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  • (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel
  • (c) Conseil départemental de la Gironde

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive droite) - Bourg
  • Commune Gauriac
  • Lieu-dit Château de Thau
  • Adresse route de la Gabare , R. D. 669
  • Cadastre 1820 B1 130  ; 2020 AB 526, 527
  • Dénominations
    château
  • Précision dénomination
    domaine viticole
  • Appellations
    Château de Thau, Château de Taur, Château de Theau, Château de Teau
  • Parties constituantes non étudiées
    chai, cuvage, portail, logement, cour, puits, colombier

Des mentions feraient remonter la seigneurie de Thau au 14e siècle : l'abbé Baurein évoque un acte du 4 octobre 1363 par lequel la dame d'Ornon fait un legs de cent écus d'or à "Ayquem de Gauriac de Taur en Borses (en Bourgez)". Le château médiéval aurait été (totalement ?) détruit au cours de la guerre de Cent Ans. Au 15e et au début du 16e siècle, J. de Matas ou Martat apparaît comme seigneur de Thau en Bourgès. Dans la seconde moitié du 16e siècle et dans la première moitié du 17e siècle, Romain Sudre est dit sieur de Thau. Les vestiges les plus anciens conservés du château paraissent dater du 16e siècle. Les ruines laissent apparaître des remaniements intervenus au 17e siècle, notamment la porte d'accès est du logis dans l'axe du pont enjambant le fossé. Le colombier date du 16e ou du 17e siècle.

En 1700, la réalisation d'un inventaire du mobilier du château de La Roque-de-Thau indique qu'il appartenait alors à Louis de Grimard, président au parlement de Bordeaux, décédé cette même année. Il passe ensuite entre les mains de la dame Dussault, qui perçoit au nom de sa maison noble de Thau des droits de péage sur les vins, marchandises et denrées transitant par les ports des environs (vers 1729-1737). Il s'agit de Marie Dussault, veuve d'Allain-Joseph de Fayet, conseiller au parlement de Bordeaux. Elle est la fille de Jean-Louis Dussault et de Marie Le Blanc de Mauvezin, et la petite-fille de Philibert Dussault et de Jeanne de Grimard. Sa fille, Marguerite de Fayet, épouse en 1719 Jean-Baptiste Lecomte de La Tresne (1695-1768) : celle-ci, alors veuve, rend aveu en 1772 pour les château et seigneurie de Thau. A sa mort en 1782, sans descendance directe, le château de Thau revient à Antoine de Bodin Dussault de Saint-Laurent, chevalier, seigneur de la baronnie de Thau en Bourgès, de la maison noble de Boisselat et autres lieux. Ce dernier étant guillotiné à la Révolution, le domaine de Thau comprenant 46 journaux est vendu comme bien national à Léonard Bouet pour la somme de 48 619 francs. Édouard Guillon rapporte l'expertise qui en est faite en 1795 pour la mise en vente : "Ce lot consiste en trois journaux de mauvais rochers escarpés sur lesquels sont les ruines d'un grand bâtiment, cours, arrière-cours, plate-forme et autres ruines. Les dites ruines où était la maison de maître présentent un ancien château en grande partie démoli et le reste totalement dégradé, de manière à ne pouvoir servir d'aucun appartement, et qu'il n'y a que les matériaux de la démolition déjà faite et à faire qui soient susceptibles d'estimation. Il fut estimé mille quatre cents livres". L'examen du bâti fait apparaître que divers aménagements ont été apportés au 18e siècle : portails sud et est de la cour principale, balustrade occidentale.

Après l'épisode révolutionnaire durant lequel l'ensemble a été pillé et endommagé, le château appartient en 1820 à la famille Viaud, famille de carriers, qui exploite les carrières de pierre de Mugron mais également des carrières à Bayon-sur-Gironde. Ils possèdent dans cette même commune le château Eyquem à partir de 1840. Après l'archéologue Léo Drouyn qui dessine en 1865 un plan "des ruines considérables", Édouard Guillon qui visite les lieux en 1866 indique que ce château "fut enfin acheté par M. Viaud, père du propriétaire actuel, qui le fit restaurer, rétablit ses charpentes, mit un peu d'ordre parmi ses ruines, créa le nouveau vignoble et laissa le tout à son fils, le propriétaire actuel". Ce dernier fait aussi construire en 1872 le château de Banly à Gauriac, à proximité des ruines de Thau. La famille est également mentionnée depuis le milieu du 19e siècle dans les éditions successives de l'ouvrage Bordeaux et ses vins, avec une production de 50 tonneaux en 1850, 60 en 1893, 80 en 1898.

En 1963, le domaine est acquis par la famille Schweitzer. Les bâtiments viticoles ont été en partie modernisés au cours du 20e siècle pour répondre aux besoins de production des crus du domaine. Le château a été partiellement inscrit au titre des Monuments historiques en 1989.

  • Période(s)
    • Principale : 14e siècle , (détruit)
    • Principale : 16e siècle
    • Principale : 17e siècle
    • Principale : 18e siècle
    • Principale : 19e siècle

Le château est situé sur un promontoire rocheux, dominant la vallée du ruisseau du Grenet au nord et à l'est, et la route départementale de Bourg à Blaye à l'ouest. Une longue allée, au sud, donne accès à un portail et à la cour principale. Celle-ci est délimitée au sud par des bâtiments de dépendance et logements annexes de part et d'autre du portail, par une longue balustrade à l'ouest, et les vestiges du corps de logis sous la forme de deux ailes disposées dans l'angle nord-est ; un autre portail au sud-est de la cour donne accès aux dépendances agricoles et viticoles, avec le colombier. Sur le flanc est, un fossé sec longe le corps de logis, doté d'un pont en pierre d'accès à la porte principale sur la façade orientale. Au sud-est se déployaient les jardins, dont seuls les éléments de terrasses maçonnés et une fontaine sont conservés.

L'aile orientale du corps de logis est flanquée de deux tours rondes et d'une tour carrée à l'est. La façade sur cour est percée de deux vastes baies cintrées ; la porte principale sur la façade orientale, cintrée, est encadrée de pilastres à bossage et surmontée d'un fronton cintré à tore avec sphères en amortissement et table décorative. Les maçonneries entre la tour nord-est et celle flanquant au nord l'aile nord du logis présentent un arrachement qui témoigne de remaniements apportés ; on remarque également des oculus (ouvertures de tir ?) en partie haute.

L'aile nord est dotée d'une tour au nord-est, tandis que les vestiges de deux autres tours rondes flanquent le promontoire rocheux à l'ouest. L'aile nord conserve un escalier intérieur tournant à jour. Une porte est visible dans les parties basses du rocher (poterne ?).

Les deux portails d'accès à la cour, au sud et à l'est, présentent des formes similaires : porte à encadrement mouluré, encadrée de pilastres, entablement, fronton cintré avec table décorative encadré de volutes. Côté cour, les portails sont agrémentés d'un œil-de-bœuf. Le portail est n'est pas sculpté sur sa face est, côté bâtiments de dépendance.

Le colombier de plan circulaire a été restauré en partie haute : on retrouve le larmier en partie supérieure, ainsi que des lucarnes donnant jour et accès aux oiseaux. Les trous de boulins à l'intérieur sont en terre cuite, ménagés dans la maçonnerie en moellon.

Un long chai est situé au sud-est du colombier, construit en moellon : il abrite des cuves en béton.

  • Murs
    • calcaire pierre de taille
    • moellon
  • Toits
    tuile creuse
  • Étages
    1 étage carré
  • Couvrements
  • Couvertures
    • toit à longs pans
    • toit conique
  • Escaliers
    • escalier intérieur : escalier tournant à retours avec jour en maçonnerie
  • État de conservation
    envahi par la végétation, vestiges
  • Techniques
    • sculpture
  • Représentations
    • pilastre, fronton, balustre, volute
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Protections
    inscrit MH, 1989/11/22
  • Précisions sur la protection

    Façades et toitures de l'ensemble des bâtiments ; deux cheminées du premier étage du château ; terrasse avec balustrade et terrasse du plan inférieur (cad. AB 32, 36, 45, 46) : inscription par arrêté du 22 novembre 1989.