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Château

Dossier IA86007608 réalisé en 2010

Fiche

Parties constituantes non étudiéesensemble fortifié, tour, logis
Dénominationschâteau
Aire d'étude et cantonPays des six Vallées - Lusignan
AdresseCommune : Lusignan
Adresse : promenade du, Petit-Blossac, place du
Bail
Cadastre : 1836 D1 379 à 390, 403 à 405, 419 à 423, 427 à 440 ; 2014 AC 98, 100 à 102, 104, 107 à 109, 111, 127, 138 à 140 et non cadastré (promenade du Petit-Blossac et place du Bail

Lusignan est le siège d’un puissant lignage dont l’origine reste encore controversée mais que rien ne permet de lier à une famille comtale. C’est le siège d’une viguerie attestée vers 988. La construction du château est attribuée à Hugues le Bien-Aimé, fils d’Hugues le Veneur, avant 1010. Il est question vers l’an mil d’une maison située près du grand pont sur la Vonne, dans le bourg du castellum de Lusignan. Pour Robert Favreau, elle était à Pranzay, première paroisse de la ville. Quoi qu’il en soit, le castellum ou castrum mentionné à plusieurs reprises au début du 11e siècle se développait peut-être déjà sur l’ensemble de l’éperon rocheux qui porte la ville actuelle. Il a pu être dans un second temps retranché à l’extrémité nord de l’éperon, barré par de profonds fossés que l’on peut encore lire dans le parcellaire.

On sait par les chroniques que le château est pris et détruit par Henri II Plantagenêt en 1168, en réponse à la révolte menée par Hugues de Lusignan en Poitou et en Angoumois. Au début du 13e siècle, le seigneur de Lusignan acquiert le comté de la Marche, et celui d’Angoulême, et par son mariage avec Isabelle, veuve du roi Jean sans Terre, il devient le plus riche et le plus puissant vassal des rois de France et d’Angleterre en Poitou. Il est tout à fait probable que c’est à cette époque qu’est engagée la fortification de la ville.

A la fin du 14e siècle, Lusignan passe au duc de Berry qui entreprend des travaux d’aménagement et d’embellissement du château. Les enluminures des frères Limbourg témoignent de l'importance du château de Lusignan à cette époque et représentent avec beaucoup de précision les contours de l'ancienne forteresse simplement surélevée et complétée. Nous ne savons pas si ces travaux concernent l’enceinte de ville. Cette dernière a probablement été restaurée, comme le château, à la fin de la guerre de Cent ans. Elle est conservée jusqu’à la Révolution alors que le château est rasé à la fin du 16e siècle.

Période(s)Principale : 1er quart 11e siècle

N.B. Seules les parties les plus anciennes du château ont été étudiées dans le cadre de l’inventaire des châteaux romans du Poitou-Charentes (Baudry-2010).

Le vaste éperon rocheux calcaire dominant la rive droite de la Vonne, et la ville au nord, conserve quelques vestiges du château qui en occupait toute la longueur (soit environ 350 m). Ce château médiéval, dont il ne reste que quelques pans de murs, est surtout connu par d’anciennes représentations, qui montrent une vaste enceinte de pierre doublée de remparts, et de hautes tours rondes. Il a été entièrement rasé. Rien ne permet de confirmer ici l’emplacement du premier castrum, dont l’existence est attestée dans les textes. La mention, au 18e siècle, d’une motte associée à la défense, aux abords du château, n’est qu’un mince indice : il peut s’agir d’un ouvrage avancé ou d’un ouvrage de siège.

Murscalcaire pierre de taille
Statut de la propriétépropriété de la commune
Sites de protectionsite classé
Protectionsinscrit MH, 1997/07/02
Précisions sur la protection

Vestiges en élévation et enfouis compris dans les parcelles AC 98, 100 à 102, 104, 107 à 109, 111, 127, 138 à 140 et non cadastré (promenade du Petit-Blossac et place du Bail, à l'exclusion d'une bande de 10 m. réservée pour d'éventuels aménagements du chemin de la Plage et situé hors de l'ensemble fortifié sur les parcelles AC 98, 101, 102 et 104) : inscription par arrêté du 2 juillet 1997

Annexes

  • Descriptions du château au XVIIIe siècle

    « La ville est divisée en haute et basse ville. Le château est situé dans la haute ville. Il y a une petite place et une petite allée d’ormes qui conduit à la grande porte du château, à chaque côté de laquelle il y a une petite tour en dedans ; on entre par cette porte dans une grande cour au bout de laquelle est le corps de bâtiment du chasteau qui consiste en trois chambres basses, une petite chapelle au bout du château à gauche qui regarde sur un petit jardin qui va joindre la tour en entrant à gauche ; dessous ces trois chambres il y a une cuisine et une dépense et au-dessous deux caves ; au-dessus desdites trois chambres basses il y en a trois hautes, tout le corps du château regarde sur la rivière et sur le parc de Lusignan qui dépend dudit château et dont sera parlé cy-après. Il y a une grande écurie séparée du corps de logis au bout de laquelle il y a une petite porte ; on monte par cinq marches pour entrer dans un grand clos qui étoit autrefois l’emplacement de l’ancien château et forteresse de Lusignan, lequel clos est planté en vigne et autres fruitiers. Dans la grande cour à droite en entrant par la grande porte du chateau il y a une petite grande, une buanderie, une remise et un toit aux vaches qui touche au clos de vigne » (Arch. nat., P 1330).

    « Que les dépendances du château consistaient primo en un pré appelé le pré des jardins et de la fontaine... dans lequel pré était aussi enclos un jardin apellé le jardin de la Mothe qui avait été autrefois une espèce de forteresse et ouvrage contre des assiégeants, lesquels pré et jardin sont assis sous le faulbourg du Pairé et attenant aux dépendances du moulin de Chedeau et tout entouré de murailles et haies vives, tenant tout le long au grand chemin qui va dudit Lusignan à Poitiers à main droite... secondo dans une tour composée d’une chambre basse et une chambre haute à feu et deux grands jardins y attenant, scitués sur les anciens murs des fortifications dudit château et touchait audit grand chemin de Lusignan à Poitiers... quarto dans une autre petite maison et tour appellée la tour de la vacherie » (Arch. nat., Q1 109).

Références documentaires

Documents d'archives
  • Lusignan, vente des domaines nationaux.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 1Q 441
  • Ville et antian chasteau de Lusignan en Poictou, (BnF Estampes), éd. Sépulchre, Bruno, Châteaux, villes et villages de l’Angoumois, Aunis, Saintonge et Poitou au XVIIe siècle, par Claude Chastillon, ingénieur du roi (1560-1616), Bassac, 1992.

    p.113
  • Verdon, Jean, éd. La Chronique de Saint-Maixent, 751-1140, Paris, Les Belles-Lettres, 1979.

    p. 113 ; p.134-135
Documents figurés
  • Lusignan, dans Les très riches heures du duc de Berry, peinture des frères Limbourg, vers 1412-1416, château de Chantilly.

Bibliographie
  • Babinet, Charles, Notice sur le château de Lusignan, Bulletin de la Société des Antiquaires de l’ouest, t. 13, 1871-1873.

    p. 216-227
  • Baudry, Marie-Pierre. Châteaux « romans » en Poitou-Charentes. Xe - XIIe siècles, Collection Cahiers du Patrimoine, n° 95. Geste éditions, 2011.

    p. 22, 36, 53, 56, 59, 60, 109, 164, 178, 184, 193, 194, 200, 214, 220, 232, 233, 234, 235, 237, 240, 242, 244, 253, 255, 258, 261, 269, 273, 277, 284, 286, 287, 288, 289, 293, 294, 295, 300, 301, 303, 304, 305, 306, 307, 313, 314
  • Baudry, Marie-Pierre. Les fortifications des Plantagenêts en Poitou 1154-1242. Paris, 2001. Comité des travaux historiques et scientifiques, Mémoires de la section d'archéologie et d'histoire de l'art, 11.

    p. 308-309
  • Baudry, Marie-Pierre, Les châteaux des Lusignan en Poitou : 1154-1242, Actes du colloque Isabelle d’Angoulême comtesse-reine et son temps (1186-1242), Poitiers, CESCM, 1999 (Civilisation médiévale n° 5).

    p. 135-147
  • Damon, Géraldine, Naissance d’une tétrarchie nobiliaire en Poitou : les vicomtes de Thouars et les seigneurs de Lusignan, Parthenay et Mauléon (IXe-1152), mémoire de DEA soutenu à l’Université de Poitiers sous la direction de Martin Aurell, 2004, 2 vol.

  • Dubuc, Christophe, Les possessions poitevines des Lusignan, Isabelle d’Angoulême comtesse-reine et son temps (1186-1242), Actes du colloque tenu à Lusignan, Poitiers, CESM, 1999 (Civilisation médiévale n° 5).

    p. 17-26
  • Favreau, Robert. Les débuts de la ville de Lusignan. Revue Historique du Centre-Ouest, tome IV, 2e semestre 2005. Poitiers : Éditions Société des Antiquaires de l'Ouest, 2005.

    p. 351
  • Monsabert, Pierre de (O.S.B.). Les chartes de l'abbaye de Nouaillé. Archives historiques du Poitou, tome 49, 1936.

    p.163-164 ; p.172-173 ; 179 ; p. 243-244 ; 291
  • Musset, Georges. Le cartulaire de l'abbaye de Saint-Jean-d'Angély. Archives historiques de Saintonge et d'Aunis, t. XXX (1901).

    p. 32
  • Painter, Sidney, The lords of Lusignan in the eleventh and twelth centuries, Speculum, t. 32, 1957.

    p. 27-47
  • Painter, Sidney, The houses of Lusignan and Châtellerault, 1150-1250, Speculum, t. 30, 1955.

    p. 374-384
  • Palosfalvi, Tamas, Recherches sur la famille des Lusignan et ses relations aux XIe et XIIe siècles, mémoire de DEA soutenu à l'Université de Poitiers sous la direction de Martin Aurell, 1995.

  • Richard, Alfred. Chartes et documents pour l'histoire de l'abbaye de Saint-Maixent. Archives historiques du Poitou, t. XVI (1886).

    p. 74
  • Sepulchre, Bruno, Châteaux, villes et villages de l´Angoumois, Aunis, Saintonge et Poitou au XVIIe siècle, par Claude Chastillon, ingénieur du roi (1560-1616), Bassac, 1992.

    p. 113
(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Baudry Marie-Pierre