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Château de la Contour

Dossier IA00045082 inclus dans Bourg de Jouhet réalisé en 1976

Fiche

Á rapprocher de

Œuvres contenues

Destinationscolonie de vacances
Parties constituantes non étudiéesparc, mur de clôture, terrasse en terre-plein, puits
Dénominationschâteau
Aire d'étude et cantonArrondissement de Montmorillon - Montmorillon
AdresseCommune : Jouhet
Lieu-dit : la Contour
Adresse : 12 rue de l'
Ancien-Charron
Cadastre : 1840 H 673, 680 ; 1943 H2 68 ; 2016 H2 936

La Contour est citée dans le Grand Gauthier (f° 112) en 1404. Elle apparaît parmi les biens de la famille de Moussy en 1467.

Louis XI autorise Jean de Moussy à fortifier son château de la Contour en 1471/1472 (1471 d'après Rédet citant Ordonnances, t. XVII note p. 417). Il dirigea le ban et l'arrière-ban de la noblesse du Poitou pendant presque toutes les campagnes de Charles VII. Il meurt en 1510 et sa seconde épouse, dame Pernelle Ebrard, en 1513.

Entre 1762 et 1765, le comte de Moussy fait défricher 2,5 ha à Jouhet (Debien, Défrichements..., p. 305).

D'après les documents de la famille de Moussy (cf 1 J 10-16, analysés par I. Sagot, Mémoire..., p. 15-16), à la veille de la Révolution française, le comte de Moussy de la Contour possède cinq seigneuries, la Contour qui relève du seigneur de Pindray, la Maingouère qui relève en 1681 de Fortin de la Hoguette, évêque de Poitiers et seigneur de Savigny, et trois seigneuries royales, les seigneuries de Pruniers (depuis 1717) et Coupé (aujourd'hui commune de Pindray) et Sauzelles (aujourd'hui commune de Leignes-sur-Fontaine). Outre les terres de La Contour (qui comprennent les bâtiments, jardins, chènevrières, garennes, prés, grange, cuvier, moulin, étangs, vignes) et de Pruniers, il possède à Jouhet les terres d'Isse, Fontblanche, la Roche, du pré des Cosses, de Pouilloux, de la Cadrie, la tuilerie de la Chauvetterie, le moulin de Jouhet. Sur les matrices cadastrales de 1840 et suivantes, les propriétés de M. de Moussy de la Contour et de ses successeurs représentent plusieurs pages.

Il ne reste aucun vestige du château médiéval, localisé sur la parcelle H3 680 du plan cadastral de 1840 (voir en illustration) et indiqué en diminution sur les matrices cadastrales en 1864, avec la mention " inhabitable ". En 1854, une maison située sur la même parcelle est portée en diminution pour démolition et en augmentation pour changement de contenance dans les matrices cadastrales.

En 1856 est signalée la construction d'une maison sur la parcelle H 674 (parcelle au sud du château, en bord de Gartempe).

L'édifice actuel est réputé avoir été reconstruit en 1875, mais le registre des augmentations et diminutions des impositions cadastrales indique " château [...] construction nouvelle " sur la parcelle H 669 dès 1863, avec imposition à partir de 1866. Un plan masse montrant le projet de reconstruction du moulin par le comte de Moussy en 1870 figure déjà la masse du corps central avec ses perrons et les deux ailes en retour d'équerre à la place des communs, tout en conservant au nord une partie du bâtiment avec une tour d'angle.

En 1901, une écurie est construite sur la parcelle H2 669 (en bordure du parc) par M. de Moussy.

Le château est resté propriété de la famille de Moussy jusqu'en 1932 (mutation inscrite au cadastre en 1937).

La préfecture de Paris y a installé une colonie de vacances sous le nom de " Les Cèdres " dans les années 1950, utilisant à la fois le château et des bâtiments neufs construits au nord (voir le dossier). Le château est remis en état et les toitures sont modifiées en 1955/1956 (voir carte postale ancienne), avec notamment la création des lucarnes.

Le perron de la façade antérieure, photographié sur une carte postale non datée, a été modifié à une date indéterminée. Sur une vue avec les enfants de la colonie, l'escalier construit contre la façade a une forme différente de celle de l'escalier que l'on voit actuellement. Sur la façade postérieure, sur une autre carte postale ancienne, un escalier donne accès à une terrasse et interrompt la balustrade dont les balustres semblent identiques à celles que l'on voit aujourd'hui (mais qui est continue). Cet escalier est toujours visible sur une vue prise après la construction des bâtiments annexes de la colonie au nord. Sur une vue probablement plus récente, cet escalier a été recouvert par un remblai mais les piles qui marquaient l'interruption de la balustrade sont toujours visibles ; les balustres situées au nord (côté gauche de la photographie) semblent avoir disparu.

Le château a ensuite été revendu à un propriétaire privé en 1999.

Période(s)Principale : Moyen Age, 15e siècle, 16e siècle , (détruit)
Principale : 4e quart 19e siècle
Dates1875, daté par travaux historiques
Auteur(s)Personnalité : Moussy de Jean
Moussy de Jean (1433 (vers) - 1510)
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Le domaine de la Contour se compose de deux ensembles : le château reconstruit en 1875 avec la maison du gardien et les bâtiments annexes de l'ancienne colonie de vacances aménagée dans les années 1950.

Sur le cadastre de 1840, l'ancien château se composait de corps de bâtiments organisés autour d'une cour, avec une tour au nord-est et le pigeonnier à l'est. Des communs se trouvaient au sud, les bords de Gartempe, la partie nord vers l'église et l'ancienne chapelle funéraire ainsi qu'un grand parc au sud étaient organisés avec de grandes allées. La glacière était située à l'est, en bordure nord de la grande allée qui partait de l'ancienne route de Montmorillon vers le bourg et le bac de Jouhet.

Le château a été reconstruit à partir de 1863 en moellons enduits, la pierre de taille étant utilisée pour les chaînages d'angle, le soubassement et les pleins de travée. Il présente deux façades, l'une tournée vers une terrasse donnant sur la Gartempe à l'ouest et l'autre offerte aux visiteurs depuis la grille et l'allée cavalière à l'est.

Le château, couvert de toitures en ardoises à longs pans et croupes, est composé d'un corps central flanqué de deux ailes formant un U vers l'est. Il comprend un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé précédé d'un perron et un étage ; le corps central comprend en outre un étage de comble alors que les combles des ailes sont aménagées et éclairées par des lucarnes créées dans les années 1955/1956. L'étage de comble du corps central prend place au-dessus d'une corniche sur les deux façades. Ses fenêtres portent un décor très sobre.

Le corps principal est ordonnancé à cinq travées avec porte centrale surmontée d'une porte-fenêtre à balconnet avec grille en ferronnerie tant sur la façade antérieure que sur la façade postérieure. Sur cette dernière, le chaînage des angles sud-ouest et nord-ouest du corps central forment des pilastres. Sur les deux façades, les travées se détachent sur les murs enduits ; elles sont rythmées par le jeu sobre du décor des fenêtres, l'utilisation de la pierre de taille sous les appuis saillants des fenêtres, une fine mouluration des encadrements, un entablement avec un panneau nu au-dessus de la porte et des fenêtres du rez-de-chaussée, une corniche entre le rez-de-chaussée et l'étage, des chambranles à crossettes à l'étage. La terrasse de la façade postérieure est délimitée par une balustrade.

Chaque aile est percée de trois travées sur les façades occidentales et orientales, deux travées dans la partie donnant vers le corps central et trois travées sur les faces extérieures. Un bandeau de niveau sépare le rez-de-chaussée surélevé de l'étage sur toutes les élévations. Le décor des fenêtres est sobre, avec des appuis saillants et des chambranles à crossettes à l'étage. Le comble est éclairé par deux lucarnes sur les façades orientales et occidentales et trois sur la façade nord de l'aile nord et la façade sud de l'aile sud. Ces lucarnes sont couvertes d'un toit à longs pans et demi-croupe, avec des fenêtres à linteau cintré. Les trois travées de la façade nord de l'aile nord et la façade sud de l'aile sud sont rythmées par des pilastres.

Outre le grand perron de la façade orientale, des escaliers droits parallèles aux élévations permettent l'accès au rez-de-chaussée surélevé par la travée gauche de la façade sud de l'aile sud, la travée gauche de la façade sud de l'aile nord et la travée gauche de la façade nord de l'aile nord. Le palier de ce dernier escalier donne également accès à un escalier qui dessert le sous-sol. Un puits à margelle circulaire se trouve à proximité de cet accès. La cloche de service est installée au sommet du pilastre qui sépare la travée gauche de la travée centrale de l'élévation nord.

La Préfecture de Paris y a installé une colonie de vacances dans les années 1950, utilisant à la fois le château et des bâtiments neufs construits au nord (voir dossier). Le château a ensuite été revendu à un propriétaire privé en 1999.

Murscalcaire moellon enduit

Toitardoise
Plansplan symétrique
Étagessous-sol, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage de comble
Élévations extérieuresélévation à travées, élévation ordonnancée
Couverturestoit à longs pans croupe
Escaliersescalier de distribution extérieur : escalier droit en maçonnerie
Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • Le terrible hiver 1788-1789 par Charles de Moussy (Archives départementales de la Vienne, 2E Supplément 241)

    " 1789. Comte de Moussy. Notices météorologiques et historiques sur le froid de l’hyvert de 1788 à 1789 et sur la débâcle des glaces de la Gartempe ; ces notices ont été rédigées au château de la Contour situé en Poitou sur la rivière de Gartempe, longitude 18° 26' ; latitude 46°32'.

    [rayé] Observations météorologiques faites pendant les mois de décembre 1788 et de janvier 1789, au château de la Contour, situé en Poitou, sur la rivière de Gartempe, par le 18e degré 26 de longitude et le 46e degré 32 de latitude, suivies de la description désastreux effets de la débâcle des glaces de la Gartempe (1).

    Le froid qui commença à se faire ressentir très vivement dès la fin de novembre 1788 (2) et dont la rigoureuse aspérité dura jusqu’au 8 janvier suivant, fut si excessif qu’il glaça, ou pour mieux dire, pétrifia la Gartempe, fit fendre le tronc des plus gros chênes, gela les vignes, et les plantes, fit périr les oiseaux, le gibier et même quelques hommes, et pendant toute la durée, la surface de la terre fut alternativement, et constamment couverte d’une couche très épaisse de glace ou de neige qui rendit tous les chemins impraticables. Ce froid, le plus rigoureux et le plus long qu’on eut jamais éprouvé dans le Poitou ne parvint à son plus haut degré d’intensité que dans la nuit du 30 au 31 décembre.

    Deux thermomètres construits avec un tube capillaire parfaitement cylindrique, de neuf pouces de longueur sur un diamètre intérieur d’un quart de ligne, terminé par une boule de 8 lignes de diamètre, soigneusement purgés d’air et chargés avec du mercure purifié au cinabre descendirent alors jusqu’au 17e degré ½ au dessous de zéro au point de congélation (3) ; depuis le 31 décembre ces thermomètres remontèrent graduellement ; le 8 janvier ils étaient à 10 degrés au-dessous de 0 et s’y maintinrent jusqu’au 14. Ce relâchement soutenu de la température, en opérant la dilatation de l’atmosphère, prépara progressivement le dégel dont l’attente effrayait en proportion de l’énorme épaisseur de la glace qui couvrait la rivière. Cette épaisseur était telle que l’ayant mesurée, le 31 décembre, en plusieurs points, elle me donna pour terme moyen de 20 à 25 pouces, et j’estime que depuis le 31 décembre jusqu’au 14 janvier elle pouvait avoir perdu un 20e de cette dimension. Ce fut dans la matinée du 14 janvier que commença la débâcle. La Gartempe, grossie par la fonte des neiges, fit un effort prodigieux pour soulever la glace qui couvrait entièrement son lit ; malheureusement trop épaisse, elle résista en plusieurs endroits, et notamment au-dessus de la ville de Montmorillon où la profondeur est peu considérable. Les glaçons entraînés par le courant s’amoncelèrent par couches perpendiculairement parallèles à une hauteur extraordinaire. Toute la ville, dont la plupart des maisons sont construites sur les deux bords de la rivière, qui dans cette partie de son cours est prodigieusement resserrée, tremblait par la crainte qu’en se détachant, ces masses énormes de glace ne renversassent non seulement les maisons, mais même le pont qui sert à la communication de la haute et de la basse ville. Déjà la Gartempe barrée dans toute sa largeur, et forcée dans sa direction, commençait à lancer d’énormes glaçons dans les rues, qu’ils obstruaient de telle force que l’on touchait à l’affreux instant de l’entière destruction de la basse-ville. Dans cette horrible détresse, les Montmorillonnais éperdus élèvent leurs mains vers le ciel, implorent à grands cris sa divine assistance, se précipitent en foule aux pieds des autels du Dieu des Miséricordes, les arrosent de leurs larmes, et font retentir du fruit triste et confus de leurs sanglots les voûtes sacrées du temple de l’éternel. Le clergé et le peuple marchent ensuite processionnellement vers le pont et récitent en gémissant, les prières les plus touchantes. Mais à peine la procession est-elle parvenue à une chapelle de la Vierge qui est située sur ce pont, que l’on voit la montagne de glace s’ébranler avec fracas aussi majestueux qu’effrayant, puis s’écoule doucement à travers les arcades du pont, et sans causer aucun dommage. Ne serait-ce point-là le cas de rappeler avec autant d’admiration que de reconnaissance, ce sublime passage de l’Écriture Sainte ? Dixit et siluerunt fluctus. Mais comment se manifeste le plus petit grain de foie dans ce siècle d’incrédulité absolue !

    Tandis que cette terrible débâcle se faisait à Montmorillon, l’effroi était au comble sur toute la partie de la rivière qui coule de cette ville vers ma maison de la Contour (4) ; deux moulins que j’y possède et qui n’ont que des écluses en bois courraient les plus grands risques mais tous les habitants de ma terre de la Contour que j’aime avec tendresse et qui me chérissent de même, se portèrent avec tant de célérité [ajout marginal de leur propre mouvement] sur le bouchaud du moulin le plus employé, et firent de tels prodiges d’intrépidité et d’adresse, qu’ils parvinrent mais, non sans des peines inouïes, à faire passer par l’ouverture des vannes plusieurs milliers d’énormes glaçons. Il est à propos de faire observer ici, qu’en se dévouant a ce dangereux travail, mes courageux ouvriers ne se tenaient que sur une planche étroite couverte de verglas, et continuellement ébranlée par l’épouvantable choc des glaçons et que ce fut sur ce périlleux échafaud qu’ils osèrent affronter les secousses multipliées de ces masses énormes et en couper, avec des haches, les pointes irrégulières afin d’en faciliter le dégorgement à travers le gouffre effroyable du bouchaud qu’ils avaient sous leurs pieds mais ce qui mettait le comble au péril de ce travail, c’est que chaque glaçon, en se précipitant et s’engageant dans le pertuis des vannes, se trouvait au même instant, chargé d’une infinité d’autres que la rapidité du courant ne cessait d’entraîner pendant toute cette opération je me tins constamment au milieu de mes intrépides ouvriers pour les préserver, autant que possible des accidents dont ils étaient continuellement menacés, et mille fois je leur ordonnai de se retirer, et de laisser abimer le moulin, écluse et bouchaud, plutôt que de s’exposer plus longtemps. Mais à cela il me fut autant de fois répondu par acclamation [3 lignes rayées] non Mr, nous ne nous retirerons point, et nous péririons plutôt nous-mêmes que de laisser périr les possessions de notre bon seigneur qui est et fut toujours notre père et notre ami. Avec un cœur aussi sensible que le mien, je fus sans doute plus touché que je ne puis l’exprimer de ces témoignages d’une affection aussi vive, mais dans le moment aussi critique où ils m’étaient si tendrement prodigués, la joie que j’en ressentis fut infiniment balancée par la crainte des accidents qui menaçaient mes braves amis. Enfin, et après dix heures de ce plus pénible travail, le dégorgement fut complétement effectué et cela sans aucune dégradation ni aucun autre malheur que la chute de mon maître charpentier dans le gouffre du bouchaud. Il n’en fut cependant retiré qu’avec peine, et, ce qui prouve sa téméraire audace et son dévouement pour moi c’est qu’il osa malgré mes défenses, retourner au travail après avoir changé de vêtements à la hâte ; il est à remarquer, qu’à partir de 200 toises au-dessus de mon moulin, et en remontant le cours de la rivière dans un espace d’un quart de lieu, la glace n’avait point crevé (5) et avait encore depuis 12 jusqu'à 15 pouces d’épaisseur. Cette forte nappe de glace retenait tous les glaçons amoncelés jusqu'à Montmorillon et l’aspect qu’ils présentaient offrait l’horrible tableau, en très grand relief, de l’épouvantable effet d’une mine face à d’immenses fortifications. La rivière, pavée de glaçons, une pointe en bas, et l’autre saillant de plusieurs pieds au-dessus de la surface de l’eau, ne paraissait en aucun lieu et coulait péniblement à travers ces masses avec un bruit sourd et lugubre. Ces montagnes de glaçons restèrent ainsi appuyées sur la nappe inferieure de glace, pendant plusieurs jours et tinrent, durant le temps de leur station, tous les habitants des bords d’aval de la Gartempe dans de continuelles alarmes. Si, par malheur, il eût plu, tout aurait été détruit et abimé jusqu'à d’énormes distances du lit de la rivière, parce que resserrée et comprimée, au point ou elle l’était, le fougueux débordement de ses glaçons aurait opéré la plus horrible dévastation mais, par une grâce particulière du ciel le temps fut toujours si doux que les glaçons, et la nappe de glace perdant chaque jour quelque chose de leur épaisseur et conséquemment de leur force destructive finirent par démarrer pendant la nuit du 21 au 22 sans causer le moindre dommage ni à mes moulins, ni à mes écluses quoique, par la nature de leur construction ils dussent nécessairement être exposés aux plus affreuses dégradations. Cette grâce est d’autant plus remarquable que plusieurs moulins et écluses de la plus grande solidité ont été ou entièrement détruits, ou considérablement dégradés par la débâcle des glaces. Vivement touché et pénétré de cette faveur divine, j’ai cru devoir en rendre le souvenir éternel dans ma famille. En conséquence j’ai gravé l’inscription suivante sur un tableau placé dans le salon de ma maison de la Contour.

    « Le 14 janvier 1789 ce château (de la Contour) et toutes ses dépendances hydrauliques furent à la veille d’être entièrement détruits par la plus horrible débâcle de glaces dont il soit fait mention depuis la création du monde, et s’ils ont été préservés de cette destruction qui paraissait inévitable, on ne doit attribuer cette espèce de miracle qu’aux charités immenses que je ne cessai de répandre sur les habitants malheureux de mes terres pendant toute la durée du plus cruel et du plus long de tous les hivers après avoir rendu à Dieu de solennelles actions de grâces de ce bienfait signalé je me suis fait un devoir de religion d’en transmettre le ressouvenir à ma postérité afin de lui prouver que le meilleur moyen de mériter les faveurs du ciel est de se dévouer sans relâche au soulagement de l’humanité souffrantes ».

    J’avais oublié de dire que les glaçons d’une dimension prodigieuse, comme de 30 et 40 pieds dans toutes faces sur 3 et 4 pieds d’épaisseur (6) ont été lancés, comme par explosion, jusqu'à des distances incroyables du lit de la rivière, qu’ils ont couvert toute la surface des prairies adjacentes, et coupés ou arrachés les plus gros arbres qui les bordaient. Il serait impossible d’évaluer au juste les pertes énormes que cette débâcle a occasionnées.

    Inscription pour perpétuelle mémoire à ma postérité

    Le 14 janvier 1789, le château et toutes ses dépendances hydrauliques furent à la veille d’être entièrement détruits par la plus effroyable de toute les débâcles de glace dont l’histoire fasse mention depuis la création du monde, et s’ils ont été préservés d’une destruction qui paraissait certaine et inévitable, on ne doit attribuer cette espèce de miracle qu’aux charités abondantes dont la divine providence permit que je devinsse le dispensateur pendant toute la durée du plus long et du plus cruel de tous les hivers. Après avoir à Dieu de solennelle actions de grâce de ce bienfait signalé, j’ai cru devoir en transmettre faire partager ma vive reconnaissance et de lui prouver que le plus sur moyen de mériter les faveurs du ciel est de soulager sans relâche l’humanité souffrante.

    (1) Cette rivière prend sa source dans la marche, proche le bourg de Gartempe, dont elle a pris le nom. Elle coule d’abord de l’est à l’ouest, puis, tournant, tout à coup, du midi au nord, elle tombe, après un cours de 40 lieues, ou environ dans la Creuse à peu de distance de La Roche-Pozay. Dans les endroits où elle n’est point retenue par des écluses ou chaussées de moulin, la rapidité [note marginale de cette rivière] est considérable ; elle peut lui faire parcourir un pied, ou environ, dans une seconde ; sa largeur moyenne est de 35 toises, et sa profondeur d’une, deux et quelquefois de trois toises.

    (2) Le thermomètre [suite de la ligne effacée]

    (3) Depuis le 1er décembre jusqu’au 8 janvier, le baromètre marqua depuis 28 p 3 lig. jusqu'à 28 p 8 lig et le vent fut presque toujours nord-nord-est. Il est bon d’observer que mes deux thermomètres portent 80 degrés, depuis le point de la glace jusqu'à celui de l’eau bouillante et qu’ils sont dès lors conformes à [ ?] de l’observatoire de Paris.

    (4) On compte, par là, deux lieues de la ville de Montmorillon au château de la Contour.

    (5) Ce banc, ou nappe de glace, n’avait resté en place que parce que j’avais fait soigneusement entretenir le passage de mon bac, situé au-dessous. Ce passage, formant une solution de continuité, opéra la débâcle de la glace qui couvrait la rivière jusqu'à mon moulin ainsi isolée, elle fut entraînée par la rapidité qu’occasionna le gonflement des eaux et par l’attraction de l’ouverture des vannes du [effacé].

    (6) Cette épaisseur extraordinaire avait été produite par l’amalgamation de plusieurs glaçons. »

    (Transcription B. Poussard et B. Joyeux ; texte remis en orthographe actuelle, les notes ont été renumérotées en continu et regroupées en fin de texte ; V. Dujardin)

    1 ligne = 1/12e de pouce ; en Poitou, 1 pouce = 2,707cm.

Références documentaires

Documents d'archives
  • 1693. Arrière-ban du Poitou. M. de La Contour, commandant.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : C 18
  • 1496-1776. Hommages et aveux rendus au Roi, à cause de son château de Montmorillon :

    - par Félix Augier, chanoine de Notre-Dame de Montmorillon ;

    - Anne Guimard, veuve de Gaspard Jacques, chevalier, Charles de Moussy, chevalier, seigneur de La Contour, pour le fief de Coupé, paroisse de Pindray ;

    - par Isaac et Philippe Du Breuil, écuyers, Jacques, Joseph et Jean-Simon-Gabriel Berthelin, chevaliers, pour le fief du Cluseau-Bonneau, paroisse de Latus ;

    - par Catherine de Lastours, Marguerite de Brye, Renée d'Aultier, Françoise Aymar, Marie d'Aubusson de Banson, prieures de Coudon et Biard, pour le temporel de ce prieuré dépendant de l'abbaye de La Règle à Limoges ;

    - par Pierre de Boussigny, écuyer, François Pian, Philippe Degraves, Gaspard de Blom, écuyer, pour le fief de La Dallerie, paroisse de Latus.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : C 379
  • 1494-1776. Hommages et aveux rendus au Roi, à cause de son château de Montmorillon :

    - par Louis et Jean Loubes, écuyers, Florent, Martin-Louis, Claude et Louis-Claude de Ravenel, chevaliers, pour le fief de Gerzant, paroisse de La Trimouille ;

    - par Jean et Arthus Vigier, écuyers, Jean Chardon, écuyer, Marguerite Boisry, veuve de François de Briencourt, chevalier, pour une rente appelée rente des Guillots, en la paroisse de Bouneuil, près Saint-Benoît-du-Sault ;

    - par Isaac Du Roset, écuyer, François et Pierre de Valancienne, écuyers, pour le fief de Jarrige ou Roziers, paroisse de Leigne ;

    - par Charles et Charles-Jacques-Robert-Hugues de Moussy, chevaliers, seigneurs de La Contour, pour le droit de haute, moyenne et basse justice en la paroisse de Jouet ;

    - par Guy, René et Pierre de Beufs, écuyers, Pierre, François-Joseph et Jean Goudon, pour le fief de La Lande, paroisse de Moussac-sur-Gartempe.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : C 382
  • 1469-1744. Hommages et aveux rendus au Roi, à cause de son château de Montmorillon :

    - par Jacques-Mathieu d'Espaigne et Desse d'Aubusson, pour la baronnie de Laron, paroisse de Saint-Julien-le-Petit, près Eymoutiers ;

    - par Jean, Gamaliel et François de Moussy, écuyers, seigneurs de La Contour, pour une dîme en la paroisse de Latus ;

    - par Pierre Lelarge, écuyer, pour les droits d'échange de la paroisse de Lignac ;

    - par Robert et Mathieu Chappuset, Maixent et Antoine de Bremiers, prieurs de Saint-Hilaire de Leigne, pour le temporel de ce prieuré ;

    - par Pierre, Mathurin, François et Jean Sororeau, René Richard, écuyer, pour le fief de Lignault, paroisse de Moutiers, près Le Dorat ;

    - par Jean de Meignac, écuyer, pour le droit de justice de Lussazois, paroisse de Lussac-lez-Églises.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : C 383
  • 1493-1776. Hommages et aveux rendus au Roi, à cause de son château de Montmorillon :

    - par Jean Gilier, écuyer, Pierre Gombault, écuyer, François de Fors, écuyer, François Jacques, écuyer, Charles Fricon, écuyer, Charles-Hugues-Jacques-Robert, comte de Moussy, pour le fief de Pruniers, paroisse de Pindray ;

    - par Silvain Richard, écuyer, pour le fief de La Tour-au-Paumier, paroisse de Varneuil, près Le Dorat ;

    - par Eustache, Antoine et Antoinette Signault, Jeanne de Cleré, damoiselle, Pierre de Baslon, écuyer, Marguerite Babert, damoiselle, Jeanne Veras de La Bastière, Pierre-Jacques Veras, écuyer, pour le fief du Quéroir-Barberoux ou La Perchée, paroisse de Sillars ;

    - par Charles et Jean Gaillard, Silvain Gravelat de Montlebault, écuyer, pour le fief de La Queuillère, paroisse de Saint-Agnan-de-Versillac, près La Souterraine.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : c 387
  • 1231-1870 : droits seigneuriaux du château de La Contour.

    2 E 220-286 : famille de Moussy ;

    2 E 289-292 : famille Bichier des Fosses ;

    2 E 294-316 : famille Chaud de Lenet ;

    2 E 324-329 : famille Irland.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 2 E suppl. 220-344
  • 1789. Comte de Moussy. Notices météorologiques et historiques sur le froid de l’hyvert de 1788 à 1789 et sur la débâcle des glaces de la Gartempe ; ces notices ont été rédigées au château de la Contour situé en Poitou sur la rivière de Gartempe, longitude 18° 26' ; latitude 46°32'.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 2E Supplément 241
  • 1392-1833. Famille de Moussy [documents ont été donnés par M. d’Aigneaux le 10 juin 1943 (entrée n°531)].

    1 J 10. Généalogie et histoire générale de la famille. s.d.

    1 J 11 Titres de famille. – 1800-1833 (en particulier mémoires de fournisseurs de l’an XII à 1833 ; comptes avec des métayers, 1801-1827 ; éloge de Napoléon, 1 cahier).

    1 J 13. 1826-1829. Titres domaniaux, administration du domaine de la Contour.

    1 J 14. 1830-1833. Titres domaniaux, administration du domaine de la Contour.

    1 J 15. 1417-1806. Paroisse de Jouhet : saisie de la seigneurie dela Contour (1587) ; droits de justice (1743) ; terrier de la Contour (1633) ; rapports avec le prieur (XVIIIe siècle) ; la Galonerie (1658-1772) ; les Landes (1417) ; la Font-Blanche ,Javardenac, le Barrot, La Grange (et Chavagnes, paroisse d’Haim) (1483-1806) ; terres diverses (1557-XVIIIe siècle).

    1 J 16. 1333-1832. Paroisses de Nouaillé (1750-1832), de Persac(1523), de Pindray : Laspoye de Salvert ?(1518) ; Pruniers (XVIIIe siècle-1832) ; la Roche-au-Bossan (1333-1701) ; rapports avec le prieur (1721-1772), de Rezay ? (département du Cher) : Fonds de Hé (1530), de Saint-Martin-Lars (1470-1482), de Vivonne (rentes sur maisons et jardins, 1605-1788).

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 1 J 10-16
  • Jouhet, cadastre, tableau des propriétaires, augmentations et diminutions 1847-1899.

    4 P 2399 : tableau indicatif des propriétaires, des propriétés foncières et de leur contenance : sections A-H4. .

    4 P 2400-2403 : matrice des propriétés foncières

    4 P 2400 : folios 1-460, table alphabétique des propriétaires, augmentations et diminutions (1847-1870).

    4 P 2401 : folios 461-876.

    4 P 2402 : folios 877-1038, Augmentations et diminutions (1872-1914).

    4 P 2403 : matrice des propriétés bâties : cases 1-224 ; table alphabétique des propriétaires, augmentations et diminutions (1883-1899).

    4 P 4043 : matrice des propriétés bâties (minute) : cases 1-211 ; table alphabétique des propriétaires1911-1942.

    4 P 4044-4045 : matrice des propriétés non bâties (minute) 1913-1942 ; matrice des propriétés foncières.

    4 P 4044 : folios 1-500 ; table alphabétique des propriétaires ; augmentations et diminutions (1914-1942).

    4 P 4045 : Folios 501-793.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 4 P 2399-2403 ; 4 P 4043-4045
Documents figurés
  • Plan cadastral, plan d'assemblage et 28 feuilles, A. Joyaux Géomètre de première classe, Alagille géomètre secondaire, terminé en août 1840.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 4P 4990 à 4998
  • " Règlement d'eau du moulin de Jouhet. Plan de détails, échelle de 0,002 par mètre. Dressé par le Conducteur principal des Ponts-et-Chaussées Lecompte le 30 juin 1870, vu par l'Ingénieur en chef Férand le 1er Juillet 1870 ". Lecompte conducteur des ponts-et-chaussées. Plan aquarellé. 1870.

    Archives départementales de la Vienne, Poitiers : 7 S 100
Bibliographie
  • Crozet, René. Recherches sur les sites de châteaux et de lieux fortifiés en Haut-Poitou au Moyen Âge, Bulletin de la Société des Antiquaires de l´Ouest, 4ème série, t.11, 1971-1972.

    p. 192
  • Debien, Gabriel. Les défrichements en Haut-Poitou sur la fin du XVIIIème siècle. Bulletin de la Société des Antiquaires de l'Ouest, 4ème s., t. 16, 1981-1982.

    p. 305
  • Durand Philippe, Andrault Jean-Pierre, dir. Châteaux, manoirs et logis, la Vienne. Éditions patrimoines et médias. Niort, 1995.

    p. 370
  • Longuemar, Alphonse le Touzé de. Correspondance inédite extraite des archives de la famille de Moussy-la-Contour, contenant les lettres du comte Louis Centorio-d'Avogadre et de François II de Moussy-la-Contour, son beau-père, l'un et l'autre gouverneurs de Metz, et des ministres de la minorité de Louis XIV, Mazarin, Le Tellier et de Loménie. Mémoire de la Société des Antiquaires de l'Ouest, série 1, tomme XXV, 1859-1860.

    175-299
  • Lotte, René. Comptes rendus. Bulletins et Mémoires de la société archéologique et historique de la Charente, 1965 (communication de Jacques Rollet).

    p. 64
  • Raveau, Paul. L'agriculture et les classes paysannes. La transformation de la propriété en Haut-Poitou au XVIe siècle. Paris, Rivière, 1926.

    p. 73, 89 (biens des Moussy-la-Contour)
  • Vignaud, Jules. Le cahier de doléances de la paroisse de Jouhet-en-Poitou en 1789. Bulletin de la Société des Antiquaires de l'Ouest, 3e série, tome 10, 2e trimestre 1934.

    p. 149-155
  • Rédet, Louis, éd. Cartulaire de l’évêché de Poitiers ou Grand-Gauthier, Archives historiques du Poitou, t. 10, 1881.

  • RÉDET, Louis. Dictionnaire topographique du département de la Vienne [...], Paris : Imprimerie nationale, 1881. (Réédition Paris : J.-M. Williamson, 1989), 526 p.

    p. 132 Médiathèque François-Mitterrand, Poitiers : 914.463 RED
  • Sagot, Isabelle. La noblesse d'un homme du XVIIIème siècle ou la vie et les comportements d'Hugues Charles Jacques Robert Comte de Moussy la Contour. Mémoire de l'université de Poitiers, dir. M. Tarrade er M. Péret, juin 1986.

  • Salvini, Joseph. Les ensembles décoratifs dans le diocèse de Poitiers entre la guerre de Cent Ans et les guerres de Religion. Bulletins de la société des Antiquaires de l'Ouest, 3e série, tome 12, 1939-1941.

    p. 97-98
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Reix [Jean Baptiste] Florentin
Reix [Jean Baptiste] Florentin ( - 11/08/1983)
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- Dujardin Véronique
Dujardin Véronique

Chercheur, service Patrimoine et Inventaire


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