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Château de Thau

Dossier IA33008537 réalisé en 2014

Fiche

Dossiers de synthèse

Précision dénominationdomaine viticole
AppellationsChâteau de Thau, Château de Taur, Château de Theau, Château de Teau
Parties constituantes non étudiéeschai, cuvage, portail, logement, cour, puits, colombier
Dénominationschâteau
Aire d'étude et cantonEstuaire de la Gironde (rive droite) - Bourg
AdresseCommune : Gauriac
Lieu-dit : Château de Thau
Adresse : route de la, Gabare, R. D.
669
Cadastre : 1820 B1 130 ; 2020 AB 526, 527

Des mentions feraient remonter la seigneurie de Thau au 14e siècle : l'abbé Baurein évoque un acte du 4 octobre 1363 par lequel la dame d'Ornon fait un legs de cent écus d'or à "Ayquem de Gauriac de Taur en Borses (en Bourgez)". Le château médiéval aurait été (totalement ?) détruit au cours de la guerre de Cent Ans. Au 15e et au début du 16e siècle, J. de Matas ou Martat apparaît comme seigneur de Thau en Bourgès. Dans la seconde moitié du 16e siècle et dans la première moitié du 17e siècle, Romain Sudre est dit sieur de Thau. Les vestiges les plus anciens conservés du château paraissent dater du 16e siècle. Les ruines laissent apparaître des remaniements intervenus au 17e siècle, notamment la porte d'accès est du logis dans l'axe du pont enjambant le fossé. Le colombier date du 16e ou du 17e siècle.

En 1700, la réalisation d'un inventaire du mobilier du château de La Roque-de-Thau indique qu'il appartenait alors à Louis de Grimard, président au parlement de Bordeaux, décédé cette même année. Il passe ensuite entre les mains de la dame Dussault, qui perçoit au nom de sa maison noble de Thau des droits de péage sur les vins, marchandises et denrées transitant par les ports des environs (vers 1729-1737). Il s'agit de Marie Dussault, veuve d'Allain-Joseph de Fayet, conseiller au parlement de Bordeaux. Elle est la fille de Jean-Louis Dussault et de Marie Le Blanc de Mauvezin, et la petite-fille de Philibert Dussault et de Jeanne de Grimard. Sa fille, Marguerite de Fayet, épouse en 1719 Jean-Baptiste Lecomte de La Tresne (1695-1768) : celle-ci, alors veuve, rend aveu en 1772 pour les château et seigneurie de Thau. A sa mort en 1782, sans descendance directe, le château de Thau revient à Antoine de Bodin Dussault de Saint-Laurent, chevalier, seigneur de la baronnie de Thau en Bourgès, de la maison noble de Boisselat et autres lieux. Ce dernier étant guillotiné à la Révolution, le domaine de Thau comprenant 46 journaux est vendu comme bien national à Léonard Bouet pour la somme de 48 619 francs. Édouard Guillon rapporte l'expertise qui en est faite en 1795 pour la mise en vente : "Ce lot consiste en trois journaux de mauvais rochers escarpés sur lesquels sont les ruines d'un grand bâtiment, cours, arrière-cours, plate-forme et autres ruines. Les dites ruines où était la maison de maître présentent un ancien château en grande partie démoli et le reste totalement dégradé, de manière à ne pouvoir servir d'aucun appartement, et qu'il n'y a que les matériaux de la démolition déjà faite et à faire qui soient susceptibles d'estimation. Il fut estimé mille quatre cents livres". L'examen du bâti fait apparaître que divers aménagements ont été apportés au 18e siècle : portails sud et est de la cour principale, balustrade occidentale.

Après l'épisode révolutionnaire durant lequel l'ensemble a été pillé et endommagé, le château appartient en 1820 à la famille Viaud, famille de carriers, qui exploite les carrières de pierre de Mugron mais également des carrières à Bayon-sur-Gironde. Ils possèdent dans cette même commune le château Eyquem à partir de 1840. Après l'archéologue Léo Drouyn qui dessine en 1865 un plan "des ruines considérables", Édouard Guillon qui visite les lieux en 1866 indique que ce château "fut enfin acheté par M. Viaud, père du propriétaire actuel, qui le fit restaurer, rétablit ses charpentes, mit un peu d'ordre parmi ses ruines, créa le nouveau vignoble et laissa le tout à son fils, le propriétaire actuel". Ce dernier fait aussi construire en 1872 le château de Banly à Gauriac, à proximité des ruines de Thau. La famille est également mentionnée depuis le milieu du 19e siècle dans les éditions successives de l'ouvrage Bordeaux et ses vins, avec une production de 50 tonneaux en 1850, 60 en 1893, 80 en 1898.

En 1963, le domaine est acquis par la famille Schweitzer. Les bâtiments viticoles ont été en partie modernisés au cours du 20e siècle pour répondre aux besoins de production des crus du domaine. Le château a été partiellement inscrit au titre des Monuments historiques en 1989.

Période(s)Principale : 14e siècle , (détruit)
Principale : 16e siècle
Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle

Le château est situé sur un promontoire rocheux, dominant la vallée du ruisseau du Grenet au nord et à l'est, et la route départementale de Bourg à Blaye à l'ouest. Une longue allée, au sud, donne accès à un portail et à la cour principale. Celle-ci est délimitée au sud par des bâtiments de dépendance et logements annexes de part et d'autre du portail, par une longue balustrade à l'ouest, et les vestiges du corps de logis sous la forme de deux ailes disposées dans l'angle nord-est ; un autre portail au sud-est de la cour donne accès aux dépendances agricoles et viticoles, avec le colombier. Sur le flanc est, un fossé sec longe le corps de logis, doté d'un pont en pierre d'accès à la porte principale sur la façade orientale. Au sud-est se déployaient les jardins, dont seuls les éléments de terrasses maçonnés et une fontaine sont conservés.

L'aile orientale du corps de logis est flanquée de deux tours rondes et d'une tour carrée à l'est. La façade sur cour est percée de deux vastes baies cintrées ; la porte principale sur la façade orientale, cintrée, est encadrée de pilastres à bossage et surmontée d'un fronton cintré à tore avec sphères en amortissement et table décorative. Les maçonneries entre la tour nord-est et celle flanquant au nord l'aile nord du logis présentent un arrachement qui témoigne de remaniements apportés ; on remarque également des oculus (ouvertures de tir ?) en partie haute.

L'aile nord est dotée d'une tour au nord-est, tandis que les vestiges de deux autres tours rondes flanquent le promontoire rocheux à l'ouest. L'aile nord conserve un escalier intérieur tournant à jour. Une porte est visible dans les parties basses du rocher (poterne ?).

Les deux portails d'accès à la cour, au sud et à l'est, présentent des formes similaires : porte à encadrement mouluré, encadrée de pilastres, entablement, fronton cintré avec table décorative encadré de volutes. Côté cour, les portails sont agrémentés d'un œil-de-bœuf. Le portail est n'est pas sculpté sur sa face est, côté bâtiments de dépendance.

Le colombier de plan circulaire a été restauré en partie haute : on retrouve le larmier en partie supérieure, ainsi que des lucarnes donnant jour et accès aux oiseaux. Les trous de boulins à l'intérieur sont en terre cuite, ménagés dans la maçonnerie en moellon.

Un long chai est situé au sud-est du colombier, construit en moellon : il abrite des cuves en béton.

Murscalcaire pierre de taille
moellon
Toittuile creuse
Étages1 étage carré
Couvrements
Couverturestoit à longs pans
toit conique
Escaliersescalier intérieur : escalier tournant à retours avec jour en maçonnerie
État de conservationenvahi par la végétation, vestiges
Techniquessculpture
Représentationspilastre, fronton, balustre, volute
Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler
Protectionsinscrit MH, 1989/11/22
Précisions sur la protection

Façades et toitures de l'ensemble des bâtiments ; deux cheminées du premier étage du château ; terrasse avec balustrade et terrasse du plan inférieur (cad. AB 32, 36, 45, 46) : inscription par arrêté du 22 novembre 1989.

Annexes

  • Documentation complémentaire

    AD Gironde, 1 E 71. Seigneurie de Thau en Bourgès, paroisse de Gauriac (alias Tau) (1459 à 1783).

    -Baillette de Martat, seigneur de Thau en Bourgès (1459)

    -Exporle pour une pièce de pré à Gauriac, à tranquevigne (1513)

    -Baillette par J. de Matas à messire Pierre Mazel, prêtre du diocèse de Limoges d'une terre sise à Gauriac, au lieu-dit "au Pible" sur la Rocque de Thau (1517)

    -Exporle pour une maison au port de Thau (1517)

    -Exporle Mayne de Lalande à Gauriac (28 septembre 1517)

    -Terrier pour Gauriac (1564)

    -Répertoire de toutes les exporles et baillettes séparées de la maison noble de Thau (23 mars 1729).

    AD Gironde, 2 E 2649. Sudre : écuyer, seigneur de la maison noble de Thau (1540-1686).

    AD Gironde, 2 E 1428. Grimard (de) : seigneur de Tau en Bourgès (1613-1696).

    AD Gironde, C 4753 (1576-1703). Bureau des Finances et Trésoriers de France à Bordeaux. Ban et arrière-ban, montres, logement des gens de guerre, etc.

    Romain Sudre, ecuyer, sr du Tau est dispensé de servir en personne et mis au rang des nobles contribuables (1576).

    AD Gironde, C 2271. Aveux et dénombrements des biens, domaines et devoirs seigneuriaux relevant du Roi, à cause de son duché de Guienne, savoir : les fiefs de Saint-Vivien, à la veuve de Levequot, en Blayais (1772).

    La veuve de Jean-Baptiste Lecomte, le captal de Latrenne, pour les château et seigneurie de Thau, situés dans la paroisse de Gauriac, en Bourgès.

    AD Gironde, G 3262. Chapitre métropolitain de Saint-André - Biens et revenus à la campagne - Etauliers-Léognan (1292-1788) : Gauriac. Reconnaissances, XVIè siècle ; cens et rentes dues au chapitre XVIè siècle ; procès entre le chapitre et Louis de Grimard, Philibert Du Sault et André Sabourin conseillers au Parlement, 1641-1647 ; dénombrement des cens et rentes aliénés par le chapitre en faveur de Jacques de Calmeil conseiller au Parlement, Romain Sudre sieur de Thau et Jehan Achard sieur de Mauconseil dans les paroisses de Villeneuve, Gauriac et Saint-Ciers, 1641 ; procès entre le chapitre et André Sabourin époux de la demoiselle de Grimard, 1640-1643.

    AD Gironde, G 3107. Églises de Gabarnac, Saint-Pierre de Gaillan, de Gardegan, Saint-Pierre de Gauriac et de Saint-Genès-de-Lombaud (1503-1789) : Gauriac. Vente par-devant l'un des quatre notaires institués dans la ville et la châtellenie de Bourg, par Pierre Furt, seigneur de Mazion, à Philippe Pheudre, seigneur de Thau, de diverses redevances et du droit de patronage sur la chapelle Saint-Michel, attenante à l'église de Gauriac, moyennant 400 l. tournois, payées en nobles, qui valent 110 s., en doubles ducats, qui valent 4 l. 8 s., en angelots, qui valent 68 s., en ducats, qui valent 44 s., en demi-noble à la rose, qui vaut 55 s., en écus sol valant 43 s., en écu à l'ange, qui vaut 37 s., en testons, qui valent 20 [ou 10] s. (26 octobre 1531).

    AD Gironde, C 4780. Aveux et dénombrements ; saisies féodales : Bordeaux et environs, Médoc, Blayais, Entre-deux-Mers (1662-1735) : Inventaire du mobilier du château de La Roque-de-Thau, appartenant au président de Grimard, de Bordeaux (1700).

    AD Gironde, C 4163. Domaine du Roi : Bazadais, Blayais, Bourgès, Libournais (1529-1781) : Dénombrement du fief de Thau (7 septembre 1540) ; Ordonnance pour la mise en adjudication « d'un pon et d'un ponseau sur le chemin qui va de Baujan (sic) à La Rocque de Thau » (4 mai 1772).

    AD Gironde, C 2584. Arrêts du Conseil d'État portant concession, confirmation ou suppression de péages et passages dans la Généralité (1729-1737) : la dame Dusault, épouse du sieur de Fayet, pour les droits de péage prétendus par elle, à cause de sa maison noble de Thau, sur les vins, marchandises et denrées qui se chargent aux ports de Brouillon, Roque de Thau, Plassac, Vitescale, la Rouille, Camillas et Combes.

    Rôle des nobles de Guyenne sujets au ban et à l’arrière-ban : le sieur de TauJean, Olivier de Sault, seigneur de La Roque de Tau, en Bourgez, prieur de Castres, et Marguerite du Sault, veuve, le 5 mai 1642, de Fronton d’Alesme, seigneur baron de Blanquefort, avaient pour père Philibert du Sault, seigneur baron de Pouylehaut, Hins, Mages et autres places, conseiller, puis doyen au parlement de Bordeaux.

Références documentaires

Documents d'archives
  • "Rôle des nobles de Guyenne sujets au ban et à l'arrière ban, 1594". Archives historiques du département de la Gironde, t. 1, 1859, n° CXCVIII, p. 406-422.

    P. 420.
  • Arrêts du Conseil d'État portant concession, confirmation ou suppression de péages et passages dans la Généralité (1729-1737).

    Archives départementales de la Gironde, Bordeaux : C 2584
  • Romain Sudre, écuyer, seigneur de Tau, est dispensé de servir en personne et mis au rang des contribuables (1576).

    Archives départementales de la Gironde, Bordeaux : C 4753
  • Inventaire du mobilier du château de La Roque-de-Thau, appartenant au président de Grimard, de Bordeaux (1700).

    Archives départementales de la Gironde, Bordeaux : C 4780
  • Actes capitulaires, fol. 39 (1522) : à raison de la seigneurie de Thau en Bourgès, les chanoines sont tenus de fournir un homme armé à la réunion de l'arrière-ban, mais les cens de la seigneurie ayant été saisis par autorité royale, ils font savoir au lieutenant du sénéchal à Bordeaux qu'ils ne peuvent fournir leur contribution.

    Archives départementales de la Gironde, Bordeaux : G 286
Bibliographie
  • BAUREIN Abbé, MERAN Georges. Variétés bordeloises ou essai historique et critique sur la topographie ancienne et moderne du diocèse de Bordeaux. Bordeaux : Féret et fils, 1876, t.3, 2è éd .

    p. 227
  • BESCHI Alain, STEIMER Claire, BARROCHE Adrienne (Photographe) et al. Estuaire de la Gironde : paysages et architectures viticoles : Aquitaine Poitou-Charentes. Lyon : Lieux dits, 2015 (Images du patrimoine).

    P. 14-15, 121, 123.
  • BOYRIES Pierre. Bourg et le Bourgeais. Bordeaux : Burgus édition, 1988.

    p. 266
  • COQUILLAS Didier. Les rivages de l'estuaire de la Gironde du Néolithique au Moyen-Age. Thèse d'histoire : Bordeaux 3, 2001.

  • DROUYN Léo. La Guyenne militaire : histoire et description des villes fortifiées, forteresses et châteaux pendant la domination anglaise. Paris : Compte d'auteur ; Didron, 1865.

    T. II, p. 143.
  • FAVREAU Marc. Les jardins de Gironde au XVIIe siècle. Mémoire de DEA d'histoire de l'art moderne et contemporain, sous la direction de Daniel Rabreau, Université Bordeaux 3, octobre 1990.

    p. 51
  • GUILLON Edouard. Les châteaux historiques et vinicoles de la Gironde. Bordeaux : Coderc, Dégréteau et Poujol, 1866-1869, tomes 1 à 4.

    T. II, p. 222-227.
Périodiques
  • COUTURA Johel. « Gauriac ». Les Cahiers du Vitrezay, 1990, n° 73.

  • LEULIER Renée. "Deux hôtels d’André Portier : l’hôtel de Ruat et l’hôtel Lecomte de Latresne". Revue rchéologique de Bordeaux, tome XCIV, année 2003.

    p. 225-246
  • ROUSSEAU Stéphane. "Le château de Thau et ses souterrains. Commune de Gauriac-Gironde", Aquitaine Historique, 33, mars-avril 1998.

    p. 7-9

Liens web

(c) Conseil départemental de la Gironde ; (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Riberolle Jennifer - Steimer Claire