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Dujardin Véronique
Dujardin Véronique

Chercheur, service Patrimoine et Inventaire

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Château de la Contour
Auteur
Dujardin Véronique
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Copyright
  • (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Arrondissement de Montmorillon - Montmorillon
  • Commune Jouhet
  • Lieu-dit la Contour
  • Adresse 12 rue de l' Ancien-Charron
  • Cadastre 1840 H 673, 680  ; 1943 H2 68  ; 2016 H2 936
  • Dénominations
    château
  • Destinations
    colonie de vacances
  • Parties constituantes non étudiées
    parc, mur de clôture, terrasse en terre-plein, puits

La Contour est citée dans le Grand Gauthier (f° 112) en 1404. Elle apparaît parmi les biens de la famille de Moussy en 1467.

Louis XI autorise Jean de Moussy à fortifier son château de la Contour en 1471/1472 (1471 d'après Rédet citant Ordonnances, t. XVII note p. 417). Il dirigea le ban et l'arrière-ban de la noblesse du Poitou pendant presque toutes les campagnes de Charles VII. Il meurt en 1510 et sa seconde épouse, dame Pernelle Ebrard, en 1513.

Entre 1762 et 1765, le comte de Moussy fait défricher 2,5 ha à Jouhet (Debien, Défrichements..., p. 305).

D'après les documents de la famille de Moussy (cf 1 J 10-16, analysés par I. Sagot, Mémoire..., p. 15-16), à la veille de la Révolution française, le comte de Moussy de la Contour possède cinq seigneuries, la Contour qui relève du seigneur de Pindray, la Maingouère qui relève en 1681 de Fortin de la Hoguette, évêque de Poitiers et seigneur de Savigny, et trois seigneuries royales, les seigneuries de Pruniers (depuis 1717) et Coupé (aujourd'hui commune de Pindray) et Sauzelles (aujourd'hui commune de Leignes-sur-Fontaine). Outre les terres de La Contour (qui comprennent les bâtiments, jardins, chènevrières, garennes, prés, grange, cuvier, moulin, étangs, vignes) et de Pruniers, il possède à Jouhet les terres d'Isse, Fontblanche, la Roche, du pré des Cosses, de Pouilloux, de la Cadrie, la tuilerie de la Chauvetterie, le moulin de Jouhet. Sur les matrices cadastrales de 1840 et suivantes, les propriétés de M. de Moussy de la Contour et de ses successeurs représentent plusieurs pages.

Il ne reste aucun vestige du château médiéval, localisé sur la parcelle H3 680 du plan cadastral de 1840 (voir en illustration) et indiqué en diminution sur les matrices cadastrales en 1864, avec la mention " inhabitable ". En 1854, une maison située sur la même parcelle est portée en diminution pour démolition et en augmentation pour changement de contenance dans les matrices cadastrales.

En 1856 est signalée la construction d'une maison sur la parcelle H 674 (parcelle au sud du château, en bord de Gartempe).

L'édifice actuel est réputé avoir été reconstruit en 1875, mais le registre des augmentations et diminutions des impositions cadastrales indique " château [...] construction nouvelle " sur la parcelle H 669 dès 1863, avec imposition à partir de 1866. Un plan masse montrant le projet de reconstruction du moulin par le comte de Moussy en 1870 figure déjà la masse du corps central avec ses perrons et les deux ailes en retour d'équerre à la place des communs, tout en conservant au nord une partie du bâtiment avec une tour d'angle.

En 1901, une écurie est construite sur la parcelle H2 669 (en bordure du parc) par M. de Moussy.

Le château est resté propriété de la famille de Moussy jusqu'en 1932 (mutation inscrite au cadastre en 1937).

La préfecture de Paris y a installé une colonie de vacances sous le nom de " Les Cèdres " dans les années 1950, utilisant à la fois le château et des bâtiments neufs construits au nord (voir le dossier). Le château est remis en état et les toitures sont modifiées en 1955/1956 (voir carte postale ancienne), avec notamment la création des lucarnes.

Le perron de la façade antérieure, photographié sur une carte postale non datée, a été modifié à une date indéterminée. Sur une vue avec les enfants de la colonie, l'escalier construit contre la façade a une forme différente de celle de l'escalier que l'on voit actuellement. Sur la façade postérieure, sur une autre carte postale ancienne, un escalier donne accès à une terrasse et interrompt la balustrade dont les balustres semblent identiques à celles que l'on voit aujourd'hui (mais qui est continue). Cet escalier est toujours visible sur une vue prise après la construction des bâtiments annexes de la colonie au nord. Sur une vue probablement plus récente, cet escalier a été recouvert par un remblai mais les piles qui marquaient l'interruption de la balustrade sont toujours visibles ; les balustres situées au nord (côté gauche de la photographie) semblent avoir disparu.

Le château a ensuite été revendu à un propriétaire privé en 1999.

Le domaine de la Contour se compose de deux ensembles : le château reconstruit en 1875 avec la maison du gardien et les bâtiments annexes de l'ancienne colonie de vacances aménagée dans les années 1950.

Sur le cadastre de 1840, l'ancien château se composait de corps de bâtiments organisés autour d'une cour, avec une tour au nord-est et le pigeonnier à l'est. Des communs se trouvaient au sud, les bords de Gartempe, la partie nord vers l'église et l'ancienne chapelle funéraire ainsi qu'un grand parc au sud étaient organisés avec de grandes allées. La glacière était située à l'est, en bordure nord de la grande allée qui partait de l'ancienne route de Montmorillon vers le bourg et le bac de Jouhet.

Le château a été reconstruit à partir de 1863 en moellons enduits, la pierre de taille étant utilisée pour les chaînages d'angle, le soubassement et les pleins de travée. Il présente deux façades, l'une tournée vers une terrasse donnant sur la Gartempe à l'ouest et l'autre offerte aux visiteurs depuis la grille et l'allée cavalière à l'est.

Le château, couvert de toitures en ardoises à longs pans et croupes, est composé d'un corps central flanqué de deux ailes formant un U vers l'est. Il comprend un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé précédé d'un perron et un étage ; le corps central comprend en outre un étage de comble alors que les combles des ailes sont aménagées et éclairées par des lucarnes créées dans les années 1955/1956. L'étage de comble du corps central prend place au-dessus d'une corniche sur les deux façades. Ses fenêtres portent un décor très sobre.

Le corps principal est ordonnancé à cinq travées avec porte centrale surmontée d'une porte-fenêtre à balconnet avec grille en ferronnerie tant sur la façade antérieure que sur la façade postérieure. Sur cette dernière, le chaînage des angles sud-ouest et nord-ouest du corps central forment des pilastres. Sur les deux façades, les travées se détachent sur les murs enduits ; elles sont rythmées par le jeu sobre du décor des fenêtres, l'utilisation de la pierre de taille sous les appuis saillants des fenêtres, une fine mouluration des encadrements, un entablement avec un panneau nu au-dessus de la porte et des fenêtres du rez-de-chaussée, une corniche entre le rez-de-chaussée et l'étage, des chambranles à crossettes à l'étage. La terrasse de la façade postérieure est délimitée par une balustrade.

Chaque aile est percée de trois travées sur les façades occidentales et orientales, deux travées dans la partie donnant vers le corps central et trois travées sur les faces extérieures. Un bandeau de niveau sépare le rez-de-chaussée surélevé de l'étage sur toutes les élévations. Le décor des fenêtres est sobre, avec des appuis saillants et des chambranles à crossettes à l'étage. Le comble est éclairé par deux lucarnes sur les façades orientales et occidentales et trois sur la façade nord de l'aile nord et la façade sud de l'aile sud. Ces lucarnes sont couvertes d'un toit à longs pans et demi-croupe, avec des fenêtres à linteau cintré. Les trois travées de la façade nord de l'aile nord et la façade sud de l'aile sud sont rythmées par des pilastres.

Outre le grand perron de la façade orientale, des escaliers droits parallèles aux élévations permettent l'accès au rez-de-chaussée surélevé par la travée gauche de la façade sud de l'aile sud, la travée gauche de la façade sud de l'aile nord et la travée gauche de la façade nord de l'aile nord. Le palier de ce dernier escalier donne également accès à un escalier qui dessert le sous-sol. Un puits à margelle circulaire se trouve à proximité de cet accès. La cloche de service est installée au sommet du pilastre qui sépare la travée gauche de la travée centrale de l'élévation nord.

La Préfecture de Paris y a installé une colonie de vacances dans les années 1950, utilisant à la fois le château et des bâtiments neufs construits au nord (voir dossier). Le château a ensuite été revendu à un propriétaire privé en 1999.

  • Murs
    • calcaire moellon enduit
  • Toits
    ardoise
  • Plans
    plan symétrique
  • Étages
    sous-sol, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage de comble
  • Élévations extérieures
    élévation à travées, élévation ordonnancée
  • Couvertures
    • toit à longs pans croupe
  • Escaliers
    • escalier de distribution extérieur : escalier droit en maçonnerie
  • Statut de la propriété
    propriété privée