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Château de Glénay

Dossier IA79014574 réalisé en 2019

Fiche

Œuvres contenues

Genreseigneurial
AppellationsChâteau de Glénay
Dénominationschâteau
Aire d'étude et cantonCommunauté de communes du Thouarsais - Saint-Varent
AdresseCommune : Glénay
Adresse : 13 route
du Château
Cadastre : 1830 F 312, 313, 314, 315 ; 1939 F 23 ; 2017 OF 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30

Le Maca ou le Margat de Glénay, qui signifie lieu boueux était le centre du pouvoir des seigneurs de Beaumont. Un château féodal fortifié prit la place de l’ancienne maison forte qui avant l’installation des seigneurs surveillait le gué du Thouaret.

Après les Guerres de Religion, le château de Glénay a connu plusieurs phases de construction initiées par ses occupants cherchant à apporter du confort au château médiéval puis à en faire le reflet de leur richesse.

Trois grandes familles vont se succéder entre ses murs, les Beaumont, les Saint-Gelais de Lusignan et les Vignerot de Pontcourlay du Plessis de Richelieu qui abandonneront peu à peu le château laissant le fermier s'occuper des terres et de l'entretien du lieu.

Le premier seigneur attesté du lieu est Simon de Glénay en 1110, c’est alors une forteresse en bois. Au 13e siècle, un premier château voit le jour. Il est entouré de fortifications, de douves et de fossés. De ce premier château ne subsistent que quelques vestiges : le soubassement de la tour polygonale, l’ancien pont-levis et les mur nord-ouest qui semblent avoir été construits au 14e siècle.

En 1386, Jean de Beaumont répara et renforça les fortifications du château. Le logis, la chapelle et le châtelet d'entrée sont construits par Jean V de Beaumont entre 1470 et 1499. A la même époque sont installés le potager, le verger et le vivier.

Après quatre générations, la succession revient par mariage à Merlin de Saint-Gelais, Premier maître d’Hôtel du roi. Son successeur, Louis de Saint-Gelais, va construire le pigeonnier, les dépendances et aménager la cour haute entre 1548 et 1549. Au début du 17ème siècle, les Vignerot rachètent la seigneurie de Glénay.

En 1607, René de Vignerot reçoit de son père la seigneurie de Glénay. Son épouse Françoise du Plessis de Richelieu était la sœur de Armand du Plessis, le futur Cardinal de Richelieu. Celui-ci séjourna quelques fois lors de ses voyages au château de Glénay pour être auprès de sa sœur et de son beau-frère qui avaient deux enfants. Marie-Madeleine en 1604, future duchesse d’Aiguillon, et François de Vignerot en 1609. En 1616, à la mort de Françoise du Plessis, Marie-Madeleine part vivre au château de Richelieu tandis que Réné et son fils restent quelques années au château de Glénay. Les propriétaires vont venir ponctuellement au château, préférant la Cour de Versailles et le confort du château de Richelieu.

Bien qu'il n'existe aucune représentation du château antérieur au 19e siècle, les archives de la famille de Richelieu (archives de la Sorbonne) présentent des inventaires datant du 18e siècle. Certains portent notamment sur les biens de la famille à Glénay. D’après les écrits, un second château aurait été construit en cour haute. Il était sur deux niveaux et possédait une loggia. Aujourd’hui, la localisation de cette supposée construction ne peut être attestée que par la présence, près des communs, d'un dallage en granite et de grandes caves comblées au début du 19e siècle suite à un risque d’écroulement.

Un inventaire fait en 1772, présente l’état des biens de la famille de Richelieu. Dans cet inventaire, il est dit que le château de Glénay était "à l'état de carrière". A la même époque, le château de Richelieu était alors en mauvais état et des hypothèses récentes montrent que la toiture et les planchers utilisés pour la restauration auraient pu provenir du château de Glénay qui n’était plus habité par la famille. Cela pourrait d'ailleurs expliquer le bon état actuel des maçonneries du château. Le bois de charpente et les planchers n’ont pas été arrachés. Certaines croisées de baies ont été sciées pour pouvoir sortir les grandes poutres, mais toutes ne sont pas abîmées. A la Révolution, les biens des Richelieu sont confisqués. Les gisants de René et Françoise de Vignerot sont vandalisés.

Au 19e siècle lorsque le site du château devient une exploitation agricole, les douves sont en partie comblée. Les piles de l’entrée sud-ouest sont écartées pour laisser passer les engins agricoles. Le château est resté une exploitation agricole jusqu’aux années 1980.

Une étude préalable a été commandée en 2019 par les propriétaires actuels afin de lancer prochainement des travaux de restauration de la toiture et des les planchers du château.

Période(s)Principale : 12e siècle, 13e siècle , daté par source
Secondaire : 3e quart 14e siècle, 1er quart 15e siècle, 3e quart 15e siècle, 3e quart 16e siècle, 19e siècle , daté par source
Dates1110, daté par source
1386, daté par source
1470, daté par source
1499, daté par source
1548, daté par source

Construit sur un éperon rocheux surplombant la vallée du Thouaret, le château permettait de surveiller le gué qui donnait accès au château depuis le nord et permettait un contrôle de la circulation venant du bourg par le chemin nord-est. L’entrée principale du site se trouve au sud-ouest.

Le château est composé d'un logis, d'une chapelle, d'un pigeonnier et des dépendances. Il est protégé naturellement par la barrière naturelle de l’eau au nord et par des douves sèches côté sud. L’entrée principale se fait par un châtelet dont l'une des tours a conservé ses meurtrières. La basse-cour prolongée par les douves séparent les communs du logis. Une cour intérieure dessert le logis, la chapelle et le châtelet. Cette cour est délimitée à l’ouest par un haut mur percé de baies étroites, une tourelle en encorbellement reposant sur des consoles moulurées sur l’angle nord-ouest et un mur arasé en partie nord qui se prolonge jusqu’à la chapelle.

L’entrée primitive au sud-ouest menant au logis conserve les traces d’un ancien pont-levis. Le soubassement d’une tour polygonale protégeait à l’ouest cette entrée. Elle n’est pas insérée dans la construction du château actuel.

Au sud-est se situe le châtelet surmonté du chemin de ronde et de mâchicoulis trilobés dont la forme des parties sculptées varie. Le chemin de ronde relie la partie haute de la chapelle au logis. La pièce de garde entre le châtelet et la chapelle conserve les piédroits de sa cheminée en granite. Elle donne accès à l’escalier en vise qui dessert la chapelle. Il est éclairé par deux jours.

L’entrée ouest du châtelet en berceau donne sur la cour haute et est protégée par une échauguette insérée à l’angle sud-est du chemin de ronde. Elle est percée de trois meurtrières. La défense du chemin de ronde est consolidée par deux archères canonnières installées en partie basse du mur gouttereau sud.

L’espace vacant entre l’entrée du châtelet et le mur gouttereau a été clos de murs plus tardivement. La démarcation entre les maçonneries est lisible notamment à l’angle des constructions. Une tourelle à l’angle sud-est défend le châtelet. Elle repose sur un soubassement en pierre de taille et des corbeaux sculptés. Ce poste de guet est percé de petits jours.

Le logis de plan rectangulaire s’élevant sur quatre niveaux est surmonté de hautes cheminées. Les pignons découverts conservent leur chevron d'arbalétrier et un épi de faîtage sur la partie orientale. De grandes croisées en granite éclairent la pièce unique de chaque étage. Elles ont pour la plupart perdues leur meneau. A l'intérieur s’élève sur chaque niveau une grande cheminée accolées au mur pignon est. Les doubles latrines uniques en France, sont insérées dans l’épaisseur du mur pignon de chaque côté des cheminées. Les latrines sud-est sont accessibles depuis les étages de la tour circulaire accolée au logis. Le pignon ouest est prolongé par une pièce rectangulaire qui présente des pierres en attentes qui devaient avoir été placées en prévision d'un agrandissement du logis. Ce prolongement en symétrie aurait été de dimensions égales à la pièce principale, gardant une cohérence architecturale. La pièce étroite serait donc une sorte de sas en prévision de l'agrandissement du logis.

La tour d'escaliers polygonale nord-ouest, distribue les étages par l'intermédiaire de trois escaliers distincts. Un premier escalier en vis assez large va du rez-de-chaussée au deuxième étage, il est prolongé par un escalier droit qui donne accès à la tourelle en encorbellement d'où part le troisième escalier en vis par lequel on accède à la chambre du seigneur.

La tour sud-est de forme circulaire ne possède cette forme intérieure que sur le rez-de-chaussée. Les pièces sont accessibles à chaque étage par la pièce du logis. Les deux étages carrés sont pourvus de cheminées plus petites que celles du logis.

Au sud-est se trouvent les anciennes écuries dont la partie en retour d'équerre a été détruite. Les communs sud largement transformés conservent une cuisine et ses trois fours de différentes tailles dont les conduits sont indépendants. L’étage est accessible par un escalier droit accolé à la façade. Une croix est sculptée sur le linteau de la porte d’entrée. A l’intérieur, la pièce unique conserve une partie de son sol en tomettes . Son utilisation n’est pas connue, il est possible que cette longue pièce servait de dortoir pour les domestiques.

Le bâti sud-ouest, de plan rectangulaire, présente des éléments anciens. L’entrée surélevée est accessible par un escalier dont les marches proviennent de l’ancien escalier en vise du logis. La forme bombée du noyau central est encore présente. L’intérieur est composé de pièces en enfilade. La pièce centrale conserve une cheminée en pierre, un potager, un évier et un placard. La pièce ouest donne accès à l’intérieur de la tour. Des pierres en schistes insérées dans la maçonnerie servent d’échelle pour monter à l’étage. Cette pièce a conservé son sol en tomette et une cheminée. Les piédroits en pierre de la cheminée sont toujours visibles, la hotte étroite qui la surmonte est de style néoclassique, elle présente un décor de pilastres à chapiteaux corinthien et une frise à entrelacs. La dernière cheminée de style empire est plus large que la précédente et est composée d’un manteau avec des décors de losanges imbriqués et de pilastres sur les jambages.

A l’ouest le jardin potager d’un hectare est clos de murs dont le dénivelé naturel du terrain a été rectifié par un haut mur de soutènement. Des deux portails en arc brisé, le jardin potager ne conserve que celui à l’ouest.

Au nord se trouve le verger clos de mur et le vivier maçonné construit sur les berges du Thouaret. Le pressoir se trouvait dans un édifice de plan carré face au verger. Le portail d’entrée menant du gué au château conserve une partie de ses piles.

Enfin en partie nord-est, près de la chapelle, subsiste deux pièces souterraines taillées dans la roche que l’on peut qualifier de glacière.

Mursgranite pierre de taille enduit
granite moellon enduit
Toittuile creuse
Plansplan rectangulaire régulier
Étagesen rez-de-chaussée, 2 étages carrés, étage de comble
Escaliersescalier dans-oeuvre : escalier en vis, escalier droit en maçonnerie
escalier de distribution extérieur : escalier droit en maçonnerie
État de conservationétat moyen, vestiges
Statut de la propriétépropriété d'une personne privée
Intérêt de l'œuvreédifice remarquable
Éléments remarquableschâteau
Protectionsclassé MH, 2000/07/31
inscrit MH, 1955/04/18
inscrit MH, 2018/06/07
Précisions sur la protection

Façades et toitures des communs (cad. F 22, 26) , ainsi que le sol des parcelles F 22, 23, 26 et les piles du pont sur le Thouaret (cad. non cadastré) : inscription par arrêté du 18 avril 1995 - Logis, chapelle et pigeonnier (cad. F 23, 26) : classement par arrêté du 31 juillet 2000 ; les communs en totalité (sauf le pigeonnier classé au titre des monuments historiques), tous les vestiges maçonnés, le vivier ainsi que le sol des emprises avec leurs clôtures, faisant parties du château (cadastre section F parcelles 20, 21, 22, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30) : inscription par arrêté du 7 juin 2018.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Chartrier de Saint-Loup.

    Archives départementales des Deux-Sèvres, Niort
Bibliographie
  • Gallais, Henri. Glénay, son vieux château, son église fortifiée depuis les temps les plus reculés jusqu'à la Révolution. Niort, 1936.

    p. 363- 370 Médiathèque, Thouars : Fonds Poitevin n°125
  • POIGNAT, Maurice. Histoire des communes des Deux-Sèvres. Le pays thouarsais. [vol. 6], Thouars, Argenton-Château, Airvault, Saint-Varent. Niort : Editions du Terroir, 1985.

    p. 361-363 Médiathèque, Thouars : 909.4 POI
  • GIL, Vincent, LUCON, Philippe. Le Château de Glénay. Congrès archéologique de France, Deux-Sèvres,Société Française d'Archéologie, 2001, Paris, 2004.

    p. 159-170 Médiathèque, Thouars : 723.4 CON
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Communauté de communes du Thouarsais (c) Communauté de communes du Thouarsais - Douski Laëtitia
Douski Laëtitia

Chargée d’Études à la Communauté de communes du Thouarsais de 2019 à


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