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Château

Dossier IA79000908 réalisé en 1986

Fiche

Dossiers de synthèse

Œuvres contenues

Parties constituantes non étudiéesgrange, hangar agricole, pigeonnier, garenne
Dénominationschâteau
Aire d'étude et cantonCelles-sur-Belle - Celles-sur-Belle
AdresseCommune : Celles-sur-Belle
Lieu-dit : la Forge
Cadastre : 1818 C 306, 307, 317 à 324 ; 1933 C 291 à 302

Le château de la Forge a peut être été construit pour un membre de la famille Nossay, seigneurs de la Forge depuis la fin du 16e siècle. il y a eu des travaux de réparations et de constructions notamment let 1648 pour Pierre de et 1648 époux de Louise de Brémond, notamment le pavillon.

Période(s)Principale : 15e siècle , (?)
Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Auteur(s)Auteur : auteur inconnu

Le château de la Forge est un édifice isolé à environ un kilomètre au sud, sud-ouest de l'ancien bourg de Montigné. Les bâtiments occupent un vaste espace d'environ trois cent mètres de longueur.

Les murs de clôture et les bâtiments sont en pierre calcaire. Le corps de bâtiment de l'ancien château est ruiné ; il était de forme quadrangulaire avec un retour vers l'est et peut-être un prolongement vers le nord-est.

Un moulin à eau était autrefois rattaché au château, il n'en reste rien ; le logement qui l'accompagnait est constitué de deux corps de bâtiment rectangulaires accolés, en rez-de-chaussée et comble à surcroît.

Murscalcaire moellon
pierre de taille
Techniquessculpture
Représentationsarmoiries
Précision représentations

Armes accolées de la famillle de Nossay.

Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • Situation et composition d'ensemble :

    Le château de la Forge est un édifice isolé à un kilomètre environ au sud, sud-ouest de l'ancien bourg de Montigné. Il est bordé à l'est et au nord-est par la rivière la Belle (et par d'anciennes ramifications de celle-ci) et traversé par un chemin dit voie communale n°9 de Soulier à la Forge et de direction nord-sud. Il est construit en bordure d'un plateau sur un terrain en pente vers le nord, l'est et le sud. Ce terrain est dégagé, sauf au nord ou s'étire un petit bois. Les bâtiments du château occupent un vaste espace d'environ 300 mètres de longueur. Au sud est un grand enclos rectangulaire, entouré de murs et bordé sur trois côtés par un chemin. Au milieu de son côté sud-ouest le mur est interrompu par un large pigeonnier (en A). Au nord de cet enclos sont regroupés la plupart des bâtiments : à l'ouest un très vaste bâtiment agricole rectangulaire (en B), s'allonge du sud-ouest vers le nord-est ; au sud-ouest, il est relié au mur de l'enclos par un portail ; au nord-est, il est prolongé par un mur, au nord-ouest duquel est une tour ruinée (en C) ; tandis qu'au sud-est, sont adossés des hangars modernes. A l'extrémité nord-est de ce mur est une autre tour (D) d'où part un mur, vers le sud-est, qui rejoint un fossé artificiel en forme de L qui semble avoir servi de carrière pour la construction des bâtiments. Ce fossé borde sur deux côtés l'ancien château (E) dont il ne reste que des vestiges. Au nord-est du château, le long du fossé, est un mur rejoignant une tour murée, puis une autre tour (F), au sud-est de laquelle un autre mur percé d'un portail (G) rejoint une tour (H) de laquelle part un couloir souterrain. Au nord-est du mur reliant les tours F et H s'étend une sorte de terrasse dominant la vallée de la Belle. La dénivellation est marquée par un mur en maçonnerie s'interrompant au milieu du côté nord-est par un corps de bâtiment ruiné (en I). A partir de la tour H, un autre mur de clôture se dirige vers le sud-est jusqu'à une autre tour (J) ruinée et de là, le mur bifurque vers le sud-ouest dominant toujours la vallée de la Belle qui forme une boucle. Au sud du fossé qui borde le château lui-même et le surplombant, sont des petits dépendances (K). Plus à l'est se trouve le corps de logis actuel (L) avec des communs en retour (M) et prolongé vers l'est par un corps de bâtiments (N). Entre le mur d'enceinte sud-est du château et le chemin communal n°9, se trouve une carrière de sable et au-delà du chemin, entre celui-ci et la rivière, sur l'emplacement d'un ancien moulin, quelques bâtiments autour d'une cour. Ce sont, à l'ouest, en bordure de la route, un logement, prolongé par des dépendances, en vis-à-vis, un hangar et au nord un four à pain.

    Matériaux et leur mise en oeuvre :

    Les murs de clôture et les bâtiments sont construits en pierre calcaire. La plupart sont en moellons équarris bien assisés couverts de crépi, seulement pour l'élévation antérieure du logement L et avec quelques restes sur le pigeonnier A et sur l'élévation antérieure du corps de bâtiments N. Sont en pierre de taille : les vestiges du château E, la partie nord-est du mur d'enceinte et les tours F et J, ainsi que certaines chaînes d'angles et que la plupart des encadrements des ouvertures. Les couvertures ont, pour beaucoup, disparues ; celles qui restent sont en tuile creuse parfois remplacées, comme en B et L, par de la tôle ondulée. Les vestiges de la toiture du pigeonnier sont constitués de pierres plates.

    Le pigeonnier en A :

    Le corps de bâtiment est de plan circulaire, de plus de sept mètres de diamètre à l'intérieur et à un niveau. La seule ouverture se trouve au nord, il s'agit d'une porte rectangulaire très basse dont le seuil est à un mètre quatre-vingt dix au-dessus du niveau du sol intérieur. La paroi intérieure est creusée de trous de boulins, excepté sur une partie à l'ouest, où cinq niches sont aménagées dans le mur. De la couverture conique, il ne reste que la partie inférieure constituée de pierres plates reposant sur une corniche au somment du mur.

    Dépendances en B :

    Structure : Le corps de bâtiment B, très vaste (plus de cinquante mètres de longueur), est de plan rectangulaire et partagé en deux parties par un mur d'appui transversal qui vient buter contre le mur nord-est. Le collage contre ce mur nord-ouest est également visible pour les deux murs latéraux nord-est et sud-ouest. En élévation, ce corps de bâtiment se compose d'un rez-de-chaussée et d'un comble à surcroît dans la partie sud-ouest où le plancher de l'étage est soutenu par cinq grosses piles carrées à arêtes abattues pour quatre d'entre elles. La charpente a subi des modifications et l'ensemble est couvert d'un toit à deux versants en tôle ondulée. Au sud-ouest de ce corps de bâtiments, sous la cour, se trouve une cave accessible par le jardin potager au sud.

    Elévations extérieures : L'élévation antérieure sur cour est un très long mur gouttereau à trois niveaux d'ouvertures disposées en travées. Au premier niveau, de gauche à droite, s'ouvre une fenêtre, une porte et deux fenêtres rectangulaires ; au centre, une porte piétonne et une porte charretière en plein-cintre ; et à droite, trois fenêtres et, sous celle de droite, une porte à linteau de bois à côté d'une autre petite fenêtre. Aux deux niveaux supérieurs s'ouvrent huit fenêtres rectangulaires. Au sommet, ce mur semble avoir été légèrement surélevé. L'élévation postérieure est un très long mur gouttereau aveugle se prolongeant à droite, sans chaînage, par le mur de clôture dans lequel s'ouvre le portail et s'arrêtant à gauche contre ce qui reste de la tour C. Les élévations latérales sont des murs pignon percés chacun, dans leur partie supérieure, d'une grande baie rectangulaire à arêtes chanfreinées.

    Tours C et D :

    Les deux tours C et D, de plan circulaire, sont hors-oeuvre et s'appuient contre le mur de clôture de la propriété. De la tour C, démolie, ne restent que les deux portes d'accès (en plein-cintre et superposées) percées dans le mur de clôture sous le hangar, et la partie inférieure d'une troisième, au-dessus. Dans l'angle nord du corps de bâtiments B, une autre porte, à linteau de bois, donnait accès au premier étage de cette tour. L'autre tour (D) s'ouvre également côté cour par trois portes superposées en plein-cintre. A la base de chacune de ses faces nord-est et sud-ouest est une archère canonnière. A l'intérieur ces dernières sont ébrasées et trois petites baies sont visibles au deuxième niveau. Toute trace de couverture a actuellement disparue.

    Ancien château E :

    Structure : Le corps de bâtiment ruiné de forme quadrangulaire, qui présentait un retour vers l'est et peut-être un prolongement vers le nord-est, est construit en bordure d'une importante dénivellation. Quatre niveaux sont encore actuellement apparents et les deux premiers comportent deux salles séparées par un mur de refend transversal.

    Elévations extérieures : des élévations extérieurs, il reste une partie des murs sud-ouest, nord-ouest et nord-est et surtout l'angle ouest. Ces murs, qui sont en pierre de taille, présentent un fruit sur la hauteur des deux niveaux inférieurs. Au-dessus de ce fruit, font saillie deux bandeaux parallèles (à hauteur du troisième niveau) et plus haut, deux autres bandeaux semblables (à hauteur du quatrième niveau) ; au-delà le mur est ruiné. Les chaînages et les encadrements des baies des trois niveaux supérieurs sont saillants et à bossages. L'élévation sud-est a son premier niveau enterré ; au deuxième niveau, à gauche, sont les restes d'une ouverture ovale. L'élévation sud-ouest est en grande partie enterrée et ruinée à droite ; à gauche, au premier niveau, une baie a été élargie pour permettre l'accès à l'intérieur ; plus haut, seule est visible le piédroit gauche d'une ouverture au troisième niveau. L'élévation nord-ouest est la mieux conservée, au premier niveau est une petite baie carrée à encadrement à ressauts (toutes les ouvertures de ce niveau devaient être identiques à celle-ci). Au deuxième niveau se trouve une baie ovale et aux troisième et quatrième niveau, une haute fenêtre vraisemblablement à couvrement en arc segmentaire. L'élévation nord-est est dégagée dans sa partie droite, elle s'ouvre au premier niveau par une ouverture carrée et au deuxième niveau par une autre ovale, toutes deux semblables à celle de l'élévation nord-ouest. Au milieu part un mur perpendiculaire se dirigeant vers le nord-est et limitant le fossé. De l'autre côté de ce mur, le sol est beaucoup plus haut et se trouve à hauteur de deuxième niveau qui est en ruine.

    Distribution intérieure : le premier niveau est actuellement accessible par une fenêtre élargie. Il se compose de deux salles communicant entre elles. La sale nord-ouest est voûtée d'un berceau soutenu en son milieu par un arc doubleau. A gauche de chacun des murs nord-est et sud-ouest et au milieu du mur nord-ouest, est une large niche à profond ébrasement, avec un couvrement en arc en anse de panier et emmarchement de cinq degrés, au fond de laquelle s'ouvre une petite baie carrée. La partie inférieure de la baie sud-ouest a été détruite pour permettre l'accès depuis l'extérieur. A droite du mur sud-est, une porte rectangulaire surmontée d'un arc de décharge donne accès dans la salle suivante, plus large et couverte d'une vaste anse de panier sans doubleau. Dans celle-ci, à droite de chacun des murs sud-ouest et sud-est s'ouvre une fenêtre semblable à celles de l'autre salle, mais ne donnant pas de lumière, leur élévation extérieure étant complètement dissimulée par des remblais. A droite du mur nord-est, s'ouvre une porte (semblable à la porte de communication entre les deux salles). La deuxième donne accès à un couloir remblayé quelques mètres plus loin et l'autre est totalement obstruée. Au deuxième niveau, en grande partie ruiné, le sol n'est pas visible étant couvert par un amoncellement de déblais. La pièce nord-ouest devait être couverte de deux voûtes d'arêtes (dont on voit les retombées dans les angles) séparées par un arc doubleau. Dans chacun des murs nord-ouest, nord-est et sud-ouest s'ouvrait une fenêtre ; celle du nord-ouest est la mieux conservée, elle comporte des restes d'un encadrement dans son ébrasement et, à l'extérieur, son ouverture devait être ovale. A droite du mur sud-est apparaît la partie supérieure d'une porte très abîmée . L'autre pièce n'était vraisemblablement couverte que d'une seule voûte d'arêtes. Un bandeau court tout autour de la salle à hauteur des retombées de la voûte. A droite du mur sud-est, est une fenêtre à profonde embrasure couverte en anse de panier et dont l'ouverture sur l'extérieur était ovale. A gauche de ce même mur, est une pote ; à hauteur de son linteau, à sa droite, est gravée l'inscription « AZEMIA J.V. ». Les murs sud-ouest (i possédaient sans doute une fenêtre) et nord-est de cette pièce sont très endommagés ; mais au nord-ouest sont, à gauche les restes d'une porte (?) très abîmée, au milieu l'emplacement d'une cheminée, avec un arc de décharge en plein-cintre à droite de laquelle est une sorte de niche en forme de demi-cercle vertical. Des deux niveaux supérieurs ne sont visibles que l'angle ouest et des piédroits de fenêtres (deux piédroits gauche superposés au nord-ouest et un piédroit au sud-ouest).

    Tour F

    La tour F est de plan irrégulier, circulaire au nord et nord-est où elle surplombe le fossé avec un fruit important. Elle présente un angle droit à l'ouest, un côté plat au sud-ouest et c'est dans son angle sud, situé au niveau de la cour à l'angle des deux murs de clôture de celle-ci, que se place son entrée. A l'intérieur, son plan est rectangulaire avec les deux angles sud et est abattus. En élévation, cette tour, en ruine, n'a actuellement qu'un seul niveau situé à hauteur de la cour. A l'extérieur sont visibles : au sud, une porte à linteau en accolade et arêtes abattues ; au sud-est, une baie rectangulaire et au nord-est une petite fenêtre rectangulaire à encadrement chanfreiné. A l'intérieur la pièce (qui aurait servi de chapelle selon des témoignages oraux) était autrefois voûtée d'un berceau (dont la retombée est visible le long du mur sud-est). Au nord-est elle est éclairée par une fenêtre à ébrasement en plein-cintre et ouverture rectangulaire ; au sud-est, à droite s'ouvre une fenêtre rectangulaire plus récente ; au sud de la porte d'accès et à gauche du mur sud-ouest se trouve une niche ou une porte murée très étroite.

    Portail G

    Ce portail s'ouvre dans le mur reliant les tours F et H qui sépare la cour au sud d'une terrasse qui surplombe la vallée de la Belle au nord. Seul le piédroit gauche est encore en partie visible. Sur son élévation nord font saillie deux pilastres à bosse moulurée au-dessous desquels sont deux assises de pierre qui vraisemblablement devaient servir de couronnement. Les faces latérales de ces deux assises sont ornées de bossages et la face antérieure, d'une tête juvénile aux longs cheveux.

    Tour et souterrain H

    De la tour H il ne reste que la partie inférieure, en contrebas par rapport à la cour et par laquelle se fait l'accès à un couloir souterrain se dirigeant vers le nord-ouest (sous la cour) et aboutissant à des salles creusées dans le rocher. La tour est arrondie au sud et plate sur ses autres faces. Au sud-ouest s'ouvre une porte en plein-cintre. A l'intérieur le couloir est voûté en berceau brisé et maçonné. Au milieu de son long côté nord-est s'ouvre une porte rectangulaire obstruée par des remblais. A son extrémité nord-ouest, le couloir aboutit à une première salle creusée dans le rocher mais présentant des parties de mur maçonnées : au sud-est du côté du couloir où restent des traces de feuillures (l'accès au couloir devait être fermé par une porte) ; au nord-est où s'ouvre une fenêtre murée ou une niche ; enfin, sur le côté sud-ouest, qui présente, de gauche à droite, une profonde ouverture ébrasée à droite qui a pu être une meurtrière ; à environ un mètre cinquante au-dessus du sol le piédroit droit d'une ancienne baie et la maçonnerie extérieure d'un puits circulaire, d'où font saillie des gros corbeaux soutenant le rocher du couvrement, qui présente une ouverture rectangulaire sur sa face nord-ouest. Au fond de cette première salle, deux percées dans les rochers ouvrent sur d'autres salles : l'une à l'ouest de forme irrégulière présentant des parties maçonnées, l'autre au nord, qui a également quelques parties maçonnées, comme son mur nord dans lequel s'ouvre une baie carrée à large ébrasement couvert en arc segmentaire. Derrière cette baie ne sont encore que des remblais.

    Corps de bâtiment I :

    Au milieu du mur soutenant la terrasse, au nord-est et en contrebas, sont les vestiges de ce qui a pu être un corps de bâtiment ou un accès à la terrasse. En effet, le mur s'interromps et on peut distinguer, à droite un pan de mur perpendiculaire, maçonné en pierre de taille et au sommet duquel est visible le départ d'un couvrement en arc.

    Tour J :

    Située à l'angle est de l'enceinte, cette tour est elle aussi en ruine et aucune ouverture n'est visible à l'extérieur.

    Corps de bâtiment N :

    Structure : Ce corps de bâtiment est vraisemblablement un ancien ouvrage d'entrée remanié par la suite. Il est de plan rectangulaire et divisé transversalement par un mur de refend. Une tour hors-oeuvre est accolée à chaque angle sud et ouest ; au sud-est a été rajouté un four et au nord-est est accolé un appentis. En élévation il se compose actuellement d'un rez-de-chaussée, un étage carré et un comble.

    Elévations extérieures : l'élévation antérieure sud-ouest est un mur gouttereau à deux niveaux d'ouvertures disposées sans ordre. Au premier niveau, de gauche à droite, sont : une fenêtre rectangulaire à encadrement à feuillure, une porte en partie murée à linteau échancré et une autre porte, plus haute, à linteau échancré percée à l'intérieur d'une ancienne porte cochère murée. Cette porte cochère était en plein-cintre, encadrée par des pilastres à chapiteaux moulurés s'élevant au-dessus de l'arc pour soutenir une corniche, elle-même moulurée, servant d'appui à la fenêtre supérieure et soutenue, sous cette fenêtre, par deux petites consoles sculptées. Au deuxième niveau, sont deux grandes fenêtres rectangulaires à appui mouluré et à encadrement à feuillure. La tour ouest est percée, au premier niveau, au sud, d'une petite fenêtre rectangulaire et au sud-ouest d'une petite meurtrière. Au deuxième niveau s'ouvre une autre fenêtre rectangulaire. Dans la tour sud au premier niveau sont à l'ouest une petite fenêtre, au sud et à l'est une meurtrière. Au deuxième niveau s'ouvre une autre fenêtre sur la face sud-ouest. L'élévation postérieure n'est visible que dans sa partie haute, c'est un mur gouttereau présentant une reprise en son milieu. Immédiatement à droite de cette reprise est une baie rectangulaire murée. L'élévation latérale sud-est est un mur pignon. Au premier niveau fait saillie le four, à gauche duquel apparaît la partie gauche d'une grande fenêtre murée à linteau en arc segmentaire.

    Couverture : la charpente n'a pas été vue, mais la couverture est à deux versants de faible pente couvrant le pignon. Une souche de cheminée s'élève au-dessus de chacun des murs pignon.

    Distribution intérieure : seul le rez-de-chaussée a pu être visité. La pièce sud-est a un sol en terre battue et un plafond à solines apparentes. Dans son mur sud-ouest, à droite, s'ouvre une porte d'accès à l'extérieur et à gauche, dans l'angle, la porte d'accès à la tour. Dans le mur sud-est est, à droite, une fenêtre et, à gauche, une porte. Au nord-est, à gauche, est une autre porte murée et enfin au nord-ouest la porte d'accès à l'autre pièce dont le linteau est en bois et les piédroits chanfreinés. Cette seconde pièce a un sol dallé et un plafond à solines apparentes. Dans le mur sud-ouest, de gauche à droite, sont : un évier en pierre dans l'embrasure d'une baie à linteau de bois ; un potager en pierre dans l'embrasure d'une fenêtre et, à droite, une porte à linteau chanfreiné précédée d'un emmarchement de deux degrés. Dans le mur nord-ouest est engagée une cheminée en pierre à chambranle et hotte droite ; et à sa droite, une porte communique avec le corps de bâtiment L. Enfin, au nord-est, à droite, une autre porte donne accès dans l'appentis. Dans la tour sud le sol est en terre, au nord une porte à linteau chanfreiné ouvre sur la pièce sud-est, à l'ouest est une fenêtre à linteau de bois, au nord-ouest, au sud et à l'est sont des meurtrières. Cette tour est occupée par un escalier en vis sans jour en bois. La tour ouest a également un sol en terre battue. Au sud sont deux ouvertures superposées (la plus basse, murée, est au ras du sol), au sud-ouest une meurtrière et au nord-est deux portes, celle de gauche, précédée d'un emmarchement, donne accès au corps de logis L, celle de droite à la pièce nord-ouest.

    Moulin et logement :

    Du moulin à eau il ne reste rien. Le logement qui l'accompagnait est constitué de deux corps de bâtiments rectangulaires accolés, à rez-de-chaussée et comble à surcroît. Le corps principal se compose d'un couloir ouvrant sur une pièce et duquel on peut accéder au corps secondaire. Toutes les couvertures sont au sud-est sur la cour, excepté une fenêtre bouchée à gauche d'un mur pignon nord-est.

  • Historique :

    Nous ne connaissons pas l'origine du château de la Forge. Cependant, avant la fin du 15e siècle, cette terre appartenait à la famille de Nossay qui a peut-être fait bâtir le château. En 1479, Pierre de Nossay, seigneur de la Forge, fonda la chapelle du Saint-Sacrement, desservie dans l'église paroissiale de Montigné.

    En 1633, Jeanne-Marie Hélye est dite "dame de la Forge de Nossay". Elle avait épousé en 1602 René de Nossay, chevalier, seigneur des Forges.

    Les registres de la paroisse Saint-Martin de Montigné attestent de la présence de membres de cette famille au milieu du 17e siècle, comme parrains, marraines ou témoins à des abjurations, mais aussi des travaux de restauration et de construction, entre 1642 et 1648 sous la direction d'Etienne et François Fort, "un des entrepreneurs du pavillon de la maison noble de la Forge". Après la fin des travaux, Louise de Brémond, veuve de Pierre de Nossay, a continué à y vivre : en 1670, elle est témoin à une abjuration, et ses fils Pierre et Charles sont témoins d'une abjuration en 1672.

    A la fin du 17e siècle, "le fief de la Forge, où il y a un château de deux mille livres de rente, [appartenait] à la veuve du sr Dorignac, écuyer". Il s'agissait de Bénigne de Nossay, fille de François, chevalier, seigneur de la Forge, et de Bénigne de Saint-Gelais de Lusignan, veuve de René de Saint-Léger, seigneur d'Orignac.

    Nous n'avons trouvé aucune source qui atteste de la présence de membres de cette famille au château de la Forge à la fin du 17e et au début du 18e siècle. En revanche, trois baux à ferme, du 7 novembre 1737 (non trouvé), du 20 avril 1759 de "la maison noble de la Forge ... consistant en le logis et la métayrie de ladite terre, cens, rentes, moulin, bois, guarenne, fuye, droits de chasse, pesche ... ", et du 22 novembre 1771 prouvent que la propriété était devenue une propriété de rapport dès avant le milieu du 18e siècle. Le bail de 1771 précise que les propriétaires se réservent la liberté de disposer des matériaux du "corps du logis dudit lieu de la Forge lequel est tombé en ruine". La déclaration de l'état de la "métairie de la Forge", comprenant la métairie de Fondegrive, le moulin et la métairie de la Forge, fait en 1776, décrit quelques uns des bâtiments.

    A l'extrême fin du 18e siècle, pendant la période révolutionnaire, Louis-Alexandre de Nossay y demeurait comme le prouve un bail à ferme du moulin de la Forge et de la métairie de Fontegrive du 3 prairial an VI [22 mai 1798]. Il se réserva, en plus "des objets dont il jouit actuellement", "un emplacement dans le jardin hault de la Forge près la grange, de la grandeur de soixante-quinze pieds au quarré, pour former un petit jardin à l'utilité dudit bailleur".

    Au tout début du 19e siècle, le 22 ventose an X [13 mars 1802] le citoyen [Louis]-Alexandre Nossay Tillou, propriétaire, demeurant ordinairement en sa maison de la Forge, actuellement en la commune de Bessines, vend au citoyen Esprit-Jean-Marie Boutheron, propriétaire, demeurant à Niort, Place de la Liberté, l'intégralité du domaine de la Forge, consistant :

    1° en la maison de maître maintenant occupée par ledit citoyen Nossay, un vieux château en ruine à côté, cour, jardin et les meubles meublans, effets et ustanciles qui sont maintenant en ladite maison et à l'entour ;

    2° en une métairie et un moulin à eau ;

    3° et en la Grande métairie appelée de Fondegrive.

    Cet acte indique aussi qu'il est propriétaire du domaine par héritage de feu Jacques-Antoine de Nossay, son père, décédé à Niort le 30 décembre 1790.

    Le nouveau propriétaire s'y est installé avec son épouse Louise Barbarin, car lorsqu'il revend le domaine en 1820 à son gendre Jean Lalubie, chevalier de la légion d'honneur, capitaine retraité, époux de Hortense Boutheron, les deux couples sont dits y demeurer. Jean Lalubie et sa femme y résident encore en 1835, lors de la vente du logis de Saint-Ruhe à Saint-Médard.

    Lors de la vente de 1820, la composition du domaine (70 articles) est décrite avec précision, consistant en la maison de maître (C 321), toit, écurie, four, fournil, coursoires, hangard, jardins et autres servitudes, plus la mazure d'un vieux château, fossés et bâtimens y attenant (C 322) ... ; le moulin à eau, appellé le moulin de la Forge ... (C 306) ; une fuie, appellée la fuie du colombier ... (C 318) ; la basse cour qui se trouve devant les écuries ... (C 325) ; un autre bois appellé la garenne privée ... (C 331) ; un autre bois appellé le bout de la garenne ... (C 332) ; une autre pièce de terre labourable appellée l'allée ... (C 334), ainsi que la métairie de Fontegrive ...

    Cet acte précise que "les glaces, trumeaux, plaques de cheminée, encognures qui se trouvent tant dans la maison de maître que dans celle ci-après réservée par les vendeurs ; lesdits sieur et dame Boutheron, se réservent l'usufruit, pendant leur vie seulement, des appartements qu'ils occupent dans ce moment consistant dans une cuisine, un corridor, un petit sallon, chambre au-dessus, le chey à vinaigre, ainsi que la propriété de toutes les cuves et futailles qui sont à l'usage de la fabrication de vinaigre du sieur vendeur ; ils se réservent aussi les bâtiments du vieux château qui est derrière la maison de maître, les douves qui l'entourent, le tout séparé d'anciens murs, les noyers qui sont autour du château".

  • Déclaration de l'état de la métairie de la Forge, du 15 avril 1776 :

    "Devant la petite maison qui est à une des portes de la cour du château qui cy devant estoit une chambre haute, il n'y a que douze soliveaux ... soutenus par trois pieds debout.

    La fermeture de la porte de ladite maison est de service ... ; il y a aussi deux fenestres sans grilles ...

    Au dessus de la chambre basse de ladite maison qui est la seule, il y a un grenier, la porte pour y entrer est en dehors et on y va au moyen d'une échelle à rolons portative ..., iceluy grenier au lieu de planches il y a un bouzily en mauvais estat.

    A une des portes de ladite cour [du château] qui est sans fermeture il y a une grosse chaîne ...

    La fermeture de la porte du jardin du château est très mauvaise ...

    La fermeture de la petite porte de la grange est uzée ... ; les fermetures des grandes portes de ladite grange sont très mauvaises à deux battants à bourdonneaux ... ; dans ladite grange il y a une crèche ..., huit decharges ..., plus six fenestres basses ... ; pour monter au grenier qui est au dessus ladite grange il y a un degré de pierre en dehors, très mauvais ...

    La grande porte par où on sort de la cour dudit château pour aller en le bois est sans aucunes fermetures ny ferrures, les mur[s] en mauvais estat.

    Dans les dépendances de ladite métayrie il y a ... la coupe de la guarenne derrière le four ... ; la quatriesme nommé la coupe de la guarenne privée".

  • Fond agricole du château de la Forge (d'après les matrices cadastrale à partir de 1818) :

    Parcelle C303 : chaussée (propriété de Boutheron, propriétaire à la Forge, à la Chaussée du pré de l'étang).

    Parcelle C304 : labour (propriété de Boutheron, propriétaire à la Forge, à Sainfoin).

    Parcelle C305 : labour (propriété de Boutheron, propriétaire à la Forge, à Sainfoin).

    Parcelle C306 : maison (propriété de Boutheron, propriétaire à la Forge, au Moulin de la Forge).

    Parcelle C307 : moulin à eau (propriété de Boutheron, propriétaire à la Forge, au Moulin de la Forge).

    Parcelle C308 : jardin (propriété de Boutheron, propriétaire à la Forge, au Jardin).

    Parcelle C309 : pré (propriété de Boutheron, propriétaire à la Forge, au Jardin).

    Parcelle C309 : pré (propriété de Boutheron, propriétaire à la Forge, au Jardin).

    Parcelle C318 : colombier (propriété de Boutheron, propriétaire à la Forge, à La Fuye).

    Parcelle C319 : labour (propriété de Boutheron, propriétaire à la Forge, au Renfermis du jardin).

    Parcelle C320 : jardin (propriété de Boutheron, propriétaire à la Forge, au Renfermis du jardin).

    Parcelle C321 : maison et cour (propriété de Boutheron, propriétaire à la Forge, à la Forge).

    Parcelle C322 : masure et cour (propriété de Boutheron, propriétaire à la Forge, à la Forge).

    Parcelle C323 : bois (propriété de Boutheron, propriétaire à la Forge, à La fruitière).

    Parcelle C324 : labour (propriété de Boutheron, propriétaire à la Forge, à La fruitière).

    Parcelle C325 : bâtiment, cour (propriété de Boutheron, propriétaire à la Forge, à la Basse cour de la Forge).

    Parcelle C326 : bois, (propriété de Boutheron, propriétaire à la Forge, au Bois).

    Parcelle C326 : bois, (propriété de Boutheron, propriétaire à la Forge, au Bois).

    Parcelle C331 : bois, (propriété de Boutheron, propriétaire à la Forge, à la Garenne privée).

    Parcelle C332 : bois, (propriété de Boutheron, propriétaire à la Forge, au Bout de la garenne).

    Parcelle C332 : bois, (propriété de Boutheron, propriétaire à la Forge, au Bout de la garenne).

    Parcelle C334 : labour, (propriété de Boutheron, propriétaire à la Forge, à L'allée).

    Mutations de propriété :

    Parcelle C321 : en 1820-1835 (propriété de Jean Lalubie).

    Parcelle C321 : en 1846 (propriété de Elie Nourry, banquier à Niort).

    Parcelle C321 : en 1851 (propriété de Augustin-Gaston Nourry, mineur à Niort).

    Parcelle C321 : en 1882, maison (propriété de Augustin-Gaston Nourry, à Niort).

    Parcelle C321 : en 1887 (démolition partielle), maison (propriété de Augustin-Gaston Nourry, à Niort).

    Parcelle C321 : en 1893, maison (propriété de Pierre-Victor et Marie-Louise Nourry, à Niort).

    Parcelle C321 : en 1895, maison (propriété de Marie-Louise Nourry, épouse Bourgain au château des Touches à Mignaloux dans la Vienne).

    Parcelle C321 : en 1910, maison (propriété de Marie-Louise Nourry, épouse Bourgain, à Niort, rue des Douves).

    Parcelle C321 : en 1928, maison (propriété de André Bourgain, propriétaire à Saint-Martial en Haute-Vienne).

Références documentaires

Documents d'archives
  • A.D. Deux-Sèvres : 2 E 1. 1642-1648 : construction du pavillon, par Etienne Fort, tailleur de pierre à Montigné, François Fort, maçon à Montigné, Jean Durepere et Gilles Sournon, tailleurs de pierre. 3 octobre 1647 : mariage à Montigné de Jean Durepere, tailleur de pierre de la paroisse du Pérat, avec Jeanne Eselle, en présence de Louise de Bremont, épouse de Pierre de Nossay, seigneur de la Forge de Montigné, et de maître François Fort. 1648, 12 juillet : baptême à Montigné de François, fils de Jean Durepere, maître maçon, et de Jeanne Eselle ; parrain maître François Fort, maître entrepreneur du pavillon de la maison noble de la Forge. 24 avril 1648 : baptême à Montigné d'Olivier, fils de Gilles Sournon, maître tailleur de pierre. Parrain Olivier Fort, "fils du maistre entrepreneur de la Forge" (= François Fort, entrepreneur au château de la Forge de Montigné ?) 7 décembre 1670. Abjuration faite en présence de « haulte et puissante dame Louise de Bremont, veufve de messire Pierre de Nossay, chevalier, seigneur de la Forge ». 10 février 1672 : Ibid. en présence de « haults et puissants messire Pierre de Nossay et Charles de Nossay, chevalier, seigneurs de la Forge. 11 mai 1681 : Abjuration faite en présence de Pierre de Nossay.

  • A.D. Deux-Sèvres : 3 E 8936. 20 avril 1759 : Bail à ferme, Louis Auguste de Nossaye, chevalier, seigneur de la Forge, faisant tant pour lui que pour Marie-Anne de Nossay, sa soeur, à Pierre Charles et autres, de la maison noble de la Forge consistant en le logis, métairie..., moulin... Fuye.

  • A.D. Deux-Sèvres. 3 E 8944. 15 avril 1776 : procès-verbal de visite de ces édifices à la requête de Louis Auguste de Nossay, seigneur de la Forge, tant en son nom que pour monsieur de Nossay, seigneur de Tillou, représentant feur demoiselle Marie Anne de Nossay.

  • A.D. Deux-Sèvres : 3 E 9013. 12 mai 1792 : Procès-verbal de visite à la requête de Jacques Dabbaye, procureur sindic du district de Melle.

  • A.D. Deux-Sèvres : 3 E 9251. 30 mars 1706 : Procès-verbal de visite de la métairie noble de la Petite Forge dépendant du prieuré de Puyberland.

  • A.D. Deux-Sèvres : 3 E 9262. 1734 : Jacques de Nossay, seigneur de la Forge, Tillou et autres lieux, demeurant en son château de Tillou, patron et présentateur des chapelles de Saint-André, dite des Gourlatières, desservie en l´église Saint-Hilaire de Melle, et de la chapelle du Saint-Sacrement, dite Soupe salée, desservie en l´église de Montigné.

  • A.D. Vienne : B IV 46. 2 septembre 1734 : Sentence entre Jacques de Nossay, seigneur de la Forge, et René Benjamin de Cumont, seigneur de Luchet, maintenant ledit de Nossay en possession des honneurs et prééminences dans l´église de Luchet, en sa qualité de haut justicier de ladite paroisse.

  • A.D. Vienne : B IV 140. 1633 : Présentation de cause pour Jeanne-Marie Hélie, dame de la Forge de Nossay.

  • A.D. Deux-Sèvres : Q 42. 27 avril 1791 : Provès-verbal d´adjudication définitive de « la métairie de la Petite-Forge avec ses appartenances sittuée sur la paroisse de Montigny, dépendant cy-devant de la communauté de Puiberlan... Adjudicataire M. Dabbaye, demeurant à Melle, pour 30.100 l + 3.612 l.

  • A.D. Deux-Sèvres : Q 42. Procès-verbal d´adjudication définitive de la metayrie de la Petite Forge avec ses appartenances et dependances... laquelle metayrie avait été vendue... au citoyen Dabbaye pour 30.100 l. par acte du 27 avril 1791, à laquelle acquisition il a renoncé le 1er août 1792... Adjudicataire : le citoyen Bernardin, demeurant à Melle pour 21.200 l. + 2.544 l.

  • A.D. Deux-Sèvres : Celles-sur-Belle. 1886. Monographie de la commune.

Bibliographie
  • DECRON, Benoît. "La Forge", Association Promotion Patrimoine (Niort). Châteaux, manoirs et Logis. Les Deux-Sèvres. 2e éd. rev. corr. augm. - Niort : Ed. Patrimoines et Médias, 1998.

    p. 333
  • POIGNAT, Maurice. Histoire des communes des Deux-Sèvres, [vol. 2]. Le Pays Mellois. - Niort : Ed. du Terroir, 1982.

    p. 119
  • BOISRAND, René de Saint-Léger (de). "Mémoires, 1675-1690". Rec. Commission Arts Charente-Inférieure, t. 9 (1888).

    p. 398-399
  • BOISRAND, René de Saint-Léger (de). "Mémoires, 1675-1690". Rec. Commission Arts Charente-Inférieure, t. 10 (1891).

    p. 178, 281, 283
  • ASSOCIATION PROMOTION PATRIMOINE (Niort), Châteaux, manoirs et logis, Les Deux-Sèvres / dir. Philippe Floris, Pascal Talon. - Niort : Ed. A.P.P., 1991.

    p. 310
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