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  • (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton La Bastide-Clairence (commune)
  • Commune La Bastide-Clairence
  • Cadastre 2017 A 290
  • Dénominations
    cimetière
  • Précision dénomination
    cimetière israélite

Comme l'ont établi les travaux de Gérard Nahon (1969) et d'autres historiens des communautés israélites de France, la première installation de juifs séfarades à La Bastide-Clairence eut lieu au début du XVIIe siècle, après que des dissensions survenues en 1600 entre les notables bayonnais et la "Petite Jérusalem" du bourg de Saint-Esprit eurent entraîné le départ forcé de certains membres de cette communauté. Protégés par le comte Antoine II de Gramont, maire de Bayonne et vice-roi de Navarre, ces derniers s'installèrent alors dans les diverses possessions de la maison de Gramont autour de Bidache (où on "judaïse" dès 1631, selon une plainte adressée au cardinal de Richelieu), de Peyrehorade et de La Bastide-Clairence. Cette communauté juive, dite "portugaise", demeura durant deux siècles à La Bastide (de 1610 environ à la Révolution), comptant jusqu'à quatre-vingts familles à son apogée. Les archives communales font état d'une cohabitation relativement paisible avec la population chrétienne (majoritairement catholique, mais avec une petite minorité réformée jusqu'en 1685) et d'une intense activité, tant commerciale et financière que médicinale, de ces "Portugais".

Les premiers arrivants, portant des prénoms chrétiens, officiellement convertis au catholicisme et inhumés à ce titre dans le cimetière paroissial, "judaïsaient" cependant plus ou moins secrètement dès les années 1620. Le cimetière israélite actuel, sans doute ouvert dès l'époque de leur première installation, semble avoir été destiné originellement aux "marranes" (juifs convertis). La "rejudaïsation" est toutefois effective dès 1659, date à laquelle les "Portugais" cessent d'être inscrits sur les registres de la paroisse. A la même époque, les prénoms judaïques refont leur apparition - en attestent les inscriptions relevées par Gérard Nahon sur plusieurs tombes parmi les 62 que compte le cimetière. De même, 18 d'entre elles portent une date de décès exprimée par un mois du calendrier hébraïque.

La population juive de La Bastide déclina lentement à partir du XVIIIe siècle : il ne restait plus qu'une quinzaine de familles vers 1750. Avec la Révolution et les décrets d'émancipation des juifs (janvier 1790 et septembre 1791), la communauté, désormais libre de ses mouvements, alla s'installer majoritairement à Bayonne, mettant ainsi un terme à deux siècles de présence juive dans le bourg : six familles seulement y vivaient encore en 1798. Le cimetière, seul témoin subsistant de cette longue histoire, est aujourd'hui la propriété du Consistoire israélite de Bayonne (ancien Consistoire de Saint-Esprit).

  • Période(s)
    • Principale : 1er quart 17e siècle

Le cimetière, de plan irrégulier, est implanté au sud-est de l'église paroissiale et du cimetière catholique. Il est partiellement entouré de murs en moellon calcaire enduit (côté nord) et de clôtures en bois ; le portail d'entrée est situé au milieu du mur nord de l'enclos. Les 62 dalles funéraires subsistantes, en pierre de Bidache, sont disposées sans ordre à même l'herbe. Selon les relevés effectués dans les années 1960 par Gérard Nahon, les dates des tombes s'échelonnent de 1620 à 1784. Cinquante d'entre elles portent des inscriptions en espagnol, quatre seulement en portugais ; dix-huit comportent une date de décès exprimée selon le calendrier hébraïque. Les prénoms des défunts sont chrétiens jusqu'en 1659, puis bibliques après cette date (Jacob, Isaac, Benjamin, Esther, Sarah, Rebecca...). Les noms de famille sont tous à consonance espagnole ou portugaise (Alvarez, Dacosta, Depas, Henriquez, Lopez, Nunez...).

  • Murs
    • calcaire moellon enduit
    • calcaire pierre de taille
  • État de conservation
    mauvais état
  • Statut de la propriété
    propriété d'une association cultuelle