Dossier IA17051072 | Réalisé par
Château, puis Fort de Fouras, dit du Sémaphore ou Vauban
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  • (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Vallée de la Charente - cantons du département 17
  • Commune Fouras
  • Adresse rue Vauban
  • Cadastre 1810 A1 87  ; 2019 AI 167
  • Dénominations
    château, fort
  • Appellations
    Fort de Fouras, Fort Vauban, Sémaphore
  • Parties constituantes non étudiées
    fossé, puits, courtine, batterie, tour, donjon, casemate

Le fort de Fouras est un ancien château attesté dans des chartes de l'abbaye de Saint-Maixent datées de 1068, 1074 et 1086 comme possession de Geoffroi de Rochefort qui le tient du comte du Poitou. Il protège le port à l'embouchure de la Charente et est notamment connu par les droits de navigation perçus sur les navires remontant ou descendant le fleuve. Rattaché à la couronne en 1301 sous le règne de Philippe le Bel, il semble, en grande partie partie, reconstruit à cette époque (les voûtes d'ogives du sous-sol se rattachent à cette période et vraisemblablement la tourelle d'escalier). Passant successivement aux mains des Anglais et des Français pendant la guerre de Cent Ans, il est très dégradé à cette époque.

Les caractères de certaines fenêtres montrent que le donjon fait l'objet de travaux au 15e siècle. Cette modernisation est généralement attribuée à Jehan II de Brosse, ancien conseiller et chambellan de Charles VII, vers 1480. Au cours des guerres de Religion, le château est pris par Condé, chef des Calvinistes, puis investi par les troupes royales au moment du siège de La Rochelle.

Une gravure de Claude Chastillon de "l'antienne forteresse ... dicte chasteau de Cesar", vers 1600, est manifestement une représentation du château de Châtelaillon. En revanche, il semble évident que la gravure au-dessous, sans titre, figure le donjon de Fouras : on y reconnaît la forme générale, la tourelle d'escalier sur l'angle et la répartition des ouvertures... Au premier étage (rez-de-chaussée actuel) et à l'étage au-dessus, deux fenêtres géminées semblent représentées.

La forteresse, qui occupe un endroit stratégique pour contrôler l'estuaire, devient l'une des pièces maîtresses de la défense de l'entrée de la Charente et de l'arsenal de Rochefort. En 1689, il est transformé par l'ingénieur François Ferry, sous la direction de Vauban, en le consolidant et en le voûtant de manière à créer une plate-forme sommitale capable de supporter des canons : pour ce faire, les murs sud et nord sont épaissis de 3 mètres, un mur de refend ouest-est est construit au centre, le troisième étage est sacrifié au profit d'épaisses voûtes en berceau et un nouvel escalier et créé pour accéder au sous-sol. Le mur d'enceinte et les tours sont également renforcés. Du côté de la mer, une fausse-braie (en avant du rempart principal) est édifiée, formant un pan coupé du côté nord-ouest en raison de problèmes de fondations. Elle est complétée, en 1693, par une batterie d'artillerie semi-circulaire du côté du rivage, permettant un tir à 180°. En 1705, un casernement pour la garnison est édifié dans l'ancienne avant-cour du château. Ainsi équipée, la forteresse peut abriter de 300 à 600 hommes et une cinquantaine de canons.

En 1847-1848, le côté nord-ouest de la cour est casematé, en même temps qu'une caserne équipée de deux bastions casematés est édifiée dans l'avant-cour (détruite vers 1950). Dans les années 1870, le fort devient un lieu d'internement pour des communards en attente de déportation en Nouvelle-Calédonie. Il est déclassé en 1889, mais réutilisé par la marine qui y installe un sémaphore.

Propriété de la commune, le fort est classé en tant que monument historique en 1987. Depuis 1989, il abrite le musée régional de Fouras.

  • Période(s)
    • Principale : 11e siècle, 1er quart 14e siècle, 3e quart 15e siècle, 4e quart 17e siècle

La haute tour du fort de Fouras domine l'embouchure de la Charente sur la rive droite. Ce donjon est entouré d'une cour carrée fermée par un mur, dotée de tours aux angles à l'exception de celui de l'ouest, et bâtie des côtés sud et nord. Cette cour est entourée d'un fossé formant fausse braie du côté sud-ouest. Le mur baigné par les flots est en petit appareil régulier, à fruit et souligné d'un fort cordon d'escarpe. Au-dessus, le parapet partiellement en brique est échancré d'embrasures de tir ménagées à intervalles réguliers. Un édicule sur consoles renferme quatre latrines. Perpendiculairement au parapet, deux murs ou traverses sont construits dans la partie sud de la fausse-braye pour éviter les tirs d'enfilade. Au droit du donjon, une avancée semi-circulaire est dotée en son centre d'une échauguette coiffée d'une coupole. Une margelle circulaire de puits est présente dans le fossé du côté sud-est. Au sud, l'ancienne basse-cour, ou avant-cour, nivelée, est entièrement occupée par un parking.

Du côté du fossé, la courtine sud-est de la cour est cantonnée par deux tours circulaires couvertes d'un toit en pavillon pour celle du sud et d'une terrasse pour l'autre. Le mur à l'appareil régulier et à fruit sur la majeure partie de sa hauteur se termine par une partie en moellon sur environ 2 mètres couronnée par une corniche-bandeau ; Deux lignes de fentes de tir sont percées, l'une à hauteur d'homme de la basse-cour et l'autre dans la partie supérieure. L'entrée à pont-levis à contrepoids est aménagée non loin de la tour est. Entièrement en pierre de taille, la porte en plein cintre est surmontée d'un massif dans lequel sont pratiquées de profondes échancrures pour la manoeuvre des flèches. Les courtines sud-ouest et nord-est sont identiques à la partie plus basse de celle précédemment décrite, mais elles sont dénuées de fentes de tir. Le mur de la tour nord, de plus grande circonférence que les deux autres, présente un fruit assez important et une partie supérieure avec une mise en oeuvre différente de la partie basse. La maçonnerie du mur nord-ouest présente aussi un changement dans la partie haute. Des petites fenêtres rectangulaires alignées, formant trois groupes de trois et un de deux, sont ménagées à mi-hauteur. L'angle nord est arrondi, à l'endroit où la fausse-braie forme un angle abattu.

Le côté sud-est de la cour est bordé de part et d'autre de l'entrée d'un alignement de bâtiments couverts d'un toit en appentis en tuile creuse. Un chemin de ronde intérieur, qui correspond à la partie supérieure de la courtine, est établi au niveau du faîte des toits. Des côtés sud-ouest et nord-est, une banquette enherbée est aménagée à la hauteur du couronnement de la courtine. Cinq casemates voûtées en berceau et couvertes d'un toit terrasse occupent le côté nord-ouest de la cour ; leur façade présente chacune un arc surbaissé, celui de l'extrémité ouest est occupé par une porte et deux fenêtres.

Le donjon rectangulaire, de 15 mètres sur 11 et de 30 mètres de haut, bâti en moellon avec chaînages d'angles en pierre de taille, est doté d'une tourelle d'escalier à l'angle nord-est. Cette dernière, couverte d'une coupole en pierre, est percée de six archères et d'une petite fenêtre dans sa partie haute. Les murs du donjon sont couronnés par une corniche-bandeau, qui encadre et forme l'appui des embrasures de tir. La modénature des ouvertures des façades atteste de transformations multiples au fil du temps. Le percement de la façade nord-est se présente sous la forme de deux travées pour les trois premiers niveaux avec, au-dessus, une fenêtre centrale étroite, murée (étage sacrifié par la construction de voûtes), à traverse et linteau à accolade - de la même veine que la fenêtre gauche du second étage. Son appui surmonte un orifice de tir. La façade sud-est ne présente qu'un petit jour et une croisée murés (depuis le renforcement du mur), qui s'apparente aux deux fenêtres précédemment décrites hormis son linteau dénué d'accolade et son appui mouluré. Les trois fenêtres identiques, à traverse et linteau à accolade, qui forment une travée irrégulière au centre de la façade nord-ouest sont murées (renforcement du mur) ; leurs appuis surmontent un orifice de tir en forme de croix. Sur les six fenêtres de la face sud-ouest, trois présentent des caractères similaires aux fenêtres précédemment décrites.

L'accès au sous-sol se fait actuellement par un escalier droit aménagé dans l'épaisseur du mur nord-ouest. Il aboutit à un petit couloir couvert de deux voûtes d'ogives et doté d'une niche trilobée. L'unique salle qui occupait le sous-sol, couverte de voûtes d'ogives prenant appui sur un pilier central, est partagée en deux par un épais mur de refend qui a fait disparaître le pilier. Les appuis nord-ouest et sud-est des ogives aux angles abattus sont également masqués par l'épaississement des murs de ces côtés. Des travaux de déblaiement réalisés dans la salle sud permettent de voir l'un des piliers engagés à trois colonnes sur lesquelles prennent appui les ogives, ainsi qu'une porte d'entrée et quelques marches (ce sous-sol était un rez-de-chaussée à l'origine). Dans la salle nord, les clés sont ornées de crossettes de feuillages et de deux visages pour l'une, d'une étoile formée de deux triangles engagés et ornée d'une rose au centre pour l'autre ; celles de la salle sud le sont de roses et de feuillages.

Dans les étages, certaines fenêtres sont dotées de coussièges. Des graffitis, datés pour quelques-uns, sont visibles, notamment dans les embrasures des fenêtres. Au troisième étage, les deux salles sont voûtées en plein cintre. Au nord, une porte en arc en tiers-point communique avec l'escalier en vis. La tourelle est couverte par une voûte d'ogives à moulure en tore à profil semi-circulaire qui reposent sur quatre consoles épannelées. Le parapet à mâchicoulis qui entoure la plate-forme sommitale est un peu bas que le mur d'origine dont la trace subsiste sur le mur de la tourelle d'escalier du côté ouest. L'angle sud de la terrasse est occupé par une échauguette de plan carré dont la porte en arc segmentaire est ménagée dans l'angle ; quatre jours rectangulaires permettent l'observation à plus de 180 degrés.

  • Murs
    • calcaire moellon
    • calcaire pierre de taille
  • Toits
    pierre en couverture
  • Étages
    sous-sol, 3 étages carrés
  • Couvrements
    • voûte en berceau
    • voûte d'ogives
  • Couvertures
    • terrasse
  • Escaliers
    • escalier de distribution : escalier en vis en maçonnerie
    • escalier de distribution : escalier droit en maçonnerie
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • Protections
    classé MH partiellement, 1987/03/13
  • Précisions sur la protection

    Bâtiments (fin 15e siècle), murs d'enceinte (Vauban 17e siècle) et sols non bâtis (AI 167) ; sol de l'esplanade s'étalant au Sud-Sud-Ouest (sur lequel était le casernement du fort et des batteries), à l'exclusion des parcelles 165 et 166 (non cadastré, délimité au Nord-Ouest par le mur d'enceinte de la citadelle, à l'Ouest et au Sud-Ouest par l'océan Atlantique, à l'Est et au Nord-Est par la rue Vauban) (cad. AI 167) : classement par arrêté du 13 mars 1987