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Château de Rocreuse

Dossier IA86009531 réalisé en 2019

Fiche

Œuvres contenues

Par ses dimensions, son style architectural, son état de conservation et son histoire, le château de Rocreuse est l'un des édifices les plus singuliers de l'aire d'étude des Vals de Gartempe et Creuse. Construit en 1875 et habité pendant plus d'un demi-siècle par Ludovic Véneau, maire et bienfaiteur de la commune de Mairé, il est un digne représentant des grandes demeures bâties par des notables ruraux au 19e siècle et au début du 20e siècle. Son architecture néo-gothique évoque la mode qui se développe pour ce style en France au cours du 19e siècle.

Destinationschâteau
Parties constituantes non étudiéespavillon d'entrée, puits, parc, chapelle, four à pain
Dénominationschâteau
Aire d'étude et cantonVals de Gartempe et Creuse - Châtellerault-3
AdresseCommune : Mairé
Lieu-dit : Rocreuse
Adresse : Rocreuse
Cadastre : 2017 AE 116

Charles Soultzener, propriétaire du château de Mairé dans la seconde moitié du 19e siècle, possède un terrain surplombant la Creuse situé au nord du bourg. Sur cette grande parcelle boisée, il décide de faire construire un château, une ferme et ses dépendances, le tout entouré d'un grand parc. C'est le beau-fils de Charles Soultzener, Ludovic Véneau, qui dirige les travaux de construction. La nouvelle demeure, construite dans un style néo-gothique et néo-rennaissance, est inspirée du château de Bussière à Loches, bien que Rocreuse soit de plus grandes dimensions. Une fois les travaux terminés, Ludovic Véneau et sa femme, Marie Frasquita Soultzener, s'installent à Rocreuse avec leurs deux filles, Marguerite et Madeleine. Cette dernière épouse le comte Jacques du Val d'Épremesnil avec qui elle a plusieurs enfants. L'un d'entre eux, Richard du Val d'Épremesnil, vient habiter à Rocreuse avec sa famille après le décès de Ludovic Véneau en 1931. Adeline, épouse de Richard et originaire de Washington aux États-Unis, joue un rôle dans la modernisation du château et remet les cuisines et les salles de bains au goût du jour. En 1946, les Val d'Épremesnil se séparent finalement du château familial. Il est alors vendu à la famille Carrot-Dulac, originaire de Saint-Étienne. Leurs descendants en sont toujours les propriétaires à l'heure actuelle.

De nombreuses familles employées par les propriétaires ont résidé à Rocreuse depuis sa construction. Ainsi, en 1891, le domaine est habité par un valet et une femme de chambre, deux jardiniers, un cocher, une cuisinière, deux lingères, deux domestiques, une couturière, deux portières et un garde particulier, en plus de la famille Véneau. Cette époque marque l'âge d'or du château de Rocreuse, immortalisé par de nombreuses cartes postales. Après le début du 20e siècle, les domestiques se font de moins en moins nombreux et le château n'est plus habité à l'année.

Période(s)Principale : 4e quart 19e siècle , daté par source
Dates1875, daté par source
Auteur(s)Auteur : auteur inconnu
Auteur : Bollée père et fils

Le château de Rocreuse est construit en pierre calcaire enduite et couvert d'ardoise. Il est situé au nord-ouest du bourg sur un promontoire rocheux dominant la Creuse. La propriété est accessible par deux points d'entrées : l'un du côté de la forêt de la Groie, qui est l'accès principal, et l'autre par la Taille aux Loups. Avec le logis du château, un pavillon d'entrée a été construit près de l'entrée principale pour en surveiller l'accès et servir de maison au gardien. Elle aussi est construite dans un style néo-gothique, comme en témoignent des larmiers couvrant les fenêtres ainsi qu'une fenêtre à traverse sur le pignon. Un four à pain est visible à proximité de la maison de garde.

Le logis du château est situé au bout d'une grande allée droite autrefois plantée d'arbres. Il présente un plan en U avec un grand corps de bâtiment central flanqué de deux ailes en retour d'équerre vers le sud-ouest. Ces deux ailes sont plus élevées que le corps de logis : elles sont construites sur deux étages et un étage de comble, alors que le corps de logis n'a qu'un étage et un étage de comble.

Le corps de logis

L'entrée du corps de logis se trouve sur l'élévation sud-ouest. Un escalier droit à trois pans sert de perron pour accéder à la porte d'entrée métallique. Elle prend place dans une arcade, constituée de cinq baies couvertes d'arcs en anse de panier, reposants sur des colonnes engagées. Celles-ci sont toutes décorées de chapiteaux sculptés dont l'ornementation est unique à chacun mais qui reprend des sujets liés à la nature. En effet, comme la plupart des chapiteaux et des culots sculptés du châteaux, ils présentent un décor végétal et animalier, notamment des feuilles de chênes, de choux, des vignes, des chardons, etc.

Sur l'élévation sud-ouest, un cordon saillant en pierre matérialise la séparation entre le rez-de-chaussée et l'étage. Il est interrompu en son centre, à l'aplomb de la porte principale, par une statue reposant sur un culot en pierre. Cette statue métallique représente un chevalier en armure en contrapposto, le heaume fermé, avec la main droite placée dans son dos et la main gauche tenant une lance posée au sol. Cette statue date probablement de la construction du château et renforce l'évocation du Moyen Âge déjà évidente dans l'architecture de l'édifice. Les trois fenêtres à croisées de l'étage sont couvertes par des larmiers en pierre reposant sur des culots sculptés. Ils sont décorés de représentations d'oiseaux, de dragons et d'autres créatures fantastiques ailées. Une frise sculptée d'arcs trilobés, située sous la corniche, règne sur toute l'élévation. Elle se retrouve sur la plupart des élévation du château. L'étage de comble est éclairé par trois lucarnes à croisée à gables dont les rampants portent des crochets sculptés.

Un pavillon de style néo-renaissance fait la jonction entre l'élévation sud-ouest du logis et l'aile nord et accueille un escalier droit conduisant aux étages. Il est éclairé par plusieurs baies oblongues couvertes d'arcs en plein cintre dont les trumeaux portent des pilastres. Les chapiteaux de ces pilastres sont tous uniques par leur décor, fait de volutes, d'angelots, de créatures ailées et de visages barbus. Au-dessus, une frise de fleurs circonscrites dans des losanges et des médaillons est elle-même surmontées par une seconde frise d'ornements évoquant des balustres. Ce dernier motif est copié du château de Bussière mais ce retrouve aussi au château de Posay, construit en 1878 et donc contemporain de Rocreuse. Le pavillon est couvert par un toit en ardoises et décoré par une crête de toit et des épis de faîtage en zinc.

La circulation intérieure était facilitée par un grand escalier en vis logé dans une tourelle octogonale. Située entre l'élévation sud-ouest du corps de logis et l'élévation nord-ouest de l'aile sud, elle est accessible depuis l'extérieur par une porte couverte d'un arc en anse de panier et un arc en accolade. Il s'agissait probablement d'un escalier de service permettant aux domestiques d'accéder facilement à tous les niveaux du logis.

Sur l'élévation nord-est, en direction de la Creuse, l'intérieur du logis est éclairé par cinq travées de fenêtres et de lucarnes reparties sur trois niveaux. Les baies à croisée sont similaires à la façade antérieure, avec un couvrement en plate-bande et un larmier saillant reposant sur des culots sculptés. Là aussi, un cordon en pierre sépare le rez-de-chaussée et l'étage. Au niveau du rez-de-chaussée, une terrasse surélevée, reposant sur trois arches, est accessible par des escaliers droits de chaque côté. Elle était éclairée par deux grandes lanternes métalliques accrochées à la façade. Le garde-corps de la terrasse présente un décor sculpté composé de formes polylobées similaire aux remplage de pierre des fenêtres gothiques. L'élévation nord-est est aussi flanquée de deux tourelles circulaires montant de fonds. Munies de faux mâchicoulis, elles rappellent l'architecture défensive du Moyen Âge.

L'aile sud

Elle forme un pavillon de plan rectangulaire, accolé au sud du corps de logis et couverte par un toit à croupes. Les élévations sud-est, nord-ouest et nord-est sont éclairées par des fenêtres à croisée ou à traverse et reparties sur une, deux ou trois travées. Seule l'élévation sud-ouest est aveugle. Sur cette façade, de part et d'autre de la croupe du toit, deux tourelles circulaires appuyées sur les contre-forts s'élèvent entre le deuxième étage et les combles. Une horloge a été installée sous un petit toit à deux versants, à la manière d'une lucarne. Une troisième tourelle semblable aux deux prétendantes repose sur le contrefort sud-est de l'aile sud. Les combles sont éclairés par des lucarnes à gables sur les élévations sud-est et nord-ouest.

L'aile nord

Ce corps de bâtiment est formé de deux entités : l'aile à proprement parlée, couverte par un toit à croupe, et un pavillon d'angle accolé à la précédente vers le sud-ouest, lui-même couvert par un toit à croupe.

Le chevet de la chapelle particulière du château est visible sur l'élévation nord-ouest de l'aile nord. Située à l'étage, elle est éclairée par trois grandes baies de style-néogothiques avec leur remplage et leur arc brisé. Sur les trumeaux de ces fenêtres, des contreforts en pierre de taille reposent sur des culots sculptés. Sur la même élévation, au rez-de-chaussée et à proximité des cuisines, une petite cloche est fixée à une potence métallique. Elle porte la mention "Bollée et ses fils fondeurs au Mans, 1875, Rocreuse". Au niveau du pavillon d'angle, deux tourelles carrées encadrent l'élévation sud-ouest. Avec les consoles de pierre qui les supportent, elles imitent les bretèches qui défendait les châteaux médiévaux.

À proximité de l'aile nord, un puits en pierre de plan octogonal a conservé sa potence métallique. Elle semble contemporaine de la construction du château puisqu'elle emploie un style néo-gothique avec son arc en accolade et ses crochets en forme de feuille de chou.

Murscalcaire enduit
Toitardoise
Plansplan régulier en U
Étagessous-sol, rez-de-chaussée, 2 étages carrés, étage en surcroît
Élévations extérieuresélévation à travées
Couverturestoit à longs pans croupe
toit polygonal
Escaliersescalier dans-oeuvre : escalier droit
escalier demi-hors-oeuvre : escalier en vis
escalier de distribution extérieur : escalier droit en maçonnerie
Techniquessculpture
Représentationsgland, chardon, raisin, vigne, oiseau, écureuil, animal fantastique, chou, accolade, feuillage, volute, ornement géométrique
Précision représentations

La plupart du décor sculpté est cantonné aux chapiteaux et aux culots. Une statue en ronde-bosse de chevalier en armure est visible sur l'élévation sud-ouest.

Mesures:
Précision dimensions

Le logis fait environ 735m² de surface au sol.

Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler, à étudier

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 4 P 2540
  • AD 86, 8 M 3 170. 1836-1936, Mairé : recensement de population

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 8 M 3 170
Bibliographie
  • De Lussac Hubert, De Lussac Mireille. Bien le bonjour de Mairé, 2011.

    p. 51-58
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault (c) Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault - Maturi Paul
Maturi Paul

Chercheur associé à la Communauté de Communes des Vals de Gartempe et Creuse (2015-2016), puis à la Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault (2017-...).


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