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Château Pérenne

Dossier IA33004410 réalisé en 2013

Fiche

Précision dénominationchâteau viticole
Parties constituantes non étudiéeschai, parc, volière, serre
Dénominationsdemeure
Aire d'étude et cantonEstuaire de la Gironde (rive droite)
AdresseCommune : Saint-Genès-de-Blaye
Lieu-dit : Pérenne
Cadastre : 1832 C 279-289 ; 2013 OC 575-582, 1089

Le cadastre de 1832 montre que les dispositions générales du bâti s'organisaient sur une cour comprenant un logis indépendant, un long bâtiment, probablement viticole, et un troisième bâtiment correspondant vraisemblablement à des communs. L'ensemble était alors en possession d'un certain Pierre Arnaud, selon les matrices cadastrales. Dans l'édition du Cocks et Féret de 1868, le domaine viticole, classé parmi les crus bourgeois produisant de 130 à 160 tonneaux, est toujours détenu par la famille Arnaud, pour laquelle la demeure est construite a novo, en 1870 d'après une plaque commémorative apposée dans le sous-sol. Le commanditaire de ces travaux, ainsi que de l'ensemble de la reconstruction des bâtiments de dépendances, est Amédée et surtout Camille Arnaud, mentionné dans l'édition du Cocks et Féret de 1874 (la famille possède également le domaine de la Girouette à Fours notamment, et divers biens à Blaye). Une gravure de la demeure figure dans cet ouvrage après sa récente reconstruction, signalée comme étant due à l'architecte bordelais Gustave Alaux. La mention de son rôle sur la plaque commémorative ainsi que la signature sur la clef de voûte du porche d'entrée confirment par ailleurs cette attribution. La superposition des cadastres ancien et actuel montre que rien des parties anciennes n'a été conservé lors de la reconstruction de la demeure et des "vastes dépendances, remarquables par leur ingénieux agencement".

La production du domaine, qui s'élève à cette époque à une centaine de tonneaux, culmine après la crise du phylloxera à 250, voire 300 tonneaux à la fin du 19e siècle. La tenue du domaine vaut à Camille Arnaud et à son régisseur la récompense d'une médaille d'or grand module, attribuée en 1895 par la Société d'agriculture de la Gironde. Le château est acquis des héritiers Arnaud par le comte d'origine danoise Ejnar Oberbeck-Clausen, époux de la comtesse Marie Henriette Chenu-Lafitte (par ailleurs propriétaire du Château Mille-Secousses à Bourg), qui agrandit le vignoble dans les premières décennies du 20e siècle.

Des travaux d'amélioration aux dépendances et équipements viticoles ont été réalisés après le rachat de la propriété par la société des vignobles Bernard Magrez en 1997 : le cuvier a notamment été prolongé et un espace de dégustation a été aménagé dans le chai.

Période(s)Principale : 3e quart 19e siècle
Dates1870, porte la date
Auteur(s)Auteur : Alaux Gustave
Alaux Gustave (1816 - 1882)

Jean-Paul Louis Gustave Alaux, né à Bordeaux le 29 novembre 1816 à Bordeaux, mort dans la même ville le 23 mars 1882 ; fils du peintre Jean-Paul, dit Gentil-Alaux.


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architecte signature

La demeure est implantée sur le rebord d'un coteau dominant le village de Saint-Genès et la plaine de la Gironde. Elle se compose d'un corps de logis rectangulaire sur caves voûtées en sous-sol. L'élévation antérieure est précédée d'un porche voûté d'ogives qui supporte une terrasse. La façade principale ordonnancée, avec avant-corps central, est flanquée par deux tourelles circulaires aux angles, alors que la façade arrière est encadrée de tourelles polygonales. Les toitures d'ardoises individualisent chacune des parties du corps de logis. Un logement secondaire de régisseur est raccordé à la demeure au nord-est.

Les dépendances se composent, dans le prolongement de la grille d'entrée à l'ouest, d'un bâtiment comprenant pigeonnier, orangerie et serre ; à l'est, de 2 bâtiments en vis-à-vis comprenant remise et écurie sur une cour secondaire fermée par le bâtiment des chais. Ce dernier se compose d'un long bâtiment en moellon enduit formé de 2 vaisseaux juxtaposés en rez-de-chaussée.

Murscalcaire pierre de taille
calcaire moellon enduit
Toitardoise, matériau synthétique en couverture
Étagessous-sol, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage de comble
Couvrementsvoûte d'ogives
voûte en berceau
Élévations extérieuresélévation ordonnancée
Couverturestoit à longs pans croupe
croupe brisée
toit conique
Escaliersescalier hors-oeuvre : escalier symétrique en maçonnerie
escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour en maçonnerie
Techniquessculpture
Représentationsornement végétal, cartouche compas, équerre symbole professionnel,
Précision représentations

Le porche d'entrée est décoré d'ornements végétaux sur les chapiteaux qui le soutiennent et du symbole de l'architecte (équerre, compas, règle en té) sur la clef de voûte. Des rinceaux végétaux courent sur le dessus de porte de l'élévation postérieure, de part et d'autre d'un cartouche frappé du monogramme du propriétaire.

Estuaire

TRAVEEnon applicable
FORBAIEnon applicable
POSRUEnon applicable
POSPARCnon applicable
POSTOPOcoteau
VUEvue sur estuaire
CLOTnon applicable
Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • Compte rendu de la médaille d'or attribuée à Camille Arnaud pour le Château Pérenne, 1895

    Extrait de l'Espérance, 8 septembre 1895, p. 3 :

    [...]

    Cette année c'est dans le Blayais que nous trouvons le lauréat de notre 1er prix de viticulture, dans ce pays autrefois si fleurissant, attaqué et ruiné pour ainsi dire pendant quelques années par le phylloxera, mais le premier, parmi les divers centres viticoles de notre département, [...] qui ait, par son énergie et son intelligence, reconstitué ses vignobles qui faisaient autrefois et sa richesse et sa réputation bien méritée.

    Le domaine de Pérenne [...] sa contenance totale est de 60 hectares, sur lesquels 45 sont consacrés à la vigne et sont, sauf 3 hectares de vieilles vignes françaises, de création remontant à dix ans, greffée sur divers porte-greffes américains, parmi lesquels domine le Riparia.

    Toutes sont magnifiques de végétation et portent des fruits abondants, résultat dû aux soins de chaque instant qu'y prodigue M. C. Arnaud.

    Les maladies cryptogamiques sont combattues avec le plus grand succès. [...] L'encépagement du vignoble est irréprochable. [...] le Cabernet-Sauvignon, le Malbec et le Merlot.

    Cinq forts chevaux conduits par cinq valets suffisent aux labours fréquents et aux herbages, ainsi qu'au transport des terres et des fumiers. Seize journaliers et dix femmes complètent le personnel nécessaire aux divers travaux des vignes.

    Les amendements dont celles-ci ont besoin se composent de terreaux et composts faits avec des terres d'alluvion et le fumier des écuries et des étables.

    Le cuvier est de grande dimension. Son installation en est simple et commode. Le chai attenant au cuvier, est très vaste. il peut loger 450 tonneaux. Les autres bâtiments d'exploitation : écuries et logements de colons, sont propres et parfaitement tenus.

    En résumé, le vignoble de Château Pérenne, par son état de prospérité et son agencement intelligent, est bien digne d'être offert en exemple et mérite la haute récompense pour laquelle il a concouru. En conséquence, la Société d'Agriculture décerne à son propriétaire, M. Camille Arnaud, une médaille d'or grand module. Et à M. [François] Pays, son homme d'affaires qui le seconde depuis 38 ans avec le plus grand dévouement, une médaille d'argent.

Références documentaires

Documents figurés
  • Plan cadastral napoléonien, 1832.

    Section C. Archives départementales de la Gironde, Bordeaux : 3 P 405
  • Vue du Château Pérenne. Gravure publiée dans Bordeaux et ses vins [...], édition de 1874, p. 432.

Bibliographie
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1874 (3e édition).

    P. 432, ill.
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1893 (6e édition).

    P. 580-581, ill.
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1922 (9e édition).

    P. 874.
  • GINESTET Bernard. Côtes de Blaye. Paris : éd. J. Legrand, 1990 (Le Grand Bernard des vins de France).

    P. 172.
Périodiques
  • L´ESPERANCE. Journal de l´arrondissement de Blaye, littérature, beaux-arts, commerce, agriculture et annonces, 1836-1904.

    [collection numérisée en ligne sur le site Gallica.fr : https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32768861f]

    17 août 1879, p. 3 ; 9 septembre 1888, p. 2 ; 8 septembre 1895, p. 3.
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