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Château des Certeaux

Dossier IA00045711 réalisé en 1977

Fiche

Á rapprocher de

Œuvres contenues

L'origine du nom de « Certeaux » découle du mot « essart », désignant une terre nouvellement défrichée au Moyen Âge. Du 15e siècle au 17e siècle, les sources donnent le nom "Essarteau", "Exarteaulx", "Esserteaux" et "Les Sarteaux", qui se transforme progressivement en "Les Certeaux". Le domaine du château recouvre un très vaste territoire situé au sud-est du bourg d'Angles-sur-l'Anglin. Il comprend un logis et deux pavillons de la fin du 18e siècle, dont l'architecture et le plan montrent un souci manifeste pour la symétrie. Les dépendances sont pour la plupart plus récentes, datant de la deuxième moitié du 19e siècle. Le domaine comprend aussi un pigeonnier ainsi qu'un belvédère situé dans le bois attenant à la propriété.

Parties constituantes non étudiéespavillon d'entrée, portail, allée cavalière, grange, étable, mare, puits, chapelle, serre, jardin, ferme, terrasse en terre-plein, bassin
Dénominationschâteau
Aire d'étude et cantonVals de Gartempe et Creuse - Saint-Savin
AdresseCommune : Angles-sur-l'Anglin
Lieu-dit : les Certeaux
Cadastre : 1826 C1 517, 518, 519, 524, 525, 526, 527 ; 2014 C1 280, 285, 286, 287, 514

Le château des Certeaux, construit dans la deuxième moitié du 18e siècle, remplace un ancien logis noble signalé dès le 16e siècle. Il est alors la propriété de la famille de Grailly, dont l'un des membres, Antoine de Grailly, est déjà signalé comme capitaine d'Angles en 1484. En 1520, Antoine de Grailly est dit « seigneur des Serteaux ». En 1556, les enfants de François II du Plessis, seigneur des Grands Breux à Angles, sont sous curatelle de Joachim de Grailly, désigné comme seigneur des « Sarteaux ». En 1610, François de Grailly est signalé à la fois comme seigneur de Chavanne et seigneur des Certeaux. L'évêque de Poitiers lui afferme le four banal d'Angles, qu'il a à charge de restaurer et d'entretenir. Il doit aussi prélever 1/16e des pâtes produites par les habitants d'Angles utilisant le four. Un nouveau bail est signé en 1613 avec le nouvel évêque, Henri-Louis Chasteigner de la Roche-Posay. En 1630 et 1639, deux nouveaux baux sont signés entre l'évêque et Joachim II de Grailly. Ce dernier est une nouvelle fois signalé en tant que seigneur "d'Esserteaux" en 1697. Entre la toute fin du 17e et le début du 18e siècle, le fief des "Serteaux" appartient à Hilaire Lhéritier et son épouse Marie Senné. La carte de Cassini, datée de 1765 ou 1766, révèle aussi l’emplacement du château.

L'édifice aujourd'hui visible à Angles-sur-l'Anglin est probablement une reconstruction réalisée au dernier quart du 18e siècle par le couple Jacques Pastoureau du Puynode et Anne Marie Pigier. Originaire d'Ambernac en Charente, les du Puynode y possèdent un château familial. C'est là que naît le premier fils du couple, Philippe, qui héritera des Certeaux après ses parents. Leur second fils, Charles, né quant à lui aux Certeaux en 1789, héritera La Merci-Dieu, ancienne abbaye cistercienne à La Roche-Posay, achetée par sa grand-mère maternelle lors de la vente des biens nationaux en 1791.

En 1813, les Certeaux sont habités par Philippe, sa mère, Anne Marie Pigier, ainsi que le maire d'Angles, Alexandre Fortuné Legrand et sa fille Alexandrine. À cette date, Philippe et Alexandrine se marient à Angles. La propriété passe ensuite de père en fils durant tout le 19e siècle. Philippe du Puynode et sa femme donnent naissance à leur fils Charles Jules en 1819. Il épouse Marie de Vérines, qui lui donnera trois enfants : Marie, Fernand et Henri. Ce dernier fut maire d'Angles à la fin du 19e siècle et hérite du château des Certeaux. Henri et son épouse, Marie Randon de Pully, resteront propriétaires jusqu'à leurs décès en 1913 et 1927. Leur chapelle funéraire est située au cimetière d'Angles-sur-l'Anglin. Ils eurent une fille unique qui décéda à 27 ans, sans enfants, en 1910. Le château passa donc dans la famille des descendants de Marie Pastoureau du Puynode, sœur d'Henri.

Au 19e siècle et au début du 20e siècle, les barons du Puynode ont eu une importance non négligeable sur l'histoire de la commune. Philippe Pastoureau du Puynode et son petit-fils Henri furent d'ailleurs maires d'Angles-sur-l'Anglin. À cette époque, la famille est à la tête de vingt-sept domaines agricoles, représentant 914 hectares au total. Ces terres sont cultivées par des métayers dont la plupart conserve la moitié des bénéfices issus de la ferme qu'ils habitent. Le seul domaine des Certeaux représente 101 hectares 50 ares, dont 62 hectares en terres labourables, 25 hectares en prairies et 6 hectares en vignes. La ferme comprend aussi un cheptel de 25 bœufs et 280 moutons de race southdown-mérinos. En 1869, Charles Jules Pastoureau du Puynode remporte une médaille d'or grand module, décernée lors d'un concours régional d'agriculture, pour ses troupeaux et pour sa grange-étable à bœufs.

Jusqu'au début du 20e siècle, le domaine du château est habité par une multitude de gens de maison, dont une dame de compagnie, une femme de chambres, une cuisinière, un cocher, un jardinier et une multitude de domestiques. Le jardin du château a subi quelques transformations depuis le début du 20e siècle. Sous la terrasse du côté sud-ouest, de petites serres avaient été aménagées le long du mur. Un bassin rond, décoré d'une rocaille au centre, était aussi situé en face de la terrasse du château.

Période(s)Principale : 4e quart 18e siècle , (?)
Auteur(s)Auteur : maître d'oeuvre inconnu

Le château des Certeaux est bâti selon un plan rectangulaire et s'élève sur trois niveaux. Il présente une grande harmonie et une symétrie aussi bien à l'extérieur que dans la répartition des pièces intérieures.

La façade principale, située au nord-est, est composée de cinq travées, réparties deux par deux de part et d'autre d'un axe central marqué par la porte et le balcon. Sur la façade sud-ouest, le bâtiment s'ouvre davantage vers l'extérieur pour capter la lumière : la façade est alors partagée en sept travées, elles aussi réparties de part et d'autre d'une porte centrale. Le décor des façades se limite au bossage marqué autour des deux portes principales et à une corniche moulurée. Un bandeau en pierre de taille marque la limite entre le rez-de-chaussée et l'étage. Les balcons, situés au-dessus des portes principales, présentent un garde-corps en ferronnerie. Seuls le soubassement, les pleins de travées, la corniche et le pourtour des ouvertures sont maçonnés en pierre de taille, le reste étant bâti en moellons calcaires. La toiture à longs pans brisée, ajourée par des lucarnes, est couverte d'ardoises et présente des épis de faîtage ouvragés en métal.

À l'intérieur, la porte principale donne accès à un grand vestibule. Il délimite un axe de symétrie dans la répartition intérieure des pièces. L'escalier tournant, dont la rampe en ferronnerie a été conservée, permet d’accéder à l'étage depuis le grand vestibule. Ce dernier est prolongé au sud par un plus petit vestibule, muni d'une cheminée. Il sépare le salon ouest et le salon est, plus volumineux. Dans le salon est, la cheminée du 18e siècle et les décors végétaux du plafond sont encore en place. Le vestibule d'entrée conduit aussi à la cuisine, située dans la partie nord du château. Elle conserve sa cheminée et un solin de carreaux de terre cuite.

Le petit vestibule s'ouvre par une porte-fenêtre conduisant à la terrasse et aux pavillons. Ils sont implantés face à face et présentent les mêmes caractéristiques architecturales : une façade principale en pignon, une porte couverte en plein cintre, un œil-de-bœuf au niveau du toit et des épis de faîtage en métal. Le pavillon nord accueillait une serre, le pavillon sud une chapelle. Celle-ci présente encore un décor peint et des vitraux polychromes. Le tableau d'autel du 18e siècle est une représentation de la Vierge à l'enfant lisant. L'autel néogothique date du 19e siècle.

Les dépendances agricoles sont situées au nord du domaine. Elles datent pour la plupart de la deuxième moitié du 19e siècle, même si une partie d'entre elles est déjà visible sur le cadastre napoléonien de 1826, dont une grange-étable à nefs. Un puits muni d'un système de pompe est situé près de la cuisine. Le trop-plein du puits et les eaux usées de la cuisine sont évacuées par une rigole qui débouchait sur un bassin rectangulaire. Les cartes postales anciennes montrent aussi la présence d'une éolienne à proximité du château, qui a aujourd'hui disparu.

La ferme dépendant du château est située au sud du domaine. Une partie des dépendances, visibles sur le cadastre de 1826, a disparu aujourd'hui. La partie d'habitation de la ferme et la grange forme un édifice de plan en "L". Le logement a été largement modifié au 20e siècle.

Murscalcaire moellon enduit partiel
calcaire pierre de taille
Toitardoise
Étagesétage de comble, 1 étage carré
Couvrements
Élévations extérieuresélévation ordonnancée
Couverturestoit à longs pans brisés croupe brisée
Escaliersescalier intérieur : escalier tournant à retours avec jour en maçonnerie
Énergies
Techniquesdécor stuqué
Représentationsfleur, personnage profane
Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler

Références documentaires

Documents d'archives
  • Registres paroissiaux et d'état civil d'Angles-sur-l'Anglin (1674-1683).

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers
  • Actes de vente de domaines de toute origine, commune de Posay-le-Viel.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 1 Q 342
  • Registres paroissiaux et d'état civil d'Angles-sur-l'Anglin (1813-1814).

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 9 E 5/6
  • États de sections des propriétés bâties et non bâties, sections A-F (1827-1828).

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 4P 1721
Documents figurés
  • Angles-sur-l'Anglin, plan cadastral de 1826, section C1.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 4P 4854
  • Extrait de la carte de Cassini, seconde moitié du 18e siècle.

  • Angles-sur-l'Anglin, plan d'Angles-sur-l'Anglin et ses environs.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 601 W 5
Bibliographie
  • Bonnet, Les primes d'honneur, les médailles de spécialistes et les prix-d'honneur des fermes-écoles décernés dans les concours régionaux en 1869, Paris, 1873.

  • D'Arboval Henri, Angles-sur-l'Anglin et Chauvigny-sur-Vienne, Tome 1 : Angles-sur-l'Anglin, Péricat, Tours, 1914.

  • RÉDET, Louis. Dictionnaire topographique du département de la Vienne [...], Paris : Imprimerie nationale, 1881. (Réédition Paris : J.-M. Williamson, 1989), 526 p.

    Médiathèque François-Mitterrand, Poitiers : 914.463 RED
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Communauté de communes des Vals de Gartempe et Creuse - Joergensen Bent - Maturi Paul
Maturi Paul

Chercheur associé à la Communauté de Communes des Vals de Gartempe et Creuse (2015-2016), puis à la Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault (2017-...).


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