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Citadelle de Blaye

Dossier IA33004529 réalisé en 2011

Fiche

Á rapprocher de

Œuvres contenues

Destinationsbourg castral
Dénominationscitadelle
Aire d'étude et cantonEstuaire de la Gironde (rive droite)
HydrographiesLa Gironde
AdresseCommune : Blaye
Lieu-dit : la Citadelle
Cadastre : 1832 A1, B2 231 bis Bâtiments non cadastrés. ; 2014 AW

Le promontoire dominant l'estuaire est occupé de façon pérenne dès l'âge du fer et sans solution de continuité par la suite. Le site fortifié de Blavia est connu dans l'Antiquité tardive et le Moyen Âge comme castrum. Durant l'époque médiévale, la ville fortifiée occupe l'éperon rocheux, au sommet duquel est implantée la forteresse châtelaine, assurant un contrôle sur la route de Saintes. Attesté au début du 11e siècle en possession de la famille comtale d'Angoulême, le castrum, complété de faubourgs, est détenu jusqu'au début du 14e siècle par la famille seigneuriale des Rudel, avant de passer sous le contrôle direct des Plantagenêt. La topographie urbaine est alors scindée entre la partie nord, dévolue au site castral, séparée par un mur de la ville haute enclose au sud, l'ensemble étant complété de faubourgs, autour des abbayes Saint-Romain et Saint-Sauveur. Durant la guerre de Cent Ans, Blaye est l'un des enjeux opposant le roi d'Angleterre, duc d'Aquitaine, au roi de France. La prise de la place en 1451 constitue l'un des derniers actes de la guerre en Guyenne, avant la bataille de Castillon de 1453 mettant définitivement fin au conflit.

La modernisation des défenses de la place forte intervient entre la fin du 15e siècle et le premier quart du 16e siècle, principalement sous le règne de Louis XII. Les travaux entrepris en régie royale ont porté sur l'adaptation des défenses à l'artillerie, par la création de tours percées de canonnières "à la française", telles la tour des Rondes du château ou la tour de l'Eguillette, par la création de caponnières et par le perfectionnement de défenses avancées avec la création de boulevards, face au château, à la porte Saint-Romain et du côté du port.

Au tournant du 17e siècle, une description de la place tenue par le gouverneur d'Esparbès de Lussan, fait état du "boulevard neuf vers la mer au château pour défendre cette avenue, et flanque tant la côte de mer que de terre jusqu'à l'autre boulevard qu'il a fait à la porte du château pour défendre tout le reste vers la terre de Saintonge". Au sortir des guerres de Religions, les fortifications urbaines et du château sont dans un état de dégradation avancé. Après l'établissement d'un couvent de minimes intra-muros, les travaux engagés au début du 17e siècle ont porté sur la restauration des parties anciennes et sur le renforcement de la fonction militaire du promontoire, au détriment de la ville et ses habitants, progressivement relégués vers les faubourgs. Ces travaux ont d'abord consisté à l'établissement de deux petits bastions au milieu des courtines et à la construction de deux demi-bastions aux extrémités sud et nord de l'enceinte, et par l'établissement d'un ouvrage à cornes englobant le boulevard du château, les différents ouvrages étant reliés entre eux par une fausse-braie. Un projet de "havre", destiné à accueillir une flotte rapidement appareillable, est aussi réalisé à la même époque, de même qu'un premier projet de citadelle, mais n'ont pas été réalisés. Les campagnes suivantes, mises en œuvre sous l'autorité du marquis de Saint-Simon, gouverneur de Blaye à partir des années 1630, ont d'abord porté sur des travaux d'entretien vers 1640, ainsi que sur le renforcement du front nord : un nouveau demi-bastion et un ouvrage à cornes sont en construction dans ces mêmes années, peut-être sous la direction de l'ingénieur Blaise François Pagan.

Dès le milieu du 17e siècle, Saint-Simon est le premier à évoquer la nécessité d'assurer une fermeture du chenal du Médoc et à envisager un verrou défensif sur l'estuaire. Il entreprend en 1651 le doublement de l'ouvrage à cornes du château, relié à la porte de ville Saint-Romain, provoquant la destruction partielle de l'abbaye. De nouvelles campagnes d'envergure sont envisagées en 1663, suite à la venue de l'intendant Claude Pellot à Blaye, en compagnie de l'ingénieur Nicolas Desjardins et de l'architecte Pierre Michel Duplessy. L'idée s'impose alors de faire de la totalité de l'ancienne ville close une citadelle, et des procédures d'expropriations sont réalisés à cet effet dès 1666 pour l'édification de casernes. Les travaux ne sont cependant réalisés que dans la décennie suivante, portant sur la construction de deux magasins à poudre en 1676, d'une prison en 1677 et des casernes vers 1678.

François Ferry, ingénieur général, engage en 1680 un projet global de modernisation de la citadelle : ce projet consistait à supprimer tous les ouvrages avancés et à les recomposer de manière plus rationnelles en trois demi-lunes, chemin couvert et places d'armes. Les travaux sont en partie réalisés lors de la venue de Vauban à Blaye en 1685. Ce dernier, constatant le caractère insuffisant des fortifications de la citadelle, propose deux projets de refonte d'ensemble, dont le plus ambitieux est adopté : le chantier, mené promptement de 1686 à 1689, a consisté à établir deux bastions monumentaux face aux boulevards du château et de la porte Saint-Romain, à la reprise des deux demi-bastions des extrémités nord et sud, ouvrages renforcés par trois demi-lunes. Les vestiges de l'abbaye Saint-Romain sont engloutis dans les glacis, alors que les dernières maisons des faubourgs les plus proches de l'enceinte sont détruites. Des terrassements importants sont aussi réalisés dans la partie sud-est pour reculer le mur d'enceinte d'une cinquantaine de mètres, afin de parer à des tirs depuis les collines environnantes. Par ailleurs, le dispositif défensif de la citadelle est complété d'un fort implanté en 1689-1690 sur la rive médocaine, et d'une tour à canons installée en 1690-1691 sur une île en formation face à Blaye, afin d'établir un véritable verrou sur l'estuaire.

Plusieurs projets de modernisation de la citadelle sont encore conçus dans la première moitié du 18e siècle, mais les travaux réalisés restent limités à des interventions ponctuelles intra-muros, notamment la création d'un hôpital de siège en 1739, la reprise des logements des gradés, puis la reconstruction en maçonnerie des ponts sur les fossés dans la seconde moitié du siècle. La citadelle est assiégée en mars 1814 lors de la remontée de la flotte de Wellington vers Bordeaux, mais la capitulation de l'empereur met fin au blocus. Un projet de création d'une batterie sur l'île Nouvelle est alors élaboré, finalement non réalisé. Le château est en partie démantelé dans les années suivantes, parallèlement à un projet de cavalier sur son site, non mis en œuvre.

Suite à la loi du 10 juillet 1851, la citadelle est classée dans la deuxième série des places de guerre, comme poste militaire. Outre des travaux d'entretien ponctuels, les aménagements les plus importants du 19e siècle sont postérieurs à 1860, destinés à équiper la place de trois batteries à longue portée, même si la création de forts et de batteries à l'embouchure de la Gironde au début de la décennie suivante limite temporairement l'intérêt défensif de la place de Blaye, une première fois déclassée en 1887. Cependant, la défense des côtes redevient une priorité à la fin du siècle, se traduisant par l'installation en 1899-1901 d'une artillerie puissante et nombreuse dans la citadelle, au fort Pâté et au fort Médoc.

L'histoire de la patrimonialisation de la citadelle commence dès le second quart du 20e siècle : l'enceinte extérieure est inscrite au titre des Monuments historiques en 1926. Pourtant, l'administration militaire cède le demi-bastion du Cône en 1930 comme carrière de pierre. La destruction est interrompue grâce à l'action du journaliste Paul Raboutet, véritable acte de la prise de conscience de l'intérêt patrimonial du site. La citadelle avec ses abords est ainsi classée en 1937, alors que la place forte est finalement désarmée en 1943. L'ensemble des bâtiments intra-muros est inscrit en 1947. Malgré ces protections, le chemin couvert du glacis est arasé en 1976. La reconnaissance internationale intervient en 2008, lors de l'inscription de la place de Blaye parmi le réseau des sites représentatifs de l'œuvre de Vauban sur la liste du patrimoine mondial par l'UNESCO.

Période(s)Principale : Antiquité
Principale : Moyen Age
Principale : limite 15e siècle 16e siècle
Secondaire : 1er quart 17e siècle
Secondaire : 2e quart 17e siècle
Secondaire : 3e quart 17e siècle
Principale : 4e quart 17e siècle
Secondaire : 1ère moitié 18e siècle
Secondaire : 2e moitié 19e siècle
Dates1685, daté par source
Auteur(s)Personnalité : Rouvroy duc de Saint-Simon Claude de
Rouvroy duc de Saint-Simon Claude de (1606 - 1693)

Gouverneur de Blaye (1630-1693).


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personnage célèbre, commanditaire attribution par source
Auteur : Duplessy Michel Pierre , dit(e)
Duplessy Michel Pierre , dit(e) (1633 (?) - 1693)
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architecte, ingénieur attribution par source
Auteur : Ferry François
Ferry François (1649 - 12/09/1701)

Ingénieur né à Paris en 1649 et décédé à La Rochelle le 12 septembre 1701. Ingénieur ordinaire (v. 1669). Ingénieur en premier en Aunis (v. 1680). ). Ingénieur général des provinces du Poitou, de Saintonge, d'Aunis, de Guyenne et du Béarn (1690). [Blanchard 2, 281]


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ingénieur militaire attribution par source
Auteur : Vauban Sébastien Le Prestre de, marquis
Vauban Sébastien Le Prestre de, marquis
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ingénieur militaire attribution par source

La place forte domine l'estuaire depuis un à-pic rocheux d'une trentaine de mètres sur son front ouest, le secteur de la palus des Cônes au nord, le cours du ruisseau du Saugeron à l'est et le chenal du port au sud. L'enceinte de terre revêtue d'un appareillage soigné de pierre de taille est constituée de deux bastions monumentaux à l'est, de deux demi-bastions aux extrémités sud et nord du promontoire, et de trois demi-lunes placées au-devant des portes, Royale et Dauphine. Les lignes de feu des différents ouvrages sont étagés depuis le boulevard du château, et rattachés par une fausse-braie, à l'exception du demi-bastion du port isolé du corps de place.

Murscalcaire pierre de taille
moyen appareil
moellon enduit
Toittuile creuse, ardoise
Planssystème bastionné
Statut de la propriétépropriété de la commune
Intérêt de l'œuvreà signaler
Éléments remarquableschâteau, enceinte, bastion, porte de ville
Sites de protectionliste du patrimoine mondial
Protectionsclassé MH, 2009/05/11
Précisions sur la protection

Inscription sur la liste du patrimoine mondial au titre du réseau des sites majeurs Vauban : 2008. Les parties bâties et non bâties de la citadelle (cad. AW 1 à 13, 15, 17, 19 à 21, 23, 58, 61 à 63, 66, 67) : classement par arrêté du 11 mai 2009.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Fonds des cartes et plans concernant le verrou de l'estuaire, 17e-18e siècles.

    Service historique de la Défense, Vincennes : 1 VH 363
  • Inventaire général des pièces d'artillerie de Blaye, de la Tour de l'île devant Blaye, du Fort Médoc, 1789.

    Archives départementales de la Gironde, Bordeaux : C 2358
Documents figurés
  • Fonds concernant la mise en défense du verrou de l'estuaire de la Gironde (17e-19e siècles).

    Archives départementales de la Gironde, Bordeaux : FiNC
  • Fonds concernant la place de Blaye, le verrou et d'autres sites sur l'estuaire de la Gironde, 19e siècle.

    Archives départementales de la Gironde, Bordeaux : 2 J 7
  • Atlas des Bâtiments Militaires. Place de Blaye et dépendances. Dessins, encre et lavis, par le Chevalier L. de Chancel, 1819.

    Archives départementales de la Gironde, Bordeaux : 2 J 7
  • Fonds concernant le verrou de Blaye dans la série des cartes et plans.

    Bibliothèque nationale de France, Paris
  • Fonds concernant le verrou de Blaye, 17e-18e siècles.

    Bibliothèque nationale de France, Paris : Va 33 T. II
Bibliographie
  • ADO Simon. Une ville et sa citadelle. Les militaires à Blaye de 1870 à 1914. Les Cahiers du Vitrezais, 2015.

  • BELLEMER Émile. Petite histoire de la ville de Blaye. Réimpression de l'édition originale de 1886, PyréMonde Princi Negue, 2009.

  • BESCHI Alain, CRON Eric. Vauban, Blaye et le verrou de l'estuaire. Bordeaux : éditions Confluences, 2011 (Visages du patrimoine en Aquitaine ; 3).

  • BIROLLEAU-BRISSAC Paulette. Histoire de Blaye. Bordeaux : Ed. de la Société des Amis du Vieux Blaye, 1968.

  • COUTURA Johel. Vauban à Blaye. Catalogue d'exposition, Blaye, couvent des Minimes, 1983. Les Cahiers du Vitrezais, n° 43 (numéro spécial), Paris : 1983.

  • COUTURA Johel, CABROL Bertrand (Photographe). Visiter Blaye. Bordeaux : Éditions Sud Ouest, 1990 (Visiter).

  • Exposition sur Blaye et le verrou de l'estuaire, réalisée dans le cadre des Ateliers de Chaillot. École de Chaillot, 2008-2009.

  • GELINEAU Edouard (docteur). Un des sièges de Blaye (1580). Blaye : imp. Eugène Brunette, 1880.

  • ORGEIX Emilie d', SANGER Victoria, VIROL Michèle et al. Vauban : la pierre et la plume. Paris : Éditions du patrimoine, centre des monuments nationaux, 2007.

    P. 220-227.
  • SALAT Nicole, PÉNICAUT Emmanuel, BARROS Martin et al. Le dépôt des fortifications et ses archives, 1660-1940 : archives du Génie : répertoire numérique détaillé de la sous-série 1 V du Service historique de la défense. Paris : Archives et culture, 2011 (Archives de la défense).

  • COUTURA Johel. Correspondance de Claude de Saint-Simon (1628-1643). Numéro spécial des Cahiers Saint-Simon. Paris : Société Saint-Simon, n°15, 1987.

Périodiques
  • CAVIGNAC Jean. « Les travaux de la citadelle au début et à la fin du XVIIIe siècle ». Les Cahiers du Vitrezay, 1978, supplément au n° 24.

    P. 49-56.
  • COUDROY DE LILLE Pierre. « Fenis du Tourondel, ingénieur en chef à Blaye en 1706 ». Les Cahiers du Vitrezay, 2004, n° 96.

  • COUTURA Johel (dir.). « La citadelle de Blaye ». Les Cahiers du Vitrezais, numéro spécial, 1978.

  • COUTURA Johel. « Etat des plans de la citadelle de Blaye, du Fort Pâté et du Fort Médoc ». Les Cahiers du Vitrezay, 1983, n° 45.

    P. 106-131.
  • FAUCHERRE Nicolas. "La citadelle de Blaye". Congrès archéologique de France - Bordelais et Bazadais, 145e session, 1987. Paris : SFA, 1990, p. 39-76.

  • GLOUZOT Etienne. "Un voyage à l'ile de Cordouan au XVIe siècle". Bibliothèque de l'École des chartes, n°66, 1905, p. 401-425.

    P. 424.
  • LANDAIS Marie-Ange. "Blaye à grands traits. Du promontoire à la Citadelle : 7000 ans d'histoire". Les Cahiers du Vitrezay, 1999, n° 92.

  • LEULIER Renée. "Une citadelle au bord de l'estuaire (Blaye)". Le Festin, septembre 2004, n° hors série.

  • PEYROUS Bernard. "Un grand ensemble défensif aux XVIIe et XVIIIe siècles : La Forteresse de Blaye, le Fort-Pâté et le Fort-Médoc". Les Cahiers du Vitrezay, 1978, supplément au n° 24.

  • THOMAS Daniel. "La défense des côtes au XIXe siècle : le cas de Blaye" (1ère, 2e et 3e parties). Société des Amis du Vieux Blaye, s.d. (avant 2019) [en ligne].

Multimedia
  • Blaye en un siècle. CD-ROM, Société des amis du vieux Blaye ; Association philatélique de l'arrondissement de Blaye, 2003.

Liens web

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