Logo ={0} - Retour à l'accueil

Château de Mairé

Dossier IA86009528 réalisé en 2019

Fiche

Destinationsdemeure
Parties constituantes non étudiéespavillon d'entrée, écurie, pigeonnier, forge, cour, parc, bassin, mur de clôture, portail, fabrique de jardin
Dénominationschâteau
Aire d'étude et cantonVals de Gartempe et Creuse - Châtellerault-3
AdresseCommune : Mairé
Lieu-dit : Le Bourg
Adresse : 9, 10 place
de l'église
Cadastre : 1833 C 22, 23, 24, 25, 26, 27 ; 2017 AH 96, 106, 249

Pendant l’Ancien Régime, le château de Mairé est le siège d’une baronnie, puis d'un comté, à hommage lige dépendant de la seigneurie de la Guerche en Touraine. Le premier seigneur du lieu connu, cité dans un texte de la fin du 12e siècle, est un certain Guillaume de Mairé. La deuxième famille de seigneur identifiée est celle des Cléret, mentionnée en tant que telle à partir de 1459. Après un mariage entre Françoise Cléret et Olivier Brossin vers 1501, le château change de propriétaire. À cette époque, le bâtiment présente un plan carré et est flanqué de tours à chaque angle, dont il subsiste aujourd'hui quelques vestiges. Il est pillé en 1584 lorsque le gouverneur de Loches, à la tête de troupes catholiques, attaque la place forte.

Les Brossin, souvent appelés Brossin de Méré, règnent sur la seigneurie jusqu’en 1650, date du mariage de César Brossin et Madeleine Montbel, fille du seigneur d’Yzeures. Le château de Mairé reste aux mains des Montbel jusqu’au début du 19e siècle puis connaît plusieurs propriétaires successifs sur une courte période. En effet, après le décès du dernier membre de la famille Montbel, le château est cédé par héritage à un descendant d’une autre branche de la famille, Louis-Joseph-Dominique de Lafarre. Lui-même décède en 1805 et sa veuve le vend aussitôt au baron d’Harambure, propriétaire à Yzeures.

La demeure est finalement achetée en 1826 par Alexandre-Louis Lignaud de Lussac (1780-1843), issu d'une ancienne famille noble originaire de Lussac-les-Églises en Haute-Vienne. Chevalier de la Légion d'honneur, il fut capitaine de cavalerie lors des guerres napoléoniennes puis chef d'escadron dans les chevaux-légers de la garde du Roi sous la Restauration. Il fut aussi auditeur au Conseil d'État en 1810 et membre du conseil général d'Indre-et-Loire de 1818 à 1830. Avant d'acheter le château de Mairé, il vivait au château des Courtis dans la commune voisine de Barrou, de l'autre côté de la Creuse. Le château médiéval de Mairé étant en ruines, il fait construire un logis de style néoclassique entre 1826 et 1833. Le nouveau bâtiment, construit face à la Creuse, était composé d’un long corps de bâtiment de trois niveaux et terminé à ses extrémités par deux pavillons. Le décor se limite a des bossages au niveaux des chaînes d'angles et des frontons au dessus de l'entrée principale et sur les pavillons. Le logis est accompagné de plusieurs dépendances, notamment un grand corps de bâtiment situé plus au sud et qui servait d’écuries. Face au logis, un grand bassin d'eau rectangulaire est alimenté par des canaux traversant le parc et recouverts par de grandes plaques d'ardoises. En 1836, le château et ses bâtiments annexes accueillent un régisseur, un cuisinier, un valet de chambre, un maitre d'hôtel, un cocher, un jardinier, une couturière et dix-huit domestiques, en plus de la famille du propriétaire. Le marquis de Lussac meurt en 1843 et est enterré dans le cimetière de Mairé où sa tombe est toujours visible.

Après cette date, la propriété du château passe alors à Antoine Bergerault, un médecin originaire d’Abilly en Indre-et-Loire. Il est aussi membre du conseil général de la Vienne en tant que représentant du caton de Pleumartin de 1852 à 1883. Alors qu'il se fait construire une demeure à La Roche-Posay, il vend le château de Mairé à Charles-Xavier Thomas de Colmar en 1860. Ce dernier est connu comme l’inventeur de l’arithmomètre (une des premières machines à calculer) et pour avoir fondé la compagnie d’assurance « Le Soleil ». À partir de la seconde moitié du 19e siècle, la propriété du château passe aux mains de plusieurs familles successives à la suite de mariages. La fille de Charles-Xavier Thomas de Colmar épouse Charles Soultzener, assureur originaire de Neuchâtel. La fille de ces derniers, Marie Frasquita Soultzener, épouse Ludovic Véneau (1841-1931) en 1865, qui devient le nouveau propriétaire du château. Né à Ligueil, il vivait à Ciran au château d’Erpenellière avant son mariage. Il devient maire de Mairé à partir de 1884 et occupe cette charge pendant près de 40 ans. Dans le dernier quart du 19e siècle, c'est la famille de Cacqueray qui devient propriétaire du château. C'est probablement pendant cette période que le parc a été aménagé. Dans le petit bois, au sud du château, une fabrique de jardin de style rocaille servait de belvédère et était accessible par un escalier droit. L’eau du ruisseau du Gué de la Reine était canalisée depuis le sud de la commune pour former un petit cours d’eau à cascades, qui traversait la propriété. Le site était décoré de petites statues en béton, représentant surtout des animaux.

Dans la première moitié du 20e siècle, le château de Mairé est progressivement délaissé. Pendant la Seconde Guerre mondiale, d'après la tradition orale, les soldats allemands auraient occupé les anciennes écuries qui avaient auparavant été transformées en logement par la famille de Cacqueray. À la fin de la guerre, la dégradation du logis néoclassique est trop avancée et les propriétaires prennent finalement la décision de le détruire à la fin des années 1950.

Période(s)Principale : limite 15e siècle 16e siècle , (?)
Principale : 2e quart 19e siècle , daté par source
Auteur(s)Auteur : auteur inconnu

L'accès au château se fait par un grand portail en pierre de taille situé au nord de l'église paroissiale. La grande porte cochère, couverte d'un arc en plein cintre, est flanquée de deux portes piétonnes couvertes d'arcs en anse de panier. Le blason de la famille de Cacqueray ("d'or à trois roses de gueules") est sculpté au-dessus de la grande porte centrale.

Au sud de la propriété, quelques restes du château médiéval sont encore visibles. La construction est constituée d'une salle voûtée en berceau, ainsi qu'une partie de la tour orientale, qui forment ensemble un plan en "L". L'accès à la tour se fait par une porte entourée de briques et couverte d'un arc segmentaire. Cette tour, couverte par une coupole, communiquait auparavant à la salle adjacente par une ouverture dont l'arc en plein cintre est encore visible à l'intérieur. L'élévation sud-est présente des arrachements au niveau du parement qui indiquent des remaniements importants, à l'image de la nouvelle porte percée pour accéder à l'intérieur de la salle voûtée. Dans la partie supérieure du bâtiment, la charpente a disparue mais la corniche en pierre est encore visible sur une grande partie du bâtiment.

La tour occidentale du vieux château, autrefois solidaire du reste de la construction, se dresse aujourd'hui à quelques mètres plus au nord. Elle a été arasée et transformée en pigeonnier, probablement au 19e ou au 20e siècle. La porte principale est couverte d'un arc segmentaire et présente un chanfrein sur son pourtour. Cette tour est plus petite que la tour orientale, mais présente comme elle un couvrement en coupole. Les nichoirs du pigeonnier sont situés au niveau supérieur et sont aménagés dans une petite tour protégée par un toit en poivrière.

L'ancienne forge du château est située dans un petit bâtiment à proximité du château médiéval. L'emploi de briques dans les maçonneries permet de dater le bâtiment de la fin du 19e ou du début du 20e siècle.

Les anciennes écuries sont accolées au chevet de l'église Saint-Sylvain. Le bâtiment a probablement été construit en même temps que le château néoclassique mais a été remanié à plusieurs reprises. Il est couvert d'un toit à deux pans couvert d'ardoise et présente des pignons découverts. L'entrée principale est située au centre de la façade occidentale et s'effectue par une porte couverte d'un arc en plein cintre. Un grand fronton est visible au-dessus de la porte d'entrée. Il est ouvert par une porte haute qui permettait d'accéder au grenier depuis l'extérieur. Après la transformation des écuries en logement, des lucarnes rampantes ont été aménagées dans le toit, probablement dans le dernier quart du 20e siècle.

Quelques dépendances partiellement ruinées sont situées au nord de la propriété. Un portail métallique donnant sur le chemin du vieux port est flanqué de deux constructions, très probablement contemporaines du château néoclassique. L'une des dépendances, couverte d'un toit à croupes, présente trois grandes baies couvertes d'arcs en plein cintre en direction du parc.

Toitardoise, tuile plate
Plansplan rectangulaire régulier
Étagesrez-de-chaussée, 1 étage carré, étage de comble
Couvrementscoupole
voûte en berceau
Couverturestoit à longs pans pignon découvert
toit conique
Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 4 P 5501-5507
  • Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 4 P 2538
  • AD 86, 8 M 3 170. 1836-1936, Mairé : recensement de population

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 8 M 3 170
Bibliographie
  • Beauchet-Filleau, Henri et Paul, Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou : t. 2. Poitiers : Imprimerie Oudin et Cie, 1895.

    p. 20, 21
  • Clouzot, Étienne, Cartulaire de l'abbaye de Notre-Dame de la Merci-Dieu, autrement dite de Bécheron, au diocèse de Poitiers, Archives Historiques du Poitou, tome 34, Poitiers, 1905.

    p. 41
  • De l'Hermite-Souliers, Histoire généalogique de la noblesse de Touraine, Paris, 1665.

    p. 110
  • De Lussac Hubert, De Lussac Mireille. Bien le bonjour de Mairé, 2011.

    p. 41-50
  • Lainé, P. Louis, Archives généalogiques et historiques de la Noblesse de France, volume 5, Paris, 1836.

    p. 1-28
  • Lainé, P. Louis, Archives généalogiques et historiques de la Noblesse de France, volume 7, Paris, 1841.

    p. 19
  • Pouliot, Maurice ; Salvini, Joseph ; Villard, François. Inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790, Vienne, Série E supplément (Communes), Tome cinquième, Imprimerie P. Oudin, Poitiers, 1970.

    p.179-184
  • Simmat, Gérard, Juchault, Pierre, Dubout, Jean-Paul. Le Pays des Vals de Gartempe. Joué-lès-Tours : Alan Sutton, 2000. 126 p., ill. (Mémoire en Images). ISBN 2-84253-512-X.

    p. 58, 64

Liens web

(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault (c) Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault - Maturi Paul
Maturi Paul

Chercheur associé à la Communauté de Communes des Vals de Gartempe et Creuse (2015-2016), puis à la Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault (2017-...).


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.