Logo ={0} - Retour à l'accueil

Cinéma dit le Tivoli-Cinéma, actuellement salle des fêtes Emile-Combes

Dossier IA17010745 réalisé en 2004

Fiche

Précision dénominationdes oeuvres laïques
AppellationsTivoli-Cinéma, salle Emile-Combes
Destinationscinéma, salle des fêtes
Dénominationscinéma, salle des fêtes
Aire d'étude et cantonRochelle faubourgs (La) - Rochelle (La)
AdresseCommune : La Rochelle
Lieu-dit : la Genette
Adresse : 38 rue de la
Pépinière
Cadastre : 2003 AP 228

Le Tivoli-Cinéma ouvre ses portes en 1915 et fonctionne jusqu'à la fin de l'année 1926. En juillet 1964, le Conseil municipal autorise M. Grizet, architecte, à réaliser la façade de la salle Emile-Combes. Le centre culturel départemental situé sur la même parcelle est autorisé à être construit en septembre 1970.

Période(s)Principale : 2e quart 20e siècle
Secondaire : 3e quart 20e siècle
Dates1915, daté par source
1964, daté par source
1970, daté par source
Auteur(s)Auteur : Grizet architecte attribution par source

Enduit ; ardoise ; sur la voie ; parallèle à la voie ; salle des fêtes.

Mursenduit
Toitardoise
Typologiessur la voie ; parallèle à la voie ; salle des fêtes
Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • La fée de l'électricité au service du Tivoli Cinéma

    L'Entreprise d'électricité Eugène Prévot, fondée en 1909, entre dans l'histoire cinématographique rochelaise à l'aube de la Première Guerre mondiale. Eugène décide en effet, en 1914, de mettre à profit ses connaissances professionnelles pour se lancer dans la construction et l'exploitation d'une salle. Les succès remportés entre autres par l'Olympia et le Familia l'y encouragent vivement et malgré les difficultés d'approvisionnement en matériaux de toutes sortes, malgré la mobilisation de nombreux ouvriers, son projet de construction se concrétise l'année suivante : le Tivoli Cinéma ouvre ses portes le samedi 16 octobre 1915, au 38 rue de la Pépinière dans le quartier de La Genette. Avec pas moins de 450 places et tout le confort moderne !

    Le programme inaugural attire un public enthousiaste. [...]

    Le choix d'une production de la société Film d'art dans ce programme est-il courageux ? Il faut considérer le peu d'enthousiasme manifesté généralement par le public populaire à l'égard des productions de Film d'art dans les sujets empruntés à l'histoire, à l'Antiquité le touchent bien peu. Mais nous sommes ici dans le quartier cossu de La Genette et cette programmation séduit sans doute le public bourgeois.

    Quelques mois plus tard, la presse locale s'empare d'une affaire bien mystérieuse. Alors que la guerre ensanglante le pays, des affiches jaunes apposées sur les murs de la ville provoquent une certaine émotion parmi les rochelais. Ces placards sont ainsi libellés : "Rochelais ! Retenez bien ces dates 5 et 6 février, car ...". Frissons, angoisses ... bien avant l'ère hitchcockienne ! L'inquiétude est grande en ce mardi 1er février. En lisant ces lignes, il paraît même que des ouvrières refusèrent de se rendre aux usines et que l'on dut pour les tranquilliser doubler la garde. Toute la matinée, au marché, dans les rues, les ragots vont bon train.

    Que se cache-t-il donc derrière ces mots que certains dénonceront comme cabalistiques ?

    Le suspens heureusement ne dure pas trop longtemps. L'afficheur, aussitôt convoqué au commissariat de police avoue : c'est le Tivoli-Cinéma. Il s'agit en fait de la première partie d'une affiche-réclame et on s'empresse bien sûr de placarder sur-le-champ sa deuxième moitié, les esprits se calment et tout rentre bien vite dans l'ordre dans les foyers rochelais. Eugène Prévot qui n'avait pour seul but que d'intriguer le public, et non de l'effrayer, a bien du mal à comprendre !

    En 1920, une nouvelle direction apporte quelques améliorations à l'établissement. Un hall est luxueusement aménagé et surtout un joli petit jardin est coquettement mis en valeur sur l'un des côtés du cinéma. Aux beaux jours, on peut dès lors assister aux représentations sans crainte d'une trop grande chaleur. Le jardin d'été avec son american-bar, ses confiseries et ses thés concerts symphoniques ravit tout le monde mais il y a plus, la direction du Tivoli vient de traiter avec "Les chansons filmées Lordier", dont le succès, assurément, est très grand dans les principaux cinémas de France !

    Mais si le jardin d'été est un beau cadeau offert aux amateurs de cinéma, les enfants ne sont pas pour autant oubliés par la direction. La hotte du Père Noël renferme bien souvent quelques menus cadeaux pour ces chères têtes blondes et brunes. Les "Mac Donald's" d'aujourd'hui n'ont vraiment rien inventé ! Gagner la confiance d'un enfant et fidéliser les parents est une vieille recette commerciale.

    Bien sûr, tout ne va pas toujours pour le mieux dans le meilleur des mondes cinématographiques ! Des incidents techniques mécontentent parfois le public comme en janvier 1921, lorsqu'un accident à l'usine électrique de la ville contraint le Tivoli à suspendre quelques séances. Les spectateurs ne sont pas pour autant rancuniers, oublient vite ces désagréments et continuent pendant quelques années encore de louer leurs places " A la petite marraine", rue du Temple. Mais après les fêtes de Noël 1926, les flonflons se taisent et le rideau tombe définitivement ou presque sur le Tivoli.

    Bonne surprise au milieu des années 50 ! A cette adresse, on peut à nouveau assister à des projections cinématographiques. Elles sont organisées par la Fédération des Oeuvres laïques dans la salle Emile-Combes, édifiée sur l'emplacement du Tivoli.

    Cette salle propose alors 500 places à ses adhérents et des films en 16mm de plus de quatre ans d'âge, en vertu du statut du cinéma non commercial. De plus, le jeudi, une séance récréative est réservée aux enfants. Cet ensemble immobilier sera racheté par la Ville de La Rochelle en 1984.

    Extrait de : DENIS Sylvie. Les premiers siècles du cinéma à La Rochelle. Editions Bordessoules, 1996.

Références documentaires

Documents figurés
  • A. M. La Rochelle : Permis de construire. Façade principale (1964) : plans, coupe Façade principale (1964) : façade.

(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel ; (c) Communauté d'Agglomération de La Rochelle (c) Communauté d'Agglomération de La Rochelle - Peyron Claire