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Château de Grandfief, puis ferme

Dossier IA17008751 réalisé en 2001

Fiche

  • Une vue d'ensemble.
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  • Parties constituantes

    • logement
    • grange
    • étable
    • hangar agricole
    • passage couvert
    • cour
    • portail
Destinationsmaison
Parties constituantes non étudiéeslogement, grange, étable, hangar agricole, passage couvert, cour, portail
Dénominationschâteau, maison
Aire d'étude et cantonVals de Saintonge Communauté - Matha
AdresseCommune : Cherbonnières
Lieu-dit : Grandfief
Adresse : 2 rue des, Platanes, 1, 3, 5 route du
Breuil
Cadastre : 1834 B2 1775 à 1780 ; 2017 D 126 127 129 136 195 à 199 206 208 209

La seigneurie de Grandfief est mentionnée dès le milieu du 15e siècle, alors qu'elle appartenait à Jean Brun, vassal du vicomte d'Aunay. Un premier château est édifié sans doute vers cette période, à l'emplacement des bâtiments actuels. La tour ronde est un vestige de cette période, une seconde est visible sur le cadastre napoléonien de 1834. Mais ces constructions ont été amplement remaniées au cours des 18e et 19e siècles : on remarque notamment la date 1820 au-dessus d'un passage couvert.

A partir de la fin du 16e siècle, Grandfief appartient aux Beauchamp. D'après les archives, la demeure est en très mauvais état au début du 18e siècle, si bien qu'ils n'y résident pas. Vers 1770, Charles-Grégoire de Beauchamp lance les travaux d'un nouveau château dans le goût de l'époque, de style classique, tandis qu'il convertit l'ancien château en communs. A la Révolution, Beauchamp émigre et la propriété et ses métairies (de Cherbonnières, du Breuil, de la Burgauderie et de la Jarousserie) sont saisies et vendues comme biens nationaux en 1794. Hélas, pendant l'hiver 1829-1830, le château neuf est entièrement détruit par un incendie accidentel.

On connaît toutefois l'aspect du château grâce aux vues cavalières dessinées sur un plan de la fin du 18e siècle. Orienté est-ouest, il se greffait au sud des bâtiments qui subsistent aujourd'hui. Il comprenait un avant-corps central, flanqué d'ailes en retrait terminées par deux autres avant-corps. On comptait neuf travées côté côté jardin, sept côté cour. Les hautes toitures brisées couvertes d'ardoises étaient percées de lucarnes et, côté jardin, ornées d'un fronton triangulaire sculpté. Deux pavillons en rez-de-chaussée, de chaque côté du château, correspondaient à l'orangerie et aux cuisines. De cet ensemble, ne subsistent que le pavillon des cuisines et les vestiges de portails. Certains éléments sculptés auraient été vendus et remployés, notamment au logis de Presle (commune de Villemorin).

Morcelé au 19e siècle, le domaine a connu de nombreuses modifications. Le plan napoléonien de 1834 indique que l'orangerie, le pigeonnier circulaire et des ruines du château brûlé existaient encore, mais tout cela a disparu dans le courant des 19e et 20e siècles. Plusieurs corps de bâtiments de la partie ancienne ont disparu. Des maisons et des dépendances ont été construites sur l'emprise de la cour et du jardin, principalement dans la 2e moitié du 19e siècle et la 2e moitié du 20e siècle, si bien que l'organisation de l'ancien domaine est aujourd'hui difficilement lisible.

Période(s)Principale : 15e siècle, 2e moitié 18e siècle, 1er quart 19e siècle, 2e moitié 19e siècle
Secondaire : 2e moitié 20e siècle
Dates1820, porte la date

Les bâtiments du premier château s'organisent autour d'une cour carrée, mais ils ont été remaniés et en partie détruits. A l'angle nord-ouest se trouve une tour circulaire couverte d'une haute toiture ajoutée tardivement. Des trous à pigeons sont visibles et des oculi sont percés à proximité. On note également la présence d'un passage couvert et d'une fenêtre en anse de panier depuis l'extérieur. Les bâtiments n'ont pas été vus depuis la cour.

Du château neuf ne subsiste que le pavillon des cuisines, en rez-de-chaussée, pourvu de pilastres à bossages et d'agrafes sculptées. La façade du côté de l'ancienne cour est incurvée, de telle sorte que les deux pavillons de part et d'autre du château formaient deux retours latéraux en hémicycle. En face se trouve un bâtiment de dépendances postérieur avec, aux rez-de-chaussée, des ouvertures en arc segmentaire et deux grands oculi.

Il subsiste également un portail à piliers octogonaux, qui ouvrait sur la cour du château neuf, et un pilier de portail ornementé en face du château vieux. Il est orné de moulures et de cannelures. Près de Grandfief, il existe une source, celle du Ponthereau, qui alimente un lavoir récemment couvert et un ancien vivier.

Murscalcaire moellon enduit
Toittuile creuse
Étagesrez-de-chaussée, 1 étage carré
Élévations extérieuresélévation à travées
Couverturestoit à longs pans croupe
État de conservationinégal suivant les parties, détruit
Statut de la propriétépropriété d'une personne privée

Annexes

  • 1794 : premières enchères de la vente du château de Grandfief de Cherbonnières, extraits.

    A. D. Charente-Maritime. Série Q, Q 157. Registre des ventes de biens nationaux de seconde origine, du 1er ventôse an 2 au 9 nivôse an 3.

    11 prairial an 2 (30 mai 1794) : premières enchères pour la vente du château de Grandfief.

    "Le bien de Grandfief appartenant ci-devant à Grégoire Beauchamp émigré, divisé en douze lots.1er lot : le ci-devant château tel qu'il est composé et se comporte ensemble une cave, deux caveaux, un premier étage sept chambres basses, un vestibule qui y conduit, deux garde-robes, deux cabinets de toilette, deux chambres de domestiques, un salon boisé ; tous les susdits appartements proprement (?) ; du côté du nord un escalier en pierre ; au second étage est un corridor, composé de sept chambres de maître, quatre cabinets de toilette, quatre garde-robes, cinq chambres de domestiques ; au troisième sont un corridor, quatre chambres de maître deux à toilette, le tout plafonné et boisé. La cour devant le château, deux bâtisses appelées les basses côtes ; une terrasse servant de promenade, un corps de bâtiment servant d'étable ; un petit mas de terre entouré de murs, le jardin garni d'arbres fruitiers...".

Références documentaires

Documents d'archives
  • Registre des ventes de biens nationaux de seconde origine, du 1er ventôse an 2 au 9 nivôse an 3.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : Q 157
Documents figurés
  • S.d. (fin du 18e siècle) : "plan et carte géométrique de la seigneurie de Grandfief, dédié et présenté à M. le marquis de Beauchamp, par son très humble serviteur Brault", commune de Cherbonnières.

    Archives départementales de la Charente-Maritime, La Rochelle : 1 J 293
Bibliographie
  • Association Promotion Patrimoine. Châteaux manoirs et logis. La Charente-Maritime. Patrimoine et Médias, 1993.

    p. 116
  • Chapacou, Denis. Aulnay, un voyage dans l'histoire du canton, 1995.

    p. 20-21
  • Chapacou, Denis. Garnier, Christian. Le canton d'Aulnay. Saint-Cyr sur Loire : Ed. Alan Sutton, 2004.

    p. 79
  • Chapacou, Pierre. Le Grand Fief, Le Breuil et Cherbonnières, 1950.

    p. 5-35
  • Chasseboeuf, Frédéric. Châteaux, manoirs et logis : la Charente-Maritime. Prahecq : éditions Patrimoines et médias, 2008.

    p. 81
  • Hillairet, Fabrice. Cherbonnières à travers les actes, 2009.

  • Le patrimoine des communes de la Charente-Maritime. Paris : Flohic, 2002.

    p. 116
  • Texier, Jean. Inventaire archéologique de l'arrondissement de Saint-Jean d'Angély : Canton d'Aulnay. Saint-Jean d'Angély : Brisson, 1968.

    p. 28-30
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Vals de Saintonge Communauté (c) Vals de Saintonge Communauté - Ivars Martine - Barreau Pierrick