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Château de la Boutière

Dossier IA86013567 réalisé en 2018

Fiche

Destinationschâteau
Parties constituantes non étudiéespigeonnier, dépendance, croix funéraire, cour
Dénominationschâteau
Aire d'étude et cantonLencloître
AdresseCommune : Lencloître
Adresse : La Boutière
Cadastre : 2016 AD 216

Une première mention de la Boutière apparaît en 1555 comme terre dépendant du couvent de Lencloître.

La construction du château débute en 1808 pour la famille de Fouchier. Sur le cadastre dit napoléonien (1826), il est entouré de nombreuses dépendances. Par son mariage le 6 mai 1862 avec Marie de Fouchier, le comte Henri de Lastic Saint Jal (1833-1918) devient propriétaire de la Boutière.

Le château est agrandi en 1868 au nord et au sud par une aile et à l'est d’une tour d’escalier desservant les étages. Des dépendances au sud-ouest sont également ajoutées le long de la route. Le château possédait une réserve d’eau pluviale au grenier (aile sud) qui permettait l’approvisionnement en eau de la maison.

Le château reste la propriété des Lastic Saint Jal vraisemblablement jusqu’en 1918. Il devient ensuite maison de repos pour familles puis colonie de vacances. Des dortoirs sont aménagés dans le grenier ainsi que dans les dépendances. Une aire de jeux est également créée dans un bâtiment annexe avec le logement du directeur. Deux bâtiments situés au nord et à l’est semblent dater de la première période de construction mais leur destination n'est pas connue.

La chapelle funéraire de la famille Lastic-Saint-Jal se trouve dans le cimetière de Lencloître.

Période(s)Principale : 1er quart 19e siècle, 3e quart 19e siècle
Dates1808, porte la date
1868, porte la date

Situé au nord-ouest du bourg, le château est situé à proximité du hameau de Gaudion et à quelques centaines de mètres au nord du château de Cursay. Il est entouré de bois et de champs.

Bâtiment de plan rectangulaire (1808) :

Le premier corps de bâtiment édifié est de plan rectangulaire et comprend un étage carré et un étage de comble. Un bandeau en pierre calcaire souligne le soubassement du bâtiment et la base du premier étage. La corniche est en pierre moulurée. La porte d'entrée est surmontée d'un arc segmentaire dans lequel prend place le blason de la famille de Fouchier (lion couronné) et de Lastic Saint Jal (de gueules à fasce d'argent). Les encadrements des baies et les chaînes d'angle sont en pierre de taille. Le toit brisé est couvert d'ardoises. Les épis de faîtage sont en zinc. Le brisis du toit est percé de lucarnes (façade ouest). À l'intérieur, la pièce donnant sur l'entrée était à l'origine pavée en damier de carreaux (calcaire et ardoise). Un escalier intérieur aujourd'hui disparu desservait les neuf pièces d'origine réparties sur trois niveaux. La lucarne au centre porte la date gravée 1808.

Ailes, tour d'escalier et cabinet d'aisance (1868) :

Les deux ailes ajoutées au sud et au nord ainsi que la tour d'escalier et le cabinet d'aisance en encorbellement s’intègrent au bâti d'origine en reprenant les mêmes éléments architecturaux : chaînes d'angle et encadrement des baies en pierre de taille, bandeaux et corniches, toit brisé pour les deux ailes surmonté d'épis en zinc, lucarnes sur la façade ouest. La tour abritant l'escalier hors-oeuvre prend place sur la façade orientale ainsi qu'un cabinet d'aisance édifié en encorbellement à l'angle de l'aile sud. Le toit conique en ardoise de la tour d'escalier est surmonté d'une girouette. Le cabinet d'aisance est couvert d'un toit à longs pans en ardoise surmonté d'une crête et d'épis en zinc. Les deux fenêtres des ailes au rez-de-chaussée sont surmontées sur la clef du linteau d'un motif sculpté de deux dragons (celui de gauche à la gueule ouverte, celui de droite à la gueule fermée) entourant un cartouche. Au premier étage, toujours au niveau des ailes, les fenêtres portent la date 1868 dans un cartouche entouré de deux tiges végétales.

Dépendances (1808) :

Les deux bâtiments annexes figurant sur le cadastre napoléonien sont de plan carré et comprennent un rez-de-chaussée et un étage de comble. Le toit est à deux pans couverts en tuile creuse. Ils possèdent trois ouvertures en plein cintre sur leur façade : deux fenêtres encadrent une porte. Les encadrements des baies et les chaînes d'angle sont en pierre de taille. Le bâtiment situé dans le prolongement nord du château est en pierre taille enduit à partir de l'étage de comble.

Dépendances postérieures à 1826 :

Une succession de bâtiments, abrités sous un même toit en tuile creuse, ont été édifiés en bordure du mur sud de la propriété. Ils abritaient sur deux niveaux (rez-de-chaussée et étage de comble) des logements, une grange ainsi qu'un pigeonnier dont les trous d'envol sont encore partiellement visibles. Les angles intérieurs des bâtiments sont arrondis de même que l'angle extérieur situé au sud-est côté route. Le pigeonnier était vraisemblablement plus haut à l'origine sans doute sommé d'un toit en pavillon comme on en rencontre sur d'autres dépendances sur la commune (ferme du Colombier notamment). Ce bâtiment est en pierre de taille et comporte un linteau en bois sur toute la largeur du bâtiment. Il est percé d'une fenêtre chanfreinée en plein cintre.

Le long du mur nord, deux longs bâtiments de plan rectangulaire ont été édifiés dans le prolongement du pavillon de plan carré. Ils sont couverts d'un toit à longs pans en tuile creuse. La façade sud est percée de six ouvertures (trois portes et trois fenêtres) et comporte en sous-sol une grande cave voûtée.

Jardin :

Le jardin comporte une croix latine en pierre sur soubassement de pierre.

Murscalcaire enduit
Toitardoise
Étages1 étage carré, étage de comble
Couvrements
Couverturestoit brisé en pavillon
toit conique
Escaliersescalier hors-oeuvre : escalier tournant en maçonnerie
Représentationsdragon armoiries chronogramme rameau

Annexes

  • Lettre du comte de Lastic Saint Jal à l'évêque de Poitiers, 14 mars 1877 (Archives Diocésaines de la Vienne, Q1 13, 1877-1934).

    Monseigneur,

    Sachant que vous deviez venir le 5 avril à Lencloître, je me suis présenté le 9 courant à l’Évêché pour avoir l’honneur de vous voir et vous rappeler votre bonne promesse de visite à La Boutière. Je n’ai pas été assez heureux pour vous rencontrer et vous faire mon invitation de vive voix ; je viens donc, Monseigneur, vous demander si nous aurons l’honneur de vous offrir l’hospitalité, ou tout au moins vous offrir à déjeuner ou à dîner, si vous préférez descendre à la cure. Madame de Lastic et quelques personnes de ma famille que j’aurai à cette époque, se font un véritable plaisir de vous posséder quelques instants, Monseigneur, et je compte sur votre bonté pour ne pas tromper leur espérance. Je sais Monseigneur que vous venez toujours accompagné, y aurait il indiscrétion de ma part à vous demander une préférence pour l’abbé Robineau ou pour l’abbé Fossin ? L’un ou l’autre ou tous les deux seront bien accueillis à la Boutière.

    Veuillez agréer, Monseigneur, l’assurance de ma plus haute considération et me croire toujours votre fils tout dévoué et bien respectueux.

    Comte de Lastic Saint Jal

    La Boutière ce 14 mars 1877.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Plan cadastral parcellaire de la commune de Lencloître, 1826.

    Archives municipales, Lencloître
  • Château de la Boutière, 1877-1934.

    Archives diocésaines de la Vienne, Poitiers : Q1 13
(c) Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault (c) Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault ; (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Lorieux Clarisse
Lorieux Clarisse (1980 - )

Chercheuse-associée au service régional de l'inventaire de la Nouvelle-Aquitaine (site Poitiers et Limoges), attachée à l'Agglomération de Grand Châtellerault à partir de septembre 2018 pour conduire l'inventaire du patrimoine du Grand Châtellerault.


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