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Église paroissiale Saint-Michel et cimetière

Cloche (n° 2) dite Marie Jean Baptiste

Dossier IM40008273 réalisé en 2020

Fiche

Dénominationscloche
Numérotation artificielle2
Appellationsdite Marie Jean Baptiste
Aire d'étude et cantonGeaune
AdresseCommune : Lacajunte
Emplacement dans l'édificeclocher-mur, baie nord

La monographie paroissiale (1887-1888) de l'abbé Jean-Baptiste Dezest fournit plusieurs renseignements sur les cloches qui ont précédé les deux instruments actuellement en usage. La plus ancienne cloche connue fut "enlevée de l'église" et "brisée par les ennemis de notre religion" lors du sac de l'église par les troupes protestantes de Montgomery en 1569. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, l'ensemble du patrimoine campanaire de l'église fut entièrement renouvelé : la grosse cloche, qui remplaçait une cloche ancienne refondue à Samadet entre 1847 et 1859, fut fondue a novo par le Tarbais Ursulin Dencausse en 1876, puis une nouvelle fois en 1895 par la même. Peu après l'inauguration de l'instrument de 1876, il fut question de remplacer à son tour la petite cloche, dont le son ne s'harmonisait pas avec celui de sa compagne. Le curé Jean-Baptiste Dezest fit alors fondre à ses frais par le même Dencausse une seconde cloche neuve, d'un poids inférieur, laquelle fut bénite le 7 août 1877. En compensation de ce don, l'abbé Dezest obtint de parrainer la nouvelle cloche avec sa propre mère, Marie Hontang, et se fit remettre par la commune la cloche ancienne, qu'il offrit aussitôt à sa paroisse natale, Momuy (canton d'Hagetmau)*.

* A noter toutefois qu'aucune des trois campanes actuellement dans le clocher de l'église Saint-Martin de Momuy ne semble correspondre à la cloche de Lacajunte offerte en 1877 : la première est signée du fondeur montois Vincent Labenne et datée 1872, la seconde a été exécutée en 1909 par le Gersois Jean-Bertrand Escoubet (refonte d'une cloche fondue pour Momuy par Naverdet en 1823), la troisième est une œuvre récente (1968) de l'Orléanais Jean Bollée réalisée avec le matériau d'une cloche provenant de l'ancienne église Saint-Pierre de Cazalon (commune de Momuy).

Période(s)Principale : 4e quart 19e siècle
Dates1877, porte la date, daté par source
Lieu d'exécutionCommune : Tarbes
Auteur(s)Auteur : Dencausse Ursulin
Dencausse Ursulin (1825 - 1910)

Né à Dumes en 1825, mort à Tarbes ou à Biarrotte en 1910. Fonde sa fabrique de cloches à Tarbes et à Soues. Père de Jean-Louis-Ursulin (1861-1931), qui lui succède dès avant 1908.


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fondeur de cloches

Cloche suspendue, de volée ; tintement par actionnement manuel ; pas de couronne d'anses, mais un disque plat boulonné ; mouton en fonte de fer et bois, à quatre brides rondes boulonnées ; battant en poire, en fonte.

Catégoriesfonderie de cloches
Matériauxbronze, fonte au sable à découvert
Précision dimensions

Dimensions non prises.

Iconographiesornementation, croix, filet
Précision représentations

Croix fleurdelisée avec frise de perles sur le montant et la traverse, sur la face orientale du vase ; filets à la faussure, à la pince et de part et d'autre de la dédicace.

Inscriptions & marquesdédicace, fondu, latin, français
signature, fondu
date, fondu
Précision inscriptions

Dédicace, signature et date (sur le vase supérieur, en quatre lignes, chacune introduite par une main indicatrice) : [main] O CRUX AVE SPES UNICA SACRE COEUR DE JESUS PROTEGEZ NOUS QUIS UT DEUS SAINT MICHEL PRIEZ POUR NOUS / [main] MON NOM EST MARIE JEAN BAPTISTE SAINT-GERMAIN VICENT [sic] MAIRE PIERRE SALLES ADJT JEAN BORDES INSTR / [main] BAPTISTE DEZEST CURE ET PARRAIN MARIE DEZEST SA MERE NEE HONTANG MARRAINE / FONDUE PAR URSULIN DENCAUSSE FONDEUR A TARBES BREVETE SGDG 1877.

État de conservationbon état
Statut de la propriétépropriété de la commune

Annexes

  • Extraits de la monographie paroissiale de Lacajunte, par le curé Jean-Baptiste Dezest, 1887-1888 (AD Landes, 16 J 17), concernant les cloches de l'église

    "M. l'abbé Brethous, curé en 1847. M. l'abbé Brethous Pierre, né à Vielle en 1808, ordonné prêtre en 1833 [...] fut nommé curé de Bats, d'Arboucave, d'Audon et puis de Lacajunte, où il arriva le 1er juillet 1847. [...] Enfin, M. Brethous fut nommé vicaire du Mas d’Aire en 1859. [...] / Il lui arrivait de revenir quelquefois à Lacajunte. Dans ses dernières années, il offrait généreusement une cloche en faveur d'une sonnerie harmonieuse telle qu'il désirait la voir établie au clocher de l'église de Lacajunte. Le desservant actuel [l'abbé Dezest] avait fini par entrer dans ses vues. Le clocher allait voir venir une nouvelle cloche déjà fondue au nom de M. Brethous, lorsque certains habitants, des principaux, toujours ennemis du prêtre, créèrent des difficultés en faisant fermer l'ouverture du clocher où devait être suspendue la nouvelle cloche. On refusa l’objet de nos générosités par pur esprit de contradiction."

    "Clocher et cloches de Lacajunte. / Le clocher de l'église de Lacajunte d’un seul mur a été exhaussé d’environ 3 mètres en 1877. On y a ménagé deux ouvertures égales de 2m de haut et 1m de large pour y suspendre deux cloches nouvelles, l’une d'un poids de 316 kilogrammes, l'autre du poids de 164 kilogrammes. Depuis longtemps, l'église de Lacajunte ne possédait qu'une cloche du poids de 133 kilogrammes, bien insuffisante pour le service paroissial. L'an 1876, la commune voulut la remplacer par un autre plus grande. Elle s'entendit avec M. Dencausse, fondeur de cloches à Tarbes. Lacajunte reçut une bonne cloche d'airain du poids de 316 kilogrammes, au prix de 4 francs le kilogramme, et un joug, système nouveau en fonte, au prix de 50 francs les 100 kilogrammes... prix total 1421 francs, somme que la commune trouva dans la caisse municipale, y compris 399 francs, prix estimé de la vieille cloche à raison de 3 francs le kilogramme. Lorsque le moment de payer la nouvelle cloche arriva, les gens de Lacajunte regrettèrent d'avoir engagé la vieille cloche. On désirait la conserver. Dans ce but, on proposa une souscription volontaire qui fut acceptée. Les principales familles se mirent en tête de cette souscription, en versant chacune la somme de 40 francs. M.M. le desservant, le Maire et l'Adjoint firent le tour de la commune et la collecte produisit la somme de 478 francs, plus qu'il n’en fallait pour retenir la vieille cloche. Tout le monde fut satisfait de cet heureux résultat. On restait maître de la vieille cloche. L'harmonie de ces deux cloches laissait beaucoup à désirer. Le desservant profita de cette circonstance pour offrir à la commune de lui abandonner une bonne partie de ses avances faites en son nom dans d'autres temps et pour des besoins urgents. [...] Il partit bientôt pour Tarbes. Il alla trouver M. Dencausse. Il lui demanda une nouvelle cloche, faite dans les meilleures conditions, pour la mettre en bonne harmonie avec celle déjà fournie à l'église de Lacajunte. Tout fut convenu au mieux, et une nouvelle cloche arriva. La première avait été bénie le 21 9bre 1876 [...] et la seconde fut bénie le 7 8bre 1877. [...]. Par cette nouvelle acquisition, l'église de Lacajunte jouit d’une bonne sonnerie. [...] La sonnerie de la vieille cloche ne se mêlait pas trop mal à la sonnerie des deux cloches neuves. Le desservant en profita pour faire de nouvelles propositions favorables à la commune, comme les registres de la fabrique le constatent. (La commune avait enfin consenti à laisser au desservant la propriété de la vieille cloche, en échange de la 2ème cloche neuve qu’il ferait venir). Les nouvelles propositions faites alors à la commune furent rejetées d'une façon peu convenable. Le desservant, peu satisfait, fit disparaître cette vieille cloche et en disposa en faveur de sa paroisse natale [Momuy] qui fut toute heureuse de ce bienfait. / La cloche principale est sous le patronage de la Ste Famille. Son nom est Marie Joseph avec l'inscription suivante : Cor Jesu Sacratissimum, miserere nobis – Cor Mariæ Immaculatum, ora pro nobis – Cor sancti Josephi, ora pro nobis. / La seconde cloche plus petite s'appelle : Marie-Jean-Baptiste-Michel (patron de la paroisse) Pierre et Paul (2ds patrons de l'église). Parrain : Jean Bte Dezert, curé de la paroisse et bienfaiteur. Marraine, Marie Hontang-Dezest (mère du parrain)."

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Références documentaires

Documents d'archives
  • Monographie paroissiale de Lacajunte, par le curé Jean-Baptiste Dezest, 1887-1888.

    Archives départementales des Landes, Mont-de-Marsan : 16 J 17
  • Inventaire des biens dépendant de la fabrique de Lacajunte, 22 février 1906.

    N° 116. Archives départementales des Landes, Mont-de-Marsan : 70 V 162/9
Bibliographie
  • VIDON Jean-Claude. Lacajunte. A la recherche du passé. Orthez : ICN, 2011.

    P. 116-119, 152-153.
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Maisonnave Jean-Philippe