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Château du Roc

Dossier IA17043790 réalisé en 2010

Fiche

Dossiers de synthèse

Parties constituantes non étudiéesparc, logement, écurie
Dénominationschâteau, ferme
Aire d'étude et cantonEstuaire de la Gironde - Communauté de communes de Haute-Saintonge
AdresseCommune : Saint-Thomas-de-Conac
Cadastre : 1818 C 176, 177, 178, 179 et 180 ; 2009 C 2463

Le domaine du Roc est mentionné pour la première fois en 1646 lorsqu'un arrêt du parlement de Bordeaux l'adjuge à Gédéon Mussaud de Touvenac. Sa fille, Louise, épouse de François Néraud de Langlade, sénéchal du comté de Cônac, le lègue à sa fille Jeanne qui l'apporte par mariage, en 1702, à Jacques Laplanche (1673-1713), seigneur d'Artillac et de la Chapelle, également sénéchal du comté de Cônac. Leur fils, Jacques Michel Laplanche (1704-1760), seigneur de la Chapelle, transmet le Roc à son fils, Fleurimond Laplanche (1754-1831) qui en est propriétaire à la Révolution. A cette époque, le domaine est en mauvais état. Criblé de dettes de jeu, Fleurimond Laplanche doit vendre le Roc en 1818, tout en en conservant l'usufruit jusqu'à sa mort.

L'acquéreur est un cousin de la seconde épouse de son père, Léger-Romain Dejean (1770-1848). Après lui, le domaine passe à son fils, Edme Jérémie Dejean (1800-1883) qui entreprend de le moderniser (c'est à lui que l'on doit la construction des parties 19e siècle du château, en 1866). Ses gendres, Paul Regnauld et Louis de La Rochetolay, ingénieurs polytechniciens, redessinent le parc. Le Roc devient ensuite la propriété d'Edmond Regnauld (1858-1946), fils de Paul, maire de Saint-Thomas de 1908 à 1919, puis de son gendre, le général Marcel Sciard (1881-1967).

Le site présente de rares éléments semblant dater de la fin du Moyen Age. C'est le cas de la porte d'accès aux galeries creusées sous le rocher, située au pied de la falaise. Le linteau sculpté en accolade et en réseau, avec écusson à l'initiale D comme Dejean, a vraisembablement été réalisé au 19e siècle, peut-être en copiant un linteau plus ancien : la courbe de l'accolade, pas assez aplatie sur les côtés et effilée à son sommet, ne plaide pas en effet pour une datation du 15e siècle ou du 16e. En revanche, les piédroits de la porte présentent les vestiges de moulurations qui, elles, peuvent remonter à cette époque.

Le château du Roc apparaît sur le plan cadastral de 1818. Ce document mentionne les galeries sous le rocher, le logement ou "maison du carrier", les écuries, le château lui-même, bâtiment longiligne, ainsi que le parc traversé par un cours d'eau, et la métairie au sud. Une mare se trouvait près de l'entrée du château.

Le château lui-même comprend trois parties, de trois époques différentes : un soubassement, sans doute médiéval, doté d'un contrefort et de murs épais s'élargissant à la base, et abritant des caves voûtées ; la partie la plus basse du château, avec ses larges ouvertures à appui saillant et ses pièces en enfilade, semble dater du 18e siècle mais a dû remplacer une construction plus ancienne ; sur cet ensemble a été greffé en 1866 et 1874, selon le cadastre, un corps de bâtiment plus élevé, de style néo-médiéval, sous un haut toit en ardoise, tandis que le décor de la partie ancienne (souches de cheminées, larmiers des fenêtres) était mis au goût du jour. C'est sans doute à la même époque que la "maison du carrier" a été agrandie vers le sud avec l'adjonction d'un pavillon à un étage couvert d'ardoise, lui aussi d'inspiration médiévale. C'est enfin à cette même période que les accès aux galeries sous le rocher ont été ornés de nouvelles sculptures néo-médiévales marquées de l'initiale D des Dejean.

Parmi les bâtimenrs de la métairie, ceux visibles au sud de la cour ont été édifiés au 19e siècle puisqu'ils n'apparaissent pas sur le plan cadastral de 1818. Parmi ceux situés au nord, placés selon la même disposition qu'en 1818, certains ont dû être reconstruits par la suite. Le cadastre indique d'ailleurs une nouvelle construction à cet emplacement en 1886. Le logement de métayer, à l'extrémité droite, avec ses petites ouvertures disposées sans ordre particulier, pourrait dater du 18e siècle.

Période(s)Principale : Moyen Age , (?)
Principale : 18e siècle
Principale : 3e quart 19e siècle
Dates1866, daté par source
1874, daté par source
1886, daté par source
Auteur(s)Auteur : auteur inconnu

Le château est situé au pied d'un coteau et à la convergence de plusieurs chemins d'accès. L'un d'eux, à l'est, est bordé d'arbres et se termine par un portail à piliers maçonnés. Vers l'est aussi s'étend un parc où coule un ruisseau, alimenté par de nombreuses sources, et où s'élèvent des arbres de différentes essences, dont des mélèses et des cèdres du Liban.

Les bâtiments sont répartis autour d'une cour, tandis qu'un jardin se trouve au sud. D'anciennes écuries, reconverties en logement, sont situées à l'ouest de la cour, ainsi qu'une ancienne forge, tandis qu'à l'est s'élève un logement appelé "maison du carrier", en référence aux carrières ou galeries qui s'enfoncent dans le rocher au nord de la cour. Ce logement comprend une partie basse, la plus ancienne, et au sud un pavillon à un étage couvert d'ardoise, couronné par une corniche à modillons, et dont les linteaux des fenêtres sont en accolade. Derrière ce logement, vers l'est, se trouvaient autrefois des serres. Un pigeonnier rond se situait quant à lui à l'ouest des écuries.

Le château lui-même, en grande partie construit en pierre de taille, est constitué de plusieurs corps de bâtiment imbriqués. Côté sud, vers le jardin, apparaît un soubassement. Son mur sud, soutenu par un contrefort, s'élargit à la base. Ce soubassement comprend à son extrémité est une fontaine couverte, puis une enfilade de caves voûtées. La dernière, à l'extrémité ouest, abrite une cheminée à montants obliques et est accessible depuis la cour par un escalier en pierre.

Au-dessus se trouve le logis du 18e siècle, principalement visible à l'ouest, le reste étant en grande partie masqué par les adjonctions du 19e siècle. Ce bâtiment ouvre au nord comme au sud par plusieurs travées d'ouvertures, chacune constituée d'une large fenêtre triangulaire, avec appui saillant et larmier, et d'un oculus. L'intérieur comprend une enfilade de plusieurs petites pièces qui communiquent entre elles et que dessert un couloir côté nord.

Enfin, greffées par-dessus cet ancien logis ou accolées à lui au nord et à l'est, les parties construites dans la seconde moitié du 19e siècle font abondamment référence au Moyen Age ou à la Renaissance : ouvertures à larmier mouluré, fenêtres en arc brisé, fenêtre à réseau de style néo-gothique sur la façade nord, à l'étage, etc. Un soin est aussi apporté aux souches de cheminées, souvent imposantes. La partie centrale du château comprend un comble à deux niveaux, sous un haut toit à longs pans brisés, percé de lucarnes. Les deux murs pignons sont surmontés par des édicules à fronton triangulaire. A l'intérieur, côté nord, on observe un escalier tournant suspendu avec rampe en métal et en bois, ainsi qu'une ancienne porte extérieure du 18e siècle, désormais incorporée dans la partie 19e siècle du château.

Située au sud du château, l'ancienne métairie est constituée de quatre bâtiments ou ensembles de bâtiments répartis de part et d'autre d'une cour. Au nord-est de cette cour s'étirent de vastes dépendances dont un chai reconnaissable à ses ouvertures en plein cintre ou en arc surbaissé, et, à l'extrémité sud, le logement de métayer. En face se trouvent un hangar, une grange, une mare et, au sud, un toit à porcs. Le logement de métayer, de taille réduite, présente en façade une travée d'ouvertures, dont un oculus au comble, et une porte à droite.

Murscalcaire
enduit
pierre de taille
moellon
Toittuile creuse, ardoise
Étagesétage de soubassement, 1 étage carré, étage de comble
Couverturestoit à longs pans brisés
croupe
Techniquessculpture
Représentationsornement géométrique armoiries
Précision représentations

Parmi les fenêtres de la partie 19e siècle du château, celles ornées d'un larmier mouluré présentent sur leur linteau une frise géométrique fait de croisillons.

Un des accès aux galeries sous le rocher est surmonté d'un trumeau en accolade sans lequel prend place un réseau néo-gothique et un écusson où figure l'initiale D comme Dejean. Près de là, au pied du rocher, au-dessus d'une fontaine, un linteau sculpté présente un autre écusson orné de la même initiale.

Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • Affiche conservée au château du Roc, datant de la vente de 1818 :

    "Avis au public, à vendre.

    Le bien du Roc situé dans la paroisse de Saint-Thomas-de-Cosnac, consistant dans une belle maison, avec toutes les servitudes les plus commodes, basse cour, grand, beau et bon jardin, fontaine superbe, fuie bien peuplée, excellent réservoir, chais, chaudière à eau-de-vie, qui a un cours d'eau au pied de la pipe, moulin à vent, terres labourables formant deux bonnes borderies, exploitées chacune par quatre forts boeufs, prés très abondants, jeunes vignes fortes et vigoureuses, bois taillis excellent, le tout renfermé dans un seul clos.

    Plus environ vingt journaux de pré dans la prairie de Cosnac, situés dans les meilleurs endroits de cette même prairie, n'ayant qu'un chemin qui la sépare d'avec le dit domaine, les deux objets contenant environ cent cinquante cinq journaux.

    Comme l'ameublement d'une maison aussi belle que vaste devient pour l'ordinaire fort dispendieux, celui qui se proposera de devenir acquéreur pourra également acheter les meubles qui sont propres et appropriés aux appartements. On croit qu'il est à propos d'observer que ces mêmes appartements sont réguliers et bien distribués, que la maison dont la vue s'étend sur la rivière de Gironde, présente de ce côté l'aspect le plus agréable, l'architecture en est solide, elle a pour base une voûte admirable ; à l'un des bouts se trouve placée la fontaine qui jette ses eaux dans un réservoir qui conduit à la chaudière. Il serait facile, avec peu de dépense, de porter par des canaux l'eau dans toutes les chambres de la maison, d'y former des bains aussi flatteurs que salutaires. Il serait inutile de peindre les beautés de la fontaine. Après la description la plus riche, l'oeil du connaisseur serait encore étonné de la sécheresse du peintre, ou plutôt de la beauté de la nature ; l'éloquence la plus parfaite ne pourrait que faiblement l'exprimer (...)".

  • Le 17 février 1818, devant Pelletan, notaire à Saint-Thomas, Pierre Fleurimon Laplanche, propriétaire, demeurant au Roc, vend à Léger Romain Dejean, propriétaire au bourg, le domaine du Roc consistant en maison de maître, cour, jardin, bâtiments de servitude, fuie, chai, cuvier, brûlerie, maison pour le colon, grange à boeufs et à fourrages, toits à brebis, à cochons et à volaille, terres labourables, prés, vignes et bois, le tout contenant environ 40 hectares ;

    plus tous les bestiaux ainsi que les charettes qui servent à l´exploitation du domaine, de même que tous les vaisseaux, vinaires tels que cuves, barriques, tonnes, fouloirs, pressoirs, chaudière et tous les ustensiles qui garnissent les chais et la brûlerie, et aussi tous les meubles qui se trouveront dans la maison au jour du décès du vendeur consistant en lits garnis, cabinets, armoires, tables, chaises, batterie de cuisine, glaces, miroirs, tableaux et linge de toute espèce, plus toutes les récoltes qui se trouveront dans les chais ou les greniers, et généralement tous les biens dont le vendeur sera en possession à sa mort et qui se trouveront alors au Roc.

    En attendant sa mort, le vendeur continuera à jouir des biens cédés. La vente est consentie pour 25.000 francs dont une partie versée au vendeur et l´autre à ses créanciers.

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. D. Charente-Maritime, 3E 81/386. 1818, 17 février : vente du château du Roc par Fleurimond Laplanche à Léger Romain Dejean.

  • A. D. Charente-Maritime, 3 P 4146 à 4155. 19e siècle : état de section et matrices cadastrales des propriétés bâties de Saint-Thomas-de-Cônac. A. M. Saint-Thomas-de-Cônac. 1818 : plan cadastral de Saint-Thomas-de-Cônac.

Documents figurés
  • Plan cadastral de 1818.

    Archives municipales, Saint-Thomas-de-Conac
Bibliographie
  • Assouad, Patrice. Souvenirs de Pierre Ardouin, notable et poète saintongeais (1870-1934). Université francophone d'été Saintonge Québec, Ed. des Sires de Pons, 2002.

    p. 113-115, 318, 382
  • Chasseboeuf, Frédéric. Châteaux, manoirs et logis : la Charente-Maritime. Prahecq : Patrimoines et Médias, 1993.

    p. 515
  • Chesnier du Chesne, A., "Les Laplanche, seigneurs d´Artillac et de la Chapelle", Bulletin des Archives historiques de la Saintonge et de l´Aunis, t. 35, 1915, p. 9-23 et 93-109.

  • Rousseau, Dominique. Saint-Thomas-de-Cônac : une histoire en bord d'estuaire. Imprimerie Michot : Jonzac, 2008.

    p. 305
  • Le canton de Mirambeau, Mémoire en Images, Ed. Alan-Sutton, 2003.

(c) Région Poitou-Charentes, Inventaire du patrimoine culturel - Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur du patrimoine, directeur du Centre vendéen de recherches historiques.


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