hauteur du bâtiment. Du même côté et au fond à plain-pied de l’antichambre sont les commodités donnant sur le ruisseau de Coly. Les deux demi-fenêtres qui visent sur la cour sont garnies de grillages de fer et au bout dudit degré est une chambre de décharge. À côté droit de ladite salle est un second appartement à plus [peu] près de même que celui de la gauche consistant en une chambre garnie de cheminée, une antichambre et au fond d’icelle de petites commodités ménagées dans la tour - au milieu de laquelle on trouve une jolie petite chambre proprement pavée, avec sa cheminée et deux demi-croisées garnies de fenêtres et de vitres, au-dessus de laquelle il y a une seconde girouette pour marquer la haute justice. Le troisième étage sert de grenier assez beaux et fort commodes, et tout le château est couvert d’ardoise à la réserve de la chambre à la gauche qui est entre la grande tour et la salle qui est couverte de pierre plate portée sur une charpente bien assurée qu’il importe d’entretenir de même à cause du grand poids de la susdite pierre.

    La grande tour et les murailles de la basse-cour sont distinguées par des créneaux qui marquent la seigneurie, ce qui est nécessaire d’observer pour que les étrangers fassent la différence du château avec une des maisons voisines chargée de girouettes dont le bâtiment est de la même élévation que ledit toit du château, à la seule réserve de la tour carrée du côté du ruisseau de Coly.

    Nous avons trouvé tout ce que dessus en assez bon état. Le toit a quelques gouttières ; trois des cheminées ont besoin d’être réparées par leurs foyers, particulièrement les deux chambres à côté de la salle où il faudrait changer deux douzaines de planchers pour les deux ; la porte de la chambre de l’appartement sur la droite ne peut plus servir ; le châssis de la demi-croisée de la chambre de la gauche est presque pourri ; le grenier aurait besoin de faire changer demi-douzaine de planches bois de chêne ou de châtaignier. Tout le restant dudit château est entretenu comme il convient en père de famille et rien n’y manque.

    Le jardin est du côté du Midi. On y entre par un pont de pierre porté sur deux arceaux garni de garde-fols de pierre de taille des deux côtés et bâti à plain-pied du bas étage du château, partageant le vivier qu’on voit remplissant la façade non seulement du château mais encore de la maison de ladite dame de La Rivière. Ledit vivier est borné des deux côtés au Levant et au Couchant par des murailles de pierre à chaux et sable d’égale hauteur d’environ douze pieds et du Midi par une autre muraille plus haute de deux pieds que le terrain du jardin, laquelle règne de long en long d’icelui ce qui sert d’ornement et de vue agréable au château ; l’eau dudit ruisseau de Coly entre dans ledit vivier par un canal fait de pierre de taille du côté du Midi et Levant. Ledit jardin est presque en carré, entouré de muraille de pierre sèche garni de quelques arbres de peu de considération, et d’ailleurs fort négligé par l’absence dudit sieur commandeur. Ce jardin mériterait d’être fermé de murailles de pierre plus élevées et à chaux et à sable.

    Le pigeonnier est bâti sur le milieu dudit jardin. Il est porté sur quatre piliers de pierre de taille, de figure ronde. Le dessus est un boisage rempli d’un simple mur de pierre plate, à chaux et à sable, d’une blancheur ternie. Il est couvert d’ardoise et un peu négligé.

    Il y a une fort belle grange aussi couverte d’ardoise qui sert d’écurie et de grenier à foin, du côté du Couchant et le long du grand chemin à côté dudit jardin. Elle a deux entrées l’une sur le grand chemin et l’autre communiquant audit jardin, borné par le ruisseau de Coly d’un côté, par les granges des particuliers, par l’écurie de la commanderie et par deux chemins des autres côtés. […]

    Sans perdre temps, nous avons passé du château aux moulins commençant par celui qui est le plus considérable, moulant et farinant, où nous avons trouvé les nommés Antoine de Coly, Léonard Teyssandier, Bernard de Coly et Annet Roudier qui nous ont dit être fermiers solidaires […]. Ledit grand moulin est bâti tout auprès de l’église sur le ruisseau de Coly. Il est moulant à deux meules et bâti de muraille de pierre, à chaux et à sable, et couvert de même. La charpente est en bon état aussi bien que les moulanges et garnitures. Il manque deux sarges au moulin à huile. La muraille du côté du Couchant et du four aurait besoin d’être bouchée de bon mortier gras, à chaux et à sable, parce que les gouttières sont un peu endommagées.

    Le four aussi banal est joignant lesdits moulins [...]. Ledit four est bâti de pierre, à chaux et à sable, couvert de pierre plate, porté sur une charpente assez forte pour la soutenir ; il a deux fours cuisant et voûtés. Ils n’ont pas besoin de présente réparation, à la réserve du toit qui a quelques gouttières. L’autre petit, appelé le moulin blanc, que nous avons vu à trente pas dudit four, est bâti sur le même ruisseau, moulant à une meule. Il est en bon état, à la réserve de la grand’porte et les fenêtres qui manquent, aussi bien que le pignon de la muraille au-dessus de la grand’porte, à la gauche, soutenant le toit qui a commencé de lâcher parce que cinq ou six pierres s’en sont détachées. […].

    À côté dudit moulin, et sur une petite place est élevé le pilori de justice, marqué de deux croix de l’ordre et garni d’un carcan ou collier de fer […].

    Le moulin foulon, ou les Mailleries à draps, est bâti vis-à-vis dudit jardin de la commanderie séparé par le ruisseau de Coly. Nous l’avons visité et trouvé bâti de muraille de pierre, à chaux et à sable. Les garnitures du foulon battant en très bon état de même que la couverture de pierre plate portée sur une charpente presque neuve. Les metz du fouloir, les portants, les masses et les couloirs des eaux sont garnis comme il convient avec leurs rodets. Le bâtiment avec ses entrées et sorties est de la contenance d’environ une cartonnée […].

    […]. »

  • ANNEXE XVI : Visite de la commanderie de Condat, septembre 1711 (Arch. départ. de la Haute-Garonne, 1H Malte Reg. 422).

    Transcription Chabrelie 2011, p. 65-66 :

    « Visite générale du Grand Prieuré de Toulouse et de toutes les commanderies qui en dépendent faite par Gaspard de Pontenès-Bargemes, chevalier de l’ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, conseiller du roi en tous ses conseils, grand prieur de Toulouse et commandeur de Vaours. Tom[e]-1.

    Visite de la commanderie de Condat et dépendances possédée par messire frère François de Beausset.

    […]

    Visite de Condat, chef de la commanderie.

    […]

    Continuant notre visite, nous sommes venus au château qui est précédé d’une basse-cour bien plus longue que large, qui a deux entrées par deux grands portails garnis de bonne portes, entourée par le devant et par les côtés de murailles d’une belle élévation avec des créneaux. De la cour, nous sommes entrés dans le corps du château par une porte carrée de pierre de taille sur laquelle sont gravées les armes de Monseigneur le commandeur de Sauvebœuf [sic pour "Touchebœuf"]. Il est bâti de bonnes murailles de pierre, à chaux et sable, à trois étages. Le bas est composé de deux appartements, celui de la droite en entrant consiste en un grand chai et à côté la cuisine, derrière laquelle est une décharge prenant jour du côté du jardin. Devant la cuisine est une salle basse avec cheminée où il y a une belle porte qui donne entrée sur le jardin. L’appartement de la main gauche consiste en une chambre où l’on tient le pressoir dans laquelle on entre par ladite salle basse et de ladite chambre on entre dans une écurie à côté de laquelle nous avons vu les prisons dont l’entrée est par un petit guichet qui est dans ladite écurie et séparée de ladite prison par un mur qui en soutient la voûte basse qui ne s’élance pas jusqu’au plancher. Ladite écurie et prison occupe tout le dessous et bas étage de la tour qui flanque le corps du château du côté de Levant et s’élève au-dessus de toute sa couverture en pavillon. Ladite étable prend son jour par une fenêtre grillée sur la cour. À côté de ladite basse-cour, nous sommes revenus est une décharge. Le second étage auquel on monte par un degré de pierre fait à trépois est composé d’une salle qui est à deux appartements et en fait la division. Elle a sa cheminée de pierre et prend jour sur le jardin par une fenêtre vitrée. L’appartement de la droite consiste en deux chambres en enfilade d’égale grandeur. Au coin de la dernière, du côté du jardin, est un beau cabinet dans un cul-de-lampe fait en pavillon et, à l’autre coin, sont les lieux communs pour le service de cet appartement. Celui de la gauche est composé de deux autres chambres, l’une est sur le pressoir et l’autre dans la susdite tour sur l’écurie et prison ; au coin de laquelle sont aussi pratiqués les lieux communs pour cet appartement. Toutes les susdites chambres prennent leurs jours par des croisées vitrées sur le jardin et sont toutes bien planchées dessus et dessous à la réserve de la salle qui est pavée de petits cailloux posés en pointe, et les deux chambres qui communiquent ont chacune sa cheminée de pierre et fort ancienne. À côté de l’appartement de la droite et à côté d’icelui de même longueur, nous avons trouvé un troisième appartement composé d’une chambre, une antichambre et un lieu commun aussi planchés dessus dessous prenant jour sur la basse-cour, la chambre par une croisée, l’antichambre par une demi-croisée, garnies de grilles de fer. Et le degré prend son jour par deux fenêtres à chaque trépois en partie vitrées mais toutes grillées de fer. Nous sommes montés au troisième étage qui sert de grenier, comparti en deux, tenants, tout le dessus du château. Au fond de celui de la droite, en dessus le susdit cul-de-lampe sur le cabinet du second étage est un autre cabinet sous le pavillon. De l’autre côté, au fond du grenier de la gauche, est une chambre qui fait le troisième appartement de la tour, à laquelle chambre on monte par une échelle placée dans celle de dessous. Et le quatrième étage de ladite tour est un galetas formé par le pavillon ou couvert de ladite tour. Au bout dudit degré est une chambre servant de décharge. Nous sommes descendus après avoir parcouru tous les appartements dudit château et rentrés dans la salle basse par laquelle nous sommes entrés dans le jardin qui en est séparé par un beau réservoir revêtu de murailles dedans et dehors, qui sert de fossé audit château et qui se communique avec un beau pont de pierre sur deux arceaux bâtis dans ledit fossé garni de poissons qui reçoit l’eau du ruisseau appelé de Coly dans le canal du moulin par un trou fait exprès au bout dudit réservoir du côté du Levant ; et par un autre trou à l’autre bout s’écoule l’eau superflue au moyen de quoi ledit réservoir est toujours suffisamment rempli pour l’entretien du poisson qui ne peut par sortir, le trou qui rend l’eau est tout grillé de fer. Le pont du fossé a un parapet de pierre de taille.

    Le jardin est fort vaste […].

    [A la suite : pigeonnier, écurie, grand moulin farinier et à huile, four banal, petit moulin, pilori, passage de la rivière et moulin à foulon]. »

  • ANNEXE XVII : Visite de la commanderie de Condat, octobre-novembre 1724 (Arch. départ. de la Haute-Garonne, 1H Malte Reg. 556).

    Transcription Chabrelie 2011, p. 67-69 :

    « Visite de la commanderie de Condat possédée par messire frère Joseph de Cayx chevalier de l’ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem.

    […]

    Visite de Condat, chef de la commanderie.

    […]

    Plus, ledit seigneur commandeur possède au présent lieu le présent château, jardin, écurie, deux moulins à blé, un moulin et pressoir à huile, un autre moulin où sont les foulons à draps […].

    Visite de l’église […].

    Visite du château.

    Continuant notre visite, nous sommes venus au château, qui est précédé d’une basse-cour bien plus longue que large, qui a deux grandes entrées par deux grands portails garnis de leurs portes dont le dessus menace ruine, entourée par le devant et par les côtés de muraille d’une belle élévation avec des créneaux dont parties sont tombées.

    De la cour, nous sommes entrés dans le corps du château par une porte carrée de pierre de taille sur laquelle sont gravées les armes de Monseigneur le commandeur de Sauvebeuf [sic pour "Touchebœuf"]. Il est bâti de bonnes murailles, de pierre à chaux et sable à trois étages. Le bas est composé de deux appartements. Celui de la droite en entrant consiste en un grand chai et à côté la cuisine, derrière laquelle est une décharge prenant jour du côté du jardin. Devant la cuisine est une salle basse avec cheminée où il y a une belle porte donnant entrée au jardin. L’appartement de la main gauche consiste en une chambre dans laquelle on entre par ladite salle basse et de ladite chambre on entre dans une écurie à côté de laquelle nous avons vu les prisons dont l’entrée est par un petit guichet qui est dans ladite écurie et séparée de ladite prison par un mur qui en soutient la voûte basse, qui ne s’élance pas jusqu’au plancher. Ladite écurie et prison occupe tout le dessous et bas étage de la tour qui flanque le corps du château du côté du Levant et s’élève au-dessus de toute sa couverture qui est faite en pavillon. Ladite étable prend son jour par la porte qui entre à la cour. À côté de ladite salle basse par laquelle nous sommes revenus est une décharge.

    Le second étage, auquel on monte par un degré de pierre fait à trépois [sic pour repos ?] où nous avons vu quelques marches rompues, est composé d’une salle qui sert à deux appartements et en fait la division. Elle a sa cheminée de pierre et prend jour sur le jardin par une fenêtre moitié vitrée où il y manque plusieurs carreaux. L’appartement de la droite consiste en deux chambres en enfilade d’égale grandeur ; au coin de la dernière, du côté du jardin, il y a une poutre coupée et à suite est un cabinet dans un cul-de-lampe fait en pavillon dont la muraille tombe en ruine. Et à l’autre coin sont les lieux communs pour le service de cet appartement. Celui de la gauche est composé de deux autres chambres, la première avec sa cheminée et l’autre dans la susdite tour sur l’écurie et prison au coin de laquelle sont aussi pratiqués les lieux communs pour cet appartement. Toutes les susdites chambres prennent leur jour, par des croisées à moitié vitrées où il manque plusieurs carreaux, sur le jardin et sont toutes planchées dessus ; et celui de dessous a besoin de ressuivre dans toutes les chambres à la réserve de la salle et de l’antichambre de l’appartement qui est sur la gauche qui sont pavées de petits cailloux posés en pointe ; et la chambre qui communique à la droite avec sa cheminée de pierre est fort ancienne. À côté de l’appartement de la droite et à côté d’icelui et de même longueur, nous avons trouvé un troisième appartement composé d’une chambre, une antichambre et un lieu commun aussi planché dessus et dessous ; celui de dessous a besoin de réparations. Prenant jour sur la basse-cour, la chambre par une croisée, l’antichambre par une demi-croisée garnies de grilles de fer ; et avons remarqué une poutre dans ladite chambre entièrement coupée où on a mis un appui le long de la cheminée et une gouttière qui sape entièrement la muraille. Et le degré prend jour par des fenêtres à chaque trépois, sans vitres mais toutes grillées de fer. Nous sommes montés au troisième étage qui sert de grenier par ledit degré où il y a plusieurs marches de coupées. Lesdits greniers comptent deux tenants, tout le dessus du château. Au fond de celui de la droite en dedans le susdit cul-de-lampe, sur le cabinet du second étage, est un autre cabinet sous le pavillon dont la muraille menace ruine. De l’autre côté, au fond du grenier, de la gauche, est une chambre qui fait le troisième appartement de la tour à laquelle on monte par une échelle placée dans celle de dessous. Et le quatrième étage de ladite tour est un galetas formé par le pavillon ou couvert de ladite tour. Au bout dudit degré de pierre est une chambre servant de décharge.

    Nous sommes descendus après avoir parcouru tous les appartements dudit château et rentrés dans la salle basse par laquelle nous sommes entrés dans le jardin qui en est séparé par un beau réservoir revêtu de muraille, dedans et dehors, qui sert de fossé audit château et qui se communique avec un beau pont de pierre sur deux arceaux bâtis dans ledit fossé, où il n’y a pas de poissons, qui reçoit l’eau du ruisseau appelé de Coly dans le canal du moulin par un trou fait exprès au bout dudit réservoir du côté du Levant ; et par un autre trou de l’autre about s’écoule l’eau superflue, au moyen de quoi ledit réservoir est toujours suffisamment rempli pour l’entretien du poisson qui ne peut pas en sortir ; le trou qui rend l’eau est tout grillé de fer, le pont et le parapet de pierre de taille.

    Le jardin est fort vaste, l’entrée du côté du Levant en est défendue par ledit ruisseau de Coly ou canal du moulin ; du Midi, il est entouré de bonnes murailles de pierre à chaux et sable de la hauteur d’environ dix pieds avec des créneaux pour marque seigneuriale ; du Couchant par les écuries du château dont nous parlerons ci-après et du Septentrion le château et susdit fossé qui le sépare. Dans ledit jardin, nous avons vu un grand pigeonnier sur quatre piliers de pierre qu’il occupe, couvert d’ardoise, où il n’y a point de pigeons.

    Dudit jardin, nous avons vu à découvert toute la couverture dudit château, tour et pavillon qui est d’ardoise, et avons remarqué qu’il a besoin d’être ressuivi.

    Nous sommes entrés dans l’écurie bâtie de murailles de pierre à chaux et sable, couverte d’ardoise, qui a besoin d’être ressuivie, qui a deux entrées l’une par la petite porte ronde qui communique au jardin, et l’autre par une grande porte à deux battants qui donne dans la rue et toutes les deux ont besoin de réparation […].

    De là, nous sommes allés visiter le grand moulin farinier, moulant à deux meules, bâti de muraille de pierre à chaux et sable, couvert d’ardoise, qui a besoin de quelque réparation ; de même que le plancher devant les meules a besoin de ressuivre et les metz où tombe la farine ont besoin de réparation aussi bien que les canaux qui conduisent l’eau sur lesdits rodets. Le reste des outils et porte qui ferme à clef en bon état. Ce moulin est situé près de l’église sur le ruisseau dudit Coly.

    Sous le même couvert, nous avons vu le moulin à huile à côté du moulin farinal […] ; et ayant remarqué que ledit moulin à huile est vacant par le défaut de la pièce de dessous qui est pourrie […].

    Nous avons ensuite visité le four qui est aussi banal […]. Il est bien garni de tous les outils et autres ustensiles nécessaires à l’usage de deux fours que nous avons vu bâtis de pierre à chaux et à sable. Le logement et fournière est aussi bâti de muraille de pierre dont celle du Couchant menace ruine attendu que le couvert de pierre plate n’est pas accompagné de deux pignons pour soutenir ledit couvert qui menace une ruine prochaine à cause de la pesanteur de ladite pierre ; la porte a aussi besoin de refaire à neuf.

    Le petit moulin farinier appelé le moulin blanc est situé sur le même ruisseau à trente pas du four, moulant à une meule, garni des outils et ustensiles nécessaires. Il est bâti de pierre à chaux et à sable, en bon état de même que le couvert qui est d’ardoise. Nous avons remarqué un petit espace entre la muraille du moulin et celle du bâtiment voisin appartenant à monseigneur de Beleimar, qu’on a rempli de fumier et autres immondices de la hauteur de huit ou dix pans, qui retiennent les eaux pluviales qui croupissent et pourrissent la muraille du moulin qui est absolument nécessaire de faire nettoyer ce qui ne souffre point de retardement.

    À côté dudit moulin, sur une petite place soutenue par des murailles de pierre est élevé le pilori, sans carcans […].

    Le moulin où sont les foulons ou Mailleries à draps est situé vis-à-vis le jardin de la commanderie dont il est séparé par ledit ruisseau de Coly. Il est bâti de murailles de pierre à chaux et sable, dont le coin du côté du Levant menace ruine […].

    Continuant notre chemin vers le château et étant dans la basse-cour, avons remarqué que la muraille près du coin joignant la porte du château menace ruine par une fente qui va du toit jusqu’au fondement et que le couvert qui donne sur cette fente abaisse d’environ un pan.

    […]

    [Ordonnances]

    […]

    À Condat, chef de la commanderie.

    […]

    Au château.

    Fera ressuivre le couvert du château, raccommoder les planchers des chambres,remettre une poutre à la chambre du bout du degré à la place de celle qui est rompue et pourrie. Fera remettre une autre poutre à l’antichambre de l’appartement qui est sur la droite de la salle à la place de celle qui est rompue. Fera réparer la muraille du cul-de-lampe et le pavé de la salle et les placards des fenêtres et les vitres et la porte du côté du jardin et la muraille de la chambre du côté de la cour et les créneaux qui sont sur la muraille de ladite cour.

    Au jardin.

    Conformément à l’ordonnance de la précédente visite, fera planter une haie vive au jardin du côté du Coly.

    […]. »

  • ANNEXE XVIII : Visite de la commanderie de Condat, octobre 1730 (Arch. départ. de la Haute-Garonne, 1H Malte Reg. 426).

    Transcription Chabrelie 2011, p. 69-70 :

    « Visite de la commanderie de Condat et dépendances possédée par messire frère Joseph de Cayx.

    […]

    Visite de Condat, chef de la commanderie.

    […]

    Visite du château.

    Tout de suite, nous avons procédé à la visite du château qui est précédé d’une basse-cour avec deux grandes entrées. Le château est bien bâti. Sur la porte d’icelui sont les armes de messire le commandeur Sauvebœuf [sic pour Touchebœuf]. Il a trois étages, le bas est composé de deux appartements, celui de la droite consiste en un grand chai, à côté la cuisine ; derrière est une décharge prenant jour sur le jardin. Devant la cuisine est une salle basse avec une cheminée où il y a une belle porte, de laquelle on va au jardin. Celui de gauche consiste en une chambre dans laquelle on entre par ladite salle, l’écurie attenant et la prison dont l’entrée, qui est un guichet, est dans l’écurie. On monte au second par un degré de pierre qui est composé d’une salle qui communique à deux appartements. Il a une cheminée de pierre et prend jour sur le jardin. Celui de la droite consiste en deux chambres d’égale grandeur ; à suite est un cabinet sur un cul-de-lampe et lieux communs. Celui de la gauche consiste en deux chambres, le premier avec sa cheminée, l’autre est dans la tour et sur l’écurie et prison avec des lieux communs, prenant toutes jour sur le jardin, plancher dessous et dessus et celui de la gauche est pavé de petits cailloux. Il y a un troisième appartement qui est à côté de celui à droite consistant en une chambre et antichambre, avec des lieux, planchers dessous et dessus prenant jour sur la cour. Le troisième étage ne consiste qu’en des greniers hors une chambre qui est dans la tour et le quatrième étage d’icelle est une galerie fermée par le couvert de la tour.

    Jardin.

    De là avons visité le jardin où il y a un beau réservoir revêtu de muraille dedans et dehors qui sert de fossé au château qui se communique avec un beau pont de pierre à la rivière de Coly.

    […]

    [A la suite, descriptions des : pigeonnier, grand moulin, four banal, petit moulin, pont, maillerie et meubles]. »

  • ANNEXE XIX : Prix-fait des travaux à faire à la commanderie de Condat, 9 octobre 1731 (Arch. départ. de la Haute-Garonne, 1H Malte Condat 95, pièce n° 51).

    Transcription Chabrelie 2011, p. 70-71 :

    « Il a été convenu entre messire Charles de Cayx, chevalier, comme fondé de procuration général de messire Joseph de Cayx, seigneur comte commandeur de Condat, d’une part, et Laporte, maître entrepreneur de bâtisse, d’autre, de ce qui s’ensuit, savoir que moi, Laporte, promet et m’engage : 1° de griffonner les fentes qu’il y a à la muraille de la chambre qui est dans le château de Condat à côté du trésor et assurer la clef de la porte dudit trésor et la griffonner et de couper dans la chambre du trésor la croix [lire : "croisillon en pierre"] de la fenêtre qui regarde sur le vivier ; 2° dans la salle dudit château remettrai le pavé nécessaire et assurerai la clef de la cheminée et mettrai un corbeau de pierre dessous une poutre de ladite chambre, griffonnerai une fente qu’il y a dans ladite salle ; 3° mettrai deux corbeaux de pierre dessous la porte de dessus la porte de l’entrée de la chambre de M. le commandeur, griffonnerai un coin qui est fendu à côté de la cheminée, et mettrai un coin dessous une autre poutre dans le bas à côté de l’autre et griffonnerai le coin fendu dans l’antichambre ; 4° griffonnerai tous les canaux de la cheminée dans le grand grenier et reparerai ladite cheminée dessus le toit ; 5° assurerai la porte de dessus la cave et grifferai les deux fentes de la muraille en dedans joignant messire de Ladornac ; 6° grifferai dans la cour le bas de la muraille et mettrai les pierres nécessaires ; 7° je mettrai au moulin d’en haut du côté des deux canaux de bois le cartelage qu’il faut dehors et dedans pour assurer la muraille qui donne sur les canaux depuis la porte ; 8° et mettrai aux deux moulins un rond de cuir pour que la farine ne se perde pas, avec des cercles et des planches tout autour des meules de la hauteur nécessaire ; 9° je raccommoderai la voûte et sol et le devant de l’embouchure de deux fours et assurerai la porte d’iceux et fournirai tous les matériaux nécessaires et le tout fait à chaux et sable, bon et solide, comme aussi je ferai faire la moitié du portail avec la petite du côté de M. de Ladornac et fournirai les planches et clous, gongs et pelles qui sont nécessaires et l’uniforme à l’autre côté de portail faisant moitié d’icelui et mettrai une planche au bas de la porte qui donne sur le pont du vivier. Et finalement, je raccommoderai le marchepied de l’église dudit Condat.

    Et le tout pour le prix et somme de cent vingt livres payables à la fin dudit travail, lequel je promets avoir entièrement fini par tout ce mois à peine de tout dépens dommage et intérêt. Fait double à Condat […]. »

  • ANNEXE XX : Procès-verbal de visite des "améliorissements" à faire à la commanderie de Condat, 15 juillet 1732 (Arch. départ. de la Haute-Garonne, 1H Malte Reg. 471).

    Transcription Chabrelie 2011, p. 71-74 :

    « L’an 1732 et le quinzième jour du mois de juillet, nous messire Henri-Augustin de Piolenc et messire Martin Dulaux, chevaliers profès de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, commissaires députés […] pour la vérification des améliorissements faits à la commanderie et comté de Condat par messire Joseph de Cayx, commandeur moderne d’icelle, lequel a établi pour son procureur général et spécial messire Charles de Cayx, son neveu […].

    […]

    Dénombrement de la commanderie et comté de Condat.

    […]

    État de l’église et des ornements […] Le presbytère est voûté et pavé et il est éclairé par une fenêtre vitrée avec un châssis de fil d’archal ; du côté de l’Épître et du côté de l’Évangile est le tombeau de M. le chevalier de La Reilhanette avec le banc du sieur commandeur séparé de la nef par un balustre de bois fait autour placé sur une marche qui fait l’élévation du presbytère […]. La sacristie est placée à côté de l’Épître où l’on rentre par le presbytère ; elle est voûtée et prend jour par une fenêtre vitrée […]. La nef de l’église est pavée de grandes pierres de taille très mal unies à cause des tombeaux y ayant plusieurs bancs […] ; du côté de l’Évangile, il y a une chapelle dédiée à sainte Catherine, voûtée et pavée, assez bien ornée et bien blanchie y ayant un service d’obligations fondé par les comtes de Turenne et de Bouillon qui ont donné pour cela à l’ordre la justice haute, moyenne et basse de cette paroisse par acte du 1er mai 1376. […] Toute la nef de ladite église est bâtie de pierre de taille à chaux et sable, toute voûtée et couverte d’ardoise, éclairée par quatre petites lucarnes sans vitre ni châssis, étant au reste en bon état. […]

    État du château de Condat.

    Ledit château est précédé d’une basse-cour beaucoup plus longue que large qui a deux grandes entrées par deux grands portails garnis de leur porte qui sont très bonnes, entourée par le devant et par les côtés de muraille d’une vaste élévation.

    De ladite cour, on entre dans le château par une porte carrée de pierre de taille sur laquelle sont gravées les armes de M. le commandeur Sauvebœuf [sic pour Touchebœuf]. Il est bâti de bonne muraille de pierre à chaux et sable, à trois étages. Le bas est composé de deux appartements. Celui de la droite en entrant consiste en grand chai et à côté la cuisine derrière laquelle est une décharge prenant jour du côté du jardin. Devant la cuisine est une salle basse avec cheminée où il y a une porte qui donne entrée au jardin. L’appartement de la main gauche consiste en une chambre dans laquelle on entre par ladite salle basse et de ladite chambre on entre dans une petite écurie à côté de laquelle sont les prisons dont l’entrée est par un petit guichet qui est dans ladite écurie et séparée de ladite prison par un mur qui en soutient la voûte basse qui ne s’élève pas jusqu’au plancher. Ladite écurie prend son jour par la porte qui entre dans la cour ; à côté de ladite salle basse est une décharge. Le second étage, auquel on monte par un degré de pierre fait à trépois, qui est en bon état, est composé d’une salle qui sert à deux appartements et en fait la division. Elle a sa cheminée de pierre et prend jour sur le jardin par une fenêtre. L’appartement de droite consiste en deux chambres enfilade d’égale grandeur et à suite est un cabinet dans un cul-de-lampe fait en pavillon, dans un coin sont les lieux communs. Celui [l'appartement] de la gauche est composé de deux autres chambres, la première avec sa cheminée et l’autre dans la susdite tour sur l’écurie et prison, au coin de laquelle sont aussi les lieux communs. Toutes lesdites chambres prennent le jour par des croisées sur le jardin, assez bien planchées. L’appartement qui est sur la gauche et celui qui est à côté, où sont les archives, sont pavés de petits cailloux. Et à côté de l’appartement de la droite, à côté d’icelui, même longueur, est un troisième appartement composé d’une chambre et une antichambre et un lieu commun prenant leur jour par une croisée, l’antichambre par une demi-croisée sur la basse-cour, garnies de grilles de fer ; lesdites chambres autrement bien boisées de poutres et chevrons. Le degré prend jour par des fenêtres à chaque trépois, sans aucune vitrerie mais toutes grillées de fer. Le troisième étage sert de grenier auquel on monte par le même degré de pierre composé de bonnes marches. Ledit grenier est composé en deux tenants, tout le dessus du château ; au fond d’icelui de la droite en dedans le susdit cul-de-lampe sur le cabinet du second étage est un autre cabinet sous le pavillon ; de l’autre au fond du grenier à main gauche est une chambre qui fait le troisième appartement de la tour à laquelle on monte par une échelle ; et le quatrième étage de ladite tour est un galetas formé par le pavillon ; au bout dudit degré de pierre est une chambre servant de décharge.

    Le château est séparé du jardin par un réservoir revêtu de muraille dedans et dehors qui sert de fossé audit château et qui se communique à un pont de pierre sur deux arceaux bâtis dans ledit fossé. Reçoit l’eau du ruisseau de Coly dans le canal du moulin par un trou fait expressément au bout dudit réservoir du côté du Levant et par un trou à l’autre bout. Le pont et le parapet sont en pierre de taille. Le jardin est d’une vaste étendue. Il est entouré de bonne muraille à chaux et à sable de la hauteur d’environ dix pieds. Du côté du ruisseau de Coly est une haie vive, y ayant aux murailles des créneaux pour marque seigneuriale. Au milieu dudit jardin, il y a un grand pigeonnier sur quatre piliers de pierre couvert d’ardoise y ayant quelques pigeons.

    L’écurie est bâtie de muraille à chaux et à sable, couverte d’ardoise, elle a deux entrées l’une par la porte ronde qui communique au jardin, et l’autre par une grande porte à deux battants qui donne dans la rue, lesquelles sont en bon état. Cette écurie confronte du Couchant, Septentrion et Levant audit jardin ; et du Midi maison du nommé Bernard Gau. Au-dessus de laquelle est un grenier à foin. Elle a de longueur environ seize pas et cinq de large. Elle est bien pavée, la crèche et râtelier est presque tout neuf.

    Le grand moulin farinier, moulant à deux meules, bâti de muraille de pierre à chaux et sable, couvert d’ardoise, assez en bon état ; ce moulin est situé près de l’église sur le ruisseau dudit Coly. Sous le même couvert est le moulin à huile à côté du moulin farinal […]. Lequel moulin est en bon état […].

    Le four banal, où les habitants sont obligés de faire cuire leur pain dont ils en donnent de dix-sept un et un tourtet, est bien garni de tous les outils nécessaires à l’usage de deux fours qui sont bien bâtis de pierre à chaux et sable, aussi bien que le logement et la fournière, le tout en bon état.

    Le petit moulin farinier, appelé le moulin blanc, est situé sur le même ruisseau environ trente pas du four, moulant à une meule, garni des outils nécessaires. Il est bâti de chaux et sable, bien couvert d’ardoise et en bon état.

    À côté de ce moulin, sur une petite place soutenue par des murailles de pierre est le pilori avec un collier de fer qui marque la justice de M. le commandeur, où sont gravées deux croix de l’ordre, une de chaque côté. Il y a un petit pont de pierre. […]

    Le moulin où sont les foulons ou Maillerie à draps est situé vis-à-vis le jardin de la commanderie dont il est séparé par ledit ruisseau de Coly. Il est bâti de muraille de pierre à chaux et à sable, bien couvert d’ardoise. Un desdits foulons ne va pas.

    La chaussée qui sert à tous les moulins et audit foulon est faite tout à neuf de très longs quartiers de pierre et d’une épaisseur considérable, bien solide et en bon état.[…] Les polies [palis] pour étendre les draps sont le long du ruisseau de Coly, près lesdits foulons, faites de bonnes charpentes à trois rangs, bien clouées, y ayant quelque qui penche.

    […]

    Ordonnance de la visite de 1724 sur Condat.

    […]

    Fera ressuivre le couvert du château, raccommoder les planchers des chambres, remettre une poutre à la chambre du bout du degré à la place de celle qui est rompue ; fera remettre une autre poutre à l’antichambre de l’appartement qui est sur la droite de la salle à la place de celle qui est rompue ; fera réparer la muraille du cul-de-lampe et le pavé de la salle et les placards des fenêtres et les vitres de la porte du côté du jardin et la muraille de la chambre du côté de la cour et les créneaux sur la muraille de ladite cour.

    Fera ressuivre le couvert du moulin et fera réparer le plancher devant les meules ; fera faire deux metz pour recevoir la farine ; fera raccommoder les canaux qui conduisent l’eau sur le rodet ; fera raccommoder le pressoir à huile.

    Fera raccommoder le couvert du four en y mettant des pièces à la place de celles qui sont pourries ; fera faire une porte et réparer la muraille qui menace ruine du côté du Couchant.

    Fera ressuivre le couvert du petit moulin ; et fera ôter les ruines qui sont entre la muraille dudit moulin et celle du bâtiment voisin ; fera réparer le coin de la muraille du côté du Levant et la muraille et la porte du côté du sol ; et fera raccommoder ladite porte ; et fera faire à neuf celle du côté du Coly.

    Fera raccommoder la charpente ; fera raccommoder les polies [palis] pour étendre les draps ; fera réparer l’arbre de la roue d’une des Mailleries.

    Fera attacher le carcan au pilori ; et fera raccommoder la muraille qui est autour dudit pilori.

    Fera faire une porte neuve à l’écurie du côté de la rue, raccommoder la crèche et le râtelier, ressuivre le couvert ; fera planter une haie vive au jardin le long de Coly. […].

    […]

    État des réparations faites en exécution de ladite ordonnance et des améliorissements.

    […] Il a bien fait recouvrir le château, fait mettre les poutres nécessaires ; a fait réparer la muraille du cul-de-lampe, le pavé de la salle, les placards des fenêtres, la muraille de la chambre du côté de la cour et les créneaux qui sont sur la muraille de ladite cour.

    A fait ressuivre le couvert du moulin ; a fait raccommoder les canaux ; a fait raccommoder le pressoir à huile.

    A fait raccommoder le couvert du four et mis en bon état ; a fait ressuivre le couvert du petit moulin et fait ôter les ruines ; a fait réparer le coin de la muraille du côté du Levant ; a fait attacher le carcan au pilori et y a fait mettre un collier de fer, ensemble la muraille qui est autour.

    A fait raccommoder la crèche et le râtelier de l’écurie et icelle recouvrir, le tout en bon état […]

    Il fit faire une muraille au bout du jardin mais l’inondation de la rivière l’a emportée […].

    […]

    Préceptes de la visite de M. le chevalier de Piolenc […].

    […]

    Fera réparer solidement les deux ouvertures qui sont aux chambres du château dont l’une est dans la chambre du côté de M. Ladornac et l’autre du côté des archives ; abattant dans ses deux coins quelques pieds de muraille du haut jusqu’en bas pour leslier, hormis que les architectes ne jugent pouvoir trouver quelque autre moyen moins coûteux pour pouvoir assurer lesdits endroits qui menacent ruine.

    Fera faire une cuve et remboursera au fermier l’argent d’un pressoir qu’ils ont acheté ou en achètera un autre à la place […].

    En exécution desquels préceptes, M. le commandeur a fait ce qui suit : a solidement fait réparer les ouvertures des deux chambres du château.

    Article surabondant.

    En 1728, et le dix-neuvième janvier, il arriva une inondation sur le ruisseau de Coly qui rompit en emporta presque toute la pêcherie avec les matériaux qui la composaient et par conséquent les moulins à blé, à draps, pressoir à huile étaient hors d’état de pouvoir aller et les fermiers étaient à même d’abandonner lesdits moulins suivant un acte qu’ils firent audit seigneur commandeur le 1er mars 1728. Icelui seigneur commandeur fit refaire la chaussée de l’écluse dudit moulin ce qui lui coûta la somme de 2 600 livres sans compter la somme de 600 livres qu’il relâcha aux fermiers pour le retardement du travail dudit moulin, ce qui revient et tout à la somme de 3 200 livres.

    […]. »

  • ANNEXE XXI : Visite de la commanderie de Condat, avril 1738 (Arch. départ. de la Haute-Garonne, 1H Malte Reg. 429 ; cité par G. de Mirandol, "Les derniers jours d'Armand de Bourbon-Malauze...", BSHAP, 1941, p. 377-383, pièce annexe n° 2).

    Transcription Chabrelie 2011, p. 74-75 :

    « Visite générale du Grand Prieuré de Toulouse et des commanderies en dépendant faite par Messire Charles d’Ayguière-Frignan, chevalier de l’ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, conseiller du roi en tous ses conseils, commandeur des Bordères et grand prieur de Toulouse, faite en 1737 et 1738.

    Visite générale de la commanderie de Condat possédée par frère Armand de Bourbon de Malauze.

    […]

    Visite de Condat, chef membre de la commanderie.

    […]

    Visite de l’église.

    […] Le sanctuaire est voûté mais mal pavé et les murs de chaque côté de l’autel sont lézardés et besoin d’être recrépis et blanchis. La fenêtre est bien vitrée mais elle nous a paru trop petite pour donner du jour audit sanctuaire qui se trouve obscur, le banc de M. le commandeur qui est du côté de l’Évangile a besoin d’être réparé. […] La nef est voûtée et carrelée de pierre. Il y a un autel du côté de l’Épître, sans parure ni ornement, que nous avons ordonné de démolir. La chaire est du même côté, en bon état. De l’autre côté est un autre autel […]. Du même côté est une chapelle hors œuvre voûtée et carrelée ; l’autel est sans parure […].

    Visite du château.

    Après quoi, nous avons procédé à la visite du château précédé d’une basse-cour ayant deux entrées et entourée de murs par des créneaux bien en état. Ledit château bâti en pierre de taille à chaux et sable, et couvert d’ardoise, et composé savoir : Le bas à plain-pied de la basse-cour d’un courroir qui conduit de la porte principale à celle qui aboutit au jardin et au pont qui est sur le vivier ; plus à main droite d’un grand chai, d’un salon avec cheminée et d’un bouge servant de décharge audit salon, de l’autre côté à main gauche est la cuisine suivie d’une autre arrière-cuisine où est un vieux pressoir, d’un petit office pratiqué sous le grand escalier et d’une espèce de décharge où sont les prisons.

    Le haut ou second étage dudit château auquel on monte par un escalier de pierre à trois paliers est composé d’une enfilade [de] cinq chambres avec deux cabinets à chaque bout du château pratiqués dans les tours, lesdites chambres prenant jour du côté du jardin et les deux autres qui sont à l’occident prenant jour du côté de la basse-cour. Où nous avons remarqué que ledit sieur commandeur a fait faire à neuf les planchers de toutes les chambres et retournes à mettre à la moderne quatorze croisées principales qu’il a fait garnir tant de contrevents que de vitres, fait faire à neuf les croisées avec de belles [mombreuses] de cœur de noyer et des ferrures à la mode, y ayant neuf desdites grosses croisées du côté du jardin faites au petit travail ; ensemble, ledit sieur commandeur fait faire à neuf onze portes de cœur de noyer, brisées, cintrées devant et derrière, construites à panneaux et accompagnées de leurs embrasures, corniches et attiques en menuiserie aussi bois de noyer, bien ferrées à la moderne, ayant pour cet effet fait faire à neuf en bonne pierre de taille les embrasures des onze portes et les faces des neuf grandes croisées qui regardent le jardin, lesdites croisées ayant six pieds de hauteur sur trois pieds et demi de large. De plus, nous avons remarqué que ledit sieur commandeur a fait faire à neuf cinq cheminées sur le haut et celle de la cuisine avec le mur de refend qui sépare la cuisine du salon, un beau potager, quatre portes et quatre fenêtres sur le bas, garnies de leurs vitres et boisages de noyer avec des grilles de fer qu’il a fait faire à neuf et fait recrépir toute la façade du château du côté du jardin, ensemble fait carreler la cuisine et salon ci-dessus et fait réparer la cave souterraine qu’il a fait aussi recrépir ayant refait à neuf l‘escalier de pierre et le mur d’appui pour y descendre, laquelle cave était abandonnée et comblée de tous temps.

    Ensuite, nous sommes montés au troisième étage dudit château, qui est composé de deux grands greniers et une décharge et ensuite passant par un degré dérobé que le sieur commandeur a fait faire, nous sommes montés à la chambre du pavillon qui est au Levant dudit château. Laquelle ledit sieur commandeur a fait plancher à neuf et a fait faire à neuf le boisage et vitrage de deux fenêtres qui regardent le jardin et le bourg, ayant été obligé d’y faire à neuf une muraille pour pratiquer l’escalier de cette chambre qui est toute inhabitée faute d’escalier.

    Ensuite, nous sommes descendus au jardin que nous avons trouvé très bien tenu, de même que le pigeonnier, et nous avons observé que le sieur commandeur a fait planter audit jardin trois cent quarante arbres fruitiers et une doublée de charmes avec quatre cabinets et le long du canal une double haie vive pour le défendre.

    De là, nous sommes entrés dans l’écurie qui est au midi dudit jardin. Elle est bâtie sur des murs à chaux et sables, couverte d’ardoise, et nous avons observé que ledit sieur commandeur l’a fait paver à neuf et y a fait faire aussi des râteliers et crèches et y a fait faire trois fenêtres qu’il a fait vitrer et barrer.

    Four banal

    De l’après-midi, nous sommes transportés au four banal contigu au moulin. Il est bâti sur des murailles de pierre, couvert d’ardoise et deux fours ont été refaits à neuf par ledit sieur commandeur […].

    Moulin blanc

    De là, nous sommes allés au petit moulin qu’on appelle le moulin blanc situé sur le ruisseau du Coly, près le port de Vézère. Il est couvert d’ardoise, garni d’une meule où il ne manque qu’un gong à la porte.

    Presque au-devant dudit moulin et vis-à-vis le port est un pilori de pierre avec un carcan au-dessus duquel sont les armes de la religion pour marque de la justice.

    Grand moulin

    Ensuite, nous sommes allés au grand moulin situé sur ledit ruisseau. Il y a deux meules moulantes, dont l’une a besoin d’être changée, et un pressoir pour l’huile avec un moulin à bras où ledit sieur commandeur a fait faire à neuf la metz et une à vis. Le toit de ce moulin a besoin d’être refait de même que la porte.

    Foulon et chaussée

    Tout de suite, nous nous sommes transportés au foulon bâti sur ledit ruisseau vis-à-vis le jardin de la commanderie. Il y a deux batteries avec les ustensiles nécessaires. Le tout a besoin de quelque réparation mais la chaussée bâtie en pierre est bien entretenue de même que les poulies et les piquets pour tendre les draps.

    […]. »

  • ANNEXE XXII : Procès-verbal de levée des scellés du château de Condat et inventaire après décès du commandeur Armand de Bourbon de Malauze, 21 juillet 1741 (Arch. départ. de la Haute-Garonne, H 198 et H Malte Condat 104 ; cité par G. de Mirandol, "Les derniers jours d'Armand de Bourbon-Malauze...", BSHAP, 1941, p. 372-376, pièce annexe n° 1).

    « Procès-verbal de la levée des scellés apposés dans le château de Condat sur les effets du commandeur de Bourbon Malauze, décédé audit château le 2 juillet précédent. Rédaction de l'inventaire de la succession du défunt ; le tout fait en présence de Pratviel, notaire de Toulouse, procureur fondé du receveur du Grand Prieuré, 21 juillet 1741.

    Levé le scellé apposé à la salle dudit château auquel il n'aurait été rien reconnu d'altéré, et dans laquelle salle a été trouvé :

    Une cuvette cuivre avec sa fontaine de même à deux robinets, le tout pesant quarante-une livres, cuvette et fontaine placées sur un tabouret bois et dossier de même. Plus, une armoire à buffet bois blanc, le dessus bois de noyer avec serrure et clef, dans laquelle, après avoir levé le scellé, a été trouvé six cuillers, six fourchettes, deux cuillers à ragoût, six couteaux à manche d'argent, le tout sans armes. Plus, un cabaret de bois de sapin vernissé, quatre tasse faïence fine avec leurs soucoupes. Plus, douze chaises de bois garnies de paille, plus un fauteuil de même, le tout à demi usé. Plus, une paire de chenets, pelle et pincettes de fer.

    Ensuite, avons levé le scellé de chambre où couchait le seigneur commandeur et y avons trouvé :

    Un lit à l'ange, bois de noyer, garni d'une paillasse, deux matelas de laine, un de crin garni d'une toile de coutil, une couverture laine blanche de Catalogne assez bonne. Plus, une tapisserie de Bergame en deux pièces ayant environ deux aunes de hauteur sur douze de largeur, une courte-pointe d'un taffetas vert piquée et doublée d'une toile blanche, ladite courte-pointe demi-usée et tachée en divers endroits. La housse d'un gros de Naples vert, son dossier, contenance, soubassements sur cul et soupentes d'un damas broché fort usé, un coussin toile de coton rempli de plume, la tringle de fer, ledit tour de lit demi usé et l'étoffe de damas dudit lit presque neuve. Plus, douze fauteuils de Paris à sculptures, garnis de canne avec les accoudoirs d'un maroquin rouge garnis de petits clous de fonte presque neufs. Plus, un sofa de même que les fauteuils, à trois places. Plus, un prie Dieu à côté du lit, bois de noyer, le dessus de marbre noir, à deux grands tiroirs et deux petits, quatre serrures et deux clefs, avec sa garniture de laiton ; dans lesquels tiroirs avons trouvé six petits volumes de l'office de la Vierge à l'usage des Chevaliers de l'ordre et quantité de lettres ou papiers inutiles à inventorier. Plus, un trumeau avec sa corniche bois doré dont la glace a trois pans et demi ou environ de long sur deux et quart de haut. Plus, une petite paire de chenets de fer avec pelle et pincettes de même.

    Et, dans une petite chambre joignant, avons trouvé : une tenture de tapisserie de mouquette en deux pièces et deux aunes ou environ de haut sur dix de large. Une petite table bois de noyer en octogone, une paire chenets, pelle et pincettes de fer, une basse de viole avec son archet et son étui ; un rideau de fenêtre d'un taffetas ponceau, fort usé, suspendu à une tringle de fer. Plus, une épée de cuivre dorée, autrement cracoly.

    Plus, dans un bouge à côté de ladite chambre : deux chapeaux fins, hors d'usage ; deux perruques à bourse assez bonnes ; cinq chaises de bois garnies de paille ; plus une paire de guêtres de ratine.

    Et dans un autre bouge à côté de la chambre du feu seigneur commandeur, avons trouvé un porte-manteau de drap vert doublé de coutil, fort usé ; plus une table de nuit bois de noyer, une paillasse, un matelas et une couverture de laine fort commune, servant à faire coucher les domestiques, le tout fort vieux et usé.

    Et à une chambre au-dessus du bouge : un lit bois de noyer à quatre quenouilles avec son tour de lit cadis vert bordé d'un galon de soie vert presque neuf, n'ayant d'autre couche qu'une paillasse, plus trois chaises de bois garnies de paille.

  • ANNEXE XXIII : Visite de la commanderie de Condat, septembre 1751 (Arch. départ. de la Haute-Garonne, 1H Malte Reg. 432).

    Transcription Chabrelie 2011, p. 76-77 :

    « Visite générale des parties des commanderies du Grand Prieuré de Toulouse des années1750 et 1751.

    Visite générale de la commanderie de Condat possédée par frère Armand de Bourbon de Malauze.

    […]

    Condat, chef membre.

    […]

    Visite de l’église.

    […] Le sanctuaire est voûté, carrelé en pierre de taille, recrépi et blanchi à neuf, éclairé par une fenêtre vitrée armée d’un châssis de fil d’archal en dehors […]. La nef est voûtée et carrelée en pierre en assez mauvais état, les fenêtres qui l’éclairent sont sans vitres […].

    […]

    Visite du château.

    Ensuite, nous avons visité le château auquel on entre par une basse-cour qui a deux entrées, entourée de murailles au-dessus desquelles il y a des créneaux. Nous avons remarqué qu’à la gauche de ladite cour, ledit vénérable bailli fait bâtir un chai pour mettre les cuves vinaires. Ledit château est bâti de pierre de taille, couvert d’ardoise dont la plus grosse partie a été refaite à neuf. Le bas à plain-pied est composé d’un courroir qui traverse jusqu’au jardin, à main gauche d’un grand chai, d’un salon avec cheminée et d’un bouge servant de décharge audit salon. De l’autre côté à main droite est la cuisine suivie d’une arrière-cuisine, d’un petit office sous le grand escalier et d’une décharge où sont les prisons.

    Le haut ou second étage dudit château est composé de cinq chambres avec deux cabinets à chaque bout dudit château pratiqués dans les deux tours. Lesdites chambres sont boisées avec leur cheminée en plâtre prenant jour du côté du jardin et les autres qui sont à l’occident prenant jour du côté de la cour. Nous avons remarqué que les portes et fenêtres sont bien entretenues et que ledit vénérable bailli a fait recrépir et blanchir les murs de l’intérieur dudit château.

    Au-dessus desdites chambres sont les greniers, le tout en bon état.

    Ensuite, nous sommes descendus au jardin et, en entrant, nous avons remarqué qu’il y a un vivier qui borde les murailles du château et que ledit vénérable bailli a fait rehausser les murs qui sont du côté du jardin. Dans ledit jardin, nous avons vu un beau pigeonnier blanchi et recrépi à neuf, le couvert et plancher d’icelui venant d’être refaits.

    De là, nous avons passé à l’écurie qui a deux entrées l’une dans ledit jardin et l’autre dans la rue et avons remarqué que la crèche et râtelier sont en bon état de même que les portes et couvert qui a été ressuivi.

    Four banal.

    Nous sommes ensuite allés visiter le four banal contigu au moulin. Il est bâti de pierre, couvert d’ardoise ; il y a deux fours qui ont été resolés à neuf, les portes ont été changées et le couvert réparé en sorte que tout est en bon état.

    Moulin blanc.

    Du four banal, nous sommes allés au petit moulin, appelé le moulin blanc, situé sur le ruisseau de Coly, garni d’une meule, et l’ayant visité en entier, l’avons trouvé en bon état.

    Au-devant dudit moulin et vis-à-vis le port, il y a une pierre enfoncée dans la terre avec un carcan au-dessus duquel sont les armes de la Religion pour marque de la justice.

    Grand moulin.

    Nous sommes passés tout de suite à un grand moulin situé sur ledit ruisseau moulant à deux meules. Nous y avons vu un pressoir pour l’huile avec un moulin à bras, la vis duquel pressoir a été refaite à neuf. Nous avons remarqué que l’une des meules dudit moulin a besoin d’être changée. Le sieur Chevrier nous a fait remarquer que le vénérable bailli en a fait porter une qui est au-devant de la porte dudit moulin pour faire le remplacement de la mauvaise. Nous avons aussi vu que les portes et fenêtres dudit moulin ont été refaites à neuf et le couvert réparé en sorte que rien n’y périclite et que tout est en bon ordre.

    Foulon et chaussée.

    Après quoi, nous avons été au moulin foulon, dont le couvert a été entièrement refait à neuf en ardoise et la muraille du côté de l’entrée à gauche a été réparée et recrépie. Dans ledit moulin, il y a deux batteries avec les ustensiles nécessaires, le tout en bon état. Sortant du foulon, nous avons passé sur la chaussée qui est bâtie en pierre que nous avons trouvée bien entretenue.

    […]. »

  • ANNEXE XXIV : Visite de la commanderie de Condat, 22 juillet 1759 (Arch. départ. de la Haute-Garonne, 1H Malte Reg. 437).

    Transcription Chabrelie 2011, p. 77-79 :

    « Visite générale de la commanderie de Condat possédée par le vénérable bailli frère Jean-Louis de Guérin de Tencin.

    […]

    Condat, chef membre de ladite commanderie.

    […]

    Visite de l’église.

    Et le lendemain jour de dimanche vingt-deuxième jour dudit mois de juillet […].

    Visite du château.

    Ensuite, nous avons été visiter le château auquel on entre par une basse-cour ayant deux entrées, entourée de murailles au-dessus desquels il y a des créneaux. Nous avons remarqué qu’à la gauche de ladite cour, le vénérable bailli y a fait bâtir un chai pour mettre les cuves vinaires. Ledit château est bâti de pierre de taille, couvert d’ardoise, dont la plus grande partie a été réparée ou refaite. Le rez-de-chaussée en entrant dans le château, l’on trouve un courroir qui conduit au jardin ; à main droite, on trouve un grand chai ou cave, du même côté suivant toujours le courroir l’on trouve une chambre avec sa cheminée et une antichambre servant de logement au concierge avec leurs fenêtres vitrées dont les vitres ont besoin de réparer, armées de barres de fer. À main gauche, vis-à-vis le logement du concierge, de l’autre côté du colidor, il y a une cuisine avec sa cheminée et fenêtre vitrée, armée de barres de fer, avec ses fourneaux. Derrière est un office pratiqué sous l’escalier ; ensuite, il y a une pièce énoncée à la dernière visite, arrière-cuisine où l’on a placé un pressoir à vin. Et sur la même ligne est une pièce servant de prison avec le cachot. La gauche de laquelle pièce communique dans le cuvier que le vénérable bailli, comme il a été dit, a fait construire et qui [a] son issue dans la basse-cour. Revenant à la porte d’entrée, on monte par un escalier en pierre à repos et au second l’on entre dans une salle dans laquelle il y a une cheminée et qui est éclairée par deux jours, donnant sur le jardin avec deux placards à petits bois, vitrés. Ladite salle communique à deux appartements : celui de la droite est composé de deux chambres et un cabinet prenant jour sur le même jardin, et en tournant sur la droite, on trouve une autre chambre qui prend jour sur la basse-cour où il y a des commodités. De laquelle chambre,on communique encore à une autre pièce qui prend également son jour sur ladite basse cour et qui a une entrée sur ledit reposoir dudit escalier. L’appartement à gauche de ladite salle est composé de deux pièces prenant leurs jours sur ledit jardin, la première par deux fenêtres, avec leurs placards, vitres et contrevents ; et la seconde par une fenêtre de même. De la première pièce, l’on va à un petit courroir qui aboutit aux commodités et à un escalier qui conduit à une chambre pratiquée dans la tour.

    Sortant de l’appartement, nous sommes montés au galeta [sur] grenier en deux pièces et une petite chambre pour décharge qui donne sur l’escalier, en bon état.

    Et étant descendus, nous sommes entrés dans le jardin par un pont jeté sur un vivier qui règne depuis le ruisseau de Coly arrosant les murs du château et s’étend jusque à la muraille qui sépare le jardin du grand chemin. Il y a un mur qui forme le vivier du côté du jardin et qui soutient les terres dont le vénérable bailli vient de réparer. Dans le même jardin, il y a un pigeonnier soutenu par quatre piliers, en bon état ; et à l’extrémité dudit jardin, à côté droit, l’on trouve une écurie, crèche, râtelier, en bon état, et le couvert de même qu’on vient de réparer. Le jardin est entouré partie de murs crénelés partie des murs de l’écurie et des maisons qui y sont contiguës ; et la partie restante par le canal qui conduit l’eau au moulin.

    Four banal.

    Nous sommes ensuite allés visiter le four banal et petit four contigus audit moulin. Ils sont bâtis de pierre, couverts d’ardoise qui ont besoin de réparer tant les murs, le tout, la charpente et les sols du grand et petit four aux endroits nécessaires.

    Grand moulin.

    Ensuite, nous avons été au grand moulin situé sur ledit ruisseau, moulant à deux meules, qui est en bon état, excepté la meule dudit moulin à froment, qui a besoin de changer. Nous ayant fait voir qu’on en a fait porter une neuve qui est dans le moulin prête à poser. Il y a encore dans ledit moulin un sous-faîte qui ne porte pas sur le mur, le bout en étant pourri. Dans ledit moulin, il y a le pressoir à huile et la poêle pour faire cuire l’huile, en bon état.

    Moulin bas.

    Du grand moulin, nous sommes allés au petit moulin, appelé le moulin bas, situé sur le ruisseau de Coly, garni d’une meule, et l’ayant visité en entier, nous l’aurons trouvé en bon état et la charpente réparée ; au-devant dudit moulin, et vis-à-vis le port, il y a une pierre enfoncée dans la terre avec un carcan au-dessus duquel sont les armes de la Religion pour marquer la justice. Et près ledit carcan, il y a un terrain entouré d’un parapet et soutenu d’un mur en pierre.

    Foulon et chaussée.

    Après quoi, nous avons été au moulin foulon, dans lequel il y a deux batteries avec les ustensiles nécessaires dont le couvert et muraille sont en bon état ainsi que le reste des ustensiles nécessaires audit foulon.

    Sortant dudit foulon, nous avons passé sur la chaussée qui est bâtie en pierre et que nous avons trouvée bien entretenue.

    […]. »

  • ANNEXE XXV : Visite et vérification de la commanderie de Condat, 29 mars 1760 (Arch. départ. de la Haute-Garonne, 1H Malte Reg. 472).

    Transcription Chabrelie 2011, p. 79-80 :

    « Visite et vérification de la commanderie de Condat et amélioration d’icelle.

    […]

    L’an 1760 et le vingt-neuf jour du mois de mars par-devant nous, frère Louis-François de Franc-Montgey, […], et frère Jean-Marie de Labarthe-Lahaye, aussi chevalier profès dudit ordre, commissaires […] pour procéder à la vérification des réparations et améliorations faites à la commanderie de Condat par vénérable frère Jean-Louis de Guérin de Tencin, chevalier, grand croix de notre ordre et pourvu de ladite commanderie […].

    […]

    Réparations et améliorations.

    Ledit sieur Chevrier nous a dit qu’en exécution de l’ordonnance de visite générale faite à la commanderie de Condat le 26 avril 1738 contre M. le chevalier de Malauze, lors commandeur dudit Condat, qu’il n’avait rempli aucun précepte d’icelle, de l’ordonnance de visite générale du 17 septembre 1751 et de celle du 9 août 1759, ces deux dernières rendues contre le vénérable bailli, et depuis qu’il est pourvu de la commanderie, il a fait faire les réparations et améliorations qui seront ci-après détaillées.

    […]

    Moulin, four et foulon.

    A donné une meule au grand moulin ; a fait réparer les portes et fenêtres des deux moulins et du four banal, dont il a fait ressuivre les couverts de même que celui du foulon.[…]

    Four banal.

    A fait réparer les murs, le toit et la charpente des fours banaux et fait refaire les sols des deux fours.

    Grand moulin.

    A fait mettre une poutre neuve à la place d’une soufaite ordonnée pour soutenir l’ancienne qui a été déplacée […].

    […]

    De son abondant[…]

    Au château.

    A fait refaire à neuf la majeure partie de la charpente du toit et a fait recouvrir icelui. A fait recrépir et blanchir les appartements du premier étage. A fait réparer les planchers du grenier et fait à neuf celui au-dessus de la salle ; a fait changer deux grosses poutres l’une dans la chambre qui communique à la petite lanterne ou cul-de-lampe et l’autre à la chambre attenante qui communique à la salle. A fait réparer les contrevents des fenêtres ; a fait refaire à neuf le toit de la petite lanterne ou cul-de-lampe ci-dessus. A fait construire à neuf dans un coin de la basse-cour du château un bâtiment où l’on a placé cinq cuves. A fait réparer le mur en terrasse qui sépare le jardin du vivier.

    Moulins pressoir et foulons.

    A fourni deux meules neuves, l’une au moulin haut et l’autre au moulin bas. A fait réparer les chaussées desdits moulins. A fait refaire à neuf la partie du toit du moulin où est placé le pressoir à huile. A fait faire à neuf une metz pour le pressoir à huile. A donné des sarges neuves pour ledit pressoir. A fait faire une vis pour le même pressoir. A fait refaire à neuf le pressoir à vin à l’exception de la metz. A fait faire un pressoir pour serrer les étoffes. A donné une grosse plaque de fer servant à chauffer et lustrer les étoffes. A fait refaire à neuf le grand moulin à fouler les étoffes. A fait réparer et ressuivre à taille ouvert les bâtiments où sont situés lesdits foulons.

    Écurie.

    A fait refaire à neuf la grande fenêtre et la porte par où on fait rentrer le foin. A fait entrer le foin au grenier. A fait refaire à neuf le toit de ladite écurie.

    Pigeonnier.

    A fait faire à neuf le plancher du pigeonnier. A fait réparer le toit et crépir et blanchir ledit pigeonnier en dehors.

    […]. »

  • ANNEXE XXVI : Procès-verbal de Visite de la commanderie de Condat, 16 avril 1760 (Arch. départ. de la Haute-Garonne, 1H Malte Reg. 472).

    Transcription Chabrelie 2011, p. 80-81 :

    « […]

    Visite et vérification de la commanderie de Condat et amélioration d’icelle […].

    Condat, chef lieu.

    […]

    Au château.

    Et advenu le lendemain, seizième dudit mois d’avril même année, nous dits commissaires voulant continuer notre commission, nous aurions commencé par le château auquel on entre par une basse-cour qui a deux entrées, entourée de murailles au-dessus desquelles il y a des créneaux. Nous avons vu qu’à gauche de ladite cour, le vénérable bailli a fait bâtir de son abondant un bâtiment où l’on a placé cinq cuves vinaires, et trouvé ledit château bâti de pierre de taille, couvert d’ardoise.

    Au rez-de-chaussée, en entrant dans ledit château, l’on trouve un courroir qui conduit au jardin, à main droite on trouve un grand chai ou cave, que nous avons trouvé en bon état. Suivant toujours le même courroir, on trouve une chambre avec sa cheminée et une antichambre servant de logement au concierge avec leurs fenêtres vitrées, les vitres étant réparées et armées de barres de fer. Sur la gauche, vis-à-vis le logement du concierge, on trouve une cuisine avec sa cheminée et fenêtre vitrée armée aussi de barres de fer, avec ses fourneaux. Derrière la porte est un office pratiqué sous l’escalier, ensemble autre pièce qui peut servir d’arrière-cuisine où l’on a placé un pressoir à vin. Et sur la même ligne est une pièce servant de prison et un cachot, où nous avons les fers servant aux prisonniers. Laquelle pièce qui sert de prison se communique dans le cuvier dont il a été parlé ci-dessus. Revenant à la porte d’entrée, on monte par un escalier de pierre à repos et, au second trépois, l’on entre dans une salle, dans laquelle il y a une cheminée, qui est éclairée par deux jours donnant dans le jardin, avec leurs placards à petits bois vitrés. Ladite salle communique à deux appartements, celui de la droite est composé de deux chambres et un cabinet prenant jour sur le même jardin et en tournant sur la droite, on trouve une autre chambre qui prend son jour sur la basse-cour où il y a des commodités. De laquelle chambre on communique encore à une autre pièce qui prend également son jour sur la basse-cour et qui a une entrée sur le reposoir dudit escalier. L’appartement à la gauche de ladite salle est composé de deux pièces prenant leur jour sur le jardin, la première par deux fenêtres avec leurs placards vitrés et contrevents, et la seconde par une fenêtre de même qu’à la première pièce, de laquelle on va à un petit courroir et aux commodités et un escalier qui conduit à une chambre pratiquée dans la tour. Sortant de l’appartement, nous sommes montés au galetas, cives greniers, en deux pièces, et une petite chambre pour décharge qui donne sur l’escalier et avons trouvé le tout bien entretenu et en bon état.

    Et étant descendus, nous sommes entrés dans le jardin par un pont jeté sur un vivier qui règne depuis le ruisseau de Coly, arrosant les murs du château, et s’étend jusque la muraille qui sépare le jardin du grand chemin. Il y a un mur qui ferme le vivier du côté du jardin et qui soutient les terres que le vénérable bailli a fait réparer. Dans le même jardin, il y a un pigeonnier soutenu par quatre piliers en bon état. À l’extrémité dudit jardin, à côté droit, l’on trouve une écurie avec sa crèche et râtelier en bon état, de même que le couvert d’icelle. Ledit jardin est entouré partie de murs crénelés, partie de murs de l’écurie et des maisons qui y sont contiguës et la partie restante par le canal qui conduit l’eau au moulin.

    Four banal.

    Ensuite, nous sommes allés au four banal et petit four, contigus au moulin. Ils sont bâtis de pierre, couverts d’ardoise, que nous avons trouvés bien entretenus, en bon état et bien réparés.

    Grand moulin.

    De là, nous avons été au grand moulin situé sur ledit ruisseau, moulant à deux meules, que nous avons trouvé bien entretenu et en bon état, dans lequel il y a un pressoir à huile avec sa poêle aussi en bon état.

    Moulin bas.

    Du grand moulin, nous sommes allés au petit moulin appelé le moulin bas, situé sur le ruisseau de Coly, garni d’une meule, et l’ayant visité en entier, nous l’avons trouvé en bon état aussi bien que la charpente.

    À côté dudit moulin, il y a une pierre enfoncée dans la terre avec un carcan au-dessus duquel sont les armes de la Religion, pour marque de la justice. Autour du carcan, il y a un terrain entouré d’un parapet soutenu d’un mur en pierre pour empêcher que les eaux ne dégradent le moulin.

    Foulon et chaussée.

    Après quoi, nous avons été au moulin à foulon dans lequel il y a deux batteries et les ustensiles nécessaires. Le couvert et murailles ainsi que le reste des ustensiles nécessaires audit foulon sont en bon état.

    Sortant dudit foulon, nous avons vu la chaussée, bâtie en pierre, que nous avons trouvée bien entretenue.

    […]

    Au moyen de la vérification générale que nous avons exactement faite, nous avons reconnu que toutes les ordonnances de visite tant de 1738, 1751 et de 1759 ont été entièrement exécutées et le surabondant compris dans le dénombrement des réparations remplies.

    […]. »

  • ANNEXE XXVII : Procès-verbal de Visite de la commanderie de Condat, 5 novembre 1772 (Arch. départ. de la Haute-Garonne, H Malte Condat 94, pièce n° 28).

    Transcription Chabrelie 2011, p. 81-82 :

    « Aujourd’hui cinquième du mois de novembre 1772, nous, frère Marie-Louis-Antoine Dugarric-Duzech, chevalier de l’ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, commandeur de Mâcon, en conséquence de la commission à nous adressée par le vénérable chapitre […], sommes transportés avec le sieur André, notre secrétaire, au château situé au bourg et paroisse de Condat, chef-lieu de la commanderie d’icelui Condat, pour procéder aux fins contenues en notre dite commission, où étant arrivés aurions trouvé messire Maissredy, chevalier magistrat dudit ordre, fondé de procuration générale de messire le bailli de Belmont, commandeur dudit Condat, auquel avons déclaré le sujet de notre transport et aurions à l’instant envoyé cherché le nommé Sardou, maître charpentier dudit lieu de Condat. Lequel après avoir été par nous pleinement instruit de son fait et prêté en nos mains le serment au cas requis, lui avons ordonné de faire en notre présence la visite du château et de nous dire avec vérité son état actuel. Ce fait avons d’abord été conduits par mondit sieur Maissredy dans les appartements d’icelui château et après les avoir parcourus ensemble, le tout bien examiné, ledit Sardou nous a rapporté que les planchers desdits appartements ont besoin de réparer en plusieurs endroits et que les contrevents des croisées ont péri par la longueur du temps et la plupart sont tombés comme ayant été consommés par les injures de l’air et qu’ils ont besoin d’être refaits à neuf.

    Et de là, sommes montés au grenier dudit château : ledit Sardou nous a fait remarquer que les planchers d’iceux ont besoin d’être refaits à neuf, les planchers en étant pourris et y ayant deux chevrons de la charpente qui sont entièrement pourris, étant tous les deux d’une longueur et grosseur prodigieuses et devant être remplacés par deux neufs. Sommes ensuite descendus dans les offices, caves et écuries ; ledit Sardou nous adit le tout être en assez bon état excepté lesdites écuries auxquelles il manque une poutre de la longueur de vingt-cinq pieds et grosseur proportionnée. Et avons été dans les chais attenant audit château dans lesquels sont les pressoirs et cuviers, ledit Sardou nous a fait remarqué que partie de la charpente desdits chais menace d’une ruine prochaine et qu’elle doit être réparée à neuf. Comme aussi il nous a fait remarquer que deux desdits cuviers sont entièrement pourris et hors d’état de servir et que l’ancroux du pressoir est totalement décrépie et dans le cas d’être remplacée par une neuve.

    Avons été conduits à un pigeonnier qui est dans le jardin dudit château : ledit Sardou nous a fait remarquer qu’il menace d’une ruine prochaine et qu’il doit être éboulé pour être refait à neuf.

    Et de là avons été conduits en compagnie que dessus dans le grand moulin dépendant dudit château qui est sur le bord de la rivière de Vézère où étant avons ordonné audit Sardou de bien examiner icelui moulin ce qu’il aurait fait en notre présence. Et nous aurait dit que la charpente est entièrement pourrie et que, s’il n’y est incessamment pourvu, il est fort à craindre que ladite charpente ainsi que sa couverture tomberont infailliblement et en tombant elles envelopperont dans leur ruine le reste dudit moulin. Ladite charpente étant composée de trente-six chevrons que nous avons fait compter lesquels sont d’une longueur et grosseur prodigieuse, ledit Sardou nous a dit que desdits trente-six chevrons il y en a plus de la moitié hors d’état de servir. On nous aurait fait remarquer que dans icelui moulin qu’il y avait un pressoir à huile que ledit Sardou nous a dit être en mauvais état et que l’ancroux dudit pressoir qui est une pièce très considérable est entièrement pourrie et par conséquent hors d’état de pouvoir servir.

    Avons été dans un four banal dépendant dudit château attenant audit moulin : lequel four ledit Sardou nous a dit être quant à la charpente et couverture en assez bon état, n’y ayant que la cheminée qui a besoin d’être réparée.

    Avons été conduits dans un autre petit moulin dépendant dudit château : ledit Sardou nous a fait remarquer que la charpente et couverture d’icelui ont besoin d’être refaites à neuf. Avons fait compter les chevrons qui composent ladite charpente. Il s’y en est trouvé vingt-quatre et dans le nombre desquels y en ayant très peu qui soient en état de servir.

    Avons été dans une maison où sont les foulons dépendant aussi dudit château : ledit Sardou nous a dit que ladite maison est en très bon état mais que les foulons ont besoin de grandes réparations.

    […]. »

  • ANNEXE XXVIII : "Améliorissements" de la commanderie de Condat, 9-26 août 1774 (Arch. départ. de la Haute-Garonne, 1H Malte Reg. 473).

    Transcription Chabrelie 2011, p. 82-83 :

    « Améliorissements de la commanderie de Condat, 1774.

    L’an 1774 et le neuvième du mois d’août, nous, frère François-Louis de Franc de Montgey […], commissaire […], procéder à la vérification des améliorissements de la commanderie de Condat possédée par Victor-Nicolas Vachon de Belmont […].

    […]

    Membre de Condat, chef-lieu […].

    Plus jouit d’un château seigneurial situé dans le bourg dudit Condat composé d’un corps de logis et de deux pavillons, offices, écurie, cave, chai, prisons et autres dépendances dans lequel château sont les meubles d’état suivants […].

    […]

    Visite de l’église de Condat […]

    Le sanctuaire est éclairé par une fenêtre vitrée, carrelé en quartiers, voûté et blanchi […]. Avons remarqué que la nef est éclairée par quatre fenêtres vitrées, le sol carrelé en quartiers et le plafond voûté et blanchi ainsi que les murailles […].

    […]

    Visite du château de Condat.

    Le lendemain, vingt-sixième dudit mois d’août, audit an, environ les 8h du matin,nous commissaires susdits, en compagnie que dessus, en continuant notre visite, avons été dans ledit château de Condat qui est au-derrière du cimetière dudit lieu, séparé par une grande cour fermée de muraille dépendante d’icelui ; nous avons vu qu’il est composé d’un corps de logis, à deux tours, placées sur les ailes. Avons remarqué que ledit corps de logis est à deux étages, le premier à rez-de-chaussée. Y ayant à la droite en entrant une cave, une cuisine et une dépense, le tout attenant et sur la même ligne. Du côté gauche est un office et sur le même côté en entrant, les degrés qui conduisent au second étage qui est composé d’un salon à manger, de trois chambres, cabinets et bouges, avec des cheminées, y ayant au-dessus des greniers. Ledit château est bâti de pierre de taille et couvert d’ardoise.

    Exécution des préceptes de visites.

    En parcourant ledit corps de logis, nous avons vu que le vénérable bailli de Belmont, en exécution des ordonnances de visites ; a fait réparer la porte de la première chambre du côté droit ; a fait réparer la cheminée de la chambre qui donne sur l’escalier ; a fait réparer le montant de la cheminée de la chambre à gauche de même que celui de la cheminée qui vient après ; a fait réparer les gonds des contrevents des fenêtres et y a fait mettre des fléchisses ; a fait réparer le toit du château, a fait réparer les vitres du second et troisième palier ; […].

    Réparations et fournitures sans préceptes.

    Surabondant.

    Avons vu que le vénérable bailli de Belmont, de son abondant et sans précepte, a fait faire des contrevents peints en gris [à] toutes les croisées des chambres dudit château ; a fait blanchir et recrépir icelui ; a fait refaire à neuf le plafond de la tour qui est du côté du Couchant ; a donné un lit complet neuf ; a fait remettre une poutre neuve au plancher de la cave et a donné trois barriques neuves.

    […]

    Sommes allés dans le chai qui est au-dessous des chambres dudit château. Avons vu que le vénérable bailli a fait mettre une truie neuve au pressoir et une vis de surabondant. Avons remarqué qu’il a fait réparer les portes desdits chais et que le tout est en entier bon état. Comme aussi avons été aux prisons qui sont à côté desdits chais ; avons vu que le vénérable bailli y a fait mettre une porte neuve avec une bonne serrure.

    Et de là avons été au jardin qui est au-devant dudit château, l’avons trouvé fermé et bien entretenu y ayant dans icelui un colombier que le vénérable bailli de son abondant a fait réparer. Avons vu le vivier qui est entre ledit jardin et château qui est en bon état de même que le pont qui sert de communication.

    Ensuite sommes allés dans les écuries qui sont à côté dudit jardin donnant au Midi. Nous avons vu que les râteliers et mangeoires ont été réparés sans précepte et que lesdites écuries sont en bon état. La penture de la porte d’icelle du côté gauche a été réparée.

    Visite du grand moulin.

    Nous dits commissaires avons été au grand moulin banal dudit Condat situé sur le ruisseau dudit Coly, bâti en pierres, couvert d’ardoises, à deux meules tournantes. Dans lequel moulin est le pressoir à huile. Après avoir vu et visité le tout avons remarqué que le vénérable bailli, en exécution des préceptes, a fait refaire la muraille qui est à la droite en entrant et a fait ressuivre le couvert dudit moulin.

    Réparations et fournitures sans préceptes.

    Surabondant.

    Avons vu que le vénérable bailli de Belmont, de son pur abondant et sans précepte, a fait refaire à neuf la muraille dudit moulin du côté du Midi, a donné deux meules de moulanges neuves, a donné une metz pour le pressoir à huile, deux sarges et une poêle.

    Visite du petit moulin.

    Avons été au petit moulin banal situé sur ledit ruisseau de Coly, tout près de la rivière de Vézère, bâti en pierres et couvert d’ardoises, à une meule tournante. Après avoir vérifié icelui avons vu que le vénérable bailli, en exécution des préceptes de visites, a fait réparer les murailles et ressuivre le toit.

    Visite du four banal.

    Sommes allés au four banal situé dans le bourg dudit Condat, avons remarqué qu’il est bâti en pierre et couvert de même et que le vénérable bailli, en exécution des préceptes de visites, a fait mettre une poutre neuve sous le manteau dudit four. Et de son abondant a fait réparer à neuf un coin de muraille à la gauche en entrant dans ledit four et a fait ressuivre la couverture.

    Visite du foulon.

    Avons été au foulon qui est situé sur le ruisseau du Coly, avons vu qu’il est bâti en pierre et couvert d’ardoise et que le vénérable bailli, en exécution des ordonnances de visites, a fait réparer la chaussée dans tous les endroits nécessaires.Et de son part abondant et sans précepte a fait réparer la muraille de la maison dudit foulon du côté du Nord et a fait ressuivre les toits […].

    […]. »

  • ANNEXE XXIX : Lettre de Joseph André, procureur général du commandeur de Condat, au Grand prévôt des maréchaussées de Guyenne dénonçant les exactions commises par les révolutionnaies à Condat, 15 mars 1790 (cité dans "Troubles à Condat-sur-Vézère", BSHAP, 1940, t. LXVII, p. 347-348).

    « Monsieur,

    Quoique je n’aie pas l’honneur d’être connu de vous, j’ai cependant icelui de vous écrire cette lettre qui a pour objet de vous dénoncer des gens de Condat-sur-Vézère, qui, dès le mois de janvier dernier, ont été, à force ouverte, au nombre d’environ cent, au château de la Commanderie dudit lieu, où ils ont d’abord volé tout le poisson qui était dans le fossé dudit château, monté dans les appartements, pris et emporté quelques blés appartenant au fermier de M. le commandeur, les mesures des rentes… brûlées en public. Et, de là, ils ont été abattre des murailles qui fermaient une chènevière dépendant de la Commanderie et s’en sont mis en possession, ont arraché le poteau de justice et jeté dans la rivière, et enfin se sont transportés dans l’église dudit Condat, ont enlevé les bancs qui étaient placés dans icelle, portés sur la place et brûlés en public avec défense très expresse de ne plus y en mettre à l’avenir. […]. Je viens en conséquence vous prier de bien vouloir bien vous donner la peine, Monsieur, d’envoyer à Condat prendre des informations solides, afin de pouvoir connaître les plus coupables d’entre ceux qui […].

    […]. »

  • ANNEXE XXX : Tableau de la commanderie de la commune de Condat et de toutes ses possessions, 18 novembre 1792 (Arch. départ. de la Dordogne, Q. 711).

    Transcription Chabrelie 2011, p. 84-85 :

    « Tableau de la commanderie de la commune de Condat, tout ce qu’elle possède dans ladite commune comme dans celle de Beauregard.

    Un château dans le bourg de Condat avec une cour, deux portes cochères, écuries et étables dans ladite cour, dans le beau bas du château deux cuisines, une chambre derrière chaque cuisine, prison, un cellier très beau, un degré de pierre pour monter dans les chambres et dans les greniers. Six chambres de plain-pied et des petits cabinets à côté des chambres, lieux d’aisance, de très beaux greniers, devant le château un superbe réservoir partagé par un pont qui conduit au jardin [qui] contient un arpent dont le citoyen [?] en demande la moitié que la loi lui accorde ; à côté du jardin, un cuvier qui contient toutes les cuves et le pressoir, les foulons à côté du jardin au Levant et y a deux paires de foulons, à côté une petite terre et un petit jardin et devant lesdits foulons un sol pour battre le blé, le tout contient une cartonnée, quatre picoutinées. Un bâtiment qui contient deux moulins, un pressoir à huile avec tous les ustensiles à côté dudit, le tout en très mauvais état. Moulin, un petit bâtiment qui contient deux fours, l’un pour cuire la tourte et l’autre le pain blanc ; à côté de la Vézère, un autre moulin qui ne va que dans les basses eaux ; le tout est dans le bourg de Condat.

    […]

    Tous les effets mobiliers

    […]. »

  • ANNEXE XXXI : Procès-verbal d'estimation des objets dépendants de la commanderie de Condat, 21 janvier 1793 (Arch. départ. de la Dordogne, Q. 711).

    Transcription Chabrelie 2011, p. 85-86 :

    « Canton de Terrasson.

    Procès-verbal d’estimation des objets dépendants de la commanderie de Condat par Grangier, avoué.

    Ce jourd’hui vingt-un janvier 1793, l’an second de la République française, nous, Jean Grangier, avoué au tribunal du district de Montignac, expert nommé par les citoyens administrateurs au directoire du district de Montignac, suivant leur délibération du 9 du courant, pour faire l’appréciation et estimation des biens fonds, maisons et autres bâtiments dépendant de la commanderie de Condat, nous sommes transportés audit bourg de Condat, canton de Terrasson, pour procéder à ladite estimation ; où étant arrivés, nous avons requis le citoyen Célestin, procureur de la commune, de nous faire connaître lesdits biens fonds, maisons et autres bâtiments dépendant de ladite commanderie, lequel en acquiescant à notre requis et accompagné des citoyens Jean de Coly, capitaine de la garde nationale, et de François Teysson, garde de la commanderie, nous a conduit dans la maison du commandeur, située audit bourg de Condat, dans laquelle nous sommes entrés, en traversant une petite cour, à laquelle il y a deux portails, l’un au Levant, l’autre au Couchant, et une grange divisée en deux par une cloison ; ensuite nous sommes entrés dans ladite maison faite à un étage, le rez-de-chaussée et les greniers ; nous sommes montés dans les chambres dudit étage et entrés dans la première appelée la salle, qui est assez grande, de là nous avons passé dans une autre attenante à main gauche et de celle-ci encore dans une autre attenante, à côté de laquelle il y a un petit cabinet ; ensuite, nous sommes revenus sur nos pas, dans la première chambre appelée la salle, de laquelle nous avons passé dans une autre, attenante à main droite, de celle-ci encore dans une autre attenante, au bout de laquelle il y a un autre petit cabinet et de ladite chambre, nous avons passé dans une autre sur le derrière de laquelle il y a une seconde porte donnant sur le degré, ce qui fait en tout sept chambres, un petit cabinet à chaque extrémité du corps de logis ; ensuite nous avons été conduits dans une huitième chambre située sur le derrière dans une espèce de tour ou pavillon, dans laquelle au second étage, et dans laquelle l’on monte avec une échelle de main, et d’un très difficile accès, toutes lesdites chambres avec leurs greniers par-dessus en très bon état. Ensuite sommes descendus dans les embas dont l’un sert de cuisine, les autres de cave et de décharge ; de la cuisine, nous avons passé dans le jardin en passant sur un pont situé sur un grand fossé ou réservoir de la largeur d’environ vingt pieds, très propre à mettre du poisson par la facilité avec laquelle l’eau du ruisseau du Coly y vient ; ledit jardin de la contenance de deux cartonnées au moins, mais dont le citoyen curé jouit de plus des deux tiers ce qui dégrade totalement ladite maison ; du côté du jardin et donnant sur le chemin est une grange servant de cuvier, dans laquelle il y a six assez belles cuves et un pressoir à vin. Le tout estimé de la manière qui suit, savoir : la maison en son entier, la petite grange placée dans la cour et ladite cour, 3 000 livres ; le jardin, compris la partie jouie par le citoyen curé, contenant deux cartonnées, à raison de 500 livres la cartonnée, 1 000 livres ; et la grange ou cuvier, 800 livres.

    De là, nous avons été conduits dans un autre bâtiment situé sur le ruisseau du Coly, dans lequel il y a deux [blanc] pour fouler les étoffes en assez bon état que nous avons estimés 600 livres. Ensuite, nous sommes revenus audit bourg de Condat et sommes entrés dans un moulin situé sur ledit ruisseau du Coly dans lequel il y a deux meules tournantes l’une fromentale, l’autre tourtale, et pressoir à huile ; garnis lesdits moulins et pressoirs de tous les ustensiles aptes à faire moudre et à faire l’huile que nous avons estimés 10 000 livres. Ensuite, ledit citoyen Célestin nous a fait passer dans une autre grange ou fournial joignant lesdits moulins dans laquelle il y a deux fours qui étaient banaux avant la suppression des banalités, que nous n’estimons que eu égard au local et au bâtiment en raison de ladite suppression, à la somme de 300 livres. Ensuite, nous avons été conduits dans une autre petite grange située sur ledit ruisseau du Coly et près de la rivière de Vézère, dans laquelle il y avait autrefois un moulin duquel il reste encore des vestiges que nous estimons la somme de 300 livres. Ensuite, nous nous sommes transportés en la susdite compagnie…

    […]. »

  • ANNEXE XXXII : Procès-verbal d'estimation des meubles dépendants de la commanderie de Condat, 25 janvier 1793 (Arch. départ. de la Dordogne, Q. 767).

    « Commanderie de Condat.

    Le vingt-cinq janvier mil sept cens quatre-vingt treize, l’an second de la République française, nous, Jean Grangier, avoué au tribunal du district de Montignac, commissaire nommé par les citoyens administrateurs du directoire du district de Montignac pour faire état et inventaire des meubles et effets qui sont dans la maison dépendant de la comenderie de Condat située audit bourg de Condat, où étant arrivé je me suis rendut vers la municipalité où nous avons trouvé les citoyens Lagrance, maire, et Célestin, procureur de la comune, comissaires nommés par les officiers municipaux pour assister et être présent aud. inventaire, auquel nous avons proceddé de suite de la manière qui suit :

    Premièrement, nous somes entrés dans la première chambre appellée la salle, où nous n'avons rien trouvé ; de là, nous avons passé dans une autre chambre à main gauche dans laquelle nous avons trouvé un lit garnit de deux mattelas, une paillasse, un coussin garnit de plus, ses rideaux de chiamoise ainsy que les tours de lit, ciel et dossier, une couverte de cataloigne et deux de cotton, une vielle armoire à deux portes de peu de valeur ; de là, nous avons passé dans une troisième chambre attenant, dans laquelle nous avons trouvé un buffet à deux portes et deux tiroirs assés bons, dans lequel nous n'avons rien trouvé, plus une malle assés bonne dans laquelle il n'y avait rien ; de là, nous somes revenus sur nos pas, nous avons repassé dans la sale et somes entrés dans la première chambre à main [fol. 1v°] droitte, dans laquelle nous avons trouvé un lit garnit de son chalit de bois de noyer, deux mattelas, un traversin garnit de plume, une paillasse, ses rideaux, tours et dossier de chiamoise, un grand armoire, deux une couvertures de laine, une seconde de cotton et une troisième d'indiene piquée, une grande table, une autre petite table, deux fauteuils garnis en chiamoise, un autre fauteuil en table paille, onze mauvaises cheizes en paille, une pelle à feu, des pincettes, un gril, trois casserolles dont une grande et deux moyenes, deux mauvais pots de fert avect leurs couvertures, une caffettière de composition, une mauvaise seringue, un lèche frite en fert, un fusil assés bon, une paire de petits chenets de fert [...], deux girouettes, un armoire à quatre portes et deux tiroirs, dont deux des portes étaient ouvertes et il n'y avait rien dedans, sur les autres deux portes les officiers municipaux y avaient apposé les scelés que nous avons trouvé seings et antiers ; ayant ouvert une des portes, nous y avons trouvé deux drapts demy usés, six petittes napes demy usées, vingt huit serviettes bones ou mauvaises, dix-huit essuye main de grosse toille et plusieurs teriers ou lieves raisonées dont nous fairons l'état cy-après ; ensuite, nous avons fait ouvril l'autre porte dans laquelle nous avons trouvé plusieurs titres et à papier dont nous fairons la description cy-après ; ensuite, nous avons fait ouvrir les deux tiroirs dans quels nous avons trouvé un saladiers, deux plats ronds, autre deux en long, onze assiettes, le tout de fayance ; ensuite, nous somes descendus dans la cuisine, dans laquelle nous avons trouvé un grand chaudron de cuivre rouge, un bassin de cuivre jaune, une cramelière, une broche à rotir, une plaque de fonte, un mauvais chalit, un bac à faire la lessive ; ensuite, nous somes entré dans la cave, dans laquelle nous avons trouvé dix-huit fus de barique en mauvais état [fol. 2r°] contenant ensemble environs quatre-vingt-dix charges ; de là, nous somes transportés dans une grange servant de cuvier, séparée de la maison, dans laquelle nous avons trouvé six cuves en assés bon état contenant, la plus grande environ quarante charges de vendange et les autres cinq écoulant l'une dans l'autre environ vingt charges de vin chacune, un pressoir garnit de tous ses ustenciles en très mauvais état ; et les citoyens Lafrance et Célestin, nous ont dit qu'il y avait une septième cuve au village de la Machounie, dans la grange de Pierre Roudier, écoulant environs vingt charges ; dans ledit cuvier, nous y avons trouvé huit madrier, plus environ dix quintaux de paille ; de là, nous somes revenus dans ladite maison et dans l'escurie, nous y avons trouvé environs dix quintaux de foin ; ensuite, nous somes montés dans le grenier de ladite maison, dans lequel nous n'avons trouvé qu'un vieu et mauvais grand coffre et attendu qu'il n'y avait rien plus à inventorier, avons laissé clos le présent inventaire et laissé à la garde et surveillance desdits comissaires de la municipalité tous les effets cy-dessus détaillés, dont ils ont bien voulu se charger et ont signé avec nous.

    [Signatures :] Grangier, com.re La France, maire Célestin. »

  • ANNEXE XXXIII : Vente de la propriété de la commanderie de Condat à Bernard Lasserre, 18 septembre 1793 (Arch. départ. de la Dordogne, 3 E 2290, minutes de Me Jean Pebeyre, notaire à Montignac).

    Transcription Chabrelie 2011, p. 86 :

    « Convention entre François Chassagnou et Bernard Lasserre aîné.

    […]

    Par lesquelles parties a été dit de la part dudit Chassagnou qu’il aurait acquis suivant l’adjudication du directoire du district de cette ville en date du 15 mai dernier tous les biens dépendants de la ci-devant commanderie de Condat et tels qu’ils sont expliqués par la susdite adjudication, moyennant le prix et somme de 44 100 livres ; laquelle somme, ledit Lasserre promet et s’oblige payer au directoire du district ou à son receveur, et promet qu’il ne sera rien demandé à cedit sujet audit Chassagnou par icelui receveur ni autre relativement à ladite adjudication directement ni indirectement. Et ledit Chassagnou le subroge en son lieu droit et place et veut qu’il paye et jouisse au même pacte, clauses et conditions dont il était en droit de jouir.

    […]. »

  • ANNEXE XXXIV : Vente de la propriété de la commanderie de Condat au comte de Mirandol, 8 novembre 1828 (Arch. départ. de la Dordogne, 3 E 11 463, minutes de Me Guillaume Dezon, notaire à Montignac).

    Transcription Chabrelie 2011, p. 89-90 :

    « Vente [du domaine de l’ancienne commanderie de Condat] par les sieurs Lasserre père et fils et [Christophe] Lafaysse à M. le comte de Mirandol [député du département de la Dordogne, chevalier de Saint-Louis et de l’ordre de Malte, habitant en sa propriété de Condat] et M. de Marcillac.

    […]

    Sont présents sieurs Bernard et Pierre Lasserre, père et fils, propriétaires agriculteurs habitant au bourg de Condat, canton de Terrasson. Lesquels conjointement et solidairement ont, par les présentes, fait vente pure et simple sous toutes garanties de droit, à MM. Léger Combret de Marcillac, maire de la commune de Beauregard, habitant en sa propriété de Mélet, commune de Beauregard, canton de Terrasson, et à M. Antoine-Joseph-Casimir, comte de Mirandol, député du département de la Dordogne, chevalier de Saint-Louis et de l’ordre de Malte, habitant en sa propriété de Condat, en ce présent et acceptant, savoir à M. le comte de Mirandol des immeubles suivants :

    Une maison située au bourg de Condat, avec cellier, cave au-dessous, écurie, grange, cour, vivier sous les croisées de ladite maison, jardin et colombier, le tout tenant et contenant 45 ares 80 centiares ou environ ; Ces objets tels que les vendeurs les possèdent actuellement y compris un bâtiment venant de M. de Saint-Aulaire servant aujourd’hui d’écurie et joignant les bâtiments de l’ancienne commanderie.

    Deux moulins ayant trois meules tournantes, un pressoir à huile avec tous les ustensiles, une chaudière aussi avec tous ses ustensiles ; ces derniers objets renfermés dans l’un desdits moulins ; bâtiment servant jadis pour des foulons de teinturerie, chaussée, échampoir, aire et pâtis contenant environ 14 ares 40 centiares ; prés et terrain dans lequel se trouve une plantation de peupliers tenant au susdit bâtiment contenant environ 28 ares 40 centiares ; four et cour attenant à l’un desdits moulins contenant un are 40 centiares ;

    Une maison aussi à Condat servant au logement au meunier et jardin attenant contenant le tout 5 ares 30 centiares.

    Un moulin à trois meules tournantes dit de Provence ou de Peyraut situé sur le ruisseau de Coly et une terre labourable y tenant, contenant environ 27 ares.

    5° Une vigne, lieu dit "La plante" située près ce dernier moulin contenant environ 58 ares 30 centiares.

    6° Une terre labourable et pré, à peu de distance de la susdite vigne contenant un hectare 33 ares 30 centiares.

    7° Autre terre labourable, lieu dit moulin de Peyraut, tenant au moulin porté article 4 contenant 1 hectare 11 ares 70 centiares.

    8° Une paire de bœufs estimés 350 francs, une charrette avec une araire garnie, le tout évalué 100 francs.

    9° Une grande cuve carrée [contenant] environ cent hectolitres.

    […]. »

  • ANNEXE XXXV : Expertise des biens de la succession de Joseph-Nicolas-Gustave de Mirandol, 8 mars 1876 (Arch. départ. de la Dordogne, 7 U 208).

    Transcription Chabrelie 2011, p. 91-92 :

    « Rapport d’expert.

    […]

    1er. Immeubles situés sur la commune de Condat.

    Réserve.

    Partie située à l’Ouest du bourg de Condat et du chemin qui sépare la Commanderie, de la maison d’habitation, des bâtiments d’exploitation et du jardin.

    N° 1. Jardin anglais et allée section A désignés sous les n° 569, 569bis, 571, 572, 573, 574, 575, 581, 582, 583, 584 de la matrice cadastrale de ladite commune de Condat […].

    N° 2. Jardin potager et terre y attenant, séparés du premier article par un mur de clôture, même section A n° 578, 579, 580 […].

    N° 3. Maison d’habitation, bâtiment d’exploitation et cour, section A numéros 577 […].

    […]

    3e. Moulin de Condat.

    Il est composé :

    1° Du moulin proprement dit et chaussée.

    2° Du petit moulin et forge.

    3° De la maison d’habitation du meunier.

    Le tout en très mauvais état et nécessitant des réparations urgentes et très considérables figurant à la section A n° 482, 483, 485, 563 […].

    4° D’un jardin, partie autrefois en bâtisse, démolie section A n° 567, 568 […].

    4e. Commanderie

    Elle se compose :

    1° de bâtiments, mare, cour et chaussée, le tout en ruine, dans la section A n° 449, 453, 454, 473, 474, 475, 478, 479.

    2° Terre autrefois jardin, section A n° 500 […].

    3° Pré section A n°476 […].

    […]. »

  • ANNEXE XXXVI : Liquidation et partage de la société d'acquêts, famille de Mirandol, 2 septembre 1876 (Arch. départ. de la Dordogne, 3 E 13 725, minutes de Me Louis Gilles-Lagange, notaire à Terrasson).

    Transcription Chabrelie 2011, p. 92 :

    « […]

    11° Le moulin et pressoir de Condat et le jardin y contigu, désignés sous les numéros 482, 483, 485, 563, 567, 568, section A du plan cadastral, et pour une contenance totale de onze ares dix centiares, évalués 6 212 francs.

    12° Les bâtiments, terres, prés et jardin, mare, cour, chaussée dits de la Commanderie, portés au plan cadastral de la commune de Condat sous les numéros 449,453, 454, 473, 474, 475, 478, 479, 476 et 500, et pour une contenance totale de quatre-vingt-quatre ares cinq centiares, évalués 5 472 francs.

    […] »

  • ANNEXE XXXVII : Vente d'un ensemble immobilier et d'un fonds industriel et commercial à Georges-Raoul Chabrelie, 29 mars et 4 avril 1951 (Conservation des Hypothèques de Sarlat-la-Canéda, volume 1989, n° 64, transcription du 5 mai 1951).

    Transcription Chabrelie 2011, p. 95-96 :

    [Vente d’un ensemble immobilier et d’un fonds industriel et commercial, situé à Condat-sur-Vézère (Dordogne) par Marie-Henriette Dedin-Laporte, institutrice, Marie-Jean-François Dedin-Laporte, représentant, Odile-Marie-Madeleine Dedin-Laporte (représentée par Catherine Dedin-Laporte), secrétaire, Marie-Georges-Pierre Dedin-Laporte, époux de Raymonde-Marie-Josèphe de La Rochemacé, secrétaire d’ambassade, et Marie-Geneviève-Isabelle Dedin-Laporte, professeur, à Georges-Raoul Chabrelie, époux de Blanche Boucharel, propriétaire et négociant,demeurant à Condat-sur-Vézère, devant Me Roger Astor, notaire à Terrasson (Dordogne).]

    « […]

    Désignation.

    I° Immeubles.

    Divers immeubles sis à Condat-sur-Vézère, canton de Terrasson (Dordogne) et comprenant :

    Un bâtiment à usage de moulin situé au bourg de ladite commune de Condat-sur-Vézère, joignant la place publique et les possessions Bayle attenantes, le ruisseau Le Coly et le bief du moulin, avec toutes ses dépendances et autres accessoires, notamment le droit d’usage de l’eau du ruisseau Le Coly qui fait mouvoir le moulin vendu.

    En outre se trouvent également compris dans la présente vente tous immeubles par destination attachés audit immeuble, conformément à l’article 524 du Code Civil, et servant à l’exploitation du moulin qui y est installé, lesquels sont ci-dessous décrits et estimés article par article :

    1° Une turbine hydraulique avec poulies et arbres de transmission, le tout estimé : 40 000 francs ;

    2° Un broyeur à cylindres, marque Daverio-Zurch, estimé 10 000 francs ;

    3° Un autre broyeur à cylindres, marque Teisset-Rose-Brault, estimé 12 000 francs ;

    4° Une chambre à farine avec ensacheur, estimée 4 000 francs ;

    5° Une chambre à blé, estimée 4 000 francs ;

    6° Un moteur diesel démonté et incomplet, estimé 5 000 francs ;

    7° Une bascule, estimée 6 000 francs ;

    8° Deux diables, estimés 400 francs ;

    9° Un trieur, estimé 7 000 francs ;

    10° Trois bluteries en bois avec tamis, estimées 9 000 francs ;

    11° Un tarare, estimé 4 000 francs.

    Soit ensemble : 105 000 francs.

    Un bâtiment démoli, ruines d’un ancien moulin dit de la Trombe, situé au même lieu, en face de l’immeuble précédent dont il est séparé par la place publique et confrontant ladite place, la rivière La Vézère et un passage séparatif d’avec les possessions de Mme Pothier née Teyssou.

    C° Et un enclos situé au bourg de ladite commune de Condat-sur-Vézère, au Sud de l’église, entre le ruisseau Le Coly et la route de Condat à Aubas, composé de :

    - Un entier corps d’immeubles dit La Commanderie consistant en :

    > divers bâtiments attenants, vétustes et en mauvais état avec donjon classé Monument Historique, ainsi que il sera dit ci-après, grange, étable, cour sur le devant et deux bassins sur la façade Sud opposée, le tout confrontant la route d’Aubas, un passage situé derrière le chevet de l’église, le bief du moulin et la parcelle de terre ci-dessous désignée ;

    > une parcelle de fonds en nature de pré située au même lieu entre le ruisseau Le Coly et le bief ou levée du moulin, y compris le mur de retenue de la chute du Coly qui borde la propriété Joffre ;

    > et une parcelle de fonds en nature de terre située au même lieu au Sud des bâtiments de La Commanderie, entre ceux-ci, le bief du moulin, les possessions de Chabrelie, acquéreur, et de Laroche, et la route de Condat à Aubas, y compris l’emplacement d’un ancien lavoir, actuellement comblé, situé en bordure de cette route.

    Servitude

    "Il est expressément stipulé, à titre de servitude perpétuelle, que M. Chabrelie et tous futurs propriétaires seront tenus de maintenir le petit canal existant à la limite Sud de la terre sus-désignée, et la séparant des possessions Chabrelie-Lariche, depuis la levée du Coly jusqu’à la route, de manière à permettre le libre écoulement de l’eau de ce fossé qui alimente, d’une part, le château restant appartenir à la famille Dedin-Laporte et d’autre part les possessions Lalglade.

    Monsieur Chabrelie devra entretenir en bon état de fossé sur son parcours jusqu’à la route, et en outre, faire aménager à ses frais dans un délai d’un mois, sur la canalisation alimentant le château, une petite vanne de retenue des eaux dites de "pelle" dont MM. Dedin-Laporte ou leurs successeurs auront la libre disposition avec tous droits d’accès". Tous les immeubles ci-dessus désignés paraissent figurer au plan cadastral de la commune de Condat-sur-Vézère sous les numéros 473, 474, 475, 476, 482, 483, 485, 498P, 498P [sic], 499, 500P, 500P [sic], 553, 563 de la section A pour une contenance totale d’environ 77 a 9 ca, mais sans garantie de contenance ou d’erreurs dans les énonciations cadastrales, l’acquéreur déclarant parfaitement connaître lesdites immeubles pour les avoir vus et visités avant ce jour.

    […]

    II° Fonds industriel et commercial.

    Un fonds industriel et commercial de minoterie exploité à Condat-sur-Vézère dans l’immeuble ci-dessus désigné (paragraphe A) connu sous le nom de "Moulin de Condat" et comprenant :

    1° Les éléments incorporels, c’est-à-dire : l’enseigne, la clientèle, l’achalandage et le nom commercial y attachés ;

    2° La licence d’exploitation du moulin ou contingent de mouture d’un montant annuel de 4 500 quintaux métriques de blé, qui en dépend ;

    3° Et le matériel […].

    Observation faite qu’il ne dépend aucune marchandise du fonds industriel et commercial présentement vendu.

    […]. »

Références documentaires

Documents d'archives
  • Procès-verbaux d'améliorissement de la commanderie de Condat-sur-Vézère, 1626 à 1690.

    Archives départementales de la Haute-Garonne : H Malte Condat
  • Procès-verbaux d'améliorissement de la commanderie de Condat-sur-Vézère, 1626 à 1690.

    Archives départementales de la Haute-Garonne : H Malte Condat
  • Procès-verbaux d'améliorissement de la commanderie de Condat-sur-Vézère, 1626 à 1690.

    Archives départementales de la Haute-Garonne : H Malte Condat
  • Etudes de notaires de la commanderie de Condat-sur-Vézère, XVIIe siècle.

    Archives départementales de la Dordogne, Périgueux : 3E
  • AD Dordogne. Bibliothèque. A 271. MIRANDOL (de) Marie-Louis-Gustave. "Relevé chronologique d'archives (1239-1790)", exemplaire tapuscrit accompagné de plans dessinés, 1949.

    Archives départementales de la Dordogne, Périgueux : Bibliothèque A 271
Documents figurés
  • Extrait de la "Carte des rivières de la Dordogne et de la Vézère" levée pour François de Ferry, 1696 (AD Gironde, 3 JC 17, fol. 56).

    Archives départementales de la Gironde, Bordeaux : 3 JC 17
  • Plan du bourg de Condat-sur-Vézère par le "sieur Turgis". Dessin, encre, s.d. [entre 1731 et 1741, aux armes du commandeur Armand de Bourbon-Malauze].

    S.d. [entre 1731 et 1741]. Archives départementales de la Haute-Garonne : PA 273
  • Carte de la Guyenne par Belleyme. Reproduction en fac-similé de l'édition du XVIIIe siècle conservée à l'Institut géographique national, par Pierre de Belleyme, IGN.

    Planche n° 16 (1767). Archives départementales de la Dordogne, Périgueux : 1 Fi 2 Dordogne 0013
  • Plan cadastral napoléonien de la commune de Condat-sur-Vézère. Dessin, encre et aquarelle, par Roumagère, 1825.

    Section A1. Archives départementales de la Dordogne, Périgueux : 3P3 1453 à 1461
  • Plan, première moitié du XXe siècle.

    Service territorial de l'architecture et du patrimoine, Périgueux
  • Plan, première moitié du XXe siècle. Dans : "Recherches et Etudes Appliquées, étude historique et archéologique de l'ancienne commanderie de Condat, iconographie", Paris, mai 2011

    Service territorial de l'architecture et du patrimoine, Périgueux
Bibliographie
  • GOURGUES Alexis de. La Dordogne. Dictionnaire topographique du département. Paris : Res Universis, 1992, fac-similé de l'édition de 1873 (Monographies des villes & villages de France).

    P. 84.
  • BOURG Antoine du. Histoire du Grand-Prieuré de Toulouse et des diverses possessions de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans le sud-ouest de la France, Languedoc, Pays de Foix, de Comminges, de Béarn, Gascogne, Guyenne, Périgord, Quercy, Albigeois, Rouergue. 1883.

    Passim.
  • PENAUD Guy. Dictionnaire des châteaux du Périgord. Bordeaux : Sud Ouest, 1996.

    P. 87-88.
  • CHABRELIE Pierre / R.E.A. (Recherches et Études Appliquées). Étude historique et archéologique de l'ancienne commanderie de Condat, Paris, 2011.

Périodiques
  • LAROCHE J.-M. "Les origines de Condat-sur-Vézère". Bulletin de la Société Historique et Archéologique du Périgord, 131, 2004.

    P. 31-38.
  • MIRANDOL (de) Marie-Louis-Gustave. "Les derniers jours d'Armand de Bourbon-Malauze, commandeur de Condat (1732-1741)", Bulletin de la Société Historique et Archéologique du Périgord, 68, 1937.

    P. 355-382.
  • MIRANDOL (de) Marie-Louis-Gustave. "Les fourches patibulaires de Condat-sur-Vézère et de Saint-Amand-de-Coly », Bulletin de la Société Historique et Archéologique du Périgord, 64, 1937.

    P. 79-80.
  • MIRANDOL (de) Marie-Louis-Gustave. "Troubles à Condat-sur-Vézère", Bulletin de la Société Historique et Archéologique du Périgord, 67, 1940.

    P. 347-348.
  • MIRANDOL (de) Marie-Louis-Gustave. "Rapport de visite de la commanderie de Condat (8 mars 1626)". Bulletin de la Société Historique et Archéologique du Périgord, 64, 1937.

    P. 363-370.

Liens web

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