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  • (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel
  • (c) Conseil départemental de la Gironde

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche)
  • Hydrographies la Gironde
  • Commune Saint-Vivien-de-Médoc
  • Lieu-dit la Grande Canau
  • Cadastre 1833 B 125, 126  ; 2014 B1 158
  • Dénominations
    demeure
  • Précision dénomination
    château viticole

Le domaine de La Canau produit en 1874 500 hectolitres de blé et 10 tonneaux de vin sur 121 ha de mattes. C'est Casimir Bères qui introduit le vignoble dans ces terres jusqu'alors exclusivement consacrées aux céréales et au bétail.

A la fin du 19e siècle, Émile Bariquand (1841-1904), alors à la tête d’une entreprise prospère de machines à coudre et autres outils de précision, installée à Paris, achète le domaine de la Grande Canau : en 1893, il y produit une quantité impressionnante de vin dans les mattes, pas moins de 500 tonneaux.

C'est à cette époque qu'il fait construire son imposante demeure dans les terres de palus. Un plan dresse un état des lieux avant transformation : les bâtiments consistaient en une maison (au nord du château actuel), une bergerie, un alignement réunissant maisons, écuries, remise et deux abreuvoirs (notamment celui qui existe encore aujourd'hui). L'architecte bordelais Ernest Minvielle est sollicité pour construire les bâtiments d'exploitation : le plan le plus ancien conservé semble dater de 1887.

Mais pour la construction du château, Emile Bariquand fait appel à l'architecte Jean-Camille Formigé. Selon le roman de Jean Balde, il semble qu'il avait une idée très précise de la construction à édifier : "Pour son habitation, l'architecte Formigé avait établi les plans d'une villa à l'italienne. Émile Barriquand n'avait pas voulu de balustres : "Le vent du Médoc, disait-il, les jetterait par terre." Sa femme réclamait un étage de plus pour avoir des chambres. L'un et l'autre dédaignèrent le toit de tuiles romaines, "qui ne fait pas château". Résigné, l'architecte coiffa d'ardoises la grande bâtisse et la loggia". Cette construction peut-être rapprochée de la villa la Sapinière à Evian-les-Bains, construite en 1896 par le même architecte, pour Joseph Vitta, banquier lyonnais.

Ernest Minvielle dresse un plan du parc en août 1903, alors que l'ensemble des bâtiments semblent être construits et opérationnels.

Emile Bariquand meurt en 1904. Sa veuve, Jeanne Alphand (fille de Jean-Charles Adolphe Alphand, ingénieur des Ponts et Chaussées et directeur des travaux de la Ville de Paris sous Haussmann), est encore indiquée dans l'édition de l'ouvrage de Cocks et Féret en 1922 comme produisant 300 tonneaux dans les mattes (Cru Saint-Junien-Grande-Canau).

La demeure, construite sur une légère butte, présente un plan en H avec deux corps de bâtiments à étage carré et étage en surcroît, reliés par un noyau central à étage carré.

Les deux façades principales sont orientées au sud-ouest et au sud-est, l'une avec l'entrée principale couronnée d'une marquise, l'autre avec un porche en portique à trois arcades.

Les façades sont traitées en brique et pierre. La pierre de taille de calcaire est utilisée pour le rez-de-chaussée, les encadrements des baies, les chaînages d'angle à bossage, les bandeaux et corniches. Les baies du rez-de-chaussée sont en arc segmentaire tandis que les fenêtres de l'étage présentent une agrafe sculptée, sont encadrées de pilastres et dotées d'allèges à tables décoratives et consoles. Les baies du surcroît sont encadrées de volutes.

Les arcades du porche sont composées d'arcs surbaissés, ornés d'agrafes sculptées, reposant sur des colonnes à chapiteaux composites ; les angles du porche sont soulignés de piliers à chapiteaux ornés des initiales du propriétaire (EB). L'ensemble est couronné d'une corniche moulurée à modillons, surmontée de pots en amortissement.

A l'intérieur, un couloir dessert les pièces du rez-de-chaussée et donne accès à l'imposant escalier en bois. Les plafonds sont également en bois compartimenté et peint. Un vaste salon au décor néo-rocaille donne sur le porche. La salle à manger est ornée de lambris bas, de plafonds à compartiments en bois. Un buffet monumental et une cheminée, également en bois, portent les initiales du propriétaire EB.

  • Murs
    • calcaire pierre de taille
    • brique
  • Toits
    ardoise
  • Étages
    1 étage carré, étage en surcroît, sous-sol
  • Couvrements
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée
  • Couvertures
    • toit à longs pans croupe
  • Escaliers
    • escalier intérieur : escalier tournant à retours avec jour
  • Techniques
    • sculpture
  • Représentations
    • volute, monogramme
  • Statut de la propriété
    propriété privée