Dossier d’œuvre architecture IA33008638 | Réalisé par
  • inventaire topographique
Château Pomys
Copyright
  • (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel
  • (c) Conseil départemental de la Gironde

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche)
  • Hydrographies la Gironde
  • Commune Saint-Estèphe
  • Lieu-dit Pomys
  • Cadastre 1825 E2 2448, 2449  ; 2015 OE 3419, 3420, 3116, 3142
  • Dénominations
    demeure
  • Précision dénomination
    château viticole
  • Appellations
    Pomys
  • Parties constituantes étudiées
  • Parties constituantes non étudiées
    orangerie, pavillon de jardin, mur de clôture, jardin potager, jardin d'agrément, puits

Les mentions les plus anciennes de Pomys ou Poumeys remontent à la fin du 17e siècle, dans l'inventaire après décès de Guy de Maniban, président de la Cour des Aydes, daté du 3 janvier 1689. Il avait acquis des biens à Saint-Estèphe en 1676, parmi lesquels peut-être Poumeys.

Lors de l'inventaire après décès de Guy, ses biens sont visités et expertisés, notamment "la maison de Poumeis" : y sont mentionnés un vestibule, une chambre "à main gauche" , la chambre "où logeoit feu Monsr", l'antichambre, la cuisine, le cuvier avec 6 cuves, un "parq" avec 3 bœufs, le "chay" et un grenier.

Sa fille, Marthe, épouse le 10 janvier 1673 à Bordeaux paroisse Sainte-Eulalie, Raymond de Lacoste, seigneur d'Estournel en Quercy.

C'est Alphonse de Maniban qui hérite de Poumeys au début du 18e siècle. Puis en 1758, lors d'un partage, Guy Destournel de Maniban (1723-1791), petit-fils de Raymond de Lacoste et de Marthe de Maniban, est bénéficiaire de Poumeys ; à sa mort en 1791, son fils Louis Gaspard Destournel (1762-1853) en hérite.

Dans la première moitié du 19e siècle, Louis Gaspard Destournel fait reconstruire le château de Pomys ; son nom est resté lié au cuvier orientalisant qu'il fait également édifier à Cos, mais il résidait à Pomys. Les bâtiments de dépendance sud, et notamment le hangar, portent la date 1845. C'est probablement à cette période qu'il engage d'importants travaux à Pomys. Les motifs sculptés des pavillons du jardin et de la tour crénelée sont très proches du décor de Cos d'Estournel ; on trouve également sur la tour nord les armoiries (toutefois modifiées) de la famille d'Estournel. Les augmentations et diminutions du cadastre indiquent la construction achevée de deux pavillons en 1849 (qui sont imposés en 1867, alors que Charles Martyns est propriétaire).

Dans un ouvrage daté 1850, la demeure est ainsi décrite : "Pomys ! une blanche villa italienne, calme et douce, à moitié perdue au milieu de ses jeunes ombrages ! Terrasses, colonnades, jardins anglais, fontaines jaillissantes dans leurs frais bassins de marbre, prairies, vergers, parc immense !".

Les travaux ont peut-être été conduits par l'entrepreneur de bâtisses Guillaume Escarraguel, dit Escarraguel père (voir notes manuscrites de Mme Cabane, archiviste).

En 1852, Louis Gaspard Destournel vend à Charles Cecil Martyns, rentier, demeurant à Paris, Hôtel Bristol, représenté par Jérôme Chiapella, négociant, les domaines de Cos d'Estournel, de Pomys, de l'Abbaye de l'Isle à Ordonnac, de Cos Gaston Labory et de Bidouilloux (communes de Cissac et Saint-Sauveur). Le domaine de Pomys s'étend alors sur environ 62 hectares dont 29 hectares de vignes et est composé "d'un château de construction récente, de vastes bâtiments d'exploitation, jardin anglais, garenne, cour, écuries, remises, vignes, prairies, terres labourables, oseraies, bois taillis et de haute futaie, pacage et chemin". M. Martyns laisse "jouir M. Destournel pendant sa vie mais à titre de simple droit d'habitation de toute la partie du château de Pomys qui se trouve au midi, à partir du vestibule qui reste commun ainsi que la cuisine actuelle établie dans la partie nord dont l'usage sera aussi commun avec droit de passage dans le corridor intérieur pour arriver à cette cuisine".

Une lithographie représentant le château "appartenant à Mr. C. C. Martyn" montre l'état du château et de ses jardins à l'est : on remarque que la demeure n'est pas dotée à cette époque de lucarnes ; les deux pavillons carrés présentent des toitures galbées agrémentées de clochettes, identiques aux pavillons de Cos d'Estournel ; au centre du jardin, un jet d'eau est entouré de bosquets, des allées sont ménagées avec des ponts. Les augmentations et diminutions du cadastre ancien mentionnent l'augmentation de construction du château en 1866 (revenu qui passe de 100 à 300 francs) : Charles Martyns a donc sans doute opéré des modifications sur la demeure.

En 1869, les domaines de Pomys et de Cos sont rachetés par la famille Errazu. Le château est alors remanié, notamment les lucarnes qui portent l'initiale de la famille (E). Il est ainsi illustré dans l'édition de 1874 de l'ouvrage de Cocks et Féret. Un plan du château et de ses bâtiments d'exploitation est dressé en 1886.

D'après les éditions successives des ouvrages de Cocks et Féret, le domaine passe en 1889 à MM. Hostein, frères, propriétaires du château Montrose ; puis en 1894 à Louis Charmolue, marié à une demoiselle Hostein.

Le domaine de Pomys est situé à l'est du hameau de Leyssac. Il se compose d'une demeure donnant sur un jardin à l'est et sur une cour à l'ouest, délimitée par des bâtiments de dépendance (viticoles au nord et agricoles au sud).

Élevé d'un étage, le château présente deux façades au décor soigné et sur lesquelles sont greffés des portiques, de plan rectangulaire à l'ouest, semi-circulaire à l'est, larges de trois travées. Le traitement des façades est similaire, composées de 7 travées, les travées aux extrémités étant délimitées par une jambe à bossage. Un bandeau médian ainsi que le bandeau formé par les appuis des fenêtres du premier étage règnent sur l'ensemble des façades. Les fenêtres de l'étage présentent des chambranles moulurés et sont surmontées de corniches. Une corniche à modillons souligne la toiture brisée en ardoise percée de 7 lucarnes de chaque côté. Ces lucarnes présentent un fronton cintré couronné d'un décor sculpté de grappes de raisin, de rinceaux, de coquilles, de fruits ; certaines d'entre elles portent l'initiale E de la famille Errazu. Le décor des portiques est également particulièrement soigné : le portique à l'est est formé de huit colonnes à chapiteaux de type corinthien à palmes avec un gorgerin orné d'un quadrillage avec fleurettes ; à l'ouest le portique est composé de 6 colonnes à chapiteaux toscans soutenant un balcon à balustrade.

Côté jardin se trouvent trois tours, deux de plan carré et une de plan polygonal.

Les deux tours de plan carré sont disposées symétriquement de part et d'autre de la façade est du château. Elles présentent la même mise en œuvre, construites en pierre de taille avec au premier niveau un bossage continu en table, et au deuxième niveau un appareillage en pierre de taille marqué. Les chaînages d'angle sont traités avec un bossage adouci aux angles. La tour sud abritait semble-t-il un puits : le décor des tables sculptées fait référence à cette thématique aquatique avec la représentation de dauphins adossés de part et d'autre d'un trident. A l'étage, les fenêtres sont surmontées de tables décoratives en plein-cintre sculptées de feuillages et de joncs. Une corniche à modillons couronne l'ensemble du pavillon ; la tour nord présente des tables cintrées ornées de vases, de fleurs et de palmes à l'étage et de tables rectangulaires avec double guirlande de fruits avec rubans au rez-de-chaussée. Cette tour, dotée d'une cheminée, abritait, d'après le plan de 1886, un bureau.

La tour de plan octogonal présente un traitement différent dans la mise en œuvre de la pierre de taille et dans la sculpture du décor. Ici les bossages qui soulignent les angles ne sont pas adoucis ; les encadrements des jours percés sur trois niveaux (rectangulaires au rez-de-chaussée, ovales au premier étage, à crossettes et accolade renversée au deuxième étage) présentent une sculpture fouillée de feuillages, de guirlandes de fleurs, de volutes. La tour est couronnée d'une frise de rinceaux avec motifs de ruches, de modillons et de créneaux également sculptés. La porte d'entrée est surmontée d'armoiries sous forme d'un écu portant trois étoiles avec un chevron, encadré de volutes et souligné d'une guirlande végétale ; les têtes d'un lion et d'une licorne, une ancre et une pagaie complètent l'ensemble.

Le parc qui se déploie à l'est du château est planté d'arbres ; une butte artificielle et un kiosque ont été aménagés. Au nord, le jardin potager était accompagné d'une orangerie aujourd'hui en ruines. L'ensemble était clos d'un mur en moellons et de piliers de portail maçonnés.

  • Murs
    • calcaire pierre de taille
    • moellon enduit
  • Toits
    ardoise
  • Étages
    1 étage carré, étage de comble
  • Couvrements
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée
  • Couvertures
    • toit à longs pans brisés croupe brisée
  • Escaliers
    • escalier intérieur : escalier tournant à retours en maçonnerie
  • Techniques
    • sculpture
  • Représentations
    • balustre, couronne végétale, guirlande, fruit, raisin, fleur, fronton, dauphin, monogramme, lion, licorne, armoiries, rame, ancre, vigne, trident, ruche, rinceau, volute
  • Précision représentations

    Au-dessus de la porte de la tour octogonale figurent des armoiries quasi identiques à celles surmontant le portail monumental de Cos d'Estournel : toutefois, la tour qui figure à Cos est ici remplacée par un chevron péri, correspondant peut-être au remaniement apporté par un propriétaire postérieur.

    Ces armoiries n'ont pu être identifiées et rattachées à la famille d'Estournel ou la famille Lacoste de Maniban, dont est issu Louis Gaspard Destournel : il s'agit peut-être d'armoiries fantaisistes inventées par ce dernier au début du 19e siècle.

Estuaire

  • TRAVEE 7
  • FORBAIE plate-bande (fenêtre) ; chambranle mouluré (fenêtre) ; corniche (fenêtre) ; plate-bande (porte)
  • POSRUE autre
  • POSPARC
  • POSTOPO plateau
  • ORIENT est
  • VUE vue bornée
  • CLOT
  • Statut de la propriété
    propriété privée