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Coivert : présentation de la commune

Dossier IA17035016 réalisé en 1998

Fiche

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Aires d'étudesVals de Saintonge Communauté
AdresseCommune : Coivert

Plusieurs éléments attestent d’une occupation du territoire communal dès le néolithique (de 7 000 à 3 000 ans avant Jésus Christ), notamment au lieu-dit la Fromagère où se situe un tumulus haut de 5 mètres. Formé de grosses pierres rapportées, il possède un fossé assez bien conservé dans sa partie nord et serait dû à la main de l’homme. Des outils et des traces d’habitats, principalement de la période gallo-romaine et du Moyen Age, ont été retrouvés sur plusieurs endroits de la commune, notamment dans le bourg, à Maillé ou encore à la Vieille-Boutonne.

Établie sur le grand chemin de communication d’Aulnay à Surgères, Coivert réunissait au Moyen Age plusieurs fiefs dépendants des baronnies de Surgères et de Dampierre. Entre le bourg et le hameau de la Roche, le long de ce chemin d’Aulnay à Surgères, se situe un lieu-dit dénommé la Maladrie. Il s’agirait là de l’emplacement d’un ancien hospice qui aurait appartenu à l’ancienne commanderie de Courant.

Au 18e siècle, l’agriculture est la principale ressource économique pour la commune, avec notamment les moulins à eau établis sur la rivière Boutonne qui produisaient de la farine. Ceux-ci, dont les origines sont probablement médiévales, ont été adaptés aux innovations de la minoterie au cours du 19e siècle. La Boutonne entraînait les roues de trois moulins situés aux hameaux de la Vieille-Boutonne, de la Roche et de la Fosse, ce dernier ayant été le dernier à fonctionner jusque dans les années 1960. La viticulture était également présente, mais la culture de la vigne se résumait à la production de vins pour la fabrication des eaux-de-vie.

Si le 19e siècle correspond à un essor économique dans la région, cela ne semble pas se répercuter à Coivert dont la démographie ne s'élève qu'à 600 habitants vers 1850. Dans les années 1875, le phylloxéra ravage le vignoble et, en dépit des différents essais d'adaptation de nouveaux plants de vigne, la viticulture ne retrouve pas la même importance. Une conversion vers l’élevage s'est en effet réalisée à la fin du siècle, avec la création de laiteries comme celles de Villeneuve-la-Comtesse ou Saint-Pierre de l’Isle. Toujours au cours du 19e siècle, la commune se modernise et procède à la construction d’une école de garçons en 1870 et d’une école de filles en 1891.

Au début du 19e siècle, en 1817, naît à Coivert, Herminie de Montbel, descendante d’une très ancienne famille de meuniers. Orpheline très jeune, elle se retrouve à Paris où elle est remarquée dans les salons parisiens pour son esprit, sa culture et sa beauté. En 1839, elle fonde un journal baptisé « les Violettes », album littéraire dans lequel, avec une plume assez caustique envers la gente masculine, elle parle de littérature, de théâtre et de mode, mais faute de lectrices la parution s’arrête au 8e numéro. Elle meurt assassinée en 1896.

Comme de nombreuses communes rurales, Coivert subit au 20e siècle une certaine désertification. Le bouleversement de l’agriculture, dû à la mécanisation des travaux des champs, a fait disparaître les petites exploitations familiales qui maintenaient dans les villages bon nombre de personnes. Quelques exploitations demeurent néanmoins. La commune bénéficie de la proximité de Loulay qui concentre de nombreux services. Coivert compte aujourd'hui environ 220 habitants, appelés les Coivertains.

Coivert et ses logis

L’ancienne paroisse de Coivert comptait cinq logis plus ou moins importants, tous situés dans des hameaux. Le plus ancien, celui de Maillé, est mentionné dès le 15e siècle lorsqu’il relevait de la baronnie de Surgères. En 1411, il appartient à un certain Denys Jean et, en 1442, à Cosme Jean. Après être passée aux mains de différents propriétaires, la demeure est reconstruite au début du 19e siècle puis, en 1856, elle fait l’objet d’un embellissement. Établi dans une parcelle de bois perdue au milieu de terres humides de la vallée de la Boutonne, les ruines du château de Maillé sont difficilement identifiables. Une ferme est aujourd’hui installée dans l’ancienne basse-cour, qui voisine avec les restes d’une enceinte carrée pouvant dater de la fin du 16e siècle ou du début du 17e siècle. Auparavant entourée de douves, l’enceinte était flanquée sur trois angles d’une tour cylindrique. Du corps de logis qui se dressait face à l’entrée, il ne subsiste que des fragments d’une façade portant les marques de multiples remaniements.

Le deuxième logis, l’Effort, remonterait au 16e siècle, mais de celui-ci il ne subsiste aujourd’hui qu’une tour hexagonale dérasée flanquée d’une base d’échauguette et un escalier à vis en pierre. La terre de l’Effort, qui relevait de la baronnie de Dampierre-sur-Boutonne, passe à la fin du 16e siècle, à la famille de Castello, puis à celle des La Laurencie.

Le logis noble de Salleboeuf est mentionné dans les textes au début du 16e siècle et il appartenait vers 1540 à la famille Luard. Un siècle plus tard, il est acquis par un certain Jean Aubert, époux de Marie de La Laurencie. Établi sur un site où coulent quelques sources, le logis primitif n'offre plus que des douves encore visibles, ainsi que des tours d’angles, dont une est dérasée et l’autre a été rebâtie.

L’ancien fief de Tabarit relevait autrefois de la terre de Ribemont-Mornay, puis à partir du 18e siècle du château de Dampierre. Après une succession de propriétaire, il revient au 19e siècle à la famille Fradin de Bélabre, famille illustre de la commune voisine, Blanzay-sur-Boutonne. Décrit en 1723 comme une maison basse isolée dans la vallée de la Boutonne et possédant un droit de garenne et de fuie, le logis se présente encore comme une demeure de plain-pied, réaménagée au 18e siècle et implantée sur le côté d’une cour. On pénètre dans cette dernière par une porte cochère à couvrement, sur laquelle on peut lire la date 1753 et l’inscription : « Mes enfants vous aimeres Dieu de tout votre coeur, votre prochain comme vous-même ».

Le site de la Roche, où se dresse un logis en bordure de la Boutonne, n’est mentionné dans les textes qu’à partir du 17e siècle. La terre appartient, à la fin du 17e siècle, à la famille de La Laurencie, qui possède également l’Effort et Salleboeuf. Édifié sur la rive droite de la Boutonne, à la sortie du hameau de la Roche, le logis forme un ensemble clos, doté d’une tour cylindrique à lanternon faisant fonction de pigeonnier et d’une deuxième tour carrée à toiture en ardoises.

La commune de Coivert se situe dans la région Nouvelle-Aquitaine, dans le département de la Charente-Maritime et plus précisément sur le territoire des Vals-de-Saintonge. Située sur la rive droite de la vallée de la Boutonne, qui coule à l’est du territoire communal, elle offre aux habitants un cadre de vie des plus agréables.

D’une superficie de 1478 hectares, elle comprend, en plus du bourg, 17 hameaux et lieux-dits : La Chavalerie, l’Effort, La Fosse, la Fromagère, la Maison-Neuve, les Pierrières, la Queneucherie, la Roche, Saint-Aubin, Salleboeuf, le Tabarit, la Vieille-Boutonne, la Ville-d’Ai, les Groies, le Pavillon, le Pinier et Maillé.

Elle est limitrophe avec les communes de la Croix-Comtesse au nord-ouest, Saint-Séverin-sur-Boutonne au nord-est, Dampierre-sur-Boutonne à l’est, Saint-Martial-de-Loulay au sud et Loulay au sud-ouest. Le point culminant de ce territoire se situe au lieu-dit le Fief de Coivert, avec une hauteur de 79 mètres au-dessus du niveau de la mer, tandis que le plus bas, 29 mètres d’altitude, est placé au niveau du pont du Vieux Bois, au sud-est.

La commune est traversée d’est en ouest par la route départementale 115, d’Aulnay-de-Saintonge à Surgères. Sa partie sud-ouest est desservie par la route départementale 210, de Loulay à Saint-Séverin-sur-Boutonne. Coivert dispose toutefois d’une situation géographique assez favorable de par sa relative proximité avec le chef-lieu d’arrondissement, Saint-Jean-d’Angély, desservi par l’autoroute A10, qui la place à environ 2 heures des grandes agglomérations de Poitiers et Bordeaux.

La vallée de la Boutonne

La rivière Boutonne, longue de près de 100 kilomètres, prend sa source au sud des Deux-Sèvres, entre en Charente-Maritime à Saint-Séverin et Dampierre-sur-Boutonne, avant d’aller se jeter dans le fleuve Charente à l’ouest des Vals-de-Saintonge, à Bords. 25 communes du territoire sont arrosées par la rivière, dont Coivert, tandis que ses nombreux affluents arrosent les communes périphériques. Composante essentielle du paysage de la commune et véritable coulée verte au milieu des plaines du nord, la Boutonne a dessiné le long de son cours des méandres, îles, marais et plaines inondées en hiver.

Si la présence de la Boutonne a permis l’implantation de moulins à eau depuis des temps très reculés, aujourd’hui ses rives accueillent des peupleraies artificielles. Les peupliers, qui croissent sur des terrains alluviaux, aérés et humides, voire temporairement inondés, ont trouvé ici le cadre idéal pour leur développement. Essence à croissance rapide, les peupliers sont plantés en alignement afin de rationaliser l’espace et de permettre une production améliorée.

Le bois de peuplier est un matériau polyvalent qui peut être employé dans divers secteurs, mais le principal débouché en Poitou-Charentes et en Vals-de-Saintonge est le déroulage. Cette industrie nécessite un bois de qualité, droit et sans nœud, qui exige un entretien attentif des peupleraies. D’importantes usines créées au cours du 20e siècle non loin de la Boutonne (Malvaud à Loulay, Lécuiller à Tonnay-Boutonne, BDR à Poursay-Garnaud, Joubert à Saint-Jean-d’Angély, etc.), mais aussi des scieries artisanales plus modestes, ont exploité ou exploitent toujours cette ressource.

Références documentaires

Bibliographie
  • Chasseboeuf, Frédéric. Châteaux, manoirs et logis : la Charente-Maritime. Prahecq : Patrimoines et Médias, 2008. p. 280 à 282.

  • Le Patrimoine des communes de la Charente-Maritime, Poitou-Charentes. Tome 1. Paris : Flohic, 2002. p. 338, 339.

  • Texier, Jean. Inventaire archéologique de l’arrondissement de Saint-Jean d’Angély. 6e fascicule, Canton de Loulay. Saint-Jean d'Angély, imprimerie Brisson, 1972. p 6 à 9.

(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Vals de Saintonge Communauté (c) Vals de Saintonge Communauté - Lhuissier Nathalie
Lhuissier Nathalie

Chargée de mission entre 2004 et 2018.


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